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Agences ESN / SSII Tendances 6 conseils pour une gestion efficace de vos prestataires IT

6 conseils pour une gestion efficace de vos prestataires IT

Cyrille ADAM
Cyrille ADAM
25 min

La gestion de prestataires IT, et plus spécifiquement des Entreprises de Services du Numérique (ESN) ou SSII, est devenue l’un des enjeux majeurs des Directions des Systèmes d’Information (DSI) et des chefs de projet modernes. Dans un contexte où la transformation digitale s’accélère, le recours à l’externalisation n’est plus une simple variable d’ajustement, mais une stratégie structurelle pour accéder à des compétences pointues et gagner en flexibilité. Cependant, chez La Fabrique du Net, nous constatons quotidiennement que la réussite d’un projet externalisé ne dépend pas uniquement de la qualité technique du code produit, mais avant tout de la méthodologie de pilotage mise en place. Trop d’entreprises pensent encore qu’il suffit de signer un contrat et de transmettre un cahier des charges pour obtenir le résultat escompté. C’est une erreur fondamentale qui conduit, selon nos observations sur les trois dernières années, à des dérapages budgétaires moyens de 25 % et des retards de livraison fréquents.

Forts de notre expérience d’intermédiaire privilégié entre porteurs de projets et agences digitales, nous avons analysé les mécanismes qui séparent les collaborations fructueuses des échecs cuisants. La gestion efficace d’un prestataire IT ne s’improvise pas : elle requiert de la rigueur, des processus clairs et une communication maîtrisée. Ce n’est pas simplement une relation client-fournisseur, c’est la construction d’un partenariat opérationnel où la transparence est la clé de voûte. À travers cet article, nous allons décrypter les leviers concrets pour optimiser cette relation, sécuriser vos investissements et garantir que vos partenaires technologiques deviennent de véritables moteurs de votre croissance.

1. La définition et le suivi rigoureux des indicateurs de performance (KPI)

L’une des premières causes de friction que nous identifions lors des médiations ou des audits de projets en difficulté est l’absence de critères de succès objectifs. Dire qu’un logiciel doit « bien fonctionner » ou être « rapide » ne constitue pas une directive exploitable pour une ESN. Pour piloter efficacement un prestataire, il est impératif de traduire les attentes métier en indicateurs de performance clés (KPI) mesurables et contractuels. Cela permet de passer d’une gestion basée sur le ressenti à un pilotage par la donnée.

Dans le secteur des services informatiques, il convient de distinguer deux types d’indicateurs : les indicateurs de moyens et les indicateurs de résultats. Sur le terrain, nous recommandons généralement de pondérer ces indicateurs en fonction du type de contrat (régie ou forfait). Pour un projet au forfait, l’accent doit être mis sur le respect des délais et la conformité aux spécifications. En régie, ou assistance technique, le pilotage se concentre davantage sur la vélocité et la qualité du code produit au quotidien.

Il est crucial de définir des seuils d’alerte. Par exemple, si le taux de retour de tickets (bugs) dépasse les 15 % après une phase de recette, cela doit déclencher une revue de code immédiate ou un audit des processus de test du prestataire. Chez La Fabrique du Net, nous conseillons d’intégrer ces KPI directement dans le Plan d’Assurance Qualité (PAQ) signé au démarrage. Voici les dimensions essentielles à surveiller :

  • La vélocité de l’équipe (en méthodologie Agile) : Il s’agit de mesurer le nombre de points de complexité traités par sprint. Attention, cet indicateur ne doit pas servir à « presser » les développeurs, mais à anticiper la date d’atterrissage du projet. Une vélocité instable est souvent le signe d’un turnover important chez le prestataire ou d’une dette technique mal gérée.
  • Le taux de couverture de tests : Exiger un taux de couverture (souvent supérieur à 80 % pour le backend) garantit que le code livré est robuste. C’est un indicateur technique qui protège votre investissement sur le long terme.
  • Le respect des SLA (Service Level Agreements) : Pour les prestations de maintenance (TMA), le temps de prise en compte et le temps de résolution des incidents sont vitaux.
  • L’indice de satisfaction des utilisateurs finaux : Trop souvent oublié, ce KPI qualitatif permet de vérifier si la solution technique répond réellement au besoin métier.

L’observation des marchés actuels montre que les entreprises qui intègrent des clauses de bonus/malus indexées sur ces KPI obtiennent une attention bien supérieure de la part de leurs prestataires. Cependant, l’objectif n’est pas de sanctionner, mais d’aligner les intérêts. Si votre prestataire IT sait que sa rentabilité ou sa prime de succès dépend de la qualité du code et du respect du planning, il mettra naturellement ses meilleures ressources sur votre projet.

2. L’instauration de rituels de communication et de méthodes Agiles

Le « silence radio » est l’ennemi numéro un de l’externalisation. Nous voyons encore trop de clients qui, après avoir validé le devis, n’échangent avec leur prestataire que lors des livraisons majeures, parfois espacées de plusieurs mois. Cette approche, souvent qualifiée d’effet tunnel, est catastrophique. La gestion moderne des prestataires IT impose une collaboration étroite, quasi quotidienne, calquée sur les méthodologies Agiles (Scrum ou Kanban), même si votre entreprise ne fonctionne pas elle-même totalement en Agile.

La mise en place de rituels structurés permet de détecter les dérives le plus tôt possible. L’idée est de transformer la « boîte noire » de la production informatique en une « boîte de verre ». Cela demande un investissement en temps de la part du client (Product Owner ou Chef de Projet), mais le retour sur investissement est immédiat : réduction des malentendus, ajustement des priorités en temps réel et maintien de la motivation des équipes distantes.

Concrètement, nous recommandons d’imposer, contractuellement si nécessaire, les points de contact suivants :

  • Le Daily Stand-up (ou mêlée quotidienne) : Même si le client n’y assiste pas tous les jours, il doit recevoir un compte-rendu succinct ou avoir accès au tableau de bord. Savoir qui fait quoi et quels sont les blocages permet de lever les obstacles administratifs ou fonctionnels qui dépendent du client.
  • La Revue de Sprint (Sprint Review) : Toutes les deux semaines environ, le prestataire doit présenter ce qui a été produit. C’est le moment de valider la conformité par rapport au besoin. Si une fonctionnalité a été mal comprise, on le découvre au bout de 10 jours, pas au bout de 6 mois.
  • La Rétrospective : Souvent négligée par les clients, c’est pourtant le moment où l’on améliore la collaboration. C’est ici que l’on se dit les vérités : « Les spécifications manquaient de détails », « La validation des maquettes a pris trop de temps », etc.

Au-delà de ces rituels, l’outillage de la communication est primordial. L’usage d’outils collaboratifs partagés (comme Slack, Microsoft Teams, ou Discord) pour les échanges informels permet de créer du lien humain avec les équipes du prestataire. N’oubliez pas que les développeurs de votre ESN travaillent pour vous, mais ne sont pas « chez vous ». Créer ce sentiment d’appartenance via une communication fluide réduit le turnover sur votre projet, un fléau qui coûte cher en temps de formation et de transfert de connaissances.

3. La maîtrise de la documentation technique et fonctionnelle partagée

La documentation est souvent le parent pauvre des projets informatiques. Les développeurs préfèrent coder, et les clients préfèrent voir des fonctionnalités plutôt que de lire des documents. Pourtant, chez La Fabrique du Net, nous considérons que la documentation est votre seule assurance-vie en cas de rupture de contrat ou de défaillance du prestataire. Si tout le savoir est dans la tête des consultants de l’ESN, vous êtes en situation de dépendance totale (vendor lock-in).

Une gestion efficace d’un prestataire IT passe par l’exigence d’une documentation continue, et non pas rédigée à la hâte en fin de projet. Cette documentation doit être hébergée sur des espaces que vous contrôlez ou auxquels vous avez un accès administrateur permanent (Confluence, Notion, Wiki interne, etc.). Elle doit être la « source de vérité » du projet.

Il est impératif de distinguer plusieurs niveaux de documentation, chacun ayant une utilité précise pour la pérennité de votre plateforme :

  • Documentation d’architecture : Schémas des flux de données, choix des technologies, cartographie des serveurs. Elle permet à un nouvel architecte de comprendre comment le système est construit.
  • Documentation du code (API et inline) : L’utilisation de standards comme Swagger pour les API est non négociable. Le code doit être commenté, et les procédures de déploiement (CI/CD) doivent être écrites pour qu’une autre équipe puisse reprendre la main sans l’aide du prestataire initial.
  • Documentation fonctionnelle : Les User Stories, les règles de gestion métier et les cas d’usage doivent être à jour. Si le prestataire code une règle de calcul de TVA complexe, cette règle doit être écrite en langage clair quelque part, pas seulement enfouie dans le code PHP ou Java.

Nous conseillons d’intégrer la mise à jour de la documentation dans la « Definition of Done » (DoD) de chaque tâche. Une fonctionnalité ne peut être considérée comme terminée et facturable que si la documentation associée a été mise à jour. Cela demande de la rigueur, mais c’est le seul moyen de garantir la réversibilité du service, c’est-à-dire la capacité de changer de prestataire rapidement et sans perte de savoir-faire.

4. Le choix du modèle contractuel adapté : Régie vs Forfait

La structure financière et juridique de votre collaboration définit intrinsèquement la manière dont vous allez gérer votre prestataire. Il n’y a pas de mauvais modèle, mais il y a souvent de mauvais choix par rapport à la typologie du projet. À La Fabrique du Net, nous voyons souvent des entreprises choisir le forfait pour se « rassurer » sur le budget, alors que le périmètre du projet est flou, ce qui mène inévitablement à des avenants coûteux et des tensions.

Comprendre la dynamique de chaque modèle est essentiel pour une gestion saine :

Le mode Forfait (engagement de résultat)

Le prestataire s’engage à livrer un périmètre défini pour un prix fixe et une date fixe. C’est idéal pour des projets très bien cadrés, avec un cahier des charges exhaustif qui ne bougera pas (ce qui est rare en informatique). La gestion ici est administrative : on vérifie la conformité des livrables par rapport au contrat. Le risque est porté par le prestataire. Attention toutefois : pour tenir ses marges en cas d’imprévu, le prestataire peut être tenté de rogner sur la qualité du code (dette technique) ou de refuser la moindre petite amélioration demandée par le client. La rigidité est le prix de la sécurité budgétaire.

Le mode Régie ou Assistance Technique (engagement de moyens)

Vous louez les compétences des consultants à la journée (Taux Journalier Moyen – TJM). Le risque est porté par le client : si l’équipe est lente, le projet coûte plus cher. Cependant, c’est le modèle le plus flexible et le plus adapté aux méthodes Agiles. Vous pouvez changer de direction en cours de route. La gestion ici est humaine et opérationnelle : vous devez piloter l’efficacité des équipes. Pour réussir en régie, le client doit avoir une maturité technique suffisante ou être accompagné par un CTO externe pour challenger les temps passés.

Une tendance intéressante que nous observons est le modèle hybride ou « régie forfaitée ». On s’engage sur une capacité de production (une équipe de 5 personnes) avec des engagements de service (SLA) et un pilotage par les points de complexité livrés. Cela combine la souplesse de la régie avec un cadre de performance mesurable. Choisir le bon modèle dès le départ élimine 50 % des conflits potentiels liés à la facturation et aux périmètres.

5. L’intégration culturelle et technique des équipes externes

Considérer les prestataires comme des exécutants interchangeables est une erreur de management qui impacte directement la qualité du produit. Un développeur ou un consultant, même externe, a besoin de comprendre la vision de l’entreprise, ses enjeux et sa culture pour proposer des solutions pertinentes. L’exclusion des prestataires de la vie de l’entreprise crée un désengagement nocif.

Une gestion efficace passe par un onboarding (intégration) aussi soigné pour les prestataires que pour les salariés internes. Cela inclut :

  • L’accès aux outils : Rien n’est plus frustrant et coûteux qu’un consultant qui attend 48h pour avoir ses accès VPN, JIRA ou Git. Ces aspects logistiques doivent être réglés avant le jour J.
  • La formation au métier : Prenez le temps d’expliquer votre business model. Un développeur qui comprend pourquoi une fonctionnalité est critique pour le chiffre d’affaires la traitera avec plus de soin qu’une simple ligne dans un fichier Excel.
  • L’intégration humaine : Inviter les prestataires aux réunions d’équipe globales, aux déjeuners ou aux événements d’entreprise (dans la mesure du possible légal pour éviter le délit de marchandage) renforce la cohésion. Une équipe mixte (internes + externes) soudée performe toujours mieux que deux entités cloisonnées qui se renvoient la balle.

Nous observons que les projets où les prestataires sont traités comme des partenaires (« partie de l’équipe ») ont un taux de défaut nettement inférieur. L’empathie et le respect professionnel favorisent la proactivité : le prestataire n’hésitera pas à vous alerter sur un mauvais choix technique s’il se sent écouté et respecté, alors qu’il laissera faire l’erreur s’il est considéré comme un simple exécutant.

6. La surveillance de la qualité et de la sécurité du code

La confiance n’exclut pas le contrôle. C’est particulièrement vrai dans le développement logiciel. Vous ne pouvez pas gérer un prestataire IT uniquement sur ses déclarations. Vous devez mettre en place des outils de contrôle automatique de la qualité. C’est un domaine où l’expertise technique est requise, mais les outils modernes facilitent grandement cette gouvernance.

Il est recommandé d’imposer l’utilisation d’outils d’analyse statique de code (comme SonarQube) qui scannent le code produit pour détecter les bugs potentiels, les failles de sécurité, la complexité inutile et la duplication. Définissez des seuils de qualité (« Quality Gates ») : par exemple, « interdiction de livrer en production si des failles critiques sont détectées » ou « si le taux de duplication de code dépasse 3 % ».

De plus, la propriété intellectuelle et la sécurité des accès sont primordiales :

  • Le client doit être propriétaire du dépôt de code (Git) : Ne laissez jamais le code hébergé uniquement sur les serveurs du prestataire. Vous devez avoir la main pour couper les accès si nécessaire.
  • Revue de code par des tiers : Si vous n’avez pas de compétence technique en interne, il peut être judicieux de mandater ponctuellement un expert indépendant pour auditer le code fourni par l’ESN. Cela maintient une pression saine sur la qualité.

Cette rigueur technique protège votre actif numérique. Un code « propre » est plus facile à maintenir, plus évolutif et moins sujet aux cyberattaques. C’est un investissement direct dans la durée de vie de votre application.

Retour d’expérience avec une agence partenaire

Pour illustrer l’impact d’une bonne gestion de prestataire, prenons l’exemple d’une ETI dans le secteur de la logistique industrielle, basée en région parisienne, que nous avons accompagnée. Cette entreprise souhaitait refondre son outil de gestion d’entrepôt (WMS), devenu obsolète et freinant sa croissance. Le budget estimé était de 250 000 € pour une durée de 9 mois.

L’entreprise a sélectionné, via La Fabrique du Net, une agence partenaire spécialisée en développement sur mesure et architecture cloud. Dès le départ, le client a appliqué les principes de gestion évoqués ci-dessus :

  • Contrat : Un mode hybride a été choisi. Une phase de cadrage au forfait pour définir l’architecture (1 mois), suivie d’une phase de développement en mode Agile avec facturation au sprint (régie plafonnée).
  • Gouvernance : Le DSI du client a imposé des démos tous les 15 jours devant les responsables d’entrepôt pour valider l’ergonomie en temps réel.
  • Outillage : Mise en place commune d’un JIRA partagé et d’un SonarQube pour surveiller la dette technique.

Résultat : Le projet a été livré en 10 mois (léger dépassement dû à l’ajout de fonctionnalités critiques en cours de route, validé par les deux parties). La qualité du code a permis de réduire les coûts de maintenance de 40 % par rapport à l’ancien système. Surtout, l’appropriation par les équipes terrain a été immédiate car elles avaient été impliquées via les rituels Agiles. Ce succès repose autant sur l’excellence technique de l’agence partenaire que sur la maturité de gestion du client qui a su piloter son prestataire sans l’étouffer.

Les erreurs les plus fréquentes dans la gestion de prestataires IT

Notre position d’observateur nous permet de dresser une liste des écueils récurrents qui mènent les projets à l’échec. Les éviter est souvent une question de bon sens et de discipline.

  • Le micro-management excessif : Vouloir contrôler chaque heure de travail du prestataire est contre-productif. Cela déresponsabilise l’ESN et crée un climat de méfiance. Il faut piloter par les objectifs et les résultats, non par le pointage horaire minute par minute.
  • L’imprécision du besoin initial : Lancer un développement avec des spécifications vagues en pensant « qu’on verra en marchant » est la cause n°1 des dépassements de budget. Si le besoin n’est pas clair, le prestataire devra faire des hypothèses, qui seront souvent fausses.
  • Négliger la phase de recette (tests) : Laisser le prestataire tester seul son travail est risqué. Le client doit s’impliquer dans la validation fonctionnelle. Découvrir les bugs en production coûte 10 à 100 fois plus cher qu’en phase de développement.
  • Le choix uniquement basé sur le prix (TJM) : Choisir l’ESN la moins chère est souvent un mauvais calcul. Un développeur senior à 700 €/jour qui code trois fois plus vite et mieux qu’un junior à 400 €/jour est, au final, plus économique pour le projet. La qualité a un prix, mais la non-qualité a un coût bien supérieur.
  • L’absence de Product Owner côté client : Le prestataire ne peut pas deviner vos priorités métier. Si personne chez le client n’est désigné pour répondre aux questions fonctionnelles au quotidien (rôle de Product Owner), l’équipe de développement sera bloquée ou prendra de mauvaises décisions.

Comment bien choisir son agence pour l’externalisation IT

Le choix du bon partenaire est aussi crucial que sa gestion ultérieure. Au-delà des compétences techniques (Java, PHP, React, .NET…), qui sont des pré-requis, vous devez évaluer la capacité de l’agence à s’intégrer dans votre dynamique. Voici les critères et questions à privilégier :

Les questions à poser en entretien

  • « Quel est votre taux de turnover annuel ? » : Si l’agence a un turnover de 30 %, votre équipe projet risque de changer tous les 4 mois, entraînant des pertes de connaissance.
  • « Comment gérez-vous la montée en compétence de vos équipes ? » : Une bonne ESN investit dans la formation de ses consultants.
  • « Pouvez-vous me montrer un exemple de documentation technique produite pour un autre client (anonymisée) ? » : Cela vous permettra de juger concrètement de la qualité de leurs livrables documentaires.
  • « Que se passe-t-il si un développeur clé quitte le projet ? » : Testez leur plan de continuité d’activité. Ont-ils un système de binômage ou de shadow staffing ?

Les signaux d’alerte (Red Flags)

Méfiez-vous d’une agence qui dit « oui » à tout sans challenger votre besoin. Un bon prestataire IT est un conseiller qui doit savoir vous dire non si une demande technique est incohérente ou dangereuse. Soyez également vigilant sur la transparence des CV : assurez-vous que les profils présentés lors de l’appel d’offres seront bien ceux qui travailleront réellement sur votre projet.

Tendances et évolutions du marché des ESN

Le marché des services numériques est en perpétuelle mutation. Chez La Fabrique du Net, nous observons plusieurs tendances lourdes qui influencent la relation client-prestataire :

  • Le Nearshore de proximité : Face à la pénurie de talents en France et à l’inflation des TJM (qui peuvent varier de 500 € à 900 € pour des profils confirmés à Paris), de nombreuses entreprises se tournent vers le Portugal, l’Espagne ou l’Europe de l’Est. La gestion de ces équipes demande une rigueur accrue sur l’anglais et les outils de communication à distance, mais permet une optimisation des coûts.
  • L’impact de l’IA générative (Copilot, ChatGPT) : Les développeurs utilisent de plus en plus l’IA pour coder plus vite. Cela pose de nouvelles questions contractuelles : à qui appartient le code généré ? Quid de la confidentialité des données envoyées aux IA ? Il devient nécessaire d’encadrer l’usage de ces outils dans les contrats.
  • La montée du Green IT : La sobriété numérique devient un critère de choix. Les clients demandent désormais à leurs prestataires de concevoir des applications éco-responsables (écoconception) et de mesurer l’empreinte carbone des services numériques développés.
  • Le modèle « Team as a Service » : On ne loue plus des individus, mais une « squad » complète (Dev, Ops, Scrum Master, QA) qui a l’habitude de travailler ensemble. Cette unité clé en main est souvent plus performante dès le premier jour qu’un assemblage de freelances ou de consultants isolés.

Ressource prête à l’emploi : Tableau de bord de pilotage (Scorecard)

Pour vous aider à structurer vos comités de pilotage mensuels (Copil), nous avons conçu cette grille d’évaluation synthétique. Elle vous permet de noter objectivement la prestation et de suivre l’évolution de la relation mois après mois. Copiez ce tableau et utilisez-le comme support de discussion avec votre prestataire.

Domaine Indicateur (KPI) Objectif Réalisé Statut
Qualité de production Nombre de bugs critiques en Prod 0 🔴 / 🟢
Qualité de production Taux de réouverture des tickets < 5% 🔴 / 🟢
Respect des délais Vélocité (Points de story livrés) Stable (+/- 10%) 🔴 / 🟢
Respect des délais Respect des jalons majeurs 100% 🔴 / 🟢
Budget Consommation du budget (J/H) Conforme prévisionnel 🔴 / 🟢
Équipe & RH Stabilité de l’équipe (Turnover) 0 départ 🔴 / 🟢
Documentation Mise à jour documentation technique 100% à jour 🔴 / 🟢
Satisfaction Client Note qualitative (Relationnel/Proactivité) > 4/5 🔴 / 🟢

Conseil d’utilisation : Remplissez ce tableau conjointement avec le chef de projet du prestataire avant chaque Copil. Les lignes en rouge doivent faire l’objet d’un plan d’action correctif immédiat (PAC).

FAQ : Questions fréquentes sur la gestion de prestataires IT

Comment réagir si le prestataire annonce un retard important ?

La première étape est d’analyser la cause racine (root cause analysis). Est-ce dû à une mauvaise estimation technique, à un manque de ressources ou à des changements de périmètre de votre part ? Si la faute incombe au prestataire, référez-vous au contrat (pénalités, jours offerts pour rattraper). L’important est de re-planifier de manière réaliste (re-baselining) : mieux vaut un nouveau planning fiable qu’une course effrénée qui sacrifiera la qualité. Communiquez immédiatement en interne pour gérer les attentes.

Faut-il internaliser ou externaliser les compétences clés ?

Chez La Fabrique du Net, nous conseillons généralement de garder la maîtrise d’ouvrage (le « Quoi » et le « Pourquoi ») et l’architecture de haut niveau en interne. L’externalisation est idéale pour la réalisation (le « Comment ») et pour absorber des pics de charge. Si une technologie est le cœur absolu de votre business (votre « secret sauce »), visez une internalisation progressive. L’externalisation peut servir de phase transitoire pour lancer le projet rapidement.

Comment gérer la propriété intellectuelle (PI) du code développé ?

C’est un point juridique non négociable : le contrat doit stipuler explicitement que la cession des droits de propriété intellectuelle se fait au fur et à mesure du paiement des factures. Assurez-vous que le prestataire n’utilise pas des briques logicielles propriétaires qui vous lieraient à lui ad vitam æternam. L’usage de l’Open Source est recommandé, mais vérifiez la compatibilité des licences.

Que faire si l’équipe du prestataire change trop souvent ?

Un turnover élevé désorganise le projet. Vous devez exiger une clause de stabilité dans le contrat, ou une période de recouvrement (tuilage) gratuite. Cela signifie que si un développeur part, son remplaçant doit être formé aux frais du prestataire pendant 2 à 4 semaines avant d’être facturé. C’est le meilleur levier pour inciter l’ESN à fidéliser ses consultants sur votre mission.

Mon prestataire me propose des méthodes Agiles, est-ce adapté à mon entreprise traditionnelle ?

L’Agile n’est pas réservé aux startups. C’est même souvent plus sécurisant pour une entreprise traditionnelle car cela permet de voir le produit évoluer régulièrement et d’ajuster le tir. Cependant, cela demande une disponibilité de vos équipes métier pour valider les étapes. Si vous ne pouvez pas consacrer ce temps, un modèle en cycle en V (plus rigide mais nécessitant moins d’interactions quotidiennes) peut être envisagé, bien que plus risqué sur l’adéquation finale du produit.

Conclusion

La gestion efficace de vos prestataires IT est un équilibre subtil entre rigueur contractuelle, pilotage par la donnée et intelligence relationnelle. Comme nous l’avons vu, le succès ne réside pas uniquement dans le choix technologique, mais dans la capacité à créer un écosystème de travail transparent et collaboratif. En définissant des KPI clairs, en instaurant des rituels de communication fréquents et en ne transigeant pas sur la documentation et la qualité du code, vous transformez un centre de coûts externe en un véritable partenaire de valeur.

L’externalisation comporte des risques, c’est indéniable. Mais ces risques sont maîtrisables avec les bonnes méthodes. Ne laissez pas le hasard ou l’urgence dicter la conduite de vos projets stratégiques. Chez La Fabrique du Net, nous savons que le marché est vaste et hétérogène : il existe des milliers d’ESN et d’agences web en France. Trouver celle qui correspondra non seulement à vos besoins techniques mais aussi à votre culture d’entreprise est la première étape vers la réussite. N’hésitez pas à utiliser notre plateforme pour identifier et qualifier les prestataires les plus pertinents pour vos enjeux : un bon casting initial résout 80 % des problèmes de gestion futurs.

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