Cloud public : comparatif de 11 fournisseurs, d'AWS à OVHcloud
Le cloud public consiste à louer à un fournisseur des serveurs virtuels, du stockage, des bases de données ou des modèles d'IA, partagés entre ses clients et payés selon la consommation. Ce comparatif s'adresse aux entreprises et aux organismes publics qui choisissent ce fournisseur pour faire tourner leurs applications et garder leurs données : il réunit les trois hyperscalers américains, six opérateurs européens et deux offres qui exploitent depuis la France une technologie américaine. Pour chacun, vous trouverez la localisation des données, la qualification SecNumCloud telle qu'elle figure au catalogue de l'ANSSI, la certification HDS, les crédits d'essai, des prix publiés et le support, relevés sur les sites officiels en novembre 2026.
Pour un site de présentation, un blog ou une boutique en ligne, inutile d'assembler une infrastructure : partez plutôt du comparatif hébergement web ou de celui de l'hébergement cloud, qui comparent des formules prêtes à l'emploi pour mettre un site en ligne.
Qu'est-ce que le cloud public ?
La DINUM, direction interministérielle du numérique, définit l'informatique en nuage comme « un modèle permettant un accès pratique, à la demande, à un réseau constitué d'un ensemble mutualisé de ressources informatiques configurables ». Le cloud est dit public quand ces ressources appartiennent au fournisseur et servent à tous ses clients à la fois. Vous ouvrez un compte, choisissez une région, démarrez des machines ou des services en quelques minutes, et la facture suit ce que vous avez réellement utilisé.
Le fournisseur de cloud public, que l'on appelle aussi cloud provider, exploite pour cela des centres de données regroupés en régions. Chaque région se découpe en zones de disponibilité qui ont leur propre alimentation et leur propre refroidissement, pour qu'une panne locale n'arrête pas tout. AWS annonce 39 régions géographiques et 124 zones de disponibilité, Google Cloud 43 régions et 130 zones. Pour une entreprise française, le nombre importe moins que deux questions concrètes : existe-t-il une région en France, et quel droit s'applique à l'entreprise qui l'exploite ?
Les exemples les plus connus sont AWS, Microsoft Azure et Google Cloud. En France, OVHcloud, Scaleway, Outscale, NumSpot et Cloud Temple vendent eux aussi du cloud public, tout comme l'allemand Hetzner, tandis que S3NS et Bleu opèrent sur le sol français les technologies de Google et de Microsoft.
Public, privé, hybride ou multicloud : ce qui change pour vos données
Cloud public : une infrastructure mutualisée, ouverte à n'importe quel client, facturée à la consommation. Le choix de services y est le plus large et la mise en route la plus rapide.
Cloud privé : un environnement dédié à une organisation et à elle seule, installé dans ses propres locaux ou loué en exclusivité chez un hébergeur. Vous contrôlez davantage, mais la capacité se dimensionne et se paie d'avance. Les outils qui servent à le bâtir sont comparés dans le guide des logiciels de virtualisation.
Cloud hybride : une partie des applications reste sur cette infrastructure privée, le reste tourne chez un fournisseur public, et un réseau dédié relie les deux.
Multicloud : plusieurs fournisseurs publics utilisés en parallèle, soit pour ne dépendre d'aucun, soit pour prendre chez chacun le service qu'il fait le mieux.
Ces modèles se combinent souvent chez un même fournisseur. OVHcloud vend à la fois son Public Cloud et un Hosted Private Cloud ; Cloud Temple propose des machines virtuelles sur une infrastructure mutualisée et des serveurs Bare Metal entièrement dédiés.
IaaS, PaaS et IA : les trois étages d'un catalogue
L'ANSSI classe les services d'informatique en nuage qu'elle qualifie en quatre familles : IaaS, CaaS, PaaS et SaaS. Pour choisir un fournisseur de cloud public, trois étages comptent.
L'infrastructure (IaaS) : machines virtuelles, serveurs physiques loués à l'heure, stockage bloc et objet, réseau privé. Vous administrez le système d'exploitation et tout ce qui s'exécute dessus.
La plateforme (CaaS et PaaS) : Kubernetes managé, bases de données gérées, fonctions serverless. Le fournisseur entretient les couches basses et vous déployez vos conteneurs ou votre code. Pour une application web ou mobile, passer par un backend as a service ajoute l'authentification et les API.
L'intelligence artificielle : GPU facturés à l'usage, modèles de langage appelés par API, outils pour construire des agents. Amazon Bedrock chez AWS, Microsoft Foundry chez Azure, Gemini chez Google ; côté européen, les Generative APIs de Scaleway, les AI Endpoints d'OVHcloud, les modèles de Mistral AI qu'Outscale sert dans sa région SecNumCloud 3.2 ou le LLMaaS de Cloud Temple.
Plus vous montez d'étage, plus vous gagnez de temps, et plus un départ vers un autre fournisseur devient coûteux, car chaque cloud a ses propres services gérés. Les briques standard, comme Kubernetes, OpenStack ou une base PostgreSQL, réduisent ce verrou.
Atouts et limites face à un serveur maison
Atout, le délai : une machine, une base ou un cluster sont disponibles en quelques minutes, sans commande de matériel ni installation en salle.
Atout, le catalogue : bases gérées, GPU, modèles d'IA, files de messages, réseau de diffusion de contenu. Une équipe interne aurait du mal à réunir seule un tel éventail.
Atout, la géographie : déployer une copie de l'application dans une deuxième zone ou une deuxième région se fait par configuration, sans second centre de données à louer.
Limite, la facture variable : chaque service a son unité de mesure (heure de machine, gigaoctet stocké, requête, jeton d'IA) et la somme devient difficile à prévoir sans suivi régulier.
Limite, la dépendance : plus l'application utilise de services propres à un fournisseur, plus la migration demande de réécriture.
Limite, la sécurité partagée : le fournisseur protège ses centres de données et ses plateformes ; les droits d'accès, la configuration et les sauvegardes de vos ressources restent à votre charge. Scaleway parle de modèle de responsabilité partagé.
Limite, le droit applicable : la nationalité de l'exploitant compte autant que l'adresse du centre de données, point détaillé plus bas.
Régions et zones de disponibilité : où tournent vos applications
Le tableau situe les onze fournisseurs sur les critères de localisation et de conformité. La colonne SecNumCloud reprend le catalogue de l'ANSSI mis à jour le 27/10/2026, qui fait foi ; un fournisseur absent du catalogue n'a aucun service qualifié.
| Fournisseur | Contrôle | Régions en France | SecNumCloud | HDS |
|---|---|---|---|---|
| AWS | Américain | Europe (Paris) | Absent du catalogue | HDS v2, régions de l'EEE dont Paris |
| Microsoft Azure | Américain | France Centrale (Paris), France Sud (Marseille) | Absent du catalogue | Oui, dont France Centrale et France Sud |
| Google Cloud | Américain | europe-west9 (Paris), zones a, b et c | Absent en direct, voir S3NS | HDS v2.0, activités 1 à 5 |
| OVHcloud | Français | Paris (3 zones), Gravelines, Roubaix, Strasbourg | 3 services d'infrastructure | Certifié depuis 2019 |
| Scaleway | Français | Paris (fr-par-1 à fr-par-3) | Absent du catalogue | Affiché pour la santé |
| Outscale | Français (Dassault Systèmes) | Data centers en France, régions eu-west-2 et cloudgouv-eu-west-1 | IaaS Cloud on Demand, jusqu'au 30/11/2026 | Oui |
| NumSpot | Français | Données hébergées en France | IaaS, jusqu'au 31/07/2029 | Affiché, PaaS en cours |
| Cloud Temple | Français | Région FR1, trois zones | IaaS et PaaS OpenShift, jusqu'au 30/05/2028 | Oui |
| Hetzner | Allemand | Aucune (Allemagne, Finlande, États-Unis, Singapour) | Absent du catalogue | Non affiché |
| S3NS | Français (Thales) | Une région de 3 centres de données en France | IaaS, CaaS et PaaS, jusqu'au 17/12/2028 | Oui |
| Bleu | Français (Capgemini et Orange) | Cloud opéré en France | Qualification en cours, absent du catalogue | HDS V2 |
Une région en France garantit l'endroit où les données sont stockées, pas le droit auquel l'exploitant est soumis. C'est pourquoi AWS et Google Cloud ajoutent à leurs régions des offres dites souveraines, Microsoft sa limite de données de l'UE, et pourquoi deux sociétés françaises, S3NS et Bleu, exploitent elles-mêmes les technologies de Google et de Microsoft.
Les trois hyperscalers américains
Ils offrent le catalogue le plus fourni, une présence mondiale et des crédits d'essai pour démarrer. Leurs régions françaises répondent à la question de la localisation ; pour les données sensibles, aucun de leurs services ne figure au catalogue SecNumCloud.
AWS
AWS, pour Amazon Web Services, se présente comme « le cloud le plus complet au monde ». Son catalogue va des machines virtuelles EC2 et de la base Aurora, compatible PostgreSQL et MySQL, jusqu'à Amazon Bedrock, qui sert à construire des applications et des agents d'IA générative. La région Europe (Paris) héberge les données en France.
Les nouveaux clients reçoivent 100 $ de crédits à l'inscription et jusqu'à 100 $ de plus en explorant les principaux services, soit 200 $ au maximum, avec un forfait gratuit d'une durée maximale de 6 mois. Le support de base est inclus ; le plan Business Support+ coûte au minimum 29 $ par mois et par compte, ou 9 % des frais AWS jusqu'à 10 000 $ si ce montant est plus élevé, et Enterprise Support démarre à 5 000 $ par mois.
Pour les exigences de souveraineté, AWS a ouvert l'AWS European Sovereign Cloud, un cloud indépendant situé dans l'Union européenne, dont la première région se trouve dans le Brandebourg, en Allemagne. Il a sa propre gouvernance : une société mère et trois filiales allemandes, dirigées par des citoyens de l'UE. AWS précise qu'il n'entre pas encore dans le champ de sa certification HDS v2.0.
Microsoft Azure
Microsoft Azure revendique plus de 200 produits, dont Kubernetes managé (AKS), les bases Cosmos DB et PostgreSQL, et Microsoft Foundry, qui donne accès aux modèles d'Azure OpenAI et à la construction d'agents. Deux régions sont situées en France : France Centrale, à Paris, et France Sud, à Marseille.
Le compte gratuit offre un crédit de 200 $ à utiliser dans les 30 jours, ainsi que des montants gratuits chaque mois sur plus de 20 services populaires pendant 12 mois, réservés aux nouveaux clients. Le support de base est inclus pour tous, puis trois plans payants : Développeur à 29 $ par mois, Standard à 100 $ et Professional Direct à 1 000 $.
Microsoft s'engage à stocker et traiter dans l'Union européenne et l'AELE les données des clients de ses services en ligne d'entreprise, dont Azure, sous réserve de circonstances limitées : c'est la limite de données de l'UE. Pour une exigence SecNumCloud, la technologie Azure est proposée en France par Bleu, présenté plus bas.
Google Cloud
Google Cloud dispose à Paris de la région europe-west9, répartie en trois zones. Son offre d'IA s'articule autour de Gemini, et son entrepôt de données BigQuery sert à l'analyse à grande échelle.
L'essai sans frais donne un crédit de 300 $ à dépenser sur 90 jours. S'y ajoute un niveau gratuit permanent, avec par exemple une machine e2-micro par mois dans trois régions des États-Unis et 5 Go par mois de stockage Cloud Storage standard. Le support Standard coûte au minimum 29 $ par mois ou 3 % des frais cloud, l'assistance avancée 100 $ au minimum et Premium 15 000 $ au minimum.
Pour la souveraineté, Google renvoie à son offre Google Cloud Dedicated, opérée par un partenaire local sur une infrastructure isolée : en France, c'est S3NS, une entité française distincte, qui l'exploite pour répondre aux exigences SecNumCloud.
Six opérateurs européens
Cinq sont français et un allemand. Leurs catalogues sont plus courts que ceux des hyperscalers, mais quatre d'entre eux ont au moins un service qualifié SecNumCloud, et leurs prix publiés en euros hors taxes se comparent facilement.
OVHcloud
OVHcloud déploie son Public Cloud dans des régions d'une zone (1-AZ) ou de trois zones (3-AZ) : Paris en compte trois, et d'autres sites existent à Gravelines, Roubaix et Strasbourg, ainsi qu'à Milan, Erith, Limburg et Varsovie. OVHcloud facture ses instances à l'heure ou au mois, ou avec un engagement par Savings Plans, présentés comme une remise automatique sans paiement d'avance ; l'éditeur annonce jusqu'à 30 % de baisse sur ses instances. Le trafic sortant des instances est inclus partout sauf dans la région Asie-Pacifique.
Un premier projet Public Cloud reçoit 200 € de crédit offert. Une petite instance Discovery d2-4, avec 2 vCores et 4 Go de mémoire, coûte 0,0206 € HT de l'heure, soit 11,44 € HT par mois. Quatre niveaux de support se succèdent, de Standard à Enterprise, avec une première réponse visée entre 15 minutes et 8 heures ouvrées selon le niveau.
Attention au périmètre SecNumCloud : le catalogue de l'ANSSI qualifie trois services d'OVH, le Hosted Private Cloud powered by VMware, le Bare Metal Pod et la SNC Cloud Platform, que l'éditeur décrit comme une expérience cloud native qualifiée. Le Public Cloud standard n'en fait pas partie. Ces offres qualifiées tournent dans des centres de données de Roubaix, Gravelines et Strasbourg, exploités par du personnel basé en Europe.
Scaleway
Scaleway revendique le rôle d'alternative européenne aux hyperscalers. Sa page de statut affiche quatre régions de trois zones : Paris, Amsterdam, Varsovie et Milan. Le catalogue dépasse 100 produits, avec une forte orientation vers l'IA : instances GPU H100 et B300, Generative APIs hébergées en Europe pour appeler des modèles par API. L'éditeur affiche des solutions certifiées HDS pour la santé.
Aucun service Scaleway ne figure au catalogue SecNumCloud. Pour les startups, ses programmes donnent jusqu'à 1 000 € de crédits utilisables pendant un an pour le programme Founders, jusqu'à 9 000 € pour Early Stage et jusqu'à 36 000 € pour Growth Stage. La grille de prix des instances se consulte sur le site de l'éditeur.
Outscale
Outscale, marque de Dassault Systèmes, met à disposition des services cloud français par une entité de droit français, dans des data centers en France ; pour son cloud souverain, le support 24/7 depuis la France et l'Europe est inclus dans la prestation. Son service IaaS Cloud on Demand est inscrit au catalogue SecNumCloud jusqu'au 30/11/2026 : vérifiez le renouvellement avant de vous engager. L'entreprise affiche aussi ISO 27001, 27017, 27018, HDS et une attestation SOC 2 Type 2.
La facturation se fait à la seconde, sans engagement de durée. Dans la région Europe (eu-west-2), le vCore de génération v7 coûte 0,034 € HT de l'heure en performance MEDIUM et la mémoire 0,005 € HT par Gio et par heure ; la région Cloud Secteur Public (cloudgouv-eu-west-1) est un peu plus chère, à 0,041 € et 0,006 €. Une machine de 2 vCores et 4 Gio revient donc à environ 0,088 € HT de l'heure en Europe. Outscale propose aussi Kubernetes managé et des modèles Mistral AI, et indique que ses machines virtuelles sont compatibles avec Amazon Web Services.
NumSpot
NumSpot est une plateforme cloud française qui met en avant la portabilité : une console et une API communes pour déployer sur plusieurs infrastructures, y compris la vôtre, et des formats ouverts pour en sortir. L'IaaS de NumSpot est inscrit au catalogue SecNumCloud jusqu'au 31/07/2029. Les services PaaS, dont Kubernetes managé, PostgreSQL managé et la plateforme d'IA, ont franchi en mai 2026 les jalons J0 et J1 de la qualification, qui n'est donc pas encore acquise.
Les tarifs sont publiés hors taxes, à l'usage et à la seconde, sans engagement ni frais de sortie. Une machine virtuelle de 2 vCPU et 4 Gio coûte 0,10 € HT de l'heure dans la région eu-west-2 et 0,12 € HT dans la région cloudgouv-eu-west-1. L'éditeur revendique un actionnariat 100 % français et un cadre juridique exclusivement européen.
Cloud Temple
Cloud Temple vise le secteur public, la santé, la finance et l'industrie. Au catalogue de l'ANSSI, son offre IaaS Secure Temple, qui regroupe IaaS VMware, IaaS open source, stockage objet S3, HSM-KMS, Bare Metal, VPC et machines virtuelles, et son PaaS OpenShift sont qualifiés SecNumCloud jusqu'au 30/05/2028. Le même catalogue qualifie son service d'infogérance Trusted Managed Services jusqu'au 22/09/2029. Pour son IaaS open source, les sauvegardes sont réparties sur les trois zones de disponibilité de la région.
Les tarifs publics sont exprimés hors taxes et par mois : 184,80 € pour activer un tenant, 151,20 € par zone de disponibilité activée, puis 11,03 € par vCPU et 2,88 € par Gio de mémoire pour une machine de la gamme Standard DEV. Le support est facturé en pourcentage : 5 % de la consommation avec un minimum de 500 € par mois en Standard, 7 % et 1 000 € en Premium, avec un délai d'intervention garanti de 30 minutes, puis 10 % et 2 500 € en Enterprise.
Hetzner
Hetzner, hébergeur allemand, vise d'abord le prix. Ses serveurs cloud démarrent à 5,99 € HT par mois en gamme Cost-Optimized, 6,49 € HT en Regular Performance et 43,49 € HT en General Purpose, avec des vCPU dédiés. La facturation est horaire, et Hetzner retient toujours la moins chère entre l'heure et le mois ; une ressource éteinte reste facturée tant qu'elle existe.
Les sites européens sont Falkenstein et Nuremberg en Allemagne, et Helsinki en Finlande ; Ashburn, Hillsboro et Singapour complètent le réseau. Il n'y a pas de région en France. Hetzner se dit conforme au RGPD et certifié ISO/IEC 27001:2022, n'affiche pas de certification HDS et ne figure pas au catalogue SecNumCloud. Le support téléphonique général répond du lundi au vendredi, de 8 h à 18 h, heure d'Europe centrale.
Technologie américaine, exploitation française
Ces deux offres reprennent les services d'un hyperscaler, mais l'entreprise qui les exploite, ses équipes et ses centres de données sont en France. L'une est qualifiée SecNumCloud, l'autre pas encore.
S3NS
S3NS, filiale de Thales créée en partenariat avec Google Cloud, commercialise PREMI3NS, un cloud public fondé sur la technologie Google Cloud. Le catalogue de l'ANSSI qualifie le « Cloud de confiance S3NS » pour l'IaaS, le CaaS et le PaaS jusqu'au 17/12/2028. Selon S3NS, l'offre est opérée et administrée exclusivement par ses salariés dans des centres de données en France, et les technologies cloud comme leurs mises à jour arrivent dans une zone de quarantaine où S3NS les analyse et les valide avant la production.
Les données sont localisées dans une région composée de 3 centres de données indépendants, avec des certifications ISO 27001 et HDS. Certains services du catalogue, comme la plateforme Gemini, Cloud Run ou Filestore, sont encore marqués « Qualification en cours » : vérifiez que ceux dont vous avez besoin sont dans le périmètre qualifié. Deux niveaux de support sont proposés, Enhanced, joignable 24 heures sur 24 en français ou en anglais, et Premium, avec un temps de réponse de 15 minutes sur les incidents majeurs. Les prix ne sont pas publiés sur son site.
Bleu
Bleu, société française fondée par Capgemini et Orange, fournit les services de Microsoft Azure et de Microsoft 365 depuis un cloud français. Son catalogue couvre l'IaaS, le PaaS, le CaaS et le SaaS : machines virtuelles, Kubernetes avec AKS, Functions, App Service, stockage, bases relationnelles et NoSQL, identité avec Entra ID.
Bleu est certifié ISO 27001 et HDS V2, et se dit en cours de qualification SecNumCloud 3.2 : il ne figure pas au catalogue de l'ANSSI du 27/10/2026. Pour une organisation déjà équipée en Microsoft, c'est l'offre à suivre si la qualification devient une exigence, en surveillant la date d'obtention. Les prix ne sont pas publiés sur son site.
SecNumCloud : le service qualifié, pas le fournisseur
L'ANSSI qualifie les prestataires de services d'informatique en nuage au titre de l'article 14 du décret n°2015-350. La qualification vise un service nommé, pour une durée limitée : un fournisseur peut avoir un service qualifié et le reste de son catalogue en dehors. Elle s'obtient par étapes, les jalons J0 à J3 franchis par S3NS. Voici les services d'infrastructure et de plateforme qualifiés pour les fournisseurs de ce comparatif, d'après le catalogue mis à jour le 27/10/2026.
| Fournisseur au catalogue | Service qualifié | Couches | Fin de qualification |
|---|---|---|---|
| Cloud Temple | IAAS - Secure Temple | IaaS | 30/05/2028 |
| Cloud Temple | PaaS Openshift | PaaS | 30/05/2028 |
| Numspot | Plateforme des services cloud de Numspot | IaaS | 31/07/2029 |
| OVH | Hosted Private Cloud powered by VMware | IaaS | 29/12/2026 |
| OVH | Bare Metal Pod | IaaS | 24/03/2028 |
| OVH | SNC Cloud Platform | IaaS | 31/07/2029 |
| Outscale | IaaS Cloud on Demand | IaaS | 30/11/2026 |
| Thales Cloud Sécurisé | Cloud de confiance S3NS | IaaS, CaaS, PaaS | 17/12/2028 |
Le même catalogue qualifie d'autres offres d'infrastructure, chez Cegedim, Ecritel, Orange Business Services avec Cloud Avenue SecNum, et Worldline. Deux échéances tombent juste après ce relevé : Outscale le 30/11/2026 et le Hosted Private Cloud d'OVHcloud le 29/12/2026. Avant de signer, demandez la décision de qualification en vigueur et vérifiez que le service acheté porte exactement le nom inscrit au catalogue.
Lois extraterritoriales : la position de chaque fournisseur
Le ministère américain de la Justice indique que les États-Unis ont adopté le CLOUD Act en mars 2018 pour accélérer l'accès aux informations électroniques détenues par des fournisseurs basés aux États-Unis et utiles aux enquêtes de pays partenaires, et que la loi permet à ces pays d'obtenir ces preuves par accord bilatéral, où qu'elles se trouvent. Sa portée pour une entreprise européenne cliente d'un fournisseur américain est discutée ; voici ce que chaque fournisseur en dit sur ses propres pages.
AWS écrit que le CLOUD Act ne donne au gouvernement américain aucun accès illimité ou automatique aux données, qu'il s'applique à tout fournisseur exerçant aux États-Unis et pas seulement aux entreprises américaines, et qu'aucun contenu d'entreprise ou d'administration stocké hors des États-Unis n'a été divulgué au gouvernement américain depuis 2020, année où il a commencé à publier ces statistiques.
Microsoft dit s'être engagé, dans ses contrats, à contester toute demande d'un gouvernement visant les données de ses clients européens du secteur public ou des entreprises, dès qu'il dispose d'une base légale pour le faire.
S3NS associe la qualification SecNumCloud 3.2 à une « immunité aux lois extraterritoriales non-européennes », et Cloud Temple écrit que la qualification met les données « à l'abri » des lois extraterritoriales.
OVHcloud indique que ses offres qualifiées SecNumCloud garantissent qu'aucune donnée ne sera accessible, transférée ou traitée en dehors de l'Union européenne.
Hetzner conseille de choisir un fournisseur dont le siège est en Europe et qui relève exclusivement du droit européen ; NumSpot met en avant son actionnariat français et un cadre juridique exclusivement européen.
Ces positions viennent des fournisseurs eux-mêmes. Le critère que vous pouvez contrôler sans eux reste l'inscription du service précis au catalogue SecNumCloud, avec sa date de fin de qualification.
Données de santé : la certification HDS et son périmètre
Google Cloud rappelle que l'article L.1111-8 du Code de la santé publique impose la certification HDS aux fournisseurs qui hébergent certaines données de santé, et AWS que la version 2 du référentiel exige de les stocker dans l'Espace économique européen. Dix des onze fournisseurs affichent la certification ; Hetzner ne la mentionne pas. Le périmètre diffère d'un certificat à l'autre :
AWS rend ses six régions de l'EEE, dont Paris, éligibles aux six activités du référentiel.
Microsoft applique son certificat aux services Azure conformes ISO 27001 dans une liste de régions qui comprend France Centrale et France Sud.
Google Cloud couvre les activités 1 à 5, avec une liste de produits plus courte pour les deux premières, mais pas l'activité 6, l'externalisation des sauvegardes.
NumSpot affiche la certification HDS et indique que son PaaS est encore en cours.
Le comparatif des hébergeurs HDS détaille les offres et la lecture de la liste officielle des hébergeurs certifiés.
Crédits d'essai, prix publiés et support payant
| Fournisseur | Crédit ou essai | Facturation | Exemple de prix publié | Support payant |
|---|---|---|---|---|
| AWS | Jusqu'à 200 $ de crédits, 6 mois au plus | À l'usage | Grille par service | Business Support+ dès 29 $ par mois |
| Microsoft Azure | 200 $ sur 30 jours et 12 mois de montants gratuits | À l'usage | Grille par service | Développeur à 29 $ par mois |
| Google Cloud | 300 $ sur 90 jours, plus un niveau gratuit permanent | À l'usage | Grille par service | Standard dès 29 $ par mois |
| OVHcloud | 200 € sur le premier projet | Heure, mois ou Savings Plans | d2-4 à 0,0206 € HT de l'heure | Quatre niveaux, de Standard à Enterprise |
| Scaleway | Jusqu'à 1 000 € pour les startups du programme Founders | Non précisée | Sur le site de l'éditeur | Non précisé |
| Outscale | Aucun | À la seconde, sans engagement | 0,034 € HT par vCore et par heure | 24/7 inclus pour le cloud souverain |
| NumSpot | Aucun | À la seconde, sans frais de sortie | 0,10 € HT de l'heure pour 2 vCPU et 4 Gio | Plusieurs niveaux, sans prix publié |
| Cloud Temple | Aucun | Prix mensuels, engagement d'une heure à un mois | 11,03 € HT par vCPU et par mois | Standard, 5 % et 500 € par mois au minimum |
| Hetzner | Aucun | À l'heure, plafonnée au prix mensuel | Dès 5,99 € HT par mois | Téléphone en semaine |
| S3NS | Aucun | Non publiée | Non publié | Enhanced ou Premium |
| Bleu | Aucun | Non publiée | Non publié | Non précisé |
Les prix des hyperscalers sont affichés en dollars, ceux des opérateurs européens en euros hors taxes. Les crédits ne s'adressent qu'aux nouveaux comptes et expirent : 30 jours chez Azure, 90 jours chez Google Cloud. Le support payant d'AWS, de Google Cloud et de Cloud Temple se calcule en pourcentage de la facture, avec un plancher : sur un gros compte, il pèse vite plus lourd que son prix d'appel. Celui d'Azure est un forfait mensuel.
Deux postes surprennent souvent. Le trafic sortant d'abord : OVHcloud l'inclut dans le prix de ses instances, sauf en Asie-Pacifique, quand Hetzner facture comme du trafic Internet ordinaire les échanges entre ses zones d'Europe et des États-Unis. Les ressources oubliées ensuite : chez Hetzner, un serveur éteint mais non supprimé continue d'être facturé.
Critères de choix selon le projet
Données sensibles d'une administration, d'un OIV ou d'un OSE : partez du catalogue SecNumCloud : S3NS pour retrouver les services de Google Cloud ; NumSpot, Cloud Temple, Outscale ou les trois services qualifiés d'OVHcloud pour de l'infrastructure. Pour la technologie Microsoft, Bleu n'est pas encore qualifié.
Données de santé : un fournisseur certifié HDS avec une région en France, en vérifiant que les activités du certificat couvrent votre usage, notamment la sauvegarde externalisée.
Application grand public ou internationale : AWS, Google Cloud ou Microsoft Azure, pour le nombre de régions dans le monde et l'étendue des services gérés.
Projet d'IA : les catalogues de modèles des hyperscalers, ou en Europe les Generative APIs et les GPU de Scaleway, les AI Endpoints d'OVHcloud, et le LLMaaS de Cloud Temple ou d'Outscale si les données ne doivent pas quitter une infrastructure qualifiée.
Budget serré et équipe technique autonome : les instances Discovery d'OVHcloud ou les serveurs Hetzner, en acceptant pour ce dernier des données hors de France.
Organisation publique : la DINUM suit les achats de cloud passés sur le marché Nuage public de l'UGAP ; Outscale se dit disponible par l'UGAP, et NumSpot cite ce marché ainsi que la C.A.I.H. et le Resah.
Dans tous les cas, testez avec les crédits ou une petite instance, chiffrez trois mois de consommation réelle en incluant support et trafic, et demandez par écrit le périmètre exact des qualifications et certifications que le contrat couvre.
Questions Fréquentes
Qu'est-ce que le cloud public ?
Quels sont des exemples de cloud public ?
Cloud privé ou cloud public : quelle différence ?
Quels types de cloud distingue-t-on ?
Quels sont les avantages et les inconvénients du cloud public ?
Quels fournisseurs de cloud public sont français ?
Quels clouds sont qualifiés SecNumCloud ?
Existe-t-il un cloud public gratuit ?
Quel est le plus grand fournisseur de cloud ?
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