OpenProject est un logiciel de gestion de projet développé en Allemagne et distribué en open source. Sa promesse est claire : garder la maîtrise totale de ses données en hébergeant l'outil sur ses propres serveurs, avec un socle fonctionnel complet (diagramme de Gantt, suivi des temps, jalons, tableau Kanban, wiki). C'est une proposition solide, mais qui ne convient pas à toutes les équipes. Chez La Fabrique du Net, nous comparons des centaines de logiciels de gestion de projet à partir des avis déposés par leurs utilisateurs, et OpenProject revient régulièrement dans deux situations opposées : celles qui cherchent une alternative encore plus libre et auto-hébergeable, et celles qui veulent au contraire quitter l'auto-hébergement pour un outil clés en main.
Cet article distingue ces deux chemins. Nous commençons par les raisons concrètes de partir, puis nous donnons un verdict rapide par profil, avant de détailler les alternatives open source dans l'esprit d'OpenProject, puis les SaaS qui simplifient la vie des équipes non techniques. Les tarifs cités ont été relevés en août 2026 sur les pages officielles des éditeurs.
Pourquoi les équipes quittent OpenProject
OpenProject n'est pas un mauvais logiciel, loin de là. Mais certaines contraintes reviennent souvent quand une équipe envisage de changer.
La première est le coût réel de l'auto-hébergement. La version Community est gratuite, mais elle suppose un serveur, des compétences pour l'installation, la sécurisation et les mises à jour, puis une maintenance dans la durée. Pour une structure sans profil technique dédié, cette charge est facile à sous-estimer au moment du choix.
La deuxième est l'ergonomie. L'interface est dense et reste orientée profils techniques. Des équipes habituées aux outils SaaS récents la trouvent moins fluide, ce qui pèse sur l'adoption : un outil que les équipes n'ouvrent pas ne sert à rien, quelle que soit sa richesse.
La troisième est le support. En version Community, l'assistance repose sur la documentation, le forum et la communauté. Les organisations qui ont besoin d'un engagement de service, d'un interlocuteur dédié ou d'un accompagnement au déploiement doivent passer sur une offre payante ou faire appel à un intégrateur.
Enfin, les intégrations natives d'OpenProject restent tournées vers le développement (GitHub, GitLab). Les équipes dont l'écosystème est plus large (messagerie, CRM, outils métier) atteignent vite les limites du connecteur natif et doivent passer par l'API.
Quelle alternative choisir selon votre situation
Avant le détail, voici le raccourci selon votre contrainte principale.
- Vous restez sur de l'open source auto-hébergé pour la souveraineté des données : regardez Redmine, Tuleap ou Projeqtor.
- Vous voulez un outil moderne, adopté vite, sans serveur à gérer, pour des équipes mixtes ou non techniques : ClickUp, Monday ou Asana.
- Votre équipe est centrée développement et travaille en agile : Jira reste la référence sur les sprints, backlogs et intégrations de code.
- Vous cherchez surtout à réduire le coût de maintenance sans perdre la logique de projet : un SaaS avec plan gratuit généreux comme ClickUp est souvent le meilleur rapport effort/bénéfice pour une petite équipe.
Les alternatives open source et auto-hébergées à OpenProject
C'est la voie la plus proche de l'esprit d'OpenProject, et celle que recherchent la plupart des équipes qui tapent son nom accompagné d'open source ou de self-hosted.
Redmine est l'autre grand nom de la gestion de projet libre. Plus ancien qu'OpenProject, il partage l'essentiel de son ADN : auto-hébergement, gestion des tickets, suivi du temps, wiki, et un large écosystème de plugins communautaires qui lui donne une flexibilité importante. Ce que vous perdez en passant de OpenProject à Redmine, c'est le confort visuel : l'interface est encore plus austère et l'expérience mobile est limitée sans extension dédiée. Redmine s'adresse aux équipes techniques qui ont des ressources de développement en interne et acceptent d'investir dans la personnalisation.
Tuleap est une plateforme open source française qui va plus loin que la simple gestion de tâches : elle couvre le suivi agile, la gestion documentaire, la traçabilité et l'ALM. C'est une option crédible pour les organisations soumises à des exigences de souveraineté ou de conformité, avec un éditeur qui propose du support commercial en complément du cœur libre. Ce que vous perdez face à OpenProject, c'est une prise en main immédiate : Tuleap est riche et demande de la configuration pour être exploité pleinement.
Projeqtor est un autre logiciel libre français, orienté gestion de projet et qualité, qui rassemble tickets, planning, risques et budgets dans une seule application. Il conviendra aux structures qui veulent rester en open source auto-hébergé tout en gardant une logique de pilotage projet plus classique que celle de Redmine.
Deux autres noms reviennent souvent dans cette catégorie sans figurer dans notre comparateur : Plane, un projet plus récent à l'interface moderne pensée pour concurrencer directement OpenProject et Jira, et les fonctions de gestion de projet intégrées à GitLab, pertinentes uniquement si vos équipes vivent déjà dans cet écosystème de code. À l'inverse, si votre besoin se limite au suivi des temps, un outil spécialisé auto-hébergé peut suffire là où OpenProject serait surdimensionné.
Les alternatives SaaS clés en main
L'autre chemin consiste à abandonner l'auto-hébergement pour un outil cloud, prêt à l'emploi, mis à jour par l'éditeur. Vous gagnez en simplicité et en rapidité d'adoption, vous perdez le contrôle direct de l'hébergement de vos données et vous entrez dans une logique d'abonnement par utilisateur.
ClickUp est l'alternative SaaS la plus polyvalente. Il propose de multiples vues (liste, Kanban, Gantt, calendrier), le suivi du temps, des automatisations et de la documentation, avec un plan gratuit généreux et un plan Unlimited à partir de 7 dollars par utilisateur et par mois en facturation annuelle. C'est souvent le meilleur point de départ pour une petite équipe qui quitte l'auto-hébergement. Son revers est sa densité : la richesse de l'outil peut dérouter les équipes qui cherchent la simplicité pure.
Monday mise sur une interface visuelle et des automatisations no-code faciles à mettre en place, ce qui en fait un bon choix pour des équipes marketing, RH ou opérationnelles. Ses offres démarrent à 9 euros par siège et par mois en facturation annuelle, avec un nombre minimum de sièges qui peut renchérir la facture des toutes petites équipes. Face à OpenProject, vous perdez l'hébergement on-premise et une partie de la profondeur projet, vous gagnez en accessibilité.
Asana est une valeur sûre pour les équipes non techniques qui veulent structurer leurs projets sans complexité. Elle propose un plan gratuit pour les petites équipes et une offre Starter à partir de 10,99 dollars par utilisateur et par mois en facturation annuelle. Le suivi du temps y est plus limité que sur OpenProject et il n'existe pas d'hébergement sur vos serveurs.
Jira reste la référence pour les équipes de développement en méthodologie agile, avec une gestion des sprints, des backlogs et des épics d'une profondeur qu'OpenProject n'égale pas, et un vaste catalogue d'extensions. En contrepartie, c'est un outil plus coûteux dès que vous ajoutez des modules avancés, et sa configuration demande du temps. Il existe un plan gratuit pour les petites équipes, utile pour tester avant de s'engager. Si Jira figure dans votre liste, notre page dédiée aux alternatives à Jira détaille ce comparatif en profondeur.
Comparatif des alternatives à OpenProject
Les tarifs ci-dessous ont été relevés en août 2026 sur les pages officielles des éditeurs. Ils correspondent à la facturation annuelle et peuvent évoluer.
| Solution | Modèle | Tarif indicatif | Idéale pour |
|---|---|---|---|
| OpenProject | Open source, self-hosted ou cloud | Community gratuit ; cloud à partir de 5,95 €/utilisateur/mois (25 utilisateurs minimum) | Équipes techniques avec contrainte de souveraineté |
| Redmine | Open source, self-hosted | Gratuit (coût d'hébergement à votre charge) | Équipes tech avec ressources de développement internes |
| Tuleap | Open source, self-hosted ou cloud | Cœur libre gratuit ; support commercial en option | Organisations avec exigences de souveraineté et d'ALM |
| Projeqtor | Open source, self-hosted ou cloud | Version libre gratuite | Structures voulant l'open source avec un pilotage projet classique |
| ClickUp | SaaS cloud | Plan gratuit ; Unlimited à partir de 7 $/utilisateur/mois | Petites et moyennes équipes cherchant un outil complet et polyvalent |
| Monday | SaaS cloud | À partir de 9 €/siège/mois (sièges minimum) | Équipes marketing, RH, opérations |
| Asana | SaaS cloud | Plan gratuit ; Starter à partir de 10,99 $/utilisateur/mois | Équipes non techniques cherchant la simplicité |
| Jira | SaaS cloud (ou Data Center) | Plan gratuit pour petites équipes ; payant au-delà | Équipes de développement en agile |
Combien coûte OpenProject face à ses alternatives
La question du prix est piégeuse, parce que le gratuit d'OpenProject n'est pas réellement gratuit. La version Community ne coûte rien en licence, mais son coût total inclut l'infrastructure serveur, le temps d'installation, la sécurisation et la maintenance. Pour une petite équipe sans profil technique, ce coût caché dépasse souvent l'abonnement d'un SaaS.
La version cloud d'OpenProject démarre à 5,95 euros par utilisateur et par mois en facturation annuelle, mais avec un plancher de 25 utilisateurs. Cela signifie qu'une équipe de cinq ou dix personnes paie comme une équipe de 25, ce qui change complètement la comparaison. Face à ce plancher, un SaaS facturé au réel comme ClickUp, avec son plan gratuit puis une offre à partir de 7 dollars par utilisateur et par mois, ou Asana avec son plan gratuit, revient souvent moins cher pour une petite équipe.
Le raisonnement s'inverse dès que vous dépassez la vingtaine d'utilisateurs et que vous disposez d'un profil technique en interne : l'auto-hébergement d'OpenProject Community ou de Redmine devient alors très compétitif face à des abonnements par utilisateur qui grimpent avec la taille de l'équipe.
Dans quels cas rester sur OpenProject
Changer d'outil a un coût rarement anticipé : export et remise en forme des données, formation, et baisse temporaire de productivité pendant la transition. Avant de migrer, il vaut la peine de vérifier qu'OpenProject n'est pas déjà le bon choix pour vous.
Rester sur OpenProject se défend clairement si vous avez une contrainte forte de souveraineté ou de conformité qui impose un hébergement sur vos serveurs, si vous disposez d'un profil technique capable d'administrer l'outil, et si votre équipe dépasse la vingtaine d'utilisateurs, taille à partir de laquelle l'auto-hébergement s'amortit. Dans ce cas de figure, les alternatives SaaS n'apportent pas de gain décisif, et les alternatives open source comme Redmine ne feraient que déplacer les mêmes contraintes de maintenance.
À l'inverse, si vous cochez surtout les cases de la petite équipe non technique, sans besoin réel d'hébergement souverain, la question mérite d'être posée sérieusement. Pour comparer les solutions selon vos propres critères et consulter les avis d'autres utilisateurs, notre comparateur de logiciels de gestion de projet permet de filtrer les outils qui correspondent à votre situation.

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