Guide pour bien choisir son logiciel de logiciel kiné
Le logiciel du kinésithérapeute libéral fait bien plus que la facturation : il porte les bilans, le suivi des séances, la télétransmission, et désormais le lien avec le médecin traitant et le dossier médical partagé. Depuis la nouvelle nomenclature de 2024 et l'accès direct, un logiciel mal tenu à jour coûte cher en cotations oubliées et en temps perdu.
Voici mon comparatif des logiciels pour kinés, avec les prix publics relevés chez les éditeurs, et ce qui change en 2026 : revalorisations de l'avenant 8, bilan de prévention au 1er octobre, hébergement des données de santé dans l'Union européenne.
Qu'est-ce qu'un logiciel kiné ?
Un logiciel de gestion de cabinet de kinésithérapie réunit le dossier des patients, les bilans-diagnostics kinésithérapiques (BDK), le suivi des séances, la cotation selon la nomenclature, la facturation et la télétransmission des feuilles de soins à l'Assurance maladie et aux complémentaires. Beaucoup y ajoutent un agenda, la prise de rendez-vous en ligne et la comptabilité (déclaration 2035).
Les fonctionnalités d'un logiciel kiné
- La cotation et la facturation : nouvelle nomenclature, bilans en AMK, dépassements et dérogations, télétransmission SESAM-Vitale, lecture de la carte Vitale ou de l'appli carte Vitale.
- SCOR : numérisation des ordonnances, souvent par photo, avec pré-remplissage automatique.
- Les bilans : BDK initial, intermédiaires et de fin de traitement, fiches synthétiques pour le prescripteur.
- Le suivi des séances : compteur de séances, renouvellements de prescription, télésoin.
- Les échanges : alimentation du DMP, messagerie sécurisée de santé.
- La gestion du cabinet : agenda, rappels SMS, comptabilité, gestion des assistants et remplaçants.
Les avantages d'un bon logiciel kiné
- Des cotations justes avec la nouvelle nomenclature, sans oublier les majorations ni les bilans.
- Moins de rejets grâce à la télétransmission et au suivi des retours de paiement.
- Des bilans plus rapides, avec des modèles et un envoi direct au prescripteur.
- L'aide de l'Assurance maladie : un logiciel à jour permet de valider les indicateurs du FAMI.
- Moins de rendez-vous manqués avec l'agenda en ligne et les rappels.
En ligne, installé ou sur tablette ?
Les logiciels installés, comme Kiné +4000 ou Kinépratik, gardent les données sur l'ordinateur du cabinet ; les logiciels en ligne, comme Maiia Kiné, Milo ou Topaze, s'utilisent depuis un navigateur, sur Mac comme sur PC, avec des applications mobiles pour les visites à domicile. VEGA propose une tablette dédiée et des données accessibles hors ligne. Les utilisateurs de Mac ont le choix parmi les solutions en ligne.
Ce que votre logiciel kiné doit gérer en 2026
Nouvelle nomenclature, accès direct, télésoin, bilan de prévention, prescription : la réglementation des masseurs-kinésithérapeutes a beaucoup bougé depuis 2023, et chaque changement passe par le logiciel. Un outil qui ne suit pas vous fait perdre des cotations, du temps, et une partie de l'aide de l'Assurance maladie.
La nomenclature redécrite et ses revalorisations
Depuis le 22 février 2024, la rééducation se cote avec une nouvelle nomenclature, qui « permet de décrire votre pratique en 80 actes différents » ; la lettre-clé AMK reste réservée aux bilans. Les revalorisations continuent par étapes : l'avenant 8 à la convention, publié au Journal officiel du 19 décembre 2025, a reporté au 1er janvier 2026 les hausses prévues en juillet 2025, puis ajouté « une revalorisation de 0,3 point au 28 mai 2026 ». Une dernière étape est prévue au 1er juillet 2027. Votre logiciel doit intégrer chaque changement de coefficient à temps.
Le FAMI : jusqu'à 1 115 € par an
Le forfait d'aide à la modernisation et à l'informatisation du cabinet comprend « 5 indicateurs prérequis que le masseur-kinésithérapeute doit atteindre pour bénéficier de l'aide forfaitaire de 490 euros », un indicateur lié à l'exercice coordonné à 100 € et deux indicateurs de télésanté à 525 €. Les cinq prérequis dépendent de votre logiciel :
- « Disposer d'un logiciel métier compatible DMP » (le Web DMP ne suffit pas) ;
- disposer du cahier des charges SESAM-Vitale à jour de ses derniers avenants ;
- « Utiliser la solution SCOR » pour transmettre les ordonnances numérisées ;
- atteindre au moins 70 % de feuilles de soins électroniques ;
- « Disposer d'une messagerie sécurisée de santé ».
Bilans, accès direct et DMP
Le bilan-diagnostic kinésithérapique (BDK) reste le cœur du dossier : selon la nomenclature, une fiche synthétique « est adressée dès le début du traitement au médecin prescripteur », puis une autre au terme d'un traitement de dix séances ou plus. L'accès direct, ouvert par la loi du 19 mai 2023, ajoute une obligation : dans les structures d'exercice coordonné, le kiné peut traiter sans prescription « dans la limite de huit séances par patient », et « un bilan initial et un compte rendu des soins réalisés par le masseur-kinésithérapeute sont systématiquement adressés au médecin traitant du patient ainsi qu'à ce dernier et reportés dans le dossier médical partagé de celui-ci » (article L. 4321-1 du Code de la santé publique). L'expérimentation en CPTS a été étendue à vingt départements. Sans logiciel compatible DMP et messagerie sécurisée, ces obligations deviennent vite ingérables.
Nouveau au 1er octobre 2026 : Mon bilan prévention
Les kinés peuvent réaliser Mon bilan prévention à partir du 1er octobre 2026, avec le code acte « RDI ». L'Assurance maladie prévient : « Les éditeurs de logiciels sont mobilisés pour prendre en compte ce nouveau code, pensez à mettre à jour votre logiciel. » Vérifiez que votre éditeur l'a intégré.
Prescription, renouvellement et télésoin
Le kiné est aussi prescripteur : un arrêté du 14 septembre 2026 a fixé la nouvelle liste des produits de santé qu'il peut prescrire. Quand il renouvelle ou adapte une prescription, la convention prévoit qu'il « s'engage à tracer ses renouvellements de prescription via la solution proposée sur son logiciel de facturation ». En télésoin, facturé avec la lettre-clé TMK, il « doit rédiger un compte rendu qu'il intègre dans le service « Mon espace santé » du patient ». L'ordonnance numérique, elle, se déploie encore chez les paramédicaux : elle « est bien intégrée dans la vague 2 du Ségur numérique couloir sages-femmes et paramédicaux », dont le financement, ouvert par un arrêté du 15 juillet 2026, est versé aux éditeurs.
Télétransmission, dossier patient et hébergement
Le logiciel doit être agréé par le Centre national de dépôt et d'agrément (CNDA) et homologué par le GIE SESAM-Vitale. Pour les visites à domicile, « depuis le 1er juillet 2025, les TLA (Terminal Lecteur Applicatif) utilisés lors des visites, ne sont plus supportés par le GIE SESAM-Vitale ». Le code de déontologie impose de tenir « pour chaque patient un dossier qui lui est personnel » (article R. 4321-91). Si ce dossier est en ligne, l'hébergeur doit être certifié HDS, et depuis le 26 septembre 2026, l'hébergement est mis en œuvre « exclusivement sur le territoire d'un Etat membre de l'Union européenne ou partie à l'accord sur l'Espace économique européen ». Le référentiel de la CNIL pour les cabinets, non contraignant, prévoit une conservation possible de vingt ans après la dernière prise en charge.
Les logiciels kiné comparés
Les logiciels de gestion et de facturation
VEGA, édité par Epsilog, filiale de CompuGroup Medical, revendique « plus de 50 000 praticiens », dont 35 000 kinésithérapeutes ; il intègre un module DMP, SCOR, la comptabilité 2035, et offre BDKapp pour les bilans. Topaze, du groupe Sofia, « se concentre désormais sur les kinésithérapeutes » : version web, applications sur Mac, PC, Android et iPhone, cotation selon les règles de la NGAP, et reprise automatique des informations de l'ordonnance. Cegedim Santé propose deux solutions : Kiné +4000, sa « solution historique », installée en local, et Maiia Kiné, « une solution 100% web », avec lecture de l'appli carte Vitale et un module de bilans. Milo, de C.B.A (l'éditeur d'Agathe YOU), est « destiné exclusivement aux kinésithérapeutes », accessible sur Mac, PC, iOS et Android, avec le lecteur de carte Vitale inclus. Kinépratik, du groupe Equasens, est installé sur l'ordinateur du cabinet, avec comptabilité et télétransmission ; l'éditeur indique qu'une partie de ses utilisateurs sont non-voyants ou malvoyants. Doctolib propose aussi un logiciel kiné, avec facturation et télétransmission, en complément de son agenda.
Les outils complémentaires
D'autres outils ne font pas de facturation SESAM-Vitale mais complètent le logiciel : des agendas et assistants de rédaction comme Markus Santé ou Maddie, des outils de bilans comme BDKapp, offert par l'éditeur de VEGA, ou Citana, d'Anamnèse, pour l'agenda, le bilan de prévention et le télésoin.
Combien coûte un logiciel kiné ?
Prix publics relevés le 28 septembre 2026, tels qu'affichés par les éditeurs :
- VEGA : à partir de 45 € par mois, sans tacite reconduction, comptabilité 2035 incluse ; tablette dédiée en option.
- Topaze : « à partir de 35 euros par mois » selon sa page d'accueil, mais ses conditions d'offre mentionnent un tarif standard de 42 € par mois ; offre de rentrée à 29,90 € par mois pendant 24 mois, valable jusqu'au 30 septembre 2026.
- Kinépratik : licence à 1 355 € TTC, ou 35 € par mois en financement sur 48 mois, plus un contrat de mise à jour à 390 € TTC par an.
Kiné +4000, Maiia Kiné et Milo ne publient pas de prix. Comparez le coût total : lecteur de cartes, tablette, comptabilité, mises à jour, sauvegarde et durée d'engagement.
Existe-t-il un logiciel kiné gratuit ?
Pas pour télétransmettre : tous les logiciels agréés SESAM-Vitale sont payants. Certains outils gratuits aident pour une partie du travail, comme BDKapp pour les bilans, et plusieurs éditeurs proposent des mois offerts à la souscription. Un logiciel gratuit non agréé ne vous permettra ni de télétransmettre, ni de valider le FAMI.
Changer de logiciel kiné
- Vérifiez votre engagement et la date de fin du contrat actuel.
- Demandez la reprise des données : patients, bilans, prescriptions en cours, factures en attente.
- Soldez les rejets et les retours de paiement de l'ancien logiciel avant de basculer.
- Vérifiez le lecteur : les anciens terminaux TLA ne sont plus supportés par le GIE SESAM-Vitale depuis juillet 2025.
Comment choisir son logiciel kiné
- La nomenclature : cotation fiable de la nomenclature redécrite, mise à jour rapide des revalorisations et des nouveaux codes, comme le bilan de prévention au 1er octobre 2026.
- Les bilans : modèles de BDK, envoi au prescripteur, alimentation du DMP, indispensable en accès direct.
- Les indicateurs du FAMI : compatibilité DMP, cahier des charges SESAM-Vitale à jour, SCOR, messagerie sécurisée.
- Votre matériel : Mac ou PC, tablette, visites à domicile, besoin d'un mode hors connexion.
- Le coût total et la durée d'engagement.
- L'hébergement : hébergeur certifié HDS dans l'Union européenne pour les logiciels en ligne.

