SGBD : définition et comparatif des systèmes de gestion de base de données
Un SGBD, ou système de gestion de base de données, est le logiciel qui enregistre les données d'une application, les protège et répond aux requêtes qui les lisent ou les modifient. PostgreSQL, MySQL, Oracle Database et SQLite en sont des exemples. Cette page explique d'abord ce qu'est un SGBD et comment il fonctionne, puis compare huit SGBD employés en entreprise : licence exacte, édition gratuite, tarifs publiés par chaque éditeur, relevés en novembre 2026, usages pour lesquels chacun a été conçu.
Un SGBD se manie avec des compétences techniques : il s'adresse aux développeurs, aux administrateurs et aux prestataires qui construisent ou exploitent une application. Pour une équipe métier qui veut une base sans écrire de requêtes, mieux vaut regarder les solutions de base de données no-code, qui se construisent à la souris ; pour lancer une application sans administrer de serveur, les plateformes de backend as a service livrent un SGBD déjà géré, avec la gestion des utilisateurs et des API. Le guide du logiciel de base de données compare ces familles entre elles.
Qu'est-ce qu'un SGBD ?
Une base de données est un ensemble d'informations organisées : des clients, des commandes, des relevés de capteurs, des articles en stock. Le SGBD est le programme qui les gère. Il range les données sur disque ou en mémoire, fait respecter la structure prévue (tables, colonnes, types, clés), décide qui peut lire ou écrire, et exécute les demandes que lui adressent les applications. La base, ce sont les données ; le SGBD, c'est le moteur qui les fait vivre.
Le sigle français correspond à l'anglais DBMS, pour database management system. On parle de SGBDR, ou RDBMS, quand le système est relationnel, c'est-à-dire organisé en tables reliées entre elles et interrogé en SQL. PostgreSQL se définit ainsi comme un système de base de données relationnel-objet, et Oracle range MySQL parmi les systèmes de gestion de base de données relationnels.
À quoi sert un SGBD dans une entreprise
Presque chaque logiciel métier repose sur un SGBD, même quand personne ne le voit : l'ERP, la boutique en ligne, l'outil de facturation, l'application mobile, le CRM. Le moteur y tient quatre rôles.
Garder des données cohérentes : une commande ne peut pas désigner un client inexistant, un montant ne peut pas contenir de texte, et une contrainte d'unicité refuse deux comptes ouverts avec la même adresse e-mail.
Servir plusieurs utilisateurs à la fois : des centaines de connexions lisent et écrivent simultanément sans que les modifications des uns écrasent celles des autres.
Retrouver vite une information : grâce aux index, quelques lignes sortent d'une table de plusieurs millions sans qu'il faille la parcourir en entier.
Protéger les données : droits par utilisateur, journal des écritures, sauvegardes, et copie en continu vers un second serveur qui prend le relais en cas de panne.
Comment fonctionne un SGBD : requêtes SQL, index et transactions
L'application ne touche jamais aux fichiers de la base. Elle envoie une requête au SGBD, le plus souvent en SQL, par exemple pour obtenir les factures impayées d'un client. Le moteur analyse la demande, choisit le chemin le plus rapide (lire un index plutôt que toute la table, ordre dans lequel joindre deux tables), exécute ce plan et renvoie le résultat.
SQL, pour Structured Query Language, est le langage qui sert à lire, ajouter, modifier et supprimer des données dans une base relationnelle. Il fait l'objet d'une norme, mais aucun moteur ne l'applique en entier : PostgreSQL indique respecter au moins 170 des 177 fonctions obligatoires du socle de la norme SQL:2023, et précise qu'aucune base relationnelle n'atteint une conformité totale. Une requête simple passe d'un SGBD à l'autre sans retouche ; une application qui exploite les fonctions propres à un moteur demandera des adaptations le jour d'une migration.
Les écritures passent par des transactions. Un virement débite un compte et en crédite un autre : les deux opérations réussissent ensemble ou sont annulées ensemble. C'est le sens des propriétés ACID, pour atomicité, cohérence, isolation et durabilité, qui garantissent qu'une transaction validée reste acquise, même après une coupure de courant. Pour y parvenir, les moteurs relationnels consignent chaque modification dans un journal avant de l'appliquer, ce que PostgreSQL appelle le write-ahead logging.
Relationnel, documents, clé-valeur : les grandes familles de SGBD
| Famille | Principe | Dans ce comparatif | Usage type |
|---|---|---|---|
| Relationnel client-serveur | Tables reliées par des clés, langage SQL, transactions ACID, un serveur auquel se connectent les applications | PostgreSQL, MySQL, MariaDB, Microsoft SQL Server, Oracle Database | Applications de gestion, sites, ERP, données financières |
| Relationnel embarqué | Le moteur est une bibliothèque intégrée au programme, la base tient dans un fichier | SQLite | Applications mobiles et de bureau, objets connectés |
| Documents | Chaque enregistrement est un document proche du JSON, dont les champs varient librement entre documents | MongoDB | Catalogues, contenus, applications dont le modèle change souvent |
| Clé-valeur en mémoire | Les données restent en mémoire vive, lues et écrites en moins d'une milliseconde | Redis | Cache, sessions, files de messages, classements |
Les frontières se brouillent. PostgreSQL gère des documents JSON à côté de ses tables, Oracle Database présente le JSON et le relationnel comme deux vues synchronisées des mêmes données, et Redis se décrit aussi comme une base documentaire et vectorielle. Les bases orientées graphes ou colonnes larges répondent à des besoins plus spécialisés et ne sont pas détaillées ici.
Base de données, SGBD, SQL : trois notions à ne pas confondre
La base de données : les informations elles-mêmes, rangées selon une structure.
Le SGBD : le logiciel qui stocke la base, en contrôle l'accès et exécute les requêtes. MySQL, PostgreSQL et Microsoft SQL Server sont des SGBD.
SQL : le langage dans lequel s'écrivent ces requêtes. MySQL lui doit une partie de son nom, mais le langage existe indépendamment de lui et sert dans tous les SGBD relationnels.
L'outil d'administration : le client graphique ou en ligne de commande qui se connecte au SGBD pour créer des tables ou lancer des requêtes, comme psql pour PostgreSQL. Il ne stocke rien lui-même.
Les SGBD relationnels open source
Ces trois moteurs se téléchargent et s'utilisent en production sans payer de licence. Le budget porte sur le serveur, l'administration et, si besoin, un contrat de support.
PostgreSQL
PostgreSQL est un système de base de données relationnel-objet open source, développé par une communauté, le PostgreSQL Global Development Group, plutôt que par un éditeur unique. Sa licence, de la même famille que BSD ou MIT, permet de l'utiliser, de le modifier et de le redistribuer pour tout usage sans redevance, et le groupe affirme n'avoir aucun projet de la changer.
Sa force tient à l'extensibilité : types de données et fonctions sur mesure, procédures écrites en PL/pgSQL, Python ou Perl, extensions comme PostGIS pour la cartographie, et foreign data wrappers, des connecteurs qui interrogent d'autres bases en SQL standard. Il gère la réplication synchrone, asynchrone ou logique et la récupération à un point précis dans le temps (PITR). Supabase et Xano, deux backends as a service, sont bâtis sur lui.
Une version majeure sort environ une fois par an et reçoit des correctifs pendant cinq ans. Au moment du relevé, la version stable est la 18.6, la 19 est en phase de test, et la 14 cesse d'être corrigée le 12 novembre 2026.
MySQL
MySQL, développé aujourd'hui par Oracle, est un SGBD relationnel réputé, selon son éditeur, simple à installer et à prendre en main. Oracle met en avant sa réplication native, qui répartit la charge sur plusieurs serveurs, ses transactions ACID et sa capacité à tenir un grand nombre de connexions simultanées. Les sites marchands, les CMS et les réseaux sociaux figurent parmi ses usages cités par l'éditeur, qui nomme Facebook, Netflix ou Booking.com parmi ses utilisateurs. Le type JSON et, plus récemment, les vecteurs complètent les tables classiques.
L'édition Community est publiée sous GPLv2 : elle se télécharge et s'utilise sans frais, et Oracle vend une licence commerciale aux entreprises qui veulent intégrer le code de MySQL dans un produit sans se plier à la GPL. Le service géré MySQL HeatWave, construit sur MySQL Enterprise Edition, fonctionne sur Oracle Cloud, AWS ou Microsoft Azure, et un niveau gratuit permet de l'essayer. Son accélérateur en mémoire sert à analyser les données transactionnelles sans les recopier dans une base d'analyse séparée.
MariaDB
MariaDB Server a été créé par les développeurs à l'origine de MySQL, et pensé dès le départ comme un remplaçant direct et amélioré de celui-ci. La MariaDB Foundation, organisation à but non lucratif, garantit qu'il restera un logiciel libre sous GPLv2, indépendamment de toute entreprise. Wikipédia, WordPress.com et Google figurent parmi les utilisateurs qu'elle cite.
La mise à niveau des fichiers est assurée depuis toutes les anciennes versions de MariaDB, y compris depuis les versions de MySQL antérieures à la 8.0. Chaque année sort une version à support long : la 12.3, publiée le 28 mai 2026, est maintenue par la communauté jusqu'au 12 juin 2029, et la 11.8 l'est jusqu'au 4 juin 2028, puis jusqu'au 22 octobre 2030 dans l'offre Enterprise.
La société MariaDB, principal contributeur du code, vend la MariaDB Enterprise Platform en trois niveaux sur devis, et un service géré, MariaDB Cloud : le niveau Foundation est gratuit, les niveaux Power et PowerPlus démarrent à 0,16 $ et 0,21 $ de l'heure.
Les SGBD propriétaires des grands éditeurs
Ces deux moteurs relationnels se paient en licence pour la production, mais chacun propose une édition gratuite plafonnée, utile pour développer, se former ou faire tourner une petite application.
Microsoft SQL Server
SQL Server est le SGBD relationnel de Microsoft. Il fonctionne sous Windows, sous Linux (Red Hat Enterprise Linux, Ubuntu) et en conteneur Docker, et s'intègre à l'écosystème de l'éditeur : authentification par Microsoft Entra, reprise après sinistre vers Azure SQL, mise en miroir des données vers Microsoft Fabric. La dernière version ajoute la recherche sémantique, l'incorporation vectorielle, un type JSON natif et les expressions régulières dans les requêtes.
Quatre éditions s'adressent aux entreprises, et une cinquième, Web, est réservée aux hébergeurs. Enterprise vise les applications critiques ; Standard, limitée à 32 cœurs et 256 Go de mémoire tampon par instance, les applications de taille intermédiaire. Developer, gratuite, donne accès à toutes les fonctions, mais uniquement hors production. Express, gratuite aussi, plafonne chaque base à 50 Go et n'utilise que 4 cœurs et 1 410 Mo de mémoire.
Microsoft publie pour la version 2022 des prix de détail estimés, en dollars : 15 123 $ le pack de deux cœurs en Enterprise, 3 945 $ le pack de deux cœurs en Standard, ou 989 $ par serveur plus 230 $ par licence d'accès client, une licence étant exigée pour chaque utilisateur ou appareil qui se connecte. Pour vingt utilisateurs, le second modèle revient ainsi à 5 589 $. Une facturation à l'usage via Azure Arc existe aussi, à partir de 73 $ par cœur et par mois en Standard.
Oracle Database
Oracle Database, que l'éditeur a renommé Oracle AI Database avec sa version 26ai, réunit dans un seul moteur le relationnel, le JSON, les graphes, les données spatiales et la recherche vectorielle. Oracle présente les documents JSON et les tables comme deux vues synchronisées des mêmes données, annonce une compatibilité complète avec l'API de MongoDB, et met en avant son usage par les banques, les opérateurs télécoms et les services publics pour leurs applications les plus critiques. Le moteur s'exécute sur site, en mode hybride ou chez les principaux clouds, et existe en service géré sous le nom d'Autonomous AI Database.
L'édition Free se télécharge sans frais pour Linux, Windows ou, par une image Docker, pour Mac, et accepte jusqu'à 2 processeurs, 2 Go de mémoire et 12 Go de données. Elle ne reçoit en revanche aucun correctif, pas même de sécurité, et ne donne pas accès au support : Oracle recommande de faire tourner la production sur une édition prise en charge, Enterprise Edition ou Standard Edition 2, toutes deux payantes.
Embarqué, documents, mémoire : trois moteurs à part
Ces trois SGBD ne se comparent pas directement aux précédents : chacun répond à un usage précis, souvent en complément d'un moteur relationnel.
SQLite
SQLite n'est pas un serveur : c'est une bibliothèque intégrée à l'application, qui lit et écrit directement dans un fichier ordinaire. Toute la base, tables, index, déclencheurs et vues compris, tient dans ce fichier unique, copiable d'une machine à l'autre quel que soit le système. Il n'y a rien à installer ni à administrer, et la bibliothèque complète pèse moins de 900 Kio. Ses auteurs le donnent pour le moteur de base de données le plus déployé au monde : il est présent dans chaque appareil Android, chaque iPhone et les navigateurs Firefox, Chrome et Safari.
Son code est dans le domaine public : chacun peut le copier, le modifier ou le vendre, sans licence. Pour les entreprises dont le service juridique exige un contrat, Hwaci, la société qui emploie ses développeurs, vend une garantie de titre à 6 000 $ en une fois, une extension de chiffrement à 2 000 $ et un abonnement de maintenance à 1 500 $ par an.
Ses limites sont écrites par ses auteurs : un nombre illimité de lecteurs, mais un seul écrivain à la fois, une base partagée par de nombreux postes à travers le réseau à éviter, et une taille plafonnée à 281 To. Il convient en revanche à la plupart des sites à trafic faible ou moyen, que ses auteurs situent sous 100 000 requêtes par jour.
MongoDB
MongoDB enregistre chaque objet sous forme de document au format proche du JSON, regroupé avec ses semblables dans une collection, plutôt qu'en lignes et en colonnes. Deux documents d'une même collection peuvent porter des champs différents, et la structure évolue au fil du projet, ce qui épouse la façon dont le code manipule ses objets. La version la plus récente est la 9.0.
Sa licence demande de l'attention. Les versions publiées depuis le 16 octobre 2018 relèvent de la Server Side Public License, une licence créée par MongoDB, qui qualifie lui-même son édition Community de version au code source disponible. La clause 13 de cette licence impose, à qui rend MongoDB accessible à des tiers sous forme de service, de publier le code de tout ce qui sert à fournir ce service, outils de gestion, de surveillance et de sauvegarde compris. L'édition Community reste gratuite à installer, et Enterprise Advanced ajoute une licence commerciale, des outils d'exploitation et un support joignable 24 h sur 24.
Le service géré MongoDB Atlas commence par une offre gratuite de 512 Mo, continue avec Flex, facturé à l'heure et plafonné à 30 $ par mois, puis avec des clusters dédiés de 10 Go à 4 To, à partir de 56,94 $ par mois.
Redis
Redis garde ses données en mémoire vive, ce qui lui permet de lire et d'écrire en moins d'une milliseconde, et les recopie sur disque de deux façons au choix : des instantanés pris à intervalles réguliers, dits RDB, ou un journal de toutes les écritures, dit AOF. Contrepartie annoncée par sa documentation : le volume de données ne peut pas dépasser la mémoire disponible.
Il sert surtout de cache devant un SGBD relationnel, de stockage des sessions, de file de messages ou de base vectorielle pour l'IA. Ses structures de données vont des chaînes et des listes aux ensembles triés, au JSON et aux vecteurs, soit 18 structures dans la version 8.8, la plus récente au moment du relevé.
Depuis Redis 8, Redis Open Source s'utilise au choix sous l'une de trois licences : RSALv2 ou SSPLv1, que Redis Ltd ne présente pas comme des licences open source, ou AGPLv3, licence open source approuvée par l'OSI. Redis Cloud propose une base gratuite de 30 Mo, une offre Essentials à partir de 5 $ par mois et une offre Pro avec un minimum de 200 $ par mois.
Licences et prix des huit logiciels SGBD
Montants en dollars, la seule devise publiée par ces éditeurs, lus sur leurs pages officielles en novembre 2026. Aucune de ces pages n'indique s'il s'agit de prix hors taxes.
| SGBD | Licence | Version gratuite | Offre payante, point d'entrée | Usage type |
|---|---|---|---|---|
| PostgreSQL | Licence PostgreSQL, open source de type BSD | Tout le logiciel, sans limite | Aucune licence ; hébergement et support à prévoir | Applications de gestion, données géographiques |
| MySQL | GPLv2, ou licence commerciale d'Oracle | Édition Community | Éditions commerciales et HeatWave : prix non relevé | Sites et applications web |
| MariaDB | GPLv2 | MariaDB Community Server, niveau Foundation de MariaDB Cloud | MariaDB Cloud Power dès 0,16 $ de l'heure ; Enterprise Platform sur devis | Remplacement de MySQL |
| Microsoft SQL Server | Propriétaire | Express (50 Go par base) et Developer (hors production) | Standard : 989 $ par serveur et 230 $ par utilisateur ou appareil, ou 3 945 $ par pack de deux cœurs | Systèmes d'information sous Microsoft |
| Oracle Database | Propriétaire | Oracle AI Database Free (2 processeurs, 2 Go de mémoire, 12 Go de données) | Enterprise Edition et Standard Edition 2 : prix non relevé | Applications critiques à gros volumes |
| SQLite | Domaine public | Tout le logiciel | Facultatif : maintenance à 1 500 $ par an, garantie de titre à 6 000 $ | Applications mobiles et de bureau, objets connectés |
| MongoDB | SSPL v1, code source disponible | Édition Community ; offre Free d'Atlas, 512 Mo | Atlas Flex : 30 $ par mois au plus ; cluster dédié à partir de 56,94 $ par mois | Données au format variable |
| Redis | RSALv2, SSPLv1 ou AGPLv3, au choix | Redis Open Source, Redis Cloud Free de 30 Mo | Redis Cloud Essentials dès 5 $ par mois | Cache, sessions, files de messages |
Open source, source disponible ou propriétaire : ce que dit la licence
Un SGBD gratuit n'est pas forcément open source, et deux licences open source n'imposent pas les mêmes obligations. Quatre situations se présentent parmi ces huit moteurs.
Licence permissive : la licence PostgreSQL autorise tout usage, y compris dans un logiciel vendu, sans obligation de publier son propre code. SQLite va plus loin encore, puisque son code appartient au domaine public.
Copyleft : la GPLv2 de MySQL et de MariaDB laisse utiliser le moteur librement, mais impose ses règles à qui intègre ce code dans un logiciel redistribué. Pour MySQL, Oracle vend une licence commerciale à l'éditeur qui veut l'intégrer dans une application commerciale sans ces contraintes. L'AGPLv3, l'une des trois options de Redis, a été conçue pour le code qui fonctionne à travers un réseau.
Code source disponible : la SSPL de MongoDB et le RSALv2 de Redis donnent accès au code mais encadrent sa fourniture sous forme de service géré. Redis Ltd indique lui-même que ni le RSALv2 ni la SSPLv1 ne sont des licences open source.
Propriétaire : Microsoft SQL Server et Oracle Database se paient en licence pour la production, avec des éditions gratuites aux usages plafonnés.
Pour une entreprise qui se sert d'un SGBD derrière ses propres applications, ces écarts pèsent en général peu. Ils deviennent décisifs pour un éditeur de logiciels qui embarque le moteur dans son produit ou qui revend un service hébergé : c'est à lui de faire relire la licence avant de choisir.
Serveur installé ou service géré : qui administre le SGBD
Le même moteur s'utilise de deux façons. Installé sur vos serveurs, ou sur des machines louées chez un hébergeur cloud, il ne coûte que l'infrastructure et le temps de l'équipe qui l'administre : mises à jour, sauvegardes, surveillance, réplication. En service géré, l'éditeur ou l'hébergeur prend en charge cette exploitation et facture à l'heure ou au mois.
La plupart des éditeurs ont leur offre gérée : MongoDB Atlas, Redis Cloud, MariaDB Cloud, MySQL HeatWave chez Oracle, Autonomous AI Database pour Oracle Database, et Azure SQL Managed Instance pour SQL Server. PostgreSQL, sans éditeur unique, est proposé par de nombreux hébergeurs, dont certains avec un contrat de support, et des backends as a service comme Supabase y ajoutent l'authentification et les API.
Le choix tient surtout aux compétences disponibles. Une équipe sans administrateur de bases de données gagne à confier l'exploitation à un service géré. Une entreprise soumise à des règles strictes sur la localisation des données, ou qui fait tourner de gros volumes en continu, a souvent intérêt à garder la main sur ses serveurs.
Versions, correctifs et fin de support
Un SGBD se met à jour en permanence, et chaque version a une date au-delà de laquelle plus aucun correctif de sécurité n'est publié. Ce calendrier se vérifie avant de retenir une version, puis se surveille.
PostgreSQL : une version majeure par an, corrigée pendant cinq ans, avec une version mineure au moins tous les trois mois.
MariaDB : une version à support long par an, maintenue au moins trois ans par la communauté, et souvent plus longtemps par la société MariaDB pour ses clients Enterprise.
Oracle Database : l'édition Free ne reçoit aucun correctif ; seules les éditions payantes ouvrent droit au support et aux mises à jour de sécurité.
SQLite : ses développeurs annoncent vouloir le maintenir jusqu'en 2050 en gardant la compatibilité de son format de fichier.
Une mise à jour mineure se fait en remplaçant les binaires puis en redémarrant le serveur ; une version majeure peut exiger un export suivi d'une réimportation des données, ou un outil dédié comme pg_upgrade pour PostgreSQL. Prévoyez ces montées de version dans le budget d'exploitation, au même titre que les sauvegardes.
Changer de SGBD : migration et compatibilité
Passer d'un moteur à un autre coûte d'autant plus cher que l'application exploite les spécificités du moteur d'origine : procédures stockées, types propres, fonctions SQL hors norme.
De MySQL à MariaDB : le chemin le plus court, puisque MariaDB a été conçu comme remplaçant direct, avec une mise à niveau des fichiers garantie depuis les versions de MySQL antérieures à la 8.0.
D'un moteur propriétaire vers PostgreSQL : une façon de supprimer les coûts de licence, qui oblige à réécrire les procédures stockées, rédigées dans le langage propre à l'éditeur, et à tester les requêtes une à une.
Du relationnel au document, ou l'inverse : un changement de modèle, pas seulement de moteur. Le schéma se repense, et le code d'accès aux données se réécrit.
De SQLite à un serveur : le cas d'une application de bureau qui devient un service en ligne, quand la base locale doit accepter de nombreux utilisateurs à la fois.
Les éditeurs outillent l'arrivée chez eux : MariaDB consacre des pages et un outil d'évaluation à la migration depuis MySQL, Oracle ou Amazon RDS, et MongoDB propose Relational Migrator pour passer d'une base relationnelle à ses documents. Avant de vous engager, vérifiez aussi le chemin inverse : export des données dans un format standard et volume de code propre au moteur.
Quel SGBD pour quel projet
| Votre projet | SGBD à regarder en premier |
|---|---|
| Application de gestion ou site sur mesure, sans budget de licence | PostgreSQL, MariaDB |
| Site ou CMS prévu pour MySQL | MySQL, MariaDB |
| Système d'information déjà bâti sur les outils Microsoft | Microsoft SQL Server |
| Applications critiques, gros volumes, support éditeur exigé | Oracle Database, SQL Server Enterprise |
| Application mobile, logiciel de bureau, objet connecté | SQLite |
| Catalogue ou contenu dont la structure change souvent | MongoDB, PostgreSQL avec ses colonnes JSON |
| Cache, sessions, files de messages en temps réel | Redis, en complément d'un autre SGBD |
| Prototype ou petite application à coût nul | SQLite, PostgreSQL, éditions Express ou Free |
Dans beaucoup d'architectures, deux SGBD cohabitent : un moteur relationnel garde les données de référence, et Redis sert de cache devant lui pour absorber les lectures répétées. Si personne dans l'équipe ne sait concevoir un schéma ni écrire de requêtes, un SGBD seul ne suffira pas : une base no-code ou un backend as a service apportera l'interface ou les API qui manquent.
Questions Fréquentes
C'est quoi un SGBD en informatique ?
Que signifie SQL ?
Qu'est-ce qu'un système de gestion en informatique ?
Combien existe-t-il de types de bases de données ?
Quels sont les trois types de données ?
Quel est le meilleur SGBD ?
MySQL ou PostgreSQL : lequel choisir ?
Existe-t-il un SGBD gratuit pour une entreprise ?
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