Mis à jour le 28 sept. 2026 · 13 min de lecture

Logiciel bilan carbone : mon comparatif des plateformes

Scopes 1, 2 et 3, BEGES, CSRD, plan de transition : voici mon comparatif des logiciels de bilan carbone, avec les prix publics relevés chez les éditeurs, qui doit vraiment faire un bilan en 2026, et comment vérifier qu'un outil est conforme à la méthode Bilan Carbone®.
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Tennaxia

Le HSE, l'ESG et le carbone

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Greenly

Greenly

Top 2

Plateforme de comptabilité carbone : Bilan Carbone®, BEGES, CSRD et ACV produit.

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Sweep

Sweep

Top 3

Plateforme de comptabilité carbone et de données ESG, certifiée B Corp.

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Carbo
•Essai gratuit

Plateforme de bilan carbone pour les entreprises, conforme à la méthode Bilan Carbone®.

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WeCount

Bilan carbone accompagné par un consultant sectoriel, avec module CSRD.

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TakeAir

Logiciel Bilan Carbone® conforme ABC et consultants en décarbonation.

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Carbon Maps

Plateforme de durabilité et de comptabilité carbone pour la filière agroalimentaire.

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Aktio

Plateforme et conseil en bilan carbone, entité durabilité du groupe Apave.

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Zei

Plateforme RSE et bilan carbone par paliers, à partir de 2 990 € par an.

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Persefoni
Gratuit /mois•Plan gratuitEssai gratuit

Plateforme américaine de comptabilité carbone, avec une offre gratuite scopes 1, 2 et 3.

Essayer gratuitement
Cyrille ADAMCyrille ADAMÉditorial La Fabrique

Guide pour bien choisir son logiciel de logiciel bilan carbone

Un logiciel de bilan carbone calcule les émissions de gaz à effet de serre d'une organisation à partir de ses données d'activité (énergie, déplacements, achats, fret, immobilisations), les répartit par poste et par scope, et aide à construire un plan de réduction. Il remplace le tableur, garde la trace des hypothèses et facilite la mise à jour année après année.

Voici mon comparatif des logiciels de bilan carbone, français et internationaux, avec les prix quand les éditeurs en publient, ce que la loi impose vraiment en 2026, et comment vérifier qu'un outil est réellement conforme à la méthode Bilan Carbone®.

Qu'est-ce qu'un logiciel de bilan carbone ?

C'est une plateforme de comptabilité carbone. Elle collecte les données d'activité, souvent en partie depuis la comptabilité, leur applique des facteurs d'émission, et produit un bilan par scope : le scope 1 (émissions directes, comme le carburant de la flotte ou le gaz des chaudières), le scope 2 (électricité, chaleur et vapeur achetées) et le scope 3 (toutes les autres émissions indirectes : achats, transport, déplacements, usage des produits vendus…). Les plus complets ajoutent la trajectoire de réduction, l'analyse du cycle de vie des produits et le reporting réglementaire (BEGES, CSRD).

Les fonctionnalités à comparer

  • La collecte des données : import comptable, connecteurs, questionnaires aux fournisseurs, saisie par les services.
  • Les méthodes : Bilan Carbone®, BEGES réglementaire, GHG Protocol, ISO 14064.
  • Les facteurs d'émission : Base Carbone® de l'ADEME, bases internationales, et possibilité d'utiliser des données spécifiques de vos fournisseurs.
  • Le scope 3 : estimation par les dépenses (approche monétaire) ou par les quantités physiques, plus précise.
  • Le plan de transition : objectifs, trajectoires (SBTi, SNBC), suivi des actions.
  • Les exports : format BEGES pour la plateforme de l'ADEME, rapport CSRD (norme ESRS E1), réponses aux questionnaires clients.
  • L'accompagnement : logiciel en autonomie, ou avec des consultants.

Les avantages d'un logiciel plutôt qu'un tableur

  • Un bilan reproductible : les hypothèses et les sources sont tracées, ce qui facilite la mise à jour et l'audit.
  • Des facteurs d'émission à jour, sans les chercher un par un.
  • Moins de ressaisie grâce aux imports comptables et aux connecteurs.
  • Un plan d'action suivi dans le temps, et pas seulement une photo annuelle.
  • Des rapports prêts pour la réglementation et pour les clients.

Qui doit faire un bilan carbone ? Le cadre légal en 2026

Le « bilan carbone » est souvent employé comme un terme générique ; en droit, on parle de bilan des émissions de gaz à effet de serre (BEGES). Bilan Carbone® est aussi le nom d'une méthode, portée par l'Association pour la transition bas carbone. Voici ce que la loi impose réellement.

Les entreprises de plus de 500 salariés : le BEGES réglementaire

Le Code de l'environnement (article L. 229-25) oblige à établir un bilan de leurs émissions les « personnes morales de droit privé employant plus de cinq cents personnes » (plus de 250 dans les régions et départements d'outre-mer), ainsi que l'État, les collectivités de plus de 50 000 habitants et les autres personnes publiques de plus de 250 agents. Le bilan est accompagné d'un plan de transition et publié ; il est « mis à jour tous les quatre ans » pour les entreprises. Les émissions indirectes du « scope 3 » ne sont obligatoires que pour les entreprises soumises au rapport de durabilité : pour les autres, les émissions indirectes « à prendre en compte obligatoirement se limitent aux émissions indirectes associées à la consommation d'électricité, de chaleur ou de vapeur ». Depuis la loi du 30 avril 2025, les entreprises qui publient un bilan et un plan de transition dans leur rapport de durabilité (CSRD) sont dispensées du BEGES.

Une amende de 50 000 €, et non plus 10 000 €

Beaucoup de pages, et même la méthode officielle du ministère dans sa version de 2022, indiquent encore une amende de 10 000 €. C'est dépassé : depuis la loi industrie verte du 23 octobre 2023, le manquement est sanctionné « par une amende n'excédant pas 50 000 €, montant qui ne peut excéder 100 000 € en cas de récidive ». La procédure passe par une mise en demeure du préfet de région, qui peut aussi rendre la sanction publique.

La CSRD, recentrée sur les très grandes entreprises

Le rapport de durabilité européen (CSRD) impose de publier ses émissions de gaz à effet de serre sur les trois scopes et un plan de transition (norme ESRS E1). Mais la directive Omnibus du 24 février 2026 réserve désormais la CSRD aux entreprises de plus de 1 000 salariés et de plus de 450 millions d'euros de chiffre d'affaires, avec une transposition en droit français attendue au plus tard le 19 mars 2027. Conséquence, que je tire de la lecture des textes : une entreprise de 500 à 1 000 salariés qui sortira de la CSRD restera soumise au BEGES, avec les scopes 1 et 2 obligatoires.

Pour les PME : volontaire, mais de plus en plus attendu

En dessous de 500 salariés, le bilan carbone n'est pas obligatoire. Il est pourtant de plus en plus demandé par les grands clients, qui doivent mesurer leur propre scope 3, et par les acheteurs publics : depuis le 22 août 2026, dans les marchés publics, au moins un critère d'attribution « prend en compte les caractéristiques environnementales de l'offre ». Pour les PME, Bpifrance propose le Diag Décarbon'Action : un bilan de gaz à effet de serre et un plan d'action, pour 6 000 € HT après une subvention de 40 %, réservé aux entreprises de moins de 500 salariés qui n'ont pas réalisé de bilan complet ces cinq dernières années.

Les facteurs d'émission officiels sont gratuits

Tous les logiciels s'appuient sur des facteurs d'émission, qui convertissent une dépense ou une consommation en émissions. La référence française est la Base Carbone® de l'ADEME, « une base de données publique de facteurs d'émissions, nécessaires à la réalisation d'un bilan d'émissions de gaz à effet de serre », librement accessible. Demandez à l'éditeur quelles bases il utilise et à quelle version.

Attention aux allégations de neutralité carbone

En France, affirmer dans une publicité qu'un produit est « neutre en carbone » est interdit sauf à respecter des conditions strictes (bilan des émissions sur tout le cycle de vie, trajectoire de réduction, compensation documentée), sous peine d'une amende jusqu'à 100 000 € pour une entreprise. Et la directive européenne 2024/825, applicable à partir du 27 septembre 2026, interdit en toutes circonstances d'affirmer, « sur la base de la compensation des émissions de gaz à effet de serre », qu'un produit a un impact neutre, réduit ou positif ; sa transposition en France n'était pas publiée au 28 septembre 2026. Un logiciel de bilan carbone mesure et aide à réduire ; il ne doit pas servir à afficher une neutralité fondée sur la compensation.

Vérifier la conformité à la méthode Bilan Carbone®

Beaucoup d'éditeurs se disent « certifiés » ou « labellisés ». L'Association pour la transition Bas Carbone (ABC), qui porte la méthode Bilan Carbone®, ne délivre pas de certification de logiciel mais une démarche de conformité, appelée Bilan Carbone® Conform, fondée sur un référentiel en cinq piliers. Elle met en garde : « méfiez-vous des entreprises se vantant d'avoir conformé leur outil avec nous, seules les entreprises affichées l'ont réellement validé ». Parmi les outils de ce comparatif, sa liste publique d'outils conformes comprenait le 28 septembre 2026 Tennaxia, Sami, Aktio, TakeAir, Sweep, WeCount, Carbo, Toovalu, D-Carbonize, Greenly et Decarbo'Solution. Vérifiez sur le site de l'ABC avant de vous fier à un logo.

Les logiciels de bilan carbone comparés

Les plateformes françaises

Greenly, qui a fusionné avec Normative, revendique 4 000 clients et couvre le Bilan Carbone®, le BEGES, la CSRD et l'analyse du cycle de vie des produits. Sweep, éditeur montpelliérain certifié B Corp, intègre les facteurs d'émission du GHG Protocol, d'Exiobase, de l'EPA et de l'ADEME, et aligne les objectifs sur la SBTi. Carbo revendique plus de 2 000 entreprises accompagnées, puise ses facteurs dans plus de 30 bases et exporte au format BEGES. Tennaxia, qui a intégré Traace, associe sa suite HSE, ESG et carbone à plus de 90 consultants internes. Toovalu, qui fait partie du groupe Lefebvre depuis 2024, travaille avec plus de 60 cabinets de conseil partenaires. Zei propose des offres par paliers, du bilan scopes 1 et 2 au reporting complet.

Logiciel et accompagnement

WeCount accompagne les entreprises avec un consultant de leur secteur et un module CSRD pour l'ESRS E1. Sami fait travailler votre consultant dans la même plateforme que vous. TakeAir associe un logiciel Bilan Carbone® conforme ABC à ses consultants. Aktio est désormais l'entité durabilité du groupe Apave. Decarbo'Solution, membre de l'Association Bilan Carbone, publie ses prix en ligne mais propose aussi de la compensation carbone. D-Carbonize, née à Bruxelles, cible l'industrie et la construction.

Les plateformes internationales et spécialisées

Watershed et Persefoni, américains, et Plan A, berlinois, visent les groupes internationaux ; Persefoni propose une offre gratuite pour mesurer les scopes 1, 2 et 3 avec un utilisateur. Carbon Maps, lillois, est spécialisé dans les filières agricoles et agroalimentaires.

Combien coûte un logiciel de bilan carbone ?

Peu d'éditeurs publient leurs prix. Relevés le 28 septembre 2026 :

  • Persefoni : offre gratuite pour un utilisateur.
  • Zei : Essentiel RSE à partir de 2 990 € par an (scopes 1 et 2), ESG Hub à partir de 4 990 € par an (scopes 1, 2 et 3), selon la taille de l'entreprise.
  • Carbo : abonnement annuel par entité, selon le nombre de salariés, avec un simulateur de prix sur son site.
  • Decarbo'Solution : prix en ligne selon la taille et la périodicité, hors taxes, et pack Bilan Carbone® à partir de 4 500 € HT.

Les autres éditeurs sont sur devis, souvent parce que le prix inclut des jours d'accompagnement. Pour une PME, le Diag Décarbon'Action de Bpifrance (bilan et plan d'action pour 6 000 € HT après subvention) est une alternative à comparer.

Peut-on faire son bilan carbone gratuitement ou sur Excel ?

En partie. La Base Carbone® de l'ADEME, qui fournit les facteurs d'émission officiels, est publique. L'ABC met son tableur et son logiciel Bilan Carbone® à disposition de ses adhérents, à condition d'avoir au moins une personne formée. Persefoni propose une offre gratuite limitée. Mais un bilan carbone sérieux demande surtout du temps et de la méthode pour collecter les données et interpréter les résultats : un tableur suffit pour un premier bilan simple, un logiciel devient utile pour le scope 3, les mises à jour et le plan d'action.

Les limites d'un logiciel de bilan carbone

  • La qualité dépend des données : une estimation par les dépenses donne un ordre de grandeur, pas une mesure précise.
  • Il ne réduit rien tout seul : la valeur est dans le plan d'action et sa mise en œuvre.
  • Les chiffres d'éditeurs sur les tonnes « évitées » ou le retour sur investissement ne sont pas vérifiables.
  • La compensation n'est pas une réduction : un outil qui met en avant la neutralité carbone par compensation vous expose aux nouvelles règles sur les allégations environnementales.

Comment choisir son logiciel de bilan carbone

  • Votre obligation : BEGES réglementaire, CSRD, demande d'un client, démarche volontaire.
  • La méthode : conformité réelle à la méthode Bilan Carbone®, vérifiée sur la liste de l'ABC, et au GHG Protocol.
  • Le scope 3 : approche monétaire ou physique, données fournisseurs.
  • L'accompagnement dont vous avez besoin, et son coût.
  • Votre secteur : certains outils sont spécialisés (agroalimentaire, industrie, construction).
  • Le coût total sur plusieurs années, avec les mises à jour du bilan.

Questions Fréquentes

Qui est obligé de faire un bilan carbone ?
Le bilan des émissions de gaz à effet de serre (BEGES) est obligatoire pour les entreprises employant plus de 500 personnes (plus de 250 en outre-mer), l'État, les collectivités de plus de 50 000 habitants et les autres personnes publiques de plus de 250 agents. Il est mis à jour tous les quatre ans pour les entreprises, avec un plan de transition. Les entreprises qui publient un bilan dans leur rapport de durabilité (CSRD) en sont dispensées.
Quelle est la sanction en l'absence de bilan carbone obligatoire ?
Depuis la loi industrie verte du 23 octobre 2023, l'amende peut atteindre 50 000 €, et 100 000 € en cas de récidive. Beaucoup de pages indiquent encore 10 000 €, montant en vigueur avant cette loi.
Le scope 3 est-il obligatoire ?
Pas pour toutes les entreprises soumises au BEGES. Pour celles qui ne sont pas soumises au rapport de durabilité, les émissions indirectes obligatoires se limitent à celles liées à l'électricité, à la chaleur et à la vapeur. Le scope 3 est en revanche demandé dans le rapport de durabilité (CSRD) et très souvent par les grands clients.
Le bilan carbone est-il obligatoire pour la CSRD ?
La CSRD impose de publier les émissions de gaz à effet de serre des scopes 1, 2 et 3 et un plan de transition (norme ESRS E1). Depuis la directive Omnibus du 24 février 2026, elle ne concerne plus que les entreprises de plus de 1 000 salariés et de plus de 450 millions d'euros de chiffre d'affaires, avec une transposition française attendue au plus tard le 19 mars 2027.
Quel est le meilleur logiciel de bilan carbone ?
Cela dépend de votre obligation, de votre secteur et du niveau d'accompagnement souhaité. Greenly, Sweep, Carbo, Tennaxia, Toovalu ou Zei sont des plateformes françaises répandues ; WeCount, Sami, TakeAir ou Aktio associent logiciel et consultants. Vérifiez sur le site de l'ABC la conformité réelle à la méthode Bilan Carbone®, et comparez la gestion du scope 3.
Combien coûte un bilan carbone pour une entreprise ?
Selon les prix publics relevés le 28 septembre 2026 : Zei à partir de 2 990 € par an pour les scopes 1 et 2, Decarbo'Solution avec un pack Bilan Carbone® à partir de 4 500 € HT, le Diag Décarbon'Action de Bpifrance à 6 000 € HT après subvention pour les entreprises de moins de 500 salariés. La plupart des éditeurs sont sur devis, l'accompagnement pesant souvent plus que le logiciel.
Peut-on faire son bilan carbone gratuitement ?
En partie : la Base Carbone® de l'ADEME, qui fournit les facteurs d'émission officiels, est publique, et Persefoni propose une offre gratuite limitée à un utilisateur. Le tableur Bilan Carbone® de l'ABC est réservé à ses adhérents ayant au moins une personne formée. Le principal coût reste le temps de collecte et d'analyse des données.
Peut-on encore se dire neutre en carbone ?
En France, l'allégation « neutre en carbone » dans une publicité n'est permise qu'à des conditions strictes, sous peine d'une amende jusqu'à 100 000 € pour une entreprise. La directive européenne 2024/825, applicable à partir du 27 septembre 2026, interdit en toutes circonstances d'affirmer un impact neutre ou réduit sur la base de la compensation ; sa transposition française n'était pas publiée au 28 septembre 2026.
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