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Pointeuse et badgeuse : le comparatif des logiciels de pointage

Cyrille ADAMCyrille ADAMÉditorial La Fabrique

Une pointeuse, ou badgeuse, enregistre les heures d'arrivée et de départ de vos salariés. Autrefois horloge à cartons, elle est aujourd'hui un boîtier à badge relié à un logiciel, une tablette à l'entrée du magasin ou une application sur le téléphone. Le logiciel calcule ensuite les heures travaillées, les retards et les heures supplémentaires, et prépare la paie.

Voici mon comparatif des pointeuses et logiciels de pointage : badgeuses physiques, badgeuses virtuelles, applications mobiles et pointeuses gratuites, avec les prix publics relevés chez les éditeurs et ce que la loi et la CNIL autorisent vraiment, notamment pour la biométrie.

Qu'est-ce qu'une pointeuse ?

C'est un dispositif qui enregistre l'heure à laquelle chaque salarié commence et termine son travail, et souvent ses pauses. Pointeuse et badgeuse désignent aujourd'hui la même chose : le mot badgeuse vient du badge que l'on présente devant le lecteur, le mot pointeuse de l'ancienne horloge où l'on « pointait » sa carte. La différence tient surtout au support : une pointeuse à cartons imprime l'heure sur un carton, une badgeuse lit un badge et transmet les données à un logiciel.

Les types de pointeuses

  • La pointeuse à cartons : l'horodateur imprime l'heure sur une carte ; il faut ensuite tout ressaisir.
  • La badgeuse à badge ou code PIN : un boîtier mural lit un badge RFID ou un code, et envoie les pointages au logiciel.
  • La badgeuse virtuelle : le salarié pointe sur son ordinateur, sans matériel.
  • La pointeuse sur tablette : une tablette à l'entrée, avec un code personnel, parfois une photo.
  • L'application mobile : pour les équipes itinérantes et les chantiers, avec ou sans géolocalisation.
  • La pointeuse biométrique (empreinte, visage) : vendue par certains fabricants, mais jugée excessive par la CNIL pour contrôler les horaires (voir plus bas).

Comment fonctionne un logiciel de pointage

  1. Le salarié pointe à l'arrivée, à la pause et au départ, sur la badgeuse, la tablette, l'ordinateur ou le téléphone.
  2. Le logiciel compare les pointages au planning ou à l'horaire prévu et signale retards, oublis et anomalies.
  3. Le manager corrige les oublis et valide les heures.
  4. Le logiciel calcule les heures travaillées, les heures supplémentaires et les majorations.
  5. Les variables partent en paie, vers votre logiciel de paie ou votre expert-comptable.

Les fonctionnalités d'un bon logiciel de pointeuse

  • Plusieurs modes de pointage : badge, tablette, ordinateur, mobile, selon les équipes.
  • La gestion des oublis et des corrections, avec validation par le manager et historique.
  • Le calcul des heures supplémentaires, des majorations de nuit ou de dimanche, et des repos compensateurs.
  • Le lien avec le planning, pour comparer le prévu et le réalisé.
  • Le fonctionnement hors connexion, pour ne perdre aucun pointage.
  • L'export vers la paie et vers la gestion des congés.

Les avantages d'une pointeuse

  • Des heures exactes, payées au bon montant, sans calcul à la main.
  • Une preuve du temps de travail en cas de litige sur des heures supplémentaires.
  • Moins de ressaisie en fin de mois pour les RH et le cabinet comptable.
  • De l'équité entre salariés, avec les mêmes règles pour tous.

Pointeuse et badgeuse : ce que dit la loi

La pointeuse est-elle obligatoire ?

Non, aucun texte n'impose une pointeuse. Mais pour les salariés qui ne suivent pas un horaire collectif affiché, l'employeur doit enregistrer chaque jour, « selon tous moyens », leurs heures de début et de fin de travail ou le nombre d'heures accomplies, puis les récapituler chaque semaine (article D. 3171-8 du Code du travail). Une feuille d'heures signée peut suffire ; une pointeuse est simplement le moyen le plus sûr. Si vous utilisez un système automatique, il « doit être fiable et infalsifiable » (article L. 3171-4). La Cour de justice de l'Union européenne exige depuis 2019 « un système objectif, fiable et accessible » de mesure du temps de travail : la France n'a pas modifié son Code, mais la Cour de cassation applique cette exigence, et sans décompte fiable, l'employeur est en position de faiblesse face à une demande d'heures supplémentaires.

Badgeuse biométrique, photo et géolocalisation

La CNIL est claire sur le contrôle des horaires : un dispositif biométrique (empreinte digitale, reconnaissance faciale) ou qui prend une photo à chaque pointage « apparaît excessive et serait contraire au principe de minimisation ». Son règlement type n'autorise la biométrie que pour le contrôle d'accès à des locaux ou à des applications sensibles, pas pour le pointage. En 2020, elle a mis en demeure plusieurs employeurs équipés de badgeuses photo, en rappelant que les pointeuses à badge classiques « apparaissent suffisants ». La géolocalisation, elle, n'est licite pour contrôler la durée du travail que « lorsque ce contrôle ne peut pas être fait par un autre moyen, fût-il moins efficace » (Cour de cassation, 18 mars 2026). Plusieurs fabricants vendent encore des pointeuses à empreinte ou à reconnaissance faciale : ce n'est pas parce qu'un appareil existe que son usage pour le pointage est autorisé.

Finalité, représentants du personnel et conservation

Une badgeuse d'accès installée pour la sécurité ne peut pas servir, sans le dire, à contrôler les horaires : pour la CNIL, un tel relevé « ne peut pas être utilisé pour vérifier les horaires des employés ». Le dispositif ne doit pas non plus servir à contrôler les heures de délégation des représentants du personnel. La CNIL recommande de supprimer les journaux d'accès au bout de trois mois et de conserver au plus cinq ans les données utilisées pour le suivi du temps de travail ; le Code du travail impose, lui, de garder les décomptes d'heures au moins un an, et un salarié peut réclamer des heures supplémentaires sur trois ans.

Informer le CSE et les salariés

Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, le CSE est « informé et consulté, préalablement à la décision de mise en œuvre dans l'entreprise, sur les moyens ou les techniques permettant un contrôle de l'activité des salariés » (article L. 2312-38). La CNIL cite en exemple de mise en œuvre illicite l'installation d'une badgeuse sans consultation préalable du CSE. Dans toutes les entreprises, chaque salarié doit être informé avant la mise en service (article L. 1222-4).

Les pointeuses et logiciels de pointage comparés

Badgeuses physiques et logiciel de gestion des temps

Kelio conçoit et fabrique ses propres badgeuses (tactiles, d'extérieur, autonomes), avec un badgeage possible aussi sur ordinateur et mobile. Horoquartz propose des badgeuses à badge RFID, un même badge pouvant servir au temps et au contrôle d'accès. Octime associe badgeuse physique et badgeuse virtuelle, sans installation ni achat de badges pour cette dernière. Asys permet de louer ses badgeuses plutôt que de les acheter. oHRis, éditeur de Douai, propose sa badgeuse, le badgeage sur PC et un export vers plus de trente solutions de paie. Pour ces solutions, les prix sont sur devis. Pour aller plus loin sur les congés, les compteurs et la paie, voyez mon comparatif des logiciels de GTA.

Pointeuses à l'achat, sans abonnement

TimeMoto, marque néerlandaise, vend des pointeuses à badge et code PIN reliées à son logiciel en ligne, avec un essai de 30 jours du logiciel. TimePro, distributeur à Faches-Thumesnil, vend des badgeuses livrées avec son logiciel TimePlus, sans licence ni contrat. Ces solutions conviennent à un site fixe avec des horaires simples ; vérifiez l'export vers votre paie.

Pointage sur tablette et mobile pour le commerce et la restauration

Esperoo, éditeur marseillais, réunit planning, pointage sur tablette avec code PIN, dossiers du personnel et variables de paie, avec un prix par établissement et un essai gratuit de 15 jours. Combo et Skello transforment une tablette ou un smartphone en badgeuse reliée au planning et à la convention collective. Tamigo, éditeur danois présent à Paris, propose une pointeuse sur application mobile avec planning et exports paie. Agendrix, éditeur québécois, fait aussi de la tablette ou du téléphone une pointeuse.

Badgeuse intégrée au SIRH

Lucca propose une badgeuse virtuelle et se synchronise avec une badgeuse physique tierce. Factorial et Eurécia intègrent aussi le pointage à leur SIRH, avec congés et export paie.

Applications de pointage gratuites

Jibble propose une offre gratuite à vie pour un nombre illimité d'utilisateurs, avec pointage sur mobile, web ou kiosque. Clockify est gratuit jusqu'à 5 utilisateurs, mais son kiosque de pointage est dans une offre payante. Ces outils conviennent pour démarrer ; désactivez les options de reconnaissance faciale, que la CNIL juge excessives pour contrôler les horaires.

Quel est le prix d'une pointeuse ?

Prix publics relevés le 29 septembre 2026, tels qu'affichés :

  • Jibble : offre gratuite, utilisateurs illimités.
  • Clockify : gratuit jusqu’à 5 utilisateurs ; offre Basic à 4,99 $ par utilisateur et par mois en facturation mensuelle.
  • Combo : pointeuse à 2 € par salarié et par mois, en option de son offre de planning.
  • Tamigo : à partir de 15 € par site et par mois.
  • Skello : badgeuse dès 59 € par mois.
  • Esperoo : 69 € HT par mois et par établissement jusqu'à 15 salariés, 89 € jusqu'à 40, 109 € au-delà.
  • TimeMoto : pointeuse à badge et code PIN TM-616 à 299 € hors TVA, plus l'abonnement au logiciel.
  • TimePro : badgeuse S550 avec logiciel TimePlus à 338 €, sans abonnement.

Kelio, Horoquartz, Octime, Asys et oHRis vendent leurs badgeuses sur devis. Comptez aussi les badges, l'installation et, pour certaines solutions, un contrat de maintenance.

Existe-t-il une pointeuse gratuite ?

Oui, sous forme d'application : Jibble est gratuit sans limite d'utilisateurs et Clockify jusqu'à 5 utilisateurs. Plusieurs logiciels payants offrent un essai, comme Esperoo (15 jours) ou TimeMoto (30 jours pour le logiciel). Une application gratuite suffit pour une petite équipe, à condition de vérifier l'export vers la paie et le calcul des heures supplémentaires selon votre convention collective.

Mettre en place une pointeuse : étapes

  1. Choisir le mode de pointage de chaque équipe : badge au bureau ou à l'atelier, tablette en magasin, mobile sur les chantiers.
  2. Consulter le CSE dans les entreprises de 50 salariés et plus, et informer chaque salarié.
  3. Paramétrer les horaires, les pauses, les tolérances de retard et les règles d'heures supplémentaires.
  4. Installer le matériel et distribuer les badges ou les codes.
  5. Tester en parallèle pendant un mois, puis connecter l'export vers la paie.
  6. Prévoir la gestion des oublis : qui corrige, comment le salarié le signale, et quelle trace est conservée.

Que faire en cas d'oubli de pointage ?

Un oubli n'est pas une faute en soi : le logiciel doit permettre au salarié de le signaler et au manager de corriger l'heure, avec une trace de la correction. Si les oublis se répètent, un rappel sur le téléphone ou un pointage plus simple règle souvent le problème mieux qu'une sanction. Fixez ces règles dans une note de service ou le règlement intérieur.

Les limites d'une pointeuse

  • Elle mesure la présence, pas le travail : pour le temps passé par projet, il faut un logiciel de suivi du temps.
  • Le climat social peut en souffrir si le dispositif est perçu comme de la surveillance.
  • Le matériel tombe en panne, et les badges se perdent.
  • Une pointeuse sans logiciel ne calcule rien : les ressaisies restent.

Comment choisir sa pointeuse

  • Vos lieux de travail : site fixe, plusieurs magasins, chantiers ou télétravail.
  • Un mode de pointage proportionné : badge, code ou application, sans biométrie ni géolocalisation permanente.
  • Le lien avec le planning et la gestion des congés.
  • L'export vers votre logiciel de paie, sans ressaisie.
  • Le coût total : matériel, abonnement par salarié ou par site, badges et maintenance.

Questions Fréquentes

Quelle est la différence entre une pointeuse et une badgeuse ?
Aujourd'hui, aucune dans l'usage : les deux enregistrent les heures d'arrivée et de départ. La badgeuse lit un badge et transmet les pointages à un logiciel ; le mot pointeuse désigne aussi l'ancienne horloge à cartons, et par extension tout dispositif de pointage.
Est-il obligatoire d'avoir une pointeuse au travail ?
Non. Mais pour les salariés qui ne suivent pas un horaire collectif affiché, l'employeur doit enregistrer chaque jour, par tout moyen, leurs heures de début et de fin ou le nombre d'heures accomplies (article D. 3171-8 du Code du travail). Une pointeuse est le moyen le plus fiable de le faire.
Quel est le prix d'une pointeuse badgeuse pour entreprise ?
Une pointeuse à badge s'achète autour de 300 € (299 € hors TVA pour la TimeMoto TM-616, 338 € pour la badgeuse S550 avec logiciel chez TimePro). En logiciel, comptez de 2 € par salarié et par mois (option pointeuse de Combo) à 69 € HT par mois et par établissement (Esperoo). Les solutions de Kelio, Horoquartz ou Octime sont sur devis.
Quelle est la meilleure pointeuse en ligne gratuite ?
Jibble propose une offre gratuite à vie sans limite d'utilisateurs, et Clockify est gratuit jusqu'à 5 utilisateurs. Vérifiez l'export vers la paie et n'activez pas la reconnaissance faciale, jugée excessive par la CNIL pour contrôler les horaires.
Une pointeuse à empreinte digitale est-elle autorisée ?
La CNIL juge excessif le contrôle des horaires par biométrie (empreinte, reconnaissance faciale) ou par photo à chaque pointage. Son règlement type ne l'autorise que pour le contrôle d'accès à des locaux ou applications sensibles. Une badgeuse à badge ou à code est jugée suffisante.
Peut-on pointer avec son téléphone ?
Oui, la plupart des logiciels proposent une application de pointage. La géolocalisation n'est licite pour contrôler la durée du travail que si aucun autre moyen, même moins efficace, ne le permet (Cour de cassation, 18 mars 2026).
Que faire si j'ai oublié de pointer ?
Signalez-le à votre manager ou corrigez-le dans l'application si elle le permet : le logiciel garde une trace de la correction. Un oubli ponctuel n'est pas une faute ; les règles de correction sont souvent fixées par une note de service.
Faut-il consulter le CSE avant d'installer une badgeuse ?
Oui dans les entreprises d'au moins 50 salariés : le CSE doit être informé et consulté avant la décision de mettre en place un moyen de contrôle de l'activité (article L. 2312-38). Dans toutes les entreprises, chaque salarié doit être informé avant la mise en service.

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