Guide pour bien choisir son logiciel de suivi de temps ou time tracking
Un logiciel de suivi du temps, ou de time tracking, enregistre le temps passé par projet, par client ou par tâche, et en tire des feuilles de temps, des rapports et des montants à facturer. Il remplace les estimations approximatives et les tableurs vite abandonnés par des données fiables : combien de temps a réellement coûté ce projet, quel client est rentable, qui est surchargé, combien d’heures facturer ce mois-ci.
Derrière le même nom, les outils répondent pourtant à trois besoins différents. Ce comparatif les distingue, présente les principales solutions avec leurs offres, explique comment passer d’une feuille de temps Excel à un logiciel et rappelle ce que la loi impose quand on suit le temps de salariés.
Qu’est-ce qu’un logiciel de suivi du temps ?
On peut regrouper les outils en trois familles :
Le suivi du temps par projet : chronomètre ou saisie manuelle du temps passé par projet, client et tâche, pour facturer au temps passé et mesurer la rentabilité. C’est l’usage des agences, consultants, cabinets, ESN et freelances.
Les feuilles de temps (timesheets) : chaque collaborateur déclare chaque jour ou chaque semaine son temps par activité, le manager valide, et les données alimentent la facturation, la paie ou le pilotage.
La gestion des temps de travail (GTA) : pointage des entrées et sorties, heures supplémentaires, absences et congés, export vers la paie. C’est le domaine des RH, couvert à part : voir les logiciels de gestion des temps et des congés et les logiciels de pointeuse.
Beaucoup de solutions couvrent deux familles à la fois. Le bon choix dépend surtout de ce que vous ferez des données : facturer, piloter des projets ou gérer du temps de travail.
Pourquoi suivre le temps de travail ? Les avantages concrets
Facturer au plus juste : pour qui vend du temps, chaque heure oubliée est une heure perdue. Un suivi en continu évite de sous-facturer et justifie la facture auprès du client.
Connaître la rentabilité réelle : un projet vendu au forfait peut sembler rentable et s’avérer déficitaire une fois le temps réellement passé pris en compte. Le suivi par projet le montre en cours de route, pas à la fin.
Mieux estimer les prochains devis : l’historique du temps passé sur des projets comparables rend les estimations plus fiables.
Équilibrer la charge des équipes : voir qui est saturé et sur quoi le temps part permet de répartir le travail et de repérer les tâches chronophages.
Respecter le décompte du temps de travail : pour les salariés qui ne suivent pas un horaire collectif, l’employeur doit décompter les heures chaque jour, et un outil le fait sans paperasse.
Simplifier la paie et les heures supplémentaires : les heures validées alimentent directement le calcul de la paie.
Les fonctionnalités à attendre d’un logiciel de time tracking
Saisie du temps : chronomètre en un clic, saisie manuelle après coup, feuille de temps hebdomadaire.
Structure projets, clients et tâches, avec un budget en heures ou en euros par projet.
Taux horaires et facturation : temps facturable ou non, montant à facturer, export ou création directe de la facture.
Validation par le manager des feuilles de temps.
Rapports : temps par projet, client, personne, période, rentabilité.
Application mobile et, pour les équipes terrain, pointage depuis le téléphone.
Intégrations avec les outils de gestion de projet, de facturation et de paie.
Saisie automatique ou chronomètre : deux façons d'enregistrer le temps
Le chronomètre et la feuille de temps reposent sur une saisie volontaire : le collaborateur lance un minuteur ou déclare ses heures. Certaines applications de bureau proposent en plus un suivi automatique, qui enregistre en arrière-plan les logiciels, documents et sites utilisés, puis suggère de rattacher ces plages à un projet. Le gain de précision est réel pour un indépendant qui oublie de chronométrer. Pour des salariés, le même mécanisme devient un dispositif de contrôle de l'activité : il doit être annoncé, justifié et proportionné, ce que rappelle la FAQ plus bas.
Suivi par projet, rapports et intégrations : ce qui fait gagner du temps
La valeur d'un outil se joue moins sur la saisie que sur ce qu'il fait des heures enregistrées. Trois points à tester pendant l'essai :
- Le suivi par projet : un budget en heures ou en euros, une alerte quand le projet approche du plafond, et la distinction entre temps facturable et non facturable.
- Les rapports : filtrer par client, projet, personne et période, enregistrer un rapport type, l'exporter (CSV, Excel, PDF) ou le partager avec un client.
- Les intégrations : lancer le chronomètre depuis l'outil de gestion de projet ou la messagerie d'équipe, envoyer les heures validées au logiciel de facturation ou de paie sans ressaisie.
Les meilleurs logiciels de suivi du temps en 2026
Chaque outil est présenté avec son usage principal, ses points forts et ses tarifs relevés sur le site de l’éditeur en octobre 2026. Beaucoup affichent leurs prix en dollars et par utilisateur : comptez le coût sur la taille réelle de votre équipe.
Factorial
Factorial est un logiciel RH complet dont la gestion du temps couvre le pointage et les feuilles de temps : les collaborateurs pointent leur arrivée, leur départ et leurs pauses depuis l’ordinateur, l’application mobile ou un QR code, avec géolocalisation intégrée pour les équipes terrain, et la gestion des heures supplémentaires est intégrée. C’est le choix le plus cohérent pour une PME qui veut réunir dans un même outil le temps de travail, les absences, les plannings et le reste de sa gestion RH.
Usage : temps de travail des salariés, pointage, feuilles de temps, heures supplémentaires.
Points forts : pointage multi-supports avec géolocalisation, intégration native au reste du SIRH.
Tarifs : par collaborateur, selon les modules retenus, sur devis.
Clockify
Clockify est un outil polyvalent de suivi du temps et de feuilles de temps : chronomètre, projets, taux facturables, rapports et plus de 80 intégrations, avec une formule gratuite pour démarrer.
Usage : suivi du temps par projet pour indépendants et petites équipes.
Formule gratuite : limitée à 5 utilisateurs.
Tarifs : Standard à 5,49 $ par utilisateur et par mois en paiement annuel (6,99 $ en mensuel), Pro à 7,99 $ (9,99 $), Enterprise à 11,99 $ (14,99 $), hors taxes ; essai de 7 jours.
Harvest
Harvest relie le temps passé à la facturation : temps facturable, taux horaires, budgets de projets et factures. Il est apprécié des agences et des consultants qui vendent du temps.
Usage : suivi du temps et facturation.
Formule gratuite : une place et deux projets.
Tarifs : Teams à partir de 9 $ par place et par mois en paiement annuel (11 $ en mensuel), Enterprise à partir de 14 $ (17,50 $) ; certains éléments supplémentaires sont facturés à l’usage ; essai de 30 jours.
Toggl Track
Toggl Track, éditeur basé en Estonie, mise sur la simplicité du chronomètre et des rapports, et revendique l’absence de capture d’écran et de géolocalisation : un choix de confiance pour les équipes.
Usage : suivi du temps par projet, rentabilité.
Formule gratuite : oui, pour un nombre limité d’utilisateurs.
Tarifs : Starter à 9 $ par utilisateur et par mois en paiement annuel (12 $ en mensuel), Premium à 16 $ (24 $) ; essai de 30 jours.
Time Doctor
Time Doctor ajoute au suivi du temps un suivi de l’activité et des captures d’écran, dès sa formule d’entrée. Il vise les équipes à distance qui veulent mesurer la productivité, avec les précautions légales que cela impose en France.
Usage : temps et productivité des équipes à distance.
Formule gratuite : non ; essai de 14 jours.
Tarifs : Basic à 6,67 $ par utilisateur et par mois en paiement annuel (8 $ en mensuel), Standard à 11,67 $ (14 $), Premium à 16,70 $ (20 $), taxes en sus.
Jibble
Jibble est orienté pointage : application mobile avec GPS et géorepérage, pointage par reconnaissance faciale, et une formule gratuite à vie en utilisateurs illimités. Ses formules payantes varient selon les régions.
Usage : pointage et temps de présence, équipes terrain.
Formule gratuite : oui, utilisateurs illimités.
Everhour
Everhour s’intègre aux outils de gestion de projet pour suivre le temps directement dans les tâches, avec budgets et facturation.
Usage : suivi du temps dans la gestion de projet.
Formule gratuite : jusqu’à 5 places, sans intégrations.
Tarifs : Team à 8,50 $ par place et par mois en paiement annuel (10 $ en mensuel), 5 places minimum ; essai de 14 jours.
Gryzzly
Gryzzly, éditeur lyonnais créé en 2018, combine saisie des temps par projet et pilotage des budgets et de la rentabilité, avec une saisie possible depuis Slack ou Microsoft Teams et un suivi utile pour le CIR et le CII.
Usage : temps passé et rentabilité des projets.
Tarifs : Time à 10 € par utilisateur et par mois en paiement annuel (12 € en mensuel), Budget à 15 € (18 €) ; essai de 14 jours.
Lucca
Lucca, éditeur français de logiciels RH, propose un module de feuilles de temps relié à sa suite, avec export vers la paie.
Usage : feuilles de temps des salariés et temps de travail.
Tarifs : à partir de 3 € HT par collaborateur et par mois, prix indicatif affiché pour plus de 100 collaborateurs.
Agendrix
Agendrix, éditeur canadien, combine planification des horaires et module de temps et présences, pour des secteurs comme le commerce, la restauration ou la santé.
Usage : horaires et présences des équipes.
Tarifs : en dollars canadiens, Essentiel à 2,93 $ CA par utilisateur et par mois en paiement annuel (3,25 $ CA en mensuel), Plus à 4,73 $ CA (5,25 $ CA), module Temps et présences en supplément ; essai de 21 jours.
D’autres solutions complètent l’offre, dont ActiTIME et ActiveCollab pour le suivi du temps au sein de la gestion de projet, ou Octime et Kelio pour la gestion des temps de travail en entreprise.
Tableau comparatif des logiciels de suivi du temps
Logiciel | Usage principal | Gratuit | Prix d’entrée (par utilisateur et par mois, annuel) |
|---|---|---|---|
Factorial | Pointage et temps de travail, SIRH | Non précisé | Sur devis |
Clockify | Temps par projet | Oui, 5 utilisateurs | 5,49 $ |
Harvest | Temps et facturation | 1 place, 2 projets | À partir de 9 $ |
Toggl Track | Temps par projet | Oui, limité | 9 $ |
Time Doctor | Temps et productivité | Non | 6,67 $ |
Jibble | Pointage, terrain | Oui, illimité | Selon la région |
Everhour | Temps dans la gestion de projet | Jusqu’à 5 places | 8,50 $ (5 places min.) |
Gryzzly | Temps et budgets de projets | Non affiché | 10 € |
Lucca | Feuilles de temps RH | Non affiché | 3 € HT (plus de 100 collaborateurs) |
Agendrix | Horaires et présences | Non affiché (essai 21 jours) | 2,93 $ CA |
Modèle de feuille de temps Excel gratuit, ou logiciel ?
Téléchargez le modèle de feuille de temps (Excel, 16 Ko), sans inscription. Une ligne par période de travail : la durée se calcule seule, pause déduite, et le montant facturable aussi dès que vous indiquez un taux horaire. Un onglet de synthèse totalise les heures de la semaine, les heures facturables, le taux facturable, et les heures par jour et par projet.
La feuille de temps, ou timesheet, reste le point de départ de beaucoup d’entreprises. Un modèle Excel ou Google Sheets fonctionne pour quelques personnes : une ligne par jour, une colonne par projet ou activité, les heures saisies puis totalisées par semaine et par mois. Pour qu’elle soit exploitable, prévoyez au minimum la date, le collaborateur, le client ou projet, la tâche, la durée, le caractère facturable ou non, et un total validé par le manager.
Le tableur montre vite ses limites : saisies oubliées puis reconstituées de mémoire, fichiers multiples à consolider, formules cassées, aucune validation tracée, et un calcul de facturation à refaire à la main. Un logiciel de suivi du temps apporte le chronomètre, les rappels de saisie, la validation, les rapports et le lien avec la facturation ou la paie. Pour démarrer sans budget, plusieurs outils ont une formule gratuite, présentés dans le guide des logiciels de suivi du temps gratuits.
Suivi du temps des salariés : ce que dit la loi
Suivre le temps passé sur des projets et contrôler le temps de travail des salariés n’obéissent pas aux mêmes règles. Trois textes du Code du travail encadrent la mise en place d’un outil :
Le décompte du temps de travail (article D3171-8) : lorsque des salariés ne travaillent pas selon un même horaire collectif affiché, leur durée du travail doit être décomptée chaque jour, par l’enregistrement des heures de début et de fin de chaque période de travail ou du nombre d’heures accomplies, et récapitulée chaque semaine.
L’information préalable des salariés (article L1222-4) : aucune information concernant personnellement un salarié ne peut être collectée par un dispositif qui n’a pas été porté préalablement à sa connaissance.
La consultation du CSE (article L2312-38) : là où un comité social et économique existe, il est informé et consulté avant la décision de mettre en œuvre des moyens ou techniques permettant un contrôle de l’activité des salariés.
Les fonctions de capture d’écran, de suivi de l’activité du clavier et de la souris ou de géolocalisation proposées par certains outils relèvent du contrôle de l’activité : elles doivent être justifiées, proportionnées et conformes au RGPD. Pour la plupart des équipes, une saisie déclarative du temps par projet suffit et préserve la confiance.
Suivi du temps pour facturer et piloter la rentabilité
C’est l’usage qui se rembourse le plus vite. Pour les agences, consultants, cabinets et freelances qui facturent au temps passé, un bon outil transforme chaque heure suivie en facturation précise : temps facturable distingué du temps interne, taux horaire par client ou par collaborateur, et montant prêt à facturer en fin de mois. Au-delà de la facturation, le suivi par projet compare le temps prévu au temps réel et signale les dépassements avant qu’ils ne mangent la marge. Harvest, Everhour et Gryzzly mettent en avant ce lien entre temps passé, budgets et facturation. Le guide du suivi du temps par projet détaille cet usage.
Suivi du temps sur chantier et pour les équipes terrain
Dans le bâtiment, la maintenance ou les services à domicile, le temps se suit sur le terrain : le collaborateur pointe depuis son téléphone l’arrivée et le départ sur un chantier ou chez un client, parfois hors connexion. La simplicité de l’application mobile et l’export vers la paie priment alors sur les rapports détaillés. Voir les guides dédiés au suivi du temps sur chantier et pour les équipes de techniciens.
Comment mettre en place le suivi du temps dans une équipe
Définir l’objectif : facturer, mesurer la rentabilité des projets, ou décompter le temps de travail. L’outil et le niveau de détail en découlent.
Choisir la granularité : par projet seulement, ou par projet et par tâche. Trop de détail décourage la saisie.
Informer l’équipe, et le CSE s’il existe, sur ce qui est suivi et pourquoi.
Paramétrer projets, clients et taux horaires, et connecter les outils existants (gestion de projet, facturation, paie).
Installer une routine : saisie quotidienne, validation hebdomadaire par le manager, rappels automatiques.
Exploiter les données : un point mensuel sur la rentabilité et la charge montre à l’équipe à quoi sert la saisie.
Combien coûte un logiciel de suivi du temps ?
Pour une petite équipe, il est possible de démarrer gratuitement : Clockify jusqu’à 5 utilisateurs, Everhour jusqu’à 5 places sans intégrations, Harvest pour une personne et deux projets, ou Jibble pour le pointage en utilisateurs illimités. Les formules payantes se situent généralement entre 5 et 16 dollars ou euros par utilisateur et par mois en paiement annuel, un peu plus en paiement mensuel. Les modules de temps des suites RH, comme Lucca ou Factorial, se facturent par collaborateur, avec des tarifs dégressifs selon l’effectif. Pour comparer, calculez le coût annuel sur votre nombre réel d’utilisateurs, et vérifiez si les fonctions dont vous avez besoin (facturation, intégrations, application mobile) sont incluses dans la formule visée.
Quel logiciel de suivi du temps choisir selon votre besoin
Votre besoin | Les outils à regarder |
|---|---|
Pointage et temps de travail des salariés, avec le reste de la gestion RH | Factorial, Lucca |
Démarrer gratuitement | Clockify, Toggl Track, Everhour, Jibble |
Suivre le temps pour facturer | Harvest, Gryzzly, Toggl Track |
Suivre le temps dans la gestion de projet | Everhour, ActiTIME, ActiveCollab |
Équipes terrain et pointage mobile | Factorial, Jibble |
Horaires variables et présences | Agendrix |
Productivité des équipes à distance | Time Doctor |
À retenir avant de choisir
Commencez par ce que vous ferez des données : facturer vos clients, piloter la rentabilité de vos projets ou décompter le temps de travail de vos salariés. Le premier usage appelle un outil de time tracking par projet, le dernier une solution de gestion des temps intégrée à vos outils RH. Vérifiez ensuite la simplicité de saisie, car un outil que l’équipe ne remplit pas ne sert à rien, puis le coût sur votre effectif réel. Enfin, si vous suivez le temps de salariés, informez-les et consultez le CSE avant la mise en place.





