Guide pour bien choisir son logiciel de supervision informatique et observabilité
La supervision informatique consiste à surveiller en continu les serveurs, le réseau, les applications et le cloud d'une organisation, puis à prévenir une équipe dès qu'un service se dégrade. Ce comparatif présente 16 outils, classés par famille : supervision d'infrastructure, briques open source d'observabilité, plateformes tout-en-un et services mixtes. Vous y trouverez les prix relevés en novembre 2026 chez chaque éditeur, le coût de 100 serveurs supervisés, les limites des versions gratuites et les régions d'hébergement des données.
Il prolonge le comparatif des outils tech pour les équipes qui exploitent une infrastructure. Le mot « supervision » a aussi un sens industriel, le pilotage d'automates et de lignes de production : ce sens n'est pas traité ici. Aucun logiciel n'a été testé : les descriptions et les tarifs viennent des pages officielles.
Qu'est-ce que la supervision informatique ?
C'est la surveillance permanente des composants d'un système d'information : disponibilité, performances et capacité. Un logiciel de supervision interroge les équipements à intervalle régulier, compare les valeurs reçues à des seuils, affiche l'état de chaque service et notifie la bonne personne en cas d'anomalie.
L'expression désigne parfois le service plutôt que le logiciel : un prestataire regarde les alertes à votre place. Cette page compare les logiciels. La dernière section revient sur le choix entre gérer l'outil en interne et le confier à un tiers.
Supervision informatique ou industrielle : le périmètre de ce comparatif
En industrie, la supervision renvoie au SCADA : des logiciels de contrôle d'installations, réparties parfois sur de vastes zones géographiques. AVEVA cite le contrôle de procédés, la distribution d'eau potable, les réseaux d'eaux usées et les pipelines. Siemens vend dans cette famille ses systèmes SIMATIC SCADA, comme SIMATIC WinCC Unified. Ces logiciels pilotent un procédé physique. Ils ne figurent pas dans ce comparatif.
La frontière n'est pourtant pas étanche. Zabbix se présente comme une solution « for IT & OT », Centreon affiche une « Convergence IT & OT » et PRTG une page « Supervision OT ». Ces outils remontent des données d'équipements industriels. Centreon écrit que les outils open source « s'intègrent aux systèmes SCADA » : ils les complètent, sans se substituer à eux pour commander une ligne.
À quoi sert un outil de supervision ?
Repérer une panne avant les utilisateurs : un disque presque plein, un commutateur muet ou un service arrêté déclenchent une alerte sans attendre le premier ticket.
Diagnostiquer plus vite : l'historique des graphes montre ce qui a changé juste avant l'incident et quels services dépendent de l'équipement en cause.
Anticiper la capacité : Checkmk, Nagios XI en édition Enterprise et Site24x7 prévoient la saturation à partir des tendances, avant l'achat de nouvelles ressources.
Prouver un niveau de service : les rapports de disponibilité et les rapports SLA, chez Centreon, Nagios XI ou Checkmk, servent de preuve vis-à-vis d'un client ou d'une direction.
Automatiser la suite : Centreon crée des tickets d'incident et lance des scripts de remédiation, Checkmk propose un gestionnaire de remédiation automatique.
Comment fonctionne la collecte : agents, SNMP, API
Quatre méthodes coexistent, et la plupart des outils les combinent. Comparez-les avec votre parc réel, car elles conditionnent le temps de déploiement.
L'agent : un petit programme installé sur le serveur remonte les métriques du système. Zabbix fournit le sien pour Linux, Solaris, AIX, macOS, BSD et Windows, Nagios propose NCPA.
Le protocole réseau, sans agent : SNMP pour les routeurs et commutateurs, WMI sous Windows. C'est la voie habituelle pour un équipement où rien ne s'installe. Pandora FMS compte chaque équipement interrogé en SNMP comme un agent dans sa licence.
L'interrogation HTTP : Prometheus va lui-même chercher les métriques exposées par les applications, sur un modèle dit « pull ».
Le SDK et les API : OpenTelemetry instrumente le code, les connecteurs cloud lisent AWS, Azure ou Google Cloud.
La découverte automatique, présente chez Centreon, Checkmk, PRTG et Zabbix, ajoute les nouveaux hôtes sans configuration manuelle. Elle pèse lourd dès que le parc évolue souvent.
Réseau, serveurs, applications : les types de supervision
Supervision réseau : disponibilité des routeurs, commutateurs et pare-feu, bande passante, flux. PRTG, Zabbix, Centreon et la version NMS de Pandora FMS couvrent ce besoin.
Supervision système : processeur, mémoire, disque et services des serveurs, machines virtuelles et conteneurs.
Supervision applicative : temps de réponse, erreurs, dépendances entre services et chemin d'une requête dans le code. AWS parle de surveillance des performances des applications, centrée sur la production. Datadog, New Relic, Dynatrace et SolarWinds Observability le proposent.
Expérience utilisateur : tests synthétiques qui rejouent un parcours, et mesure des visites réelles.
Journaux : collecte et recherche dans les logs, pour comprendre un incident. La détection d'attaques à partir de ces mêmes logs relève d'un autre métier, décrit plus bas.
Supervision, monitoring, observabilité : les différences
Supervision et monitoring se recouvrent. Le français emploie le premier là où l'anglais emploie le second, et les éditeurs traduisent l'un par l'autre : Paessler vend PRTG Network Monitor et parle de « logiciel de supervision » sur son site français. L'observabilité, elle, change la question posée. AWS résume : la surveillance consiste à « collecter des données et à générer des rapports » sur l'état de santé du système, l'observabilité est « une approche plus exploratoire » qui cherche la cause racine. La documentation d'OpenTelemetry ajoute qu'elle aide à répondre à « Why is this happening? ».
| Supervision | Observabilité | |
|---|---|---|
| Question posée | Le service fonctionne-t-il ? | Pourquoi ce service se comporte-t-il ainsi ? |
| Point de départ | Des seuils et des contrôles définis d'avance | Une application instrumentée, interrogée après coup |
| Données | Surtout des métriques et des états | Métriques, journaux et traces reliés entre eux |
| Utilisateurs types | Exploitation, administrateurs système et réseau | DevOps, développeurs, équipes de fiabilité |
| Outils typiques | Zabbix, Centreon, PRTG, Nagios, Checkmk, Pandora FMS | Datadog, New Relic, Dynatrace, Elastic Observability, Grafana |
Cette séparation s'efface dans les catalogues : Centreon, Zabbix et Checkmk se décrivent désormais comme des plateformes d'observabilité. Regardez ce que chaque outil collecte, plutôt que le mot de sa page d'accueil.
Métriques, journaux et traces : les trois piliers de l'observabilité
Les métriques sont des mesures chiffrées suivies dans le temps, comme le nombre de connexions actives d'une base. Elles montrent qu'un problème existe.
Les journaux sont les événements horodatés écrits par les systèmes et les applications. Ils racontent ce qui s'est passé.
Les traces suivent le chemin d'une demande à travers les services. Elles montrent où le temps se perd dans une architecture distribuée.
Sans instrumentation, ces signaux n'existent pas : OpenTelemetry précise que le code de l'application doit les émettre pour que le système soit observable. Sur une application monolithique et un petit parc, les traces apportent peu. Sur des dizaines de microservices, elles deviennent le premier réflexe de diagnostic.
Site web, postes, sécurité, bugs : ce qui relève d'un autre outil
Plusieurs catégories voisines emploient les mêmes mots pour des besoins différents.
| Votre besoin | Catégorie | Exemples |
|---|---|---|
| Vérifier depuis l'extérieur qu'un site répond | Monitoring de site web | UptimeRobot, StatusCake |
| Administrer des postes à distance, appliquer des correctifs | Logiciel RMM | NinjaOne, N-able |
| Détecter une attaque en corrélant les journaux | SIEM | Graylog, Elastic Security |
| Retrouver les erreurs de code et créer des tickets de développement | Bug tracker | Sentry |
| Inventorier le matériel et les licences | Gestion de parc informatique | GLPI, Lansweeper |
Le monitoring de site web observe depuis l'extérieur, comme un visiteur. La supervision regarde l'intérieur : la machine, le réseau, le processus. Un site peut répondre alors qu'un serveur secondaire tombe, et l'inverse est vrai aussi : les deux contrôles se complètent.
Comparatif rapide des logiciels de supervision
Prix relevés en novembre 2026, en devise d'origine, sans remise promotionnelle. La colonne « Gratuit » distingue le logiciel libre, l'édition limitée et le simple essai.
| Outil | Famille | Déploiement | Gratuit | Premier prix relevé |
|---|---|---|---|---|
| Zabbix | Infrastructure | Sur site ou cloud | Open source, sans frais de licence | Cloud dès 50 $ par mois, support dès 245 € par mois |
| Centreon | Infrastructure | Sur site ou SaaS | Jusqu'à 100 hôtes | 283 € par mois sur site pour 125 hôtes, 425 € en SaaS |
| PRTG | Infrastructure | Sur site ou hébergé | Freeware, 100 capteurs | 200 $ par mois pour 500 capteurs |
| Nagios | Infrastructure | Auto-hébergé | Core open source, XI jusqu'à 7 nœuds | XI : 2 595 $ en licence perpétuelle pour 100 nœuds |
| Checkmk | Infrastructure | Auto-hébergé ou SaaS | Community, environ 100 hôtes | Pro dès 190 € par mois, Cloud dès 240 € par mois |
| Pandora FMS | Infrastructure | Sur site ou SaaS | Free, 50 agents | Non affiché |
| Prometheus | Brique de métriques | Auto-hébergé | Open source, Apache 2 | Aucun prix : projet sans éditeur |
| Grafana | Tableaux de bord et plateforme | Auto-hébergé ou cloud | OSS et niveau gratuit du cloud | Cloud Pro dès 19 $ par mois, plus l'usage |
| OpenTelemetry | Standard de collecte | SDK et Collector, sans stockage | Open source | Aucun prix : projet sans éditeur |
| Datadog | Plateforme | SaaS | Niveau Free, 5 hôtes Basic | 15 $ par hôte et par mois en annuel |
| New Relic | Plateforme | Régions États-Unis, UE ou Japon | 100 Go par mois, 1 utilisateur complet | 0,40 $ par Go au-delà, plus les utilisateurs |
| Dynatrace | Plateforme | Abonnement à engagement annuel | Essai de 15 jours | 7 $ par hôte et par mois |
| SolarWinds Observability | Plateforme | SaaS ou auto-hébergé | Essai de 30 jours | 15,75 $ par nœud et par mois, SaaS |
| Elastic Observability | Plateforme | Serverless, hébergé ou autogéré | Essai gratuit | 0,07 $ par Go de logs ingéré |
| Better Stack | Disponibilité et télémétrie | Service en ligne | 10 moniteurs, 1 page de statut | 29 $ par licence et par mois en annuel |
| ManageEngine Site24x7 | Disponibilité et infrastructure | Service en ligne | 5 ressources | 9 $ par mois en annuel |
Supervision d'infrastructure : du réseau au serveur
Ces six outils partagent le même métier : contrôler serveurs et équipements, alerter, produire des rapports de disponibilité. Ils se remplacent les uns les autres, à la différence d'un RMM ou d'un service de surveillance de site.
Zabbix
Zabbix se revendique « 100% open source » et annonce plus de 300 000 déploiements dans plus de 190 pays. Depuis la version 7.0, il est publié sous licence AGPLv3. L'éditeur a son siège en Lettonie et un bureau en France. Le logiciel couvre réseau, serveurs, cloud, conteneurs, VMware, IoT et applications, et il n'a pas de frais de licence, quel que soit le nombre d'hôtes. L'éditeur vit des abonnements de support, 245 € par mois en Silver (réponse sous un jour) et à partir de 660 € en Gold (réponse sous quatre heures), et de Zabbix Cloud, à partir de 50 $ par mois.
Centreon
Centreon est le seul éditeur français de cette liste. Né de l'open source en 2005, il annonce plus de 700 connecteurs et environ 250 000 utilisateurs de sa version ouverte. La plateforme se déploie chez vous ou en SaaS, avec le même moteur et le même catalogue dans les deux cas. L'offre est gratuite jusqu'à 100 hôtes. L'édition IT démarre à 283 € par mois sur site pour 125 hôtes, 425 € en SaaS, et les modules de cartographie métier et de rapports SLA arrivent avec les éditions Business et Pro. Ses journaux sont hébergés en France, sur le cloud OUTSCALE.
PRTG
PRTG vient de Paessler, à Nuremberg. Il se facture au capteur, un point de mesure unique, avec un repère d'environ dix capteurs par équipement dans sa grille. Sa découverte automatique et ses capteurs préconfigurés pour plus de 300 technologies visent une mise en service rapide. L'édition Freeware inclut jusqu'à 100 capteurs, et l'essai de 30 jours n'a pas de limite. PRTG 500 coûte 200 $ par mois, réglés à l'année, PRTG 1000 coûte 358 $ et PRTG 10000 coûte 1 642 $. Une version hébergée, PRTG Hosted Monitor, évite d'installer un serveur. Paessler n'affiche pas de version open source.
Nagios
Nagios existe en deux versions. Nagios Core est gratuit, sous licence GPL v2, et se configure par fichiers texte, sans assistant ni tableau de bord avancé. Nagios XI ajoute l'interface web, les assistants et les rapports, en licence perpétuelle au nœud : gratuit jusqu'à 7 nœuds ou 100 services sans support, puis 2 595 $ pour 100 nœuds en Standard et 4 690 $ en Enterprise, avec un an de maintenance inclus. Un essai de 30 jours est proposé. Le modèle s'adresse à ceux qui préfèrent un achat à un abonnement.
Checkmk
Checkmk, édité à Munich, annonce plus de 2 000 intégrations officielles. L'édition Community est gratuite et open source, conçue pour environ 100 hôtes, avec un rapport de disponibilité limité à 90 jours. Pro démarre à 190 € par mois et Ultimate à 275 € par mois en facturation annuelle, soit moins de 3 € par hôte au plus bas. Checkmk Cloud, à partir de 240 € par mois pour 1 000 services, est hébergé sur AWS à Francfort ou en Virginie du Nord, et plafonne à 50 000 services.
Pandora FMS
Pandora FMS, édité près de Madrid, décline son offre par usage : ONE à partir de 100 dispositifs, Corporate à partir de 1 000, NMS pour le réseau seul, RMM pour les prestataires, Managed en SaaS à partir de 300 agents. La version Free va jusqu'à 50 agents. La licence compte les agents et non les métriques, et elle est perpétuelle ou par abonnement. Aucun prix n'est affiché sur la page des licences. Depuis la version 777, la branche open source d'origine évolue séparément sous le nom Pandora OPEN.
Briques open source à assembler
Ces trois projets ne s'achètent pas et ne font pas le même travail : Prometheus stocke les métriques, Grafana les affiche et OpenTelemetry les produit. Assemblés, ils forment une alternative auto-hébergée aux plateformes de la section suivante, au prix d'une exploitation à votre charge.
Prometheus
Prometheus est une boîte à outils de supervision et d'alerte née chez SoundCloud en 2012, qui a rejoint la Cloud Native Computing Foundation en 2016. Il enregistre des séries temporelles, s'interroge avec le langage PromQL et chaque serveur fonctionne de façon autonome. Tous ses composants sont sous licence Apache 2. Sa documentation signale une limite claire : il ne convient pas si vous avez besoin d'une exactitude de 100 %, par exemple pour une facturation à la requête. Son périmètre reste celui des métriques.
Grafana
Grafana est à l'origine un outil de tableaux de bord, créé en décembre 2013, avec plus de 150 plugins pour réunir vos sources de données. Le code est publié sous AGPLv3. Grafana Labs vend aussi Grafana Cloud, une plateforme complète : le niveau gratuit inclut 10 000 métriques, 50 Go de logs, 50 Go de traces et 3 utilisateurs avec 14 jours de rétention. Pro démarre à 19 $ par mois plus l'usage, avec 13 mois de rétention des métriques. Enterprise démarre à 25 000 $ par an.
OpenTelemetry
OpenTelemetry n'est pas un outil de supervision à proprement parler, et il ne remplace aucun logiciel de cette page. C'est le standard ouvert qui génère et transporte traces, métriques et logs, né de la fusion d'OpenTracing et d'OpenCensus au sein de la CNCF. Sa documentation est explicite : « OpenTelemetry is not an observability backend itself ». Son intérêt est ailleurs : indépendant des fournisseurs, il fonctionne avec de nombreux outils, open source ou commerciaux, ce qui limite la dépendance à l'un d'eux. Centreon, Datadog, Dynatrace, Grafana, Elastic et Better Stack l'acceptent en entrée.
Plateformes d'observabilité tout-en-un
Ces cinq plateformes réunissent infrastructure, applications et logs dans une seule interface. En version hébergée, elles évitent d'exploiter la pile vous-même. En contrepartie, la facture dépend de vos volumes et se simule avant de signer.
Datadog
Datadog se facture module par module. L'infrastructure démarre à 15 $ par hôte et par mois en Pro et à 23 $ en Enterprise, en paiement annuel. Les traces applicatives ajoutent 31 $ par hôte et par mois, et l'ingestion des logs 0,10 $ par Go, plus l'indexation. La plateforme annonce plus de 1 000 intégrations et 15 mois de rétention des métriques. Après l'essai, le niveau Free conserve jusqu'à cinq hôtes Basic avec un jour de rétention. Les données peuvent être hébergées en Allemagne, sur le site européen.
New Relic
New Relic ne facture pas les hôtes : le prix dépend des données ingérées et des utilisateurs. Les 100 premiers Go du mois sont gratuits, puis comptez 0,40 $ par Go. Un utilisateur complet coûte 10 $ pour le premier puis 99 $ par mois en Standard, limité à cinq, et 349 $ en Pro avec engagement annuel, tandis que les utilisateurs de base restent gratuits. L'offre Free, sans carte bancaire, inclut un utilisateur complet et plus de 50 fonctions. La région des données se choisit à la création du compte : États-Unis par défaut, Union européenne ou Japon.
Dynatrace
Dynatrace vend un engagement annuel au niveau de la plateforme, décompté selon la consommation. La grille affiche 7 $ par hôte et par mois pour Foundation et Discovery, 29 $ pour Infrastructure Monitoring, 58 $ par hôte de 8 Gio pour Full-Stack Monitoring et 1,40 $ par pod pour Kubernetes. Les sièges utilisateurs ne sont pas facturés. Le produit met en avant l'analyse automatisée des causes d'incident et un profilage au niveau du code. Un essai gratuit de 15 jours permet de vérifier la consommation réelle.
SolarWinds Observability
SolarWinds Observability existe en deux formes : un service SaaS multi-tenant et un logiciel Self-Hosted à déployer derrière votre pare-feu, que Platform Connect permet de relier. La version SaaS démarre à 15,75 $ par nœud pour le réseau et l'infrastructure, 27,50 $ par service pour les applications, 5 $ par Go pour les logs et 70 $ par instance de base de données, par mois, sur contrats pluriannuels. L'essai dure 30 jours. La documentation cite un centre de données AWS à Francfort.
Elastic Observability
Elastic Observability repose sur Elasticsearch et Kibana, deux produits bâtis pour chercher dans de grands volumes de données. Il ingère nativement OpenTelemetry et Prometheus. Trois modes existent : Serverless, Elastic Cloud hébergé sur Google Cloud, Microsoft Azure ou AWS, et autogéré. En Serverless, Logs Essentials démarre à 0,07 $ par Go ingéré et Complete coûte 0,09 $ par Go, 0,023 $ pour les indicateurs, plus la conservation. Le code est disponible sous licence Elastic 2.0, SSPL ou AGPLv3. Si vos équipes exploitent déjà Elasticsearch, c'est le premier candidat à regarder.
Surveillance externe et astreintes réunies
Ces deux services partent de la surveillance de sites, et restent rangés d'abord en monitoring de site web, mais ils couvrent aussi les serveurs et les logs. Ils conviennent quand une petite équipe veut un seul abonnement.
Better Stack
Better Stack réunit surveillance de disponibilité, pages de statut, gestion des astreintes, logs, traces et métriques. L'offre gratuite inclut 10 moniteurs, une page de statut et 3 Go de logs conservés 3 jours. Une licence de personne d'astreinte coûte 29 $ par mois en annuel, 34 $ au mois, avec des appels téléphoniques illimités, et la télémétrie se paie au volume. Le site promet une garantie de remboursement de 60 jours.
ManageEngine Site24x7
Site24x7, service de Zoho Corporation, couvre sites web, serveurs, réseau, cloud, performances applicatives et journaux. Le forfait gratuit surveille cinq ressources. Lite coûte 9 $ par mois en annuel pour 2 serveurs et 5 sites web. Professionnel coûte 42 $ par mois pour 5 serveurs, 1 application, 20 sites web, 4 Go de journaux et 10 composants réseau. Un centre de données européen est disponible sur Site24x7.eu, et l'essai dure 30 jours sans carte bancaire.
Prix : ce que coûtent 100 serveurs supervisés
Les unités de facturation diffèrent : hôte, capteur, nœud, Go ingéré, utilisateur. Pour comparer, voici le coût catalogue de 100 serveurs avec les seuls prix publics, hors remise, hors taxes éventuelles et hors temps d'administration. Le périmètre n'est pas le même d'une ligne à l'autre.
| Outil et édition | Calcul | Coût catalogue |
|---|---|---|
| Zabbix (logiciel) | Sans frais de licence, support en option à 245 € par mois | 0 € de licence |
| Centreon, offre gratuite | Gratuit jusqu'à 100 hôtes | 0 € |
| Checkmk Pro | Palier de 100 hôtes, facturation annuelle | 190 € par mois |
| PRTG 1000 | Environ 100 équipements, 1 000 capteurs | 358 $ par mois |
| Nagios XI Standard | Licence perpétuelle de 100 nœuds, un an de maintenance inclus | 2 595 $ une fois |
| Datadog Infrastructure Pro | 100 × 15 $, hors traces et logs | 1 500 $ par mois |
| SolarWinds Observability | 100 × 15,75 $, hors applications et logs | 1 575 $ par mois |
| Dynatrace Infrastructure Monitoring | 100 × 29 $, hors applications | 2 900 $ par mois |
Ajouter le suivi applicatif change l'ordre de grandeur : les traces Datadog portent le coût à 46 $ par hôte et par mois, soit 4 600 $ pour 100 hôtes, et Dynatrace Full-Stack coûte 5 800 $ pour 100 hôtes de 8 Gio. New Relic se calcule autrement : pour 500 Go ingérés par mois, comptez 400 × 0,40 $, soit 160 $, plus les utilisateurs complets. Votre volume de logs et de traces pèse souvent plus que le nombre de serveurs.
Gratuit ou open source : où s'arrêtent les versions libres
Sans limite de volume : Zabbix (AGPLv3), Nagios Core (GPL v2), Prometheus (Apache 2) et Grafana OSS (AGPLv3). Vous payez seulement les serveurs et le temps d'administration.
Limité à un seuil : Centreon à 100 hôtes, Checkmk Community à environ 100 hôtes, Pandora FMS Free à 50 agents, Nagios XI à 7 nœuds, PRTG Freeware à 100 capteurs. PRTG Freeware est gratuit sans être open source.
Niveau gratuit en SaaS : Grafana Cloud, New Relic, Better Stack, Site24x7 et Datadog. Utile pour un petit périmètre, avec des quotas et des rétentions courtes.
Une licence à zéro ne signifie pas un coût à zéro. Il reste à dimensionner le serveur, écrire les modèles de contrôle, maintenir les mises à jour et assurer le support sans éditeur en cas de panne. Chiffrez ce temps avant de comparer avec un abonnement.
Auto-hébergé ou SaaS : où vont vos données
Un outil auto-hébergé garde les métriques chez vous, c'est sa force dans les secteurs réglementés. Un service en ligne supprime l'exploitation, mais vos noms de machines, vos journaux et parfois vos données applicatives partent chez l'éditeur. Vérifiez la région au moment de créer le compte :
Datadog : site EU1 en Allemagne.
New Relic : région Union européenne, à choisir car les États-Unis sont la valeur par défaut.
Grafana Cloud : régions en Belgique, Allemagne, Irlande, Pays-Bas et Suède.
SolarWinds Observability et Checkmk Cloud : Francfort.
Centreon Log Management : France, sur le cloud OUTSCALE.
Une région européenne indique où sont stockées les données, pas la nationalité de l'éditeur. Parmi les outils de cette page, Centreon est français, Zabbix a son siège en Lettonie, Paessler et Checkmk sont allemands, et Pandora FMS est espagnol. Zabbix et Centreon publient aussi des contenus sur la conformité à NIS2, si cette directive vous concerne.
Comment choisir votre outil de supervision
PME de moins de 100 équipements, sans équipe dédiée : commencez par une édition gratuite à seuil (Centreon, Checkmk Community, PRTG Freeware) ou un service en ligne comme Site24x7.
DSI qui veut un éditeur français et des rapports SLA : Centreon, avec les modules Business ou Pro.
Parc important, compétences Linux en interne, budget de licence serré : Zabbix ou Checkmk.
Réseau d'abord, mise en service rapide : PRTG ou la version NMS de Pandora FMS.
Équipe DevOps sur Kubernetes, prête à exploiter sa pile : Prometheus, Grafana et OpenTelemetry.
Microservices, besoin de traces sans exploiter les outils : Datadog, New Relic, Dynatrace ou Grafana Cloud. Simulez les trois factures sur vos volumes réels.
Journaux au centre du besoin, Elasticsearch déjà présent : Elastic Observability.
Quatre points départagent ensuite deux candidats :
La couverture : plus de 2 000 intégrations chez Checkmk, plus de 1 000 chez Datadog, plus de 800 chez New Relic, plus de 700 connecteurs chez Centreon, plus de 500 plugins chez Pandora FMS. Vérifiez la présence de vos équipements précis, pas le total.
L'unité de facturation : au capteur, un serveur coûte plus cher à mesure que vous contrôlez de services ; au Go, un pic de logs fait monter la facture.
La rétention : 15 mois de métriques chez Datadog, 13 mois chez Grafana Cloud Pro, 12 mois par défaut chez Centreon. Elle compte pour comparer une période avec la précédente.
Le support : du forum communautaire au 24x7, souvent facturé à part. Pour un outil qui doit fonctionner quand tout le reste tombe, c'est une ligne de budget à prévoir.
Mise en place : de l'inventaire aux premières alertes
Listez les services qui comptent pour le métier avant les machines. La messagerie ou l'application de production passe avant une imprimante.
Commencez par un périmètre court, sur une édition gratuite ou un essai, et mesurez le temps réel de déploiement.
Réglez les seuils pendant les premières semaines. Une alerte qui sonne sans conséquence finit ignorée, y compris le jour où elle compte.
Déclarez les périodes de maintenance pour éviter les alertes planifiées, et une règle d'escalade pour savoir qui répond la nuit.
Reliez l'outil à vos tickets et aux salons de l'équipe : Centreon, Checkmk et Better Stack se connectent à Microsoft Teams ou Slack.
Piloter en interne ou externaliser à un prestataire
Un logiciel ne regarde pas les alertes à votre place. Sans personne d'astreinte, une notification de nuit reste lue le matin. Trois organisations existent : une équipe interne, un prestataire d'infogérance qui surveille votre parc avec son propre outil, ou un partage où vous gardez l'outil et déléguez le premier niveau. Dans le deuxième cas, demandez qui possède la configuration et l'historique si le contrat s'arrête.
