Guide pour bien choisir son logiciel de base de données
Un logiciel de base de données sert à ranger des informations structurées (clients, produits, interventions, dossiers) pour les retrouver, les relier et les partager sans doublons. Sous ce même nom, trois familles d'outils répondent pourtant à des profils très différents : les bases no-code, que les équipes métier construisent elles-mêmes, les SGBD, moteurs des applications gérées par un service informatique, et les backends as a service, qui livrent aux développeurs la base, les comptes utilisateurs et les API d'une nouvelle application.
Ce guide aide d'abord à choisir la bonne famille, puis l'outil. Il détaille onze des vingt-deux logiciels de la liste ci-dessus, dont les prix ont été relevés en novembre 2026 auprès des éditeurs. Trois comparatifs vont plus loin dans chaque famille : les SGBD, les bases de données no-code et les offres de backend as a service.
Qu'est-ce qu'un logiciel de base de données ?
Une base de données regroupe des informations organisées en tables, ou en collections, dont chaque champ a un type : texte, date, montant, lien vers une autre table. Le logiciel qui la gère contrôle ce qui entre, bloque les incohérences, et permet d'interroger, de filtrer et de partager les données selon des droits.
Les informaticiens parlent de SGBD, pour système de gestion de base de données : c'est le moteur qui stocke les données et répond aux requêtes, le plus souvent écrites en SQL. Les outils no-code et les backends as a service posent une couche au-dessus de ce moteur, une interface visuelle pour les premiers, des API et des services prêts à l'emploi pour les seconds. Supabase et Xano reposent ainsi tous deux sur PostgreSQL.
Face à un tableur, la différence tient aux règles. Dans un classeur, rien n'interdit d'enregistrer deux fois la même société avec un nom légèrement différent, ou du texte dans une colonne de montants. Une base impose sa structure, relie les tables entre elles et conserve une seule version de chaque information. Elle reste fiable quand plusieurs personnes saisissent en même temps et quand le volume grossit.
Base no-code, SGBD ou backend : trois familles pour trois profils
La première question porte sur la personne qui va construire puis faire vivre la base, avant même le volume de données.
| Famille | Pour qui | Usage typique | Compétences | Exemples |
|---|---|---|---|---|
| Base de données no-code | Équipes métier, PME sans développeur | Suivi clients, stocks, projets, demandes internes, remplacement d'un fichier Excel partagé | Aucune ligne de code, logique de tables et de relations | Airtable, Grist, Baserow, Microsoft Access, FileMaker |
| SGBD | Service informatique, éditeur, prestataire | Moteur d'une application, d'un site ou d'un logiciel métier | SQL, administration d'un serveur ou d'un service géré | PostgreSQL, MySQL, MongoDB |
| Backend as a service | Développeurs et startups qui lancent une application | Base, connexion des utilisateurs, fichiers et API d'une application web ou mobile | Développement de l'interface, notions de modèle de données | Supabase, Firebase, Xano |
Une équipe commerciale qui veut un fichier clients commun n'a aucun intérêt à administrer un SGBD. À l'inverse, une startup qui prépare une application mobile perdrait des semaines à monter ses propres serveurs, alors qu'un backend as a service fournit déjà l'authentification et les API. Les frontières restent souples : NocoDB, par exemple, présente sous forme de tableau les tables d'un PostgreSQL ou d'un MySQL déjà en place.
Relationnelle ou NoSQL : le modèle de données change le choix
Une base relationnelle range les données en tables reliées par des clés : une facture pointe vers un client, qui pointe vers ses contacts. Elle garantit la cohérence des transactions et s'interroge en SQL. PostgreSQL et MySQL appartiennent à cette famille, comme la plupart des bases no-code, qui reprennent la logique des tables liées sous une forme visuelle.
Le terme NoSQL regroupe les autres modèles. MongoDB et Cloud Firestore, la base de Firebase, stockent des documents dont les champs peuvent varier d'un enregistrement à l'autre, ce qui convient aux applications dont la structure évolue vite. Il existe aussi des bases clé-valeur, en colonnes ou en graphes, réservées à des usages techniques précis.
Pour une entreprise qui gère des clients, des commandes ou des dossiers, le relationnel reste le choix par défaut, car les liens entre ces objets sont stables. Le modèle documentaire se justifie plutôt quand une application manipule des données hétérogènes ou doit continuer à fonctionner hors ligne sur mobile.
Les SGBD, pour une application ou un service informatique
Un SGBD ne s'utilise presque jamais seul. Il tourne sur un serveur ou chez un hébergeur, et une application, un site ou un outil d'analyse vient y lire et y écrire. Les trois références ci-dessous existent sans coût de licence dans leur version de base : le budget se reporte sur le matériel ou l'hébergement, l'administration et les sauvegardes. MariaDB, SQLite, Microsoft SQL Server, Oracle Database et Redis sont présentés, avec leurs licences et leurs éditions gratuites, dans le comparatif des SGBD.
PostgreSQL
PostgreSQL est une base de données relationnelle objet open source, dont les origines remontent à 1986 et au projet POSTGRES de l'université de Californie à Berkeley. Elle est diffusée sous la licence PostgreSQL, proche des licences BSD et MIT, qui en autorise l'usage pour tout projet sans redevance.
Conforme aux propriétés ACID depuis 2001, elle gère des données JSON à côté des tables classiques, un contrôle d'accès ligne par ligne et colonne par colonne, et s'enrichit par extensions, comme PostGIS pour les données géographiques. C'est le moteur de Supabase et de Xano, et le choix fréquent des projets qui veulent un standard ouvert sans éditeur unique derrière.
MySQL
MySQL est un système de gestion de base de données relationnelle open source, développé aujourd'hui par Oracle, qui le présente comme la base open source la plus populaire au monde. Il est publié sous licence GNU GPL : chacun peut le télécharger et l'utiliser sans coût, et une licence commerciale existe pour intégrer son code dans un produit vendu.
Pour les exigences de sécurité plus fortes, MySQL Enterprise Edition ajoute le chiffrement transparent des données, l'audit, le masquage et un pare-feu de base de données. Oracle propose aussi MySQL HeatWave, un service géré disponible sur son propre cloud, sur AWS et sur Microsoft Azure, avec une offre gratuite pour démarrer.
MongoDB
MongoDB est une base NoSQL orientée documents : les données sont stockées dans des documents de type JSON, dont les champs peuvent varier d'un document à l'autre. Ce modèle colle aux objets manipulés par le code, ce qui séduit les équipes qui développent une application dont la structure change souvent.
La Community Edition s'installe gratuitement. Le service cloud MongoDB Atlas propose une offre gratuite à vie de 512 Mo, une offre Flex à 0,011 $ de l'heure plafonnée à 30 $ par mois, puis des clusters dédiés à partir de 0,08 $ de l'heure, soit 56,94 $ par mois, hébergés sur AWS, Microsoft Azure ou Google Cloud, trois fournisseurs de cloud public.
Les bases no-code, pour les équipes métier
Une base no-code ressemble à un tableau, mais chaque colonne a un type et les tables se relient entre elles. L'équipe y ajoute des affichages en liste, en kanban ou en calendrier, des formulaires de saisie, des droits et des automatisations, sans faire appel à un développeur. Le comparatif dédié aux alternatives à Airtable présente aussi SeaTable, NocoDB et Ninox.
Airtable
Airtable se présente aujourd'hui comme une plateforme de création d'applications : bases relationnelles, interfaces, automatisations et agents d'IA, avec des intégrations vers Slack, Google Drive, Salesforce ou Jira. Il convient aux équipes qui veulent un outil soigné et riche, et qui acceptent un prix par utilisateur en dollars.
Le forfait gratuit vise les utilisateurs individuels et les petites équipes. Avec une facturation annuelle, le forfait Team revient à 20 $ par mois et par utilisateur, le forfait Business à 45 $. La facture ne compte que les personnes qui ont le droit de modifier une base : la lecture seule, l'envoi d'un formulaire ou un lien partagé restent gratuits.
Grist
Grist mêle tableur et base relationnelle, avec des formules écrites en Python et des règles d'accès qui descendent jusqu'à la cellule. Son code est ouvert, on peut donc héberger chez soi l'édition Community sans rien payer. Grist compte aussi parmi les fondations de LaSuite, la suite numérique souveraine déployée dans des administrations françaises.
La version hébergée par l'éditeur reste gratuite tant qu'un document ne dépasse pas 5 000 enregistrements. L'offre Pro revient à 8 $ par mois et par utilisateur à l'année, ou 10 $ sans engagement annuel, et monte à 100 000 enregistrements par document.
Baserow
Baserow vise ceux qui cherchent l'équivalent d'Airtable en open source, à utiliser en cloud ou à héberger soi-même. L'éditeur met en avant l'absence de dépendance à un fournisseur et ses certifications de protection des données (RGPD, HIPAA, SOC 2 Type II).
Sans payer, chaque espace de travail en cloud peut contenir 3 000 lignes et jusqu'à 2 Go de données. Payée à l'année, l'offre Premium revient à 10 $ par mois et par utilisateur, 12 $ en paiement mensuel, et l'offre Advanced à 18 $.
Microsoft Access
Microsoft Access sert à créer ses propres applications de base de données, à partir de modèles ou de zéro, et fonctionne uniquement sur PC. Une base Access range ses tables dans un seul fichier, avec ses formulaires, ses états, ses macros et ses modules ; elle peut aussi se connecter à SQL Server ou à Azure SQL, moyennant un abonnement à ces services.
La version la plus à jour est fournie avec Microsoft 365. Sur la page de comparaison des offres pour les particuliers, Access figure dans les abonnements Microsoft 365 Personnel, facturé 99 € l'an ou 10 € le mois, Famille, à 129 € l'an, et Premium, à 219 € l'an, mais pas dans la suite vendue en achat définitif sur la même page. Access existe aussi seul en achat définitif, mais seule la formule Microsoft 365 donne toujours la version la plus récente. Son fonctionnement limité au PC pèse dès qu'une partie de l'équipe travaille sur Mac ou sur tablette.
FileMaker
FileMaker, de Claris, permet de concevoir des applications de gestion sur mesure par glisser-déposer, utilisables sur ordinateur, sur iPad et iPhone, et dans un navigateur grâce à FileMaker WebDirect. Il importe les fichiers Excel et CSV existants et vise les entreprises qui veulent une véritable application métier plutôt qu'un tableau partagé.
Hébergé par l'éditeur, FileMaker Cloud revient à 24 € par mois et par utilisateur, facturés à l'année, pour l'offre Starter, ouverte à des équipes comptant de 5 à 10 personnes avec 3 applications hébergées au maximum, et 48 € pour l'offre Max. FileMaker Server permet aussi d'héberger les applications dans votre propre infrastructure, et une licence FileMaker Pro unique existe quand aucune donnée n'est partagée avec d'autres personnes.
Le backend as a service, pour lancer une application
Un backend as a service prend en charge tout ce qui tourne côté serveur dans une application : la base de données, l'inscription et la connexion des utilisateurs, le stockage des fichiers, les API et souvent des fonctions exécutées côté serveur. Les développeurs n'ont plus qu'à construire les écrans, pour le web ou le mobile. Le comparatif consacré au backend as a service présente aussi Appwrite, PocketBase et Backendless.
Supabase
Supabase est une plateforme open source construite autour de PostgreSQL : chaque projet dispose de sa propre base Postgres, complétée par l'authentification, le stockage de fichiers, les fonctions et le temps réel. L'éditeur insiste sur la portabilité de cette base, sans enfermement chez lui.
Sans frais, un compte a droit à deux projets actifs, chacun avec 500 Mo de base et 50 000 utilisateurs actifs mensuels, mais un projet resté sept jours sans activité est suspendu. Comptez ensuite 25 $ par mois pour Pro et 599 $ pour Team.
Firebase
Firebase est la plateforme de Google pour les applications mobiles et web. Sa base Cloud Firestore, de type NoSQL orientée documents, synchronise les données en temps réel entre les appareils, y compris hors connexion. La plateforme réunit aussi l'authentification, l'hébergement, les notifications et la mesure d'audience.
L'offre Spark est sans frais et sans moyen de paiement : Firestore y inclut 1 Gio de données stockées, 50 000 lectures et 20 000 écritures par jour. L'offre Blaze prend le relais avec une facturation selon la consommation.
Xano
Xano s'adresse aux équipes qui veulent un backend sans écrire de code serveur : base Postgres, création d'API REST et logique métier assemblée visuellement, avec des options d'auto-hébergement sur AWS, Azure ou Google Cloud dans son offre sur mesure.
L'offre gratuite, limitée à 100 000 enregistrements et à 10 requêtes API toutes les 20 secondes, sert au développement et aux tests. Essential revient à 85 $ mensuels réglés à l'année (99 $ sans engagement), Pro à 224 $.
Prix des logiciels de base de données comparés
Les montants ci-dessous viennent des pages officielles des éditeurs, relevés en novembre 2026 et donnés dans la devise affichée. HT n'est écrit que si la page de l'éditeur le précise. Un prix par utilisateur et un prix par projet ne se comparent pas directement : une équipe de dix personnes paie dix licences chez Airtable, mais un seul abonnement chez Supabase.
| Logiciel | Famille | Version gratuite | Premier palier payant |
|---|---|---|---|
| PostgreSQL | SGBD | Logiciel libre, sans redevance | Aucune licence, hébergement à prévoir |
| MySQL | SGBD | Édition open source sous GPL | Licence commerciale et Enterprise Edition, prix non affiché |
| MongoDB | SGBD | Community Edition, Atlas Free de 512 Mo | Atlas Flex plafonné à 30 $ par mois, dédié dès 56,94 $ par mois |
| MariaDB | SGBD | Community Server sous GPLv2 ; MariaDB Cloud gratuit au niveau Foundation | Niveau Power de MariaDB Cloud : 0,16 $ de l'heure au minimum |
| Microsoft SQL Server | SGBD | Express, limitée à 50 Go pour chaque base, et Developer, pour les tests | Standard : 989 $ la licence serveur, plus 230 $ par utilisateur ou appareil (prix estimé, version 2022) |
| Oracle Database | SGBD | Édition Free, jusqu'à 2 processeurs, 12 Go de données et 2 Go de RAM, sans correctifs | Éditions Enterprise et Standard Edition 2, tarif non relevé |
| SQLite | SGBD embarqué | Code dans le domaine public, aucune licence à acheter | Assistance des développeurs : 1 500 $ par an, facultative |
| Redis | SGBD en mémoire | Redis Open Source, AGPLv3 parmi ses trois licences ; base de 30 Mo offerte sur Redis Cloud | Redis Cloud Essentials : 5 $ par mois |
| Airtable | Base no-code | Forfait gratuit | 20 $ par mois et par utilisateur, à l'année |
| Grist | Base no-code | 5 000 enregistrements par document, édition Community | 8 $ par mois et par utilisateur, à l'année |
| Baserow | Base no-code | 3 000 lignes dans chaque espace de travail | 10 $ par mois et par utilisateur, à l'année |
| SeaTable | Base no-code | 25 utilisateurs, 10 000 lignes au maximum | 7 € HT par mois et par utilisateur, à l'année |
| NocoDB | Base no-code | Offre Free (3 utilisateurs, 1 000 enregistrements) et édition Community | 12 $ mensuels par siège, payés à l'année |
| Ninox | Base no-code | 5 utilisateurs, 5 000 enregistrements au maximum | 25 € HT par mois et par utilisateur, à l'année |
| Microsoft Access | Base de bureau | Aucune | Inclus dans Microsoft 365 Personnel, facturé 99 € l'an |
| FileMaker | Base no-code | Bouton « Démarrer gratuitement », durée non précisée | FileMaker Cloud : 24 € par mois et par utilisateur, à l'année |
| Supabase | Backend as a service | 500 Mo de base, deux projets actifs | 25 $ par mois |
| Firebase | Backend as a service | Offre Spark sans frais | Offre Blaze, paiement à l'usage |
| Xano | Backend as a service | 100 000 enregistrements, débit limité | 85 $ par mois, à l'année |
| Appwrite | Backend as a service | Offre Free, deux projets | 25 $ par mois |
| PocketBase | Backend as a service | Logiciel open source à installer | Aucune offre hébergée affichée |
| Backendless | Backend as a service | Offre Free, 20 tables | 15 $ mensuels minimum, par application |
Logiciel base de données gratuit : open source ou offre limitée
Chercher une base de données gratuite, c'est choisir entre deux réalités. Les logiciels à installer soi-même, qu'ils soient open source comme PostgreSQL, MySQL, Grist, Baserow et PocketBase, ou distribués gratuitement sous la licence de leur éditeur comme MongoDB Community et NocoDB Community, s'utilisent sans licence payante, mais il faut un serveur, des sauvegardes et quelqu'un pour les mises à jour. Les offres gratuites des services en ligne évitent ce travail, au prix de plafonds.
Le volume : 3 000 lignes par espace de travail chez Baserow, 5 000 enregistrements par document chez Grist, 5 000 au total dans l'offre gratuite de Ninox, 10 000 lignes chez SeaTable, 1 000 enregistrements chez NocoDB.
Les utilisateurs : 3 chez NocoDB, 5 chez Ninox, 25 chez SeaTable. Airtable ne fait rien payer aux utilisateurs de son forfait gratuit, mais le destine aux personnes seules et aux petites équipes.
L'activité : Supabase et Appwrite mettent en pause un projet gratuit resté inactif une semaine, et Xano limite le débit à 10 requêtes toutes les 20 secondes.
La taille de l'organisation : Grist offre, sur demande, la clé d'activation de sa version auto-hébergée aux particuliers et aux structures qui encaissent moins de 1 million de dollars par an, financements compris.
Pour une association ou une TPE qui démarre, une offre gratuite en ligne suffit souvent pour éprouver une organisation des données pendant quelques mois. Avant d'y verser des données clients, vérifiez la sortie : export complet en CSV, pièces jointes comprises, et possibilité de récupérer la structure des tables.
Base de données en ligne, sur vos serveurs ou sur un poste
Trois modes d'hébergement coexistent, et beaucoup d'outils en proposent plusieurs.
En ligne chez l'éditeur : rien à installer, les mises à jour sont assurées par l'éditeur. C'est le cas d'Airtable, de FileMaker Cloud, de Firebase ou des offres cloud de MongoDB Atlas et de Supabase.
Sur vos serveurs : PostgreSQL, MySQL, Grist, Baserow, NocoDB, SeaTable Server, FileMaker Server, PocketBase ou Appwrite s'installent sur une machine que vous contrôlez, dans vos locaux ou chez l'hébergeur de votre choix.
Sur un poste : Microsoft Access fonctionne sur PC, et FileMaker Pro s'achète en licence unique quand rien n'est partagé. La solution reste simple pour une personne, plus délicate dès que plusieurs collègues doivent saisir en même temps.
Pour des données personnelles, la localisation des serveurs compte au regard du RGPD. Plusieurs éditeurs l'affichent : Ninox héberge les données en Allemagne, chez AWS ; SeaTable garde les données dans l'UE, sur des serveurs allemands ; Airtable cite une prise en charge de la résidence des données en Europe parmi ses fonctions pour les grandes organisations. Installer soi-même un outil open source reste la façon la plus directe de choisir un hébergeur français.
Remplacer Excel ou Access sans tout reconstruire
Le passage d'un classeur à une base se fait rarement d'un coup. Les bases no-code importent un fichier Excel ou CSV et en tirent une première table ; le vrai travail consiste ensuite à séparer ce qui était mélangé dans un seul onglet, les sociétés d'un côté, les contacts de l'autre, les commandes à part, puis à relier ces tables.
Pour sortir de Microsoft Access, deux chemins se présentent. Si l'application sert surtout à saisir et consulter des données en équipe, une base no-code en ligne comme Grist, Baserow, SeaTable ou Ninox reprend les tables et les formulaires, avec un accès depuis le navigateur. Si elle contient beaucoup de logique, avec des requêtes complexes, des macros ou des états imprimés, FileMaker garde une approche proche de la base de bureau, ou un prestataire migre les données vers PostgreSQL ou MySQL et reconstruit l'interface.
Dans tous les cas, commencez par un inventaire : nombre de tables, volume de lignes, utilisateurs simultanés, impressions indispensables. Ces quatre chiffres écartent vite plusieurs options, car les offres gratuites et d'entrée de gamme plafonnent justement le volume et les utilisateurs.
Créer une base de données en entreprise : les étapes
Partir des questions à poser aux données. Quels clients n'ont rien commandé depuis six mois, quelles interventions sont en retard : ces questions dictent les champs à prévoir.
Dessiner les tables et leurs liens. Une table par type d'objet, un identifiant unique par ligne, des liens plutôt que des copies d'informations.
Typer chaque champ. Date, nombre, liste de choix, adresse e-mail : un champ typé évite les saisies fantaisistes et rend les filtres fiables.
Définir les droits. Qui lit, qui modifie, qui exporte. Airtable, par exemple, ne fait payer que ceux qui peuvent modifier, ce qui pèse sur cette répartition.
Importer un échantillon, puis tester. Quelques centaines de lignes réelles révèlent les doublons et les champs oubliés avant la reprise complète.
Prévoir la sauvegarde et la sortie. Fréquence des sauvegardes, durée de conservation, format d'export.
Avec un SGBD, ces étapes passent par un schéma écrit en SQL et un outil d'administration ; avec une base no-code, elles se font à la souris. La logique reste identique.
Les fonctionnalités à comparer d'une famille à l'autre
| Fonction | Base no-code | SGBD | Backend as a service |
|---|---|---|---|
| Relations entre données | Liens entre tables créés à la souris | Clés étrangères et requêtes SQL | Selon le moteur : relationnel chez Supabase, documents chez Firebase |
| Saisie et affichage | Vues, formulaires, interfaces | Outil d'administration, interface métier à développer | Console d'administration, interface à développer |
| Droits d'accès | Par espace et par table, jusqu'à la cellule chez Grist | Rôles, droits ligne par ligne chez PostgreSQL | Authentification des utilisateurs intégrée |
| Accès programmé | API fournie par l'éditeur | Connexion directe par pilote | API et kits de développement fournis |
| Automatisations | Déclencheurs et actions intégrés | Procédures stockées et déclencheurs | Fonctions exécutées côté serveur |
| Hébergement | Cloud de l'éditeur, parfois auto-hébergé | Votre serveur ou un service géré | Cloud de l'éditeur, parfois auto-hébergé |
Ce tableau explique pourquoi les familles se combinent souvent. Une équipe peut par exemple saisir dans NocoDB des données stockées dans un PostgreSQL géré par le service informatique, ou une application bâtie sur Supabase peut alimenter des tableaux de bord lus en SQL.
Les critères pour choisir un logiciel de base de données
Qui construit et qui maintient : une équipe métier autonome, un service informatique, un prestataire ou des développeurs. C'est ce critère qui désigne la famille.
Le volume à horizon de quelques années : nombre de lignes, de fichiers joints et d'utilisateurs, à comparer aux plafonds des offres, qui changent fortement d'un palier à l'autre.
Le modèle de prix : par utilisateur chez Airtable, Grist, Baserow, SeaTable ou Ninox, par projet ou par application chez Supabase, Appwrite ou Backendless, à l'usage chez Firebase et MongoDB Atlas, sans licence pour PostgreSQL, MySQL ou PocketBase.
La réversibilité : export complet, format standard, possibilité de quitter l'éditeur sans tout refaire. Les outils open source et ceux qui reposent sur PostgreSQL limitent ce risque.
L'hébergement et la conformité : pays des serveurs, certifications, contrat de sous-traitance au sens du RGPD.
Les intégrations : liaison avec le CRM, l'outil de facturation ou un service d'automatisation, par connecteur natif ou par API.
Pour les autres outils des équipes techniques, consultez l'ensemble des logiciels tech. Si le projet consiste à créer un site ou une application complète sans programmer, mieux vaut regarder les outils no-code ; pour des calculs et des tableaux de suivi simples, un logiciel tableur suffit.



