Trente-quatre des 46 agences comparées déclarent aussi l'inbound marketing. Autrement dit, personne ne vit uniquement de la prospection sortante, et c'est un renseignement utile : ces équipes savent que le démarchage à froid ne remplace pas une présence qui attire, il la complète. Ce qu'elles vendent concrètement se lit dans le reste de leurs compétences, trente-neuf déclarant l'automatisation du marketing, trente-huit le courriel commercial, trente-cinq l'analyse de performance des envois. Voici ce que montrent les 218 réalisations publiées, au relevé de septembre 2026.
Seize mille euros de médiane, et très peu de petits contrats
Les montants relevés sur les missions de prospection sortante se tiennent haut : 10 000 € pour le premier quart, 16 000 € au point médian, 30 000 € pour le dernier quart. Et la queue basse est étroite, avec 24 % du marché seulement en dessous de dix mille euros contre 31 % au-delà de vingt mille. Peu de spécialités laissent aussi peu de place aux toutes petites missions. La raison tient à la mécanique du métier, qui suppose de constituer un fichier, d'écrire des séquences, de configurer des outils et de laisser tourner plusieurs mois avant d'avoir un résultat lisible. Ce que publient ces agences confirme le niveau : dix-neuf missions à 15 000 €, douze à 6 000 €, onze à 10 000 €, dix à 12 000 €, sept à 5 000 €, onze franchissant les 50 000 € et une pointe à 500 000 €. Sous dix mille euros, vous n'achetez pas une campagne mais la mise en place d'un dispositif que vous exploiterez vous-même.
Ce que la prospection sortante produit, et ce qu'elle ne produit pas
Une campagne sortante bien menée produit des rendez-vous. Elle ne produit ni notoriété, ni préférence, ni demande entrante, et c'est précisément pour cela que trente-quatre de ces agences déclarent aussi le marketing entrant. Trois conséquences pratiques. D'abord, jugez le dispositif sur le nombre de rendez-vous tenus et non sur le taux d'ouverture des messages, indicateur devenu peu fiable et que personne ne devrait plus vous vendre comme un résultat. Ensuite, acceptez un délai : entre la constitution du fichier et les premiers rendez-vous, comptez plusieurs semaines pendant lesquelles rien ne se passe. Enfin, prévoyez qui tiendra ces rendez-vous chez vous, car une agence qui génère vingt rendez-vous par mois pour une équipe commerciale qui n'en absorbe que cinq vous fait gaspiller les quinze autres.
Le courriel seul ne suffit plus : multicanal et signaux d'achat
Deux des prestataires les mieux placés sur cette recherche ne vendent plus de la séquence de courriels : ils vendent un enchaînement sur plusieurs canaux déclenché par des indices. Le principe est simple à comprendre et change beaucoup les résultats. Plutôt que d'écrire à mille entreprises choisies sur un critère de taille, on repère celles qui viennent de manifester un besoin, recrutement sur un poste précis, levée de fonds, ouverture d'un site, changement de dirigeant, et on les contacte dans la foulée par courriel, par message sur un réseau professionnel et par téléphone. L'appel qui suit un message déjà lu n'est plus un appel à froid, ce que l'un d'eux appelle un appel tiède.
Deux questions en découlent pour votre consultation. D'où viennent les indices utilisés, de quelle source de données, et à quel coût d'abonnement, car ce poste se facture souvent à part. Et qui passe les appels, l'agence ou vos commerciaux, car c'est le maillon le plus coûteux et celui que beaucoup de prestataires laissent chez le client sans le dire clairement. Si votre marché compte peu de comptes mais de forte valeur, demandez aussi comment l'agence traite le marketing par comptes stratégiques, approche qui consiste à viser une liste nominative courte plutôt qu'un segment large.
Quarante-cinq fiches, aucune de plus de cent personnes
Vingt-cinq fiches tiennent en cinq salariés au maximum, quinze comptent entre six et vingt personnes, cinq montent jusqu'à cent, et le panel s'arrête là. Trente-neuf ont revendiqué leur fiche, six occupent un emplacement sponsorisé. Onze sièges sont à Paris, deux à Marseille, deux à Bordeaux, un à Lyon, un à Tours, un à Clichy, un à Saint-Herblain, le reste étant dispersé. Ce profil de petites structures correspond au métier : la prospection sortante se pilote avec deux ou trois personnes et beaucoup d'outils. Il a une contrepartie qu'il faut nommer, la dépendance aux outils justement. Demandez quelles plateformes sont utilisées, qui paie les abonnements, et surtout si les séquences et les fichiers construits pendant la mission restent chez vous ou dans le compte de l'agence.
Cent trente-sept avis, dix-sept agences
Les 147 avis vérifiés se concentrent sur dix-huit fiches, dont une en rassemble quarante-cinq à elle seule, suivie par deux à treize puis deux à onze. Vingt-huit agences restent muettes. Cent seize de ces avis ont été collectés ailleurs avant revérification, et la note maximale est la seule qu'on y trouve. La distribution des budgets déclarés est inhabituellement étalée vers le haut : vingt-sept signataires se placent de dix à cinquante mille euros, autant en dessous de dix mille, vingt et un de cinquante à cent mille, trois plus haut, deux tout en haut, un entre les deux, cinquante-six ne se prononçant pas. Cette part de contrats à cinq chiffres hauts est plus forte qu'ailleurs et signale des accompagnements annuels plutôt que des campagnes isolées.
Quatre-vingt-treize missions sur douze mois : ce n'est pas une campagne
La durée déclarée est l'indice le plus parlant de ce panel. Quatre-vingt-treize réalisations courent sur douze mois, quarante-huit sur trois, trente sur six, dix sur neuf. La prospection sortante se vend donc d'abord comme un abonnement, ce qui est cohérent avec le délai d'amorçage décrit plus haut. Côté clients, cent vingt et une cartes portent un annonceur parisien, neuf un Marseillais, quatre un Lyonnais, trois un Bordelais. Par type, trente-neuf concernent des PME, vingt-neuf des TPE, vingt-cinq des grands groupes, dix des startups. Les secteurs accompagnés : Services B2B / SaaS / Logiciels (52 projets), Retail / E-commerce / Consommation (37 projets), Immobilier / Construction / BTP (20 projets), Tourisme / Hôtellerie / Restauration (19 projets), Banque / Assurance / Fintech (17 projets). La domination des services aux entreprises et du logiciel confirme le terrain naturel de ce métier, celui des ventes complexes à cycle long, où un rendez-vous obtenu vaut cher. Si vous vendez un produit à faible valeur unitaire, vérifiez d'abord que l'arithmétique tient.
Quatre points qui décident de la réussite
Le fichier : qui le constitue, à partir de quelles sources, et à qui il appartient à la fin. C'est l'actif principal de la mission et il se perd souvent dans les comptes de l'agence.
La conformité : sur quelle base légale vous contactez des personnes, comment les demandes de retrait sont traitées, et qui répond en cas de réclamation.
La délivrabilité : quels noms de domaine servent à l'envoi, comment ils sont chauffés, et ce qui protège votre domaine principal si une campagne se fait bloquer.
La définition d'un rendez-vous qualifié, écrite et validée par vos commerciaux, avec ce qui se passe quand un rendez-vous ne l'est pas.
Six questions pour une agence de prospection
Combien de rendez-vous tenus par mois vous engagez-vous à produire, et à partir de quel mois ?
Le fichier constitué nous appartient-il, et sous quel format nous est-il remis si nous arrêtons ?
Sur quels noms de domaine partent les envois, et que se passe-t-il si l'un est bloqué ?
Qui écrit les séquences, et combien de versions sont testées avant de conclure ?
Comment traitez-vous les demandes de retrait, et qui répond en cas de réclamation ?
Quelle proportion de vos clients renouvelle après la première année ?
Les six chiffres sans lesquels aucune offre n'est comparable
Décrivez votre client idéal avec des critères vérifiables dans un annuaire d'entreprises : secteur, effectif, zone, fonction du décideur. Donnez la valeur moyenne d'un contrat signé et votre taux de transformation entre rendez-vous et signature, faute de quoi aucun coût par rendez-vous n'est interprétable. Indiquez combien de rendez-vous votre équipe commerciale peut réellement absorber chaque mois, chiffre qui plafonne toute l'opération. Listez ce qui distingue votre offre de celle du concurrent le plus proche, en une phrase, car c'est la matière des messages. Précisez vos contraintes de conformité si vous en avez. Chiffrez enfin votre budget en séparant les honoraires des abonnements aux outils.
Trois profils à interroger, dont un en interne
Consultez deux agences du panel, l'une spécialisée dans la prospection sortante et l'autre pratiquant les deux approches, et faites chiffrer en parallèle ce que coûterait le même dispositif monté en interne avec les mêmes outils. Ce troisième calcul est rarement fait et il éclaire la décision : sur un volume modeste, l'internalisation devient vite compétitive, alors que sur un volume soutenu l'agence apporte une expertise de délivrabilité difficile à reconstituer. Départagez ensuite sur la propriété du fichier et sur l'engagement en rendez-vous tenus. Si votre besoin est d'être trouvé plutôt que d'aller chercher, la page des agences d'inbound marketing compare le panel complémentaire, et celle des agences d'email marketing convient si vous visez d'abord vos clients existants.