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Agences E-commerce Tendances Exemples de cahier des charges pour une marketplace

Exemples de cahier des charges pour une marketplace

Joseph Désiré
Joseph Désiré
31 min

Lancer une marketplace est une décision stratégique majeure. Qu’il s’agisse d’une place de marché BtoB, BtoC ou d’un modèle hybride, la complexité du projet dépasse largement celle d’un site e-commerce classique. Pourtant, chez La Fabrique du Net, nous constatons régulièrement la même erreur au démarrage : des porteurs de projet qui sollicitent des agences sans disposer d’un cahier des charges structuré. Résultat ? Des devis incomparables, des incompréhensions techniques, des délais qui s’allongent, et dans les cas les plus graves, un projet qui échoue avant même d’avoir démarré.

Un cahier des charges pour une marketplace n’est pas un simple document administratif. C’est la colonne vertébrale de votre projet. Il aligne les équipes internes, cadre les attentes vis-à-vis de l’agence, et sert de référence tout au long du développement. Sur les centaines de mises en relation que nous réalisons chaque année entre porteurs de projet et agences spécialisées, ceux qui arrivent avec un cahier des charges complet obtiennent systématiquement de meilleures offres, dans des délais plus courts.

Cet article a un objectif concret : vous donner les clés pour comprendre ce que doit contenir un cahier des charges pour une marketplace, vous montrer des exemples de structure, vous alerter sur les erreurs fréquentes, et vous fournir une ressource directement utilisable. Si vous êtes en train de préparer un projet de marketplace, vous êtes au bon endroit.

1. Définition et importance d’un cahier des charges pour une marketplace

Un cahier des charges est un document contractuel et fonctionnel qui décrit l’ensemble des exigences d’un projet. Pour une marketplace, il va bien au-delà d’une simple liste de fonctionnalités : il décrit l’écosystème complet de la plateforme, les acteurs impliqués (acheteurs, vendeurs, administrateurs), les flux d’interaction, les contraintes techniques, les objectifs business, et le cadre juridique.

La différence entre un cahier des charges pour un site e-commerce standard et celui d’une marketplace est substantielle. Un e-commerce classique implique un seul vendeur. Une marketplace met en relation plusieurs vendeurs avec des acheteurs, ce qui multiplie les cas d’usage, les parcours utilisateurs, les règles de gestion et les contraintes réglementaires. On parle de systèmes de commissionnement, de gestion des litiges entre acheteurs et vendeurs, de tableaux de bord multi-vendeurs, de règles fiscales spécifiques (notamment la directive DAC7 en Europe), et d’une architecture technique bien plus complexe.

Chez La Fabrique du Net, nous accompagnons des porteurs de projet dans leur mise en relation avec des agences digitales spécialisées. Ce positionnement nous donne une vision terrain que peu d’acteurs possèdent : nous voyons quotidiennement ce qui distingue les projets qui aboutissent de ceux qui s’enlisent. Et la qualité du cahier des charges est systématiquement le premier facteur différenciant.

Les retours que nous recevons de nos porteurs de projet montrent que près de 60 % des dérives de budget sur des projets marketplace sont directement liées à un cahier des charges incomplet ou ambigu au départ. Une fonctionnalité mal spécifiée peut représenter plusieurs semaines de développement supplémentaires, donc plusieurs milliers d’euros non anticipés. À l’inverse, un cahier des charges solide permet à l’agence de s’engager sur un périmètre clair, avec des jalons précis et une responsabilité partagée.

1.1 Les différents types de marketplaces et leurs implications documentaires

Avant de rédiger votre cahier des charges, il est essentiel de définir précisément le modèle de votre marketplace. Chaque type implique des fonctionnalités différentes, et donc un document de spécification différent.

  • Marketplace de produits physiques : gestion des stocks, des livraisons, des retours, des entrepôts partenaires.
  • Marketplace de services : gestion des disponibilités, des réservations, des évaluations prestataires, de la facturation à l’heure ou au forfait.
  • Marketplace BtoB : gestion des comptes entreprises, des rôles utilisateurs multiples, des conditions tarifaires négociées, de la facturation différée.
  • Marketplace de téléchargement ou de contenus numériques : gestion des droits, des licences, des accès, de la protection contre la copie.

Cette distinction est fondamentale car elle conditionne l’architecture technique, le choix de la solution (solution SaaS comme Mirakl ou CS-Cart, développement sur mesure, ou hybride), et bien sûr le budget. Ne pas définir clairement son modèle dans le cahier des charges, c’est risquer de partir dans une direction technique qui ne corresponde pas aux besoins réels.

2. Les étapes pour rédiger un cahier des charges efficace

Rédiger un cahier des charges pour une marketplace demande une préparation sérieuse. Ce n’est pas un exercice qu’on fait en une après-midi. D’après les projets que nous accompagnons chez La Fabrique du Net, les porteurs de projet qui prennent deux à quatre semaines pour structurer ce document obtiennent des résultats significativement meilleurs que ceux qui bâclent l’exercice.

2.1 Phase de cadrage stratégique

La première étape consiste à définir le contexte stratégique du projet. Cette phase répond à des questions fondamentales : pourquoi ce projet existe-t-il, quel problème résout-il, qui sont les utilisateurs cibles, et quel est le modèle économique envisagé ? Ces éléments ne sont pas accessoires : ils guident toutes les décisions techniques et fonctionnelles qui suivront.

Le cahier des charges doit inclure une présentation de l’entreprise porteuse du projet, son secteur d’activité, ses ressources internes disponibles pour le projet, et ses objectifs à six mois, un an et trois ans. Une agence qui comprend votre contexte stratégique peut vous conseiller bien mieux qu’une agence qui reçoit uniquement une liste de fonctionnalités.

2.2 Cartographie des utilisateurs et des parcours

Une marketplace implique au minimum trois typologies d’utilisateurs : les acheteurs, les vendeurs (ou prestataires), et les administrateurs de la plateforme. Chacun a ses propres parcours, ses propres droits, ses propres besoins. Il est indispensable de documenter ces parcours de façon précise.

Concrètement, cela signifie décrire le parcours d’inscription d’un vendeur, les étapes de validation de son compte, la façon dont il gère son catalogue, ses commandes, ses paiements. Du côté acheteur, on décrit le parcours de recherche, de sélection, d’achat, de suivi de commande et de gestion des retours. Ces parcours alimentent directement les spécifications fonctionnelles.

2.3 Rédaction des spécifications fonctionnelles

C’est le cœur du document. Les spécifications fonctionnelles décrivent ce que la plateforme doit faire, fonctionnalité par fonctionnalité. Pour une marketplace, cela couvre généralement une vingtaine de modules distincts : moteur de recherche et filtres, système de fiches produits/services, panier et tunnel d’achat, système de paiement et de commissionnement, espace vendeur (dashboard), espace acheteur, système de notation et avis, messagerie interne, gestion des litiges, facturation automatique, reporting et analytics, etc.

Pour chaque fonctionnalité, il convient de préciser le niveau de priorité (indispensable pour le lancement, à développer en version 2, ou optionnel), les règles de gestion associées, et les éventuelles intégrations avec des outils tiers (CRM, ERP, solution de paiement comme Mangopay ou Lemonway, solution logistique, etc.).

2.4 Définition des exigences techniques et d’infrastructure

Cette section s’adresse directement aux développeurs et architectes techniques de l’agence. Elle doit préciser les contraintes techniques connues : hébergement souhaité (cloud, dédié, mutualisé), performance attendue (temps de chargement, nombre d’utilisateurs simultanés), compatibilité mobile (responsive ou application native), langues et devises si la plateforme est internationale, et exigences de sécurité (conformité RGPD, PCI-DSS pour les paiements, politique de sauvegarde).

2.5 Cadre projet, budget et gouvernance

Le cahier des charges doit également inclure une section dédiée au cadre de pilotage du projet. Qui est l’interlocuteur principal côté client ? Quelle est la fréquence des points de suivi ? Comment les modifications de périmètre seront-elles gérées ? Quel est le budget indicatif, ou a minima la fourchette envisagée ? Ces informations permettent à l’agence de calibrer son offre et d’éviter les surprises en cours de projet.

Sur ce dernier point, nous constatons que beaucoup de porteurs de projet hésitent à communiquer leur budget par crainte que l’agence s’y aligne automatiquement. C’est une erreur. Donner une fourchette budgétaire permet à l’agence de proposer une solution adaptée plutôt qu’une solution idéale qui dépasse les moyens du client. Pour une marketplace, les budgets varient considérablement : de 30 000 à 80 000 euros pour une solution basée sur un CMS marketplace open source bien configuré, jusqu’à 150 000 à 400 000 euros pour un développement sur mesure complet avec des fonctionnalités avancées.

3. Les éléments indispensables à inclure dans le document

Une tendance que nous observons clairement dans les demandes que nous recevons est la confusion entre un cahier des charges complet et une liste de fonctionnalités. Un cahier des charges pour une marketplace est un document structuré qui comporte plusieurs parties distinctes, chacune ayant un rôle précis dans la communication avec l’agence.

3.1 La présentation du contexte et des objectifs

Cette section pose les fondations. Elle présente le porteur de projet, le marché cible, la proposition de valeur de la marketplace, et les indicateurs de succès attendus. Ces indicateurs peuvent être : le nombre de vendeurs recrutés à six mois, le volume de transactions mensuel à atteindre en fin d’année 1, le taux de conversion cible, ou le panier moyen attendu. Des objectifs mesurables permettent à l’agence de concevoir une plateforme orientée performance et non simplement fonctionnelle.

3.2 Le modèle économique et le système de commissionnement

C’est un élément souvent sous-estimé dans les cahiers des charges que nous analysons. Pourtant, le modèle économique d’une marketplace conditionne directement l’architecture technique. Une plateforme qui prélève une commission de 10 % sur chaque transaction n’a pas les mêmes besoins techniques qu’une plateforme qui fonctionne par abonnement mensuel vendeur, ou par un système hybride commission + abonnement.

Il faut préciser dans le document : le ou les modèles de revenus envisagés (commission, abonnement, freemium, publicité), les règles de calcul des commissions (taux fixe, taux variable par catégorie, paliers), et le partenaire de paiement envisagé. En France, Mangopay et Lemonway sont les deux solutions les plus utilisées pour les marketplaces car elles sont agréées pour gérer les flux financiers multi-vendeurs, contrairement à Stripe qui est davantage adapté aux e-commerces mono-vendeurs.

3.3 Les fonctionnalités par module et par priorité

Nous recommandons d’organiser les fonctionnalités en trois niveaux : les fonctionnalités MVP (minimum viable product, indispensables pour le lancement), les fonctionnalités de version 2 (à développer dans les six à douze mois suivant le lancement), et les fonctionnalités futures ou optionnelles. Cette organisation permet à l’agence de chiffrer séparément chaque périmètre et de vous proposer une feuille de route cohérente.

3.4 Les exigences UX/UI et d’accessibilité

Si vous avez des références visuelles (des marketplaces dont vous aimez le design ou l’ergonomie), mentionnez-les. Si vous avez déjà une charte graphique existante, précisez comment elle doit être intégrée. Si vous ciblez des utilisateurs en situation de handicap, les exigences d’accessibilité RGAA doivent être mentionnées explicitement, car elles ont un impact sur le temps de développement.

3.5 Les contraintes réglementaires et juridiques

Une marketplace est soumise à des obligations réglementaires spécifiques que la plupart des porteurs de projet découvrent trop tard. La directive DAC7, entrée en vigueur en 2023, oblige les opérateurs de marketplace à collecter et transmettre aux administrations fiscales des données sur leurs vendeurs. Le RGPD impose des règles strictes sur la collecte et le traitement des données personnelles. Les conditions générales d’utilisation doivent distinguer les droits et obligations des acheteurs, des vendeurs et de l’opérateur de la plateforme.

Ces contraintes doivent être mentionnées dans le cahier des charges pour que l’agence intègre les développements nécessaires dès le départ (formulaires de consentement, outils d’export de données fiscales, politique de confidentialité dynamique, etc.).

4. Les modèles disponibles et comment les utiliser

Face à la complexité de l’exercice, de nombreux porteurs de projet cherchent des modèles de cahier des charges prêts à l’emploi. C’est une bonne démarche, à condition de comprendre les limites d’un modèle générique et de savoir comment l’adapter à son contexte spécifique.

4.1 Les modèles génériques en ligne

Il existe plusieurs sources de modèles de cahier des charges pour marketplace : des plateformes comme La Fabrique du Net en proposent, des agences publient parfois les leurs à des fins de génération de leads, et des communautés professionnelles comme Bpifrance ou CCI France mettent à disposition des trames documentaires. La qualité de ces modèles est très variable. Les meilleurs sont ceux qui distinguent clairement les différentes sections, qui incluent des exemples de formulation, et qui couvrent les spécificités des marketplaces (et pas seulement des e-commerces classiques).

4.2 Comment adapter un modèle à son projet

Un modèle de cahier des charges est un point de départ, pas une fin en soi. Il faut le considérer comme une checklist structurante qui vous assure de ne pas oublier de sections importantes. Mais chaque section doit être remplie avec vos données réelles : votre contexte, vos objectifs, vos contraintes, vos utilisateurs cibles.

L’erreur classique que nous observons consiste à remplir un modèle avec des formulations vagues du type « le système doit être performant » ou « l’interface doit être intuitive ». Ces formulations ne sont pas actionnables pour une agence. Remplacez-les par des exigences mesurables : « les pages doivent se charger en moins de deux secondes pour 95 % des utilisateurs » ou « le processus d’inscription vendeur doit être réalisable en moins de dix minutes sans aide extérieure ».

4.3 Les formats recommandés

Le format Word ou Google Docs est généralement le plus pratique pour un cahier des charges : il permet à plusieurs personnes de collaborer, d’annoter, et de faire évoluer le document au fil des échanges avec l’agence. Le format PDF est adapté pour la version finale envoyée en consultation. Certains porteurs de projet utilisent également Notion ou Confluence pour des cahiers des charges vivants, mis à jour tout au long du projet. Ce choix est pertinent si l’agence travaille de la même façon et si les deux parties s’accordent sur cet outil de collaboration.

Quel que soit le format choisi, nous recommandons de versionner le document (v1.0, v1.1, v2.0) et d’inclure un historique des modifications. En cas de désaccord en cours de projet, ce versionnement est une protection précieuse pour les deux parties.

5. Retour d’expérience avec une agence partenaire

Pour illustrer concrètement l’impact d’un cahier des charges bien rédigé, voici un cas représentatif de ce que nous observons régulièrement à La Fabrique du Net.

Une entreprise francilienne spécialisée dans la distribution de matériaux de construction souhaitait créer une marketplace BtoB permettant à des artisans et PME du bâtiment de commander auprès de plusieurs fournisseurs en un seul point de contact. Le porteur de projet avait une idée claire de son marché, mais aucune expérience du digital et aucun document structuré au moment de nous contacter.

Nous l’avons mis en relation avec une agence partenaire de La Fabrique du Net spécialisée en e-commerce BtoB et en développement marketplace. La première étape de la collaboration a été de passer deux semaines à co-construire le cahier des charges, avec des ateliers de cadrage fonctionnel. Ce travail préparatoire a permis d’identifier des besoins que le porteur de projet n’avait pas anticipés : la gestion de comptes multi-utilisateurs par entreprise cliente, des règles de tarification spécifiques par segment d’acheteur, et une intégration avec le logiciel ERP des fournisseurs partenaires.

Le projet a été développé sur une solution hybride (CS-Cart Multi-Vendor pour le front marketplace + développements spécifiques pour l’ERP) pour un budget total de 95 000 euros, avec un délai de neuf mois entre le démarrage du cahier des charges et la mise en production. Dix-huit mois après le lancement, la plateforme comptait 47 fournisseurs actifs et traitait en moyenne 380 000 euros de transactions mensuelles. Le retour sur investissement a été atteint à vingt-deux mois, ce qui correspond aux fourchettes que nous observons habituellement pour ce type de projet BtoB.

Ce cas illustre un point essentiel : le cahier des charges n’est pas une formalité administrative. C’est un investissement en temps qui se traduit directement en économies sur le développement et en pertinence accrue de la solution finale.

6. Les erreurs les plus fréquentes dans la rédaction d’un cahier des charges marketplace

Après avoir analysé des dizaines de cahiers des charges soumis à nos agences partenaires, nous avons identifié des patterns d’erreurs récurrents. Ces erreurs ont des conséquences concrètes sur le budget, les délais et la qualité du livrable final.

6.1 Confondre fonctionnalité et besoin métier

C’est l’erreur la plus fréquente. Un porteur de projet écrit « je veux un système de messagerie interne entre acheteurs et vendeurs » sans expliquer pourquoi ce besoin existe et quelles règles de gestion lui sont associées. Est-ce pour permettre la négociation de prix ? Pour coordonner une livraison ? Pour gérer un litige après-vente ? Chacune de ces réponses implique des développements différents. Un bon cahier des charges part toujours du besoin métier avant de décrire la fonctionnalité.

6.2 Sous-estimer la complexité du système de paiement

Le paiement est la brique la plus complexe d’une marketplace, et la plus sous-documentée dans les cahiers des charges que nous analysons. Il ne suffit pas d’écrire « intégration d’un système de paiement sécurisé ». Il faut préciser : quel prestataire (Mangopay, Lemonway, autre), comment les fonds sont-ils séquestrés avant livraison, à quel moment sont-ils reversés aux vendeurs, comment les commissions sont-elles prélevées, comment gère-t-on les remboursements partiels ou totaux, et comment la plateforme se conformera-t-elle aux obligations KYC (Know Your Customer) imposées par les prestataires de paiement agréés ? Un cahier des charges qui ne répond pas à ces questions oblige l’agence à faire des hypothèses, ce qui génère inévitablement des allers-retours coûteux.

6.3 Omettre les cas d’usage négatifs

La majorité des cahiers des charges décrivent les parcours « happy path » : tout se passe bien, l’utilisateur suit le chemin idéal. Mais une marketplace doit gérer des dizaines de situations d’exception : un vendeur qui ne répond pas à une commande, un acheteur qui conteste une livraison, un paiement refusé en cours de tunnel, un vendeur dont le compte est suspendu alors qu’il a des commandes en cours. Ces cas d’usage négatifs doivent être documentés car ils représentent souvent 30 à 40 % du travail de développement total.

6.4 Négliger la scalabilité

Beaucoup de porteurs de projet rédigent leur cahier des charges en pensant à leur situation actuelle, sans anticiper la croissance. Une marketplace lancée avec dix vendeurs et cent produits peut rapidement atteindre mille vendeurs et cent mille références si le modèle fonctionne. Si l’architecture technique n’a pas été pensée pour absorber cette montée en charge, il faudra refondre la plateforme en cours d’exploitation, ce qui est extrêmement coûteux. Il est donc important d’inclure dans le cahier des charges des objectifs de scalabilité : nombre d’utilisateurs simultanés cibles à deux ans, volume de transactions attendu, nombre de références produits à moyen terme.

6.5 Rédiger le cahier des charges sans impliquer les futurs utilisateurs

Une tendance que nous observons clairement est la rédaction solitaire du cahier des charges, uniquement par le porteur de projet ou le directeur informatique, sans consultation des futurs utilisateurs. Or, les vendeurs qui utiliseront le dashboard quotidiennement ont des besoins très concrets que seul un entretien avec eux permettra de faire remonter. Impliquer quelques vendeurs pilotes et quelques acheteurs représentatifs dans la phase de cadrage améliore considérablement la pertinence du document.

7. Comment bien choisir son agence pour développer sa marketplace

Une fois le cahier des charges finalisé, l’étape suivante est de trouver l’agence capable de le réaliser. C’est précisément l’expertise de La Fabrique du Net : nous mettons en relation des porteurs de projet avec des agences spécialisées, ce qui nous permet d’avoir une vision très précise de ce qui distingue une bonne agence marketplace d’une agence généraliste qui survend ses compétences.

7.1 Les questions essentielles à poser lors des consultations

  • Combien de marketplaces avez-vous développées ces trois dernières années, et dans quels secteurs ?
  • Quelle solution technique recommandez-vous pour mon projet, et pourquoi (vs les alternatives) ?
  • Comment gérez-vous la conformité réglementaire, notamment DAC7 et RGPD ?
  • Avec quels prestataires de paiement avez-vous déjà intégré, et pouvez-vous me mettre en contact avec des références ?
  • Comment sont gérées les modifications de périmètre en cours de projet ?
  • Quelle est votre politique de maintenance et de support post-lancement ?

7.2 Les signaux d’alerte à surveiller

Plusieurs comportements doivent alerter lors des échanges avec une agence. Une agence qui chiffre rapidement votre projet sans poser de questions approfondies sur votre modèle économique et vos cas d’usage n’a pas la maturité nécessaire pour un projet marketplace. De même, une agence qui propose systématiquement la même solution technique quel que soit le projet (par exemple « on fait tout sur WordPress WooCommerce ») devrait vous interroger : WordPress n’est pas une solution adaptée pour la majorité des marketplaces multi-vendeurs à volume significatif.

Méfiez-vous également des agences qui n’évoquent jamais les contraintes réglementaires spécifiques aux marketplaces, ou qui ne mentionnent pas la nécessité d’un prestataire de paiement agréé. Ces omissions révèlent un manque d’expérience sur ce type de projet. Enfin, un devis sans poste de travail de maintenance et de support post-lancement est un signal d’alerte : une marketplace nécessite un suivi continu après sa mise en ligne.

7.3 Les indicateurs de qualité mesurables

Une agence sérieuse doit être capable de vous présenter des références vérifiables, d’expliquer clairement les technologies qu’elle utilise et pourquoi, et de vous proposer une méthodologie de projet structurée (phases, livrables, jalons de validation). Elle doit également avoir une expérience documentée avec les prestataires de paiement marketplace (Mangopay, Lemonway) et une connaissance des contraintes réglementaires sectorielles. Un portfolio qui inclut au moins deux ou trois marketplaces en production depuis plus d’un an est un gage de maturité.

8. Tendances et évolutions du marché des marketplaces

Le marché des marketplaces en France connaît une dynamique soutenue. D’après les demandes que nous recevons chez La Fabrique du Net, le nombre de projets marketplace a progressé de façon notable ces trois dernières années, avec une diversification sectorielle importante : on ne parle plus uniquement de marketplace de produits de consommation, mais de marketplaces de services professionnels, de marchés de seconde main, de plateformes de mise en relation BtoB dans des secteurs très spécifiques (industrie, agroalimentaire, services à la personne, immobilier).

8.1 La montée en puissance des solutions SaaS spécialisées

La frontière entre développement sur mesure et solutions SaaS s’est considérablement estompée. Des solutions comme Mirakl, CS-Cart Multi-Vendor, Sharetribe, ou Kreezalid permettent aujourd’hui de lancer des marketplaces fonctionnelles avec des budgets bien plus accessibles qu’il y a cinq ans. Mirakl, qui s’est longtemps positionné sur les grandes entreprises, commence à proposer des offres pour les PME ambitieuses. Sharetribe s’est imposé comme une référence pour les marketplaces de services grâce à sa flexibilité et son modèle d’abonnement accessible.

Cette évolution a un impact direct sur la rédaction des cahiers des charges : il est désormais important de préciser si vous êtes ouvert à une solution SaaS, si vous préférez une solution open source déployée sur vos serveurs, ou si vous souhaitez un développement entièrement sur mesure. Chacune de ces orientations a des implications sur la maintenabilité, les coûts récurrents et les possibilités de personnalisation.

8.2 L’intelligence artificielle dans les marketplaces

Une tendance que nous observons clairement dans les nouvelles demandes que nous recevons est l’intégration de fonctionnalités d’intelligence artificielle dans les projets marketplace. Moteur de recommandation produits, détection automatique de fraude, chatbot de support client, analyse de sentiment sur les avis, catégorisation automatique des produits : ces fonctionnalités, qui étaient réservées aux très grandes plateformes il y a encore deux ans, sont désormais accessibles via des API tierces (OpenAI, Google Vertex AI, AWS Bedrock) à des coûts compatibles avec des budgets de PME.

Il est pertinent d’inclure dans votre cahier des charges une section dédiée aux fonctionnalités d’intelligence artificielle envisagées, même si leur mise en œuvre est planifiée pour une version ultérieure. Cela permet à l’agence d’anticiper les choix architecturaux qui faciliteront ces intégrations futures.

8.3 L’évolution des exigences réglementaires

La réglementation européenne autour des marketplaces est en pleine évolution. Le règlement sur les marchés numériques (DMA) et le règlement sur les services numériques (DSA) imposent de nouvelles obligations aux opérateurs de marketplace, notamment en matière de transparence algorithmique, de gestion des contenus illicites, et de traitement des données des vendeurs professionnels. Ces évolutions réglementaires doivent être intégrées dans les réflexions documentaires dès la phase de rédaction du cahier des charges, en particulier pour les plateformes qui anticipent une croissance significative.

9. Ressource prête à l’emploi : trame de cahier des charges pour une marketplace

Voici une trame structurée que vous pouvez utiliser directement comme base pour votre cahier des charges. Ce tableau récapitule les sections principales, leur contenu attendu, et les questions clés à renseigner pour chaque partie.

Section Contenu attendu Questions à renseigner Niveau de priorité
Présentation du projet Contexte de l’entreprise, genèse du projet, marché cible Qui sommes-nous ? Quel problème résolvons-nous ? Qui sont nos utilisateurs cibles ? Indispensable
Objectifs business KPIs attendus, objectifs à 6, 12 et 36 mois Quel volume de transactions visons-nous ? Combien de vendeurs à 12 mois ? Quel panier moyen cible ? Indispensable
Modèle économique Source de revenus, taux de commission, modèle d’abonnement Comment la plateforme génère-t-elle des revenus ? Comment les commissions sont-elles calculées ? Indispensable
Utilisateurs et rôles Description de chaque profil utilisateur et de ses droits Quels sont les rôles (acheteur, vendeur, admin) ? Quels droits par rôle ? Gestion multi-utilisateurs par compte ? Indispensable
Parcours utilisateurs Description étape par étape des parcours principaux et des cas d’exception Quel est le parcours d’inscription vendeur ? Le tunnel d’achat ? La gestion d’un litige ? Indispensable
Fonctionnalités MVP Liste des fonctionnalités indispensables au lancement Quelles fonctionnalités sont bloquantes pour le lancement ? Lesquelles peuvent attendre la V2 ? Indispensable
Fonctionnalités V2 Liste des fonctionnalités à développer dans les 12 mois suivant le lancement Quelles évolutions sont prioritaires après le lancement ? Sur quel délai ? Important
Système de paiement Prestataire envisagé, règles de séquestre, reversement, remboursement Mangopay ou Lemonway ? Délai de reversement aux vendeurs ? Gestion des remboursements partiels ? Indispensable
Exigences techniques Hébergement, performance, compatibilité, sécurité Cloud ou dédié ? Temps de chargement cible ? Compatible mobile ? Niveau de sécurité requis ? Indispensable
Intégrations tierces CRM, ERP, logistique, emailing, analytics Quels outils existants doit-on connecter ? Via API ? En temps réel ou en batch ? Important
Exigences UX/UI Charte graphique, références visuelles, exigences d’accessibilité Avez-vous une charte existante ? Des références à partager ? Exigences RGAA ? Important
Contraintes réglementaires RGPD, DAC7, DSA, CGU, mentions légales Avez-vous identifié les obligations DAC7 ? Comment gérez-vous les données personnelles ? CGU à rédiger ? Indispensable
Cadre projet Budget, délai, interlocuteur, gouvernance des modifications Quel est votre budget indicatif ? Votre deadline ? Qui est le chef de projet côté client ? Indispensable
Critères de recette Conditions d’acceptation de la livraison, tests attendus Comment validez-vous que chaque fonctionnalité est conforme ? Qui réalise les tests utilisateurs ? Important

Cette trame est volontairement complète pour vous servir de guide exhaustif. Dans la pratique, certaines sections peuvent être développées en plusieurs pages pour des projets complexes, tandis que d’autres seront plus succinctes pour des projets plus simples. L’essentiel est de ne laisser aucune section vide : si vous ne connaissez pas encore la réponse à une question, indiquez-le explicitement dans le document. L’agence pourra vous aider à y répondre lors des ateliers de cadrage.

10. FAQ : les questions que vous vous posez sur le cahier des charges marketplace

Qu’est-ce qu’un cahier des charges et pourquoi est-il essentiel pour une marketplace ?

Un cahier des charges est un document qui décrit l’ensemble des besoins, contraintes et exigences d’un projet. Pour une marketplace, il est essentiel pour plusieurs raisons. D’abord, il permet d’aligner toutes les parties prenantes sur une vision commune avant de commencer le développement. Ensuite, il sert de référence contractuelle en cas de désaccord entre le client et l’agence sur le périmètre des travaux. Enfin, il permet à l’agence de produire un devis précis et réaliste plutôt qu’une estimation approximative qui sera revue à la hausse en cours de projet.

Dans notre expérience chez La Fabrique du Net, les projets marketplace sans cahier des charges sérieux dépassent leur budget initial de 30 à 60 % en moyenne. Ceux qui démarrent avec un cahier des charges complet restent dans une fourchette de plus ou moins 15 % du budget initial. La différence est considérable sur des projets qui démarrent à 50 000 ou 100 000 euros.

Quel format choisir pour le cahier des charges : PDF, Word, ou autre ?

Le format dépend de l’usage. Pour la phase de rédaction et de collaboration, Google Docs ou Microsoft Word sont idéaux : ils permettent les commentaires, les modifications tracées et le partage en temps réel. Pour l’envoi en consultation aux agences, le format PDF est préférable : il garantit que le document sera lu dans sa version finale, sans risque de modifications accidentelles.

Pour les projets agiles ou itératifs, des outils comme Notion, Confluence ou Coda permettent de maintenir un cahier des charges vivant, mis à jour au fil des sprints. C’est une approche pertinente si l’agence travaille en méthode agile et si vous êtes à l’aise avec ces outils. Dans tous les cas, quelle que soit la solution choisie, nous recommandons de versionner le document et de conserver un historique des modifications pour disposer d’une trace en cas de litige.

Quelles erreurs éviter lors de la rédaction d’un cahier des charges marketplace ?

Les erreurs les plus fréquentes que nous observons sont : rédiger des fonctionnalités sans expliquer le besoin métier sous-jacent, négliger les cas d’usage négatifs et les situations d’exception, sous-documenter le système de paiement et de commissionnement, omettre les contraintes réglementaires spécifiques aux marketplaces (DAC7, RGPD, DSA), et ne pas définir de critères de recette clairs. Une autre erreur fréquente consiste à rédiger le document sans impliquer les futurs utilisateurs, ce qui conduit à des fonctionnalités inadaptées aux besoins réels du terrain.

Comment adapter un cahier des charges générique à mon projet spécifique ?

Un modèle générique est un excellent point de départ, mais il ne suffit pas. Pour l’adapter à votre projet, commencez par compléter chaque section avec vos données réelles : votre contexte, vos objectifs chiffrés, votre modèle économique précis. Remplacez toutes les formulations vagues par des exigences mesurables. Ajoutez les sections spécifiques à votre secteur : si vous créez une marketplace de services à la personne, ajoutez une section sur la gestion des agréments et certifications des prestataires. Si vous créez une marketplace BtoB dans l’industrie, ajoutez une section sur la gestion des catalogues techniques et des devis sur mesure.

Si vous avez des doutes sur la complétude de votre document, soumettez-le à deux ou trois agences pour un premier retour informel avant de lancer la consultation officielle. Les questions qu’elles poseront vous indiqueront précisément les sections à approfondir.

Conclusion

Un cahier des charges pour une marketplace n’est pas une contrainte administrative : c’est l’investissement le plus rentable que vous puissiez réaliser avant de lancer le développement. Il structure votre pensée, aligne vos équipes, protège votre budget, et permet à l’agence de vous proposer la solution la plus adaptée à votre réalité.

Les points clés à retenir sont simples. Prenez le temps nécessaire pour rédiger un document complet : deux à quatre semaines de travail sur le cahier des charges peuvent vous faire économiser des mois de développement et des dizaines de milliers d’euros. Partez toujours du besoin métier avant de décrire les fonctionnalités. Ne négligez pas les aspects réglementaires, particulièrement critiques pour les marketplaces. Impliquez vos futurs utilisateurs dans la phase de cadrage. Et versionez votre document tout au long du projet.

Si vous vous sentez dépassé par l’ampleur de l’exercice, ou si vous voulez vous assurer que votre cahier des charges est à la hauteur de votre projet, chez La Fabrique du Net nous pouvons vous accompagner. Notre plateforme vous met en relation avec des agences spécialisées dans la création de marketplaces, sélectionnées sur la base de leur expertise réelle et de leurs références vérifiables. Vous bénéficiez également de notre expertise terrain pour affiner votre document et maximiser vos chances d’obtenir des offres précises, comparables et adaptées à vos ambitions.

Un projet marketplace réussi commence toujours par un bon cahier des charges. C’est la règle numéro un que nous observons, sans exception, sur l’ensemble des projets que nous accompagnons.

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