19 min de lecture

Automatisation email e-commerce : les scénarios à lancer et 9 outils pour les exécuter

Cyrille ADAMCyrille ADAMÉditorial La Fabrique

Scénarios à automatiser dans une boutique en ligne, ordre de lancement, règles CNIL et outils comparés avec leurs limites et leurs tarifs d'octobre 2026.

Dans une boutique en ligne, une bonne part des e-mails utiles ne s'écrivent qu'une fois : le message d'accueil d'un nouvel inscrit, le rappel d'un panier resté en plan, la demande d'avis après la livraison, la relance d'un client qui ne commande plus. L'automatisation email e-commerce consiste à brancher ces messages sur des événements de la boutique pour qu'ils partent seuls, au bon moment, à la bonne personne. Cette page détaille les scénarios à construire, l'ordre dans lequel les lancer, les règles de la CNIL qui s'appliquent à chacun et les outils capables de les exécuter, avec leurs limites d'automatisation et leurs tarifs vérifiés chez chaque éditeur en octobre 2026.

Pour choisir un outil d'envoi généraliste pour une boutique (newsletters, promotions, connecteurs), la page logiciel emailing e-commerce est plus directe. Pour des parcours qui mêlent scoring, CRM et équipes commerciales, voir le comparatif logiciel marketing automation.

Automatisation email e-commerce : définition, déclencheur, condition, délai

Un e-mail automatisé n'est pas programmé pour une date : il attend qu'un fait se produise. Tout scénario repose sur trois réglages.

  • Le déclencheur : l'événement qui fait entrer un contact dans le scénario. Inscription à la liste, produit consulté, paiement commencé mais non terminé, commande passée, colis expédié, date d'anniversaire, absence d'achat depuis un certain temps.

  • Les conditions : les filtres qui orientent ou arrêtent le parcours. Un client qui a déjà acheté ne doit pas recevoir l'offre de bienvenue, un panier de forte valeur peut mériter un message différent, un contact qui commande pendant la séquence doit en sortir.

  • Les délais : l'attente entre deux messages. Ils se règlent scénario par scénario et se testent ; un rappel de panier envoyé trop tard arrive après que l'acheteur a commandé ailleurs, un message post-achat envoyé trop tôt précède la livraison.

La condition technique, c'est la remontée des événements de la boutique vers l'outil d'envoi. Sans connecteur ou sans script de suivi sur le site, l'outil ne sait ni qui a consulté un produit, ni qui a commandé, et la plupart des scénarios ci-dessous sont impossibles.

Scénario ou campagne : la différence, et pourquoi automatiser

Une campagne part le même jour pour toute une liste ou un segment. Un scénario part pour une seule personne, au moment où son comportement le justifie. Trois différences en découlent.

  • Le moment : le message arrive quand l'intention existe encore (un panier vient d'être laissé, une commande vient d'être reçue), pas le mardi suivant.

  • Le contenu : il reprend ce que la personne a regardé ou acheté, ce qu'une campagne commune ne peut pas faire.

  • La charge de travail : le scénario s'écrit une fois puis tourne en continu ; le temps se reporte sur la relecture des résultats et l'amélioration des messages.

Les campagnes gardent leur rôle pour les temps forts (soldes, lancement de collection). Les deux se complètent, à condition de régler la pression d'envoi entre elles, point traité plus bas.

Les e-mails automatisés d'une boutique, du premier clic au réachat

Les scénarios suivent la vie d'un client : avant le premier achat, pendant la commande, après la livraison, puis quand il s'éloigne. Pour chacun : ce qui le déclenche, les données dont l'outil a besoin, et le piège le plus courant. Pour voir à quoi ressemblent ces messages chez des marques connues, consultez ces exemples d'e-mails automatisés envoyés par des marques.

Bienvenue après l'inscription

Déclencheur : l'entrée dans la liste (formulaire, pop-up, case cochée à la création du compte). Le premier message présente la marque, tient la promesse faite au moment de l'inscription (code, guide, accès anticipé) et oriente vers les rayons principaux. Une série de deux ou trois messages permet de présenter les engagements de la boutique (livraison, retours, fabrication) avant de pousser une offre. Piège : continuer la série alors que l'inscrit a déjà commandé ; une condition de sortie « a passé commande » règle le problème.

Navigation et panier abandonnés

La navigation abandonnée part d'un produit consulté sans ajout au panier ; le panier abandonné, d'un paiement commencé puis interrompu. Le second suppose que l'outil connaisse l'adresse du visiteur (client connecté, adresse saisie dans le tunnel de commande) et reçoive l'événement de paiement commencé. Le message rappelle les articles, leur prix et le lien direct vers le panier. Piège : offrir une remise dès le premier rappel, ce qui habitue les acheteurs à attendre la relance. Pour une boutique Shopify, la page relance de panier sur Shopify compare l'option native et les applications.

Confirmation de commande et suivi d'expédition

Ces messages sont transactionnels : ils exécutent la vente, ne vendent rien. Ils partent souvent de la plateforme de vente elle-même ou d'un service d'e-mails transactionnels. Les intégrer à l'outil marketing a un intérêt : un seul historique par client et une charte identique. Piège : y glisser une promotion appuyée ; la CNIL considère qu'un message de confirmation qui contient une part d'éléments promotionnels perd son caractère transactionnel (voir la section consacrée à la CNIL).

Après l'achat : avis, conseils d'utilisation, vente croisée

Déclencheur : la commande passée ou, mieux, la livraison confirmée. L'ordre logique va du service vers la vente : un conseil d'entretien ou d'utilisation, puis une demande d'avis, puis seulement une suggestion de produit complémentaire tirée du catalogue. Piège : demander un avis avant que le colis soit arrivé.

Réachat des produits consommables

Pour les produits qui s'épuisent (cosmétiques, alimentation, nourriture animale, cartouches), le scénario se cale sur la durée d'usage d'un article et propose de recommander juste avant la fin. Certains outils calculent une date de prochaine commande prévue par client. Piège : appliquer le même délai à tous les produits ; il se règle par famille d'articles.

Retour en stock et baisse de prix

Le visiteur s'inscrit à une alerte sur une fiche produit en rupture, ou l'outil repère qu'un article consulté vient de baisser. Ces deux scénarios demandent un catalogue synchronisé (stock et prix) entre la boutique et l'outil d'envoi. Piège : une alerte qui part alors que le stock revenu est déjà épuisé ; le contrôle du stock au moment de l'envoi évite la déception.

Réactivation des clients inactifs

Déclencheur : aucune commande ni aucun clic depuis une durée à fixer selon le rythme d'achat de la boutique. Le scénario rappelle les nouveautés, peut proposer une offre, puis demande au contact s'il veut continuer à recevoir les messages. Sans réponse, le retirer de la liste protège la réputation du domaine d'envoi. Piège : fonder l'inactivité sur les seules ouvertures. La CNIL admet, sous conditions, un pixel sans consentement pour repérer les destinataires qui n'ouvrent plus afin de les retirer des listes ; s'en servir pour déclencher une offre de relance relève d'une autre finalité (voir plus bas).

Anniversaire et dates clés

Date de naissance saisie à l'inscription, date du premier achat, date d'adhésion au programme de fidélité : chacune peut déclencher un message personnel, avec ou sans avantage. Piège : demander la date de naissance sans dire à quoi elle servira.

Clients fidèles et VIP

Quand un client franchit un seuil (nombre de commandes, montant cumulé), un message le fait entrer dans un traitement à part : accès anticipé aux ventes, service dédié, cadeau. C'est le scénario qui s'appuie le plus sur la segmentation par valeur, détaillée dans la section RFM.

Par où commencer : l'ordre de lancement des scénarios

Tout lancer en même temps multiplie les messages contradictoires. Mieux vaut avancer par étapes, en commençant par les scénarios qui touchent les contacts déjà proches de l'achat et qui demandent le moins de données.

OrdreScénarioDéclencheurDonnées à faire remonterNature de l'e-mail
1Confirmation et expéditionCommande, envoi du colisCommandes, transporteurTransactionnel
2BienvenueInscriptionSource d'inscription, consentementPromotionnel
3Panier abandonnéPaiement commencé non terminéÉvénement de paiement, contenu du panierPromotionnel
4Après l'achatLivraisonStatut de livraison, catalogueMixte : service puis vente
5Navigation abandonnéeProduit consultéScript de suivi sur le sitePromotionnel
6RéactivationInactivitéHistorique d'achats et de clicsPromotionnel
7Réachat, retour en stock, VIP, anniversaireDate, stock, seuil de valeurDurées d'usage, stock, montants cumulésPromotionnel

Ce classement est indicatif : une boutique de consommables a intérêt à avancer le réachat, une boutique de produits rares le retour en stock.

Segmentation RFM : adapter les scénarios à la valeur de chaque client

La segmentation RFM classe les clients selon trois critères tirés de l'historique de commandes : la récence (date du dernier achat), la fréquence (nombre de commandes) et le montant (somme dépensée). Croisés, ils séparent les clients fidèles et dépensiers, les nouveaux, ceux qui achetaient beaucoup et ont disparu, ceux qui n'ont acheté qu'une fois.

Appliquée aux scénarios, la RFM sert à trois choses :

  • Doser les remises : un client régulier n'a pas besoin du même rabais qu'un acheteur unique pour revenir.

  • Choisir le scénario : la réactivation vise les anciens bons clients, le programme VIP les clients récents, fréquents et dépensiers.

  • Régler la fréquence : les meilleurs clients supportent davantage de messages que les contacts tièdes.

Les outils ne la proposent pas tous en standard. Brevo intègre des scores RFM et de valeur vie client dans son forfait Pro ; Klaviyo permet de séparer les parcours selon la valeur vie client ou le statut VIP ; MailerLite fournit des segments prédéfinis (clients récurrents à forte dépense, clients récurrents, premiers acheteurs, inscrits sans achat). Ailleurs, une segmentation proche se construit à la main à partir des champs de commande.

Les outils qui exécutent ces scénarios

Les neuf outils ci-dessous savent déclencher des e-mails à partir des événements d'une boutique. Ils diffèrent par le nombre de modèles de scénarios fournis, par les plafonds d'automatisation de leurs forfaits d'entrée et par la profondeur de leur lien avec la plateforme de vente. Prix relevés en octobre 2026 sur le site de chaque éditeur.

Klaviyo

Klaviyo Klaviyo Site officiel Lire le test
Camille Deneu Testé par Camille Deneu

Klaviyo annonce plus de 60 modèles de flux préconçus, dont la série de bienvenue, le panier abandonné, le suivi post-achat, l'abandon de navigation, la baisse de prix et le retour en stock. Ses déclencheurs couvrent les événements de commerce (produit consulté, commande débutée, commande passée, baisse de prix, dates, prochaine commande prévue, absence d'engagement) et les parcours peuvent se séparer selon la valeur du panier, le statut VIP ou la valeur vie client. E-mail, SMS et notifications push peuvent cohabiter dans un même flux. L'offre gratuite couvre jusqu'à 250 profils actifs et 500 e-mails par mois ; au-delà, le tarif varie avec le nombre de profils et se calcule sur le simulateur de Klaviyo.

Omnisend

Omnisend Omnisend Site officiel Lire le test

Omnisend propose des modèles à adapter (bienvenue, abandon de produit, abandon de panier, confirmation de commande, confirmation d'expédition, vente croisée) et des réglages utiles quand les scénarios se multiplient : conditions de sortie et plafonnement de la fréquence. Sans payer, toutes les fonctions sont ouvertes, automatisations comprises, tant que la liste ne dépasse pas 250 contacts et 500 envois mensuels. Le forfait Standard coûte 48 $ les trois premiers mois sans la remise de lancement, ce qui revient à 16 $ mensuels ; il couvre 6 000 envois mensuels et une liste de 500 contacts.

Brevo

Brevo Brevo Site officiel Lire le test
Joseph Désiré Testé par Joseph Désiré

Brevo réserve deux briques indispensables, les workflows multi-étapes et le suivi des événements du site, à son forfait Standard, affiché 15 € mensuels. Starter, affiché 7 € mensuels, envoie des campagnes et des e-mails de suivi après une inscription par formulaire, sans parcours complet. Les alertes de retour en stock, les coupons, les suggestions de produits et le scoring des contacts, scores RFM compris, n'arrivent qu'avec le forfait Pro, affiché 499 € mensuels. L'offre gratuite permet d'envoyer jusqu'à 300 e-mails par jour.

ActiveTrail

ActiveTrail ActiveTrail Site officiel Lire le test
Camille Deneu Testé par Camille Deneu

ActiveTrail construit ses scénarios dans un éditeur visuel qui mêle e-mails et SMS, avec des autorépondeurs, des déclencheurs liés aux clics dans les campagnes et une segmentation dynamique mise à jour selon le comportement des contacts. Les déclencheurs fondés sur les pages vues passent par son Smart Pixel. Les automatisations figurent dès le forfait Basic, 8 € HT mensuels réglés à l'année, jusqu'à 500 contacts ; le Smart Pixel, ActiveCommerce et l'envoi prédictif demandent le forfait Plus, 11 € HT mensuels.

Mailchimp

Mailchimp nomme ses scénarios « flux d'automatisation marketing » et annonce plus de 60 modèles. Son pixel de suivi s'installe sur Shopify, WooCommerce, Wix et les sites sur mesure. Le plafond dépend du forfait : Essentials, dès 11,68 € mensuels, n'autorise que 4 étapes de flux ; Standard, dès 17,97 € mensuels, en accepte 200. Un plan gratuit reste proposé sous 250 contacts. Les SMS sont un module payant disponible dans certains pays seulement.

ActiveCampaign

ActiveCampaign revendique plus de 900 recettes d'automatisation prédéfinies et, pour le commerce, des rappels de panier abandonné, la vente croisée, des réductions personnalisées, un catalogue de produits et la gestion des abonnements et paiements récurrents. Starter, dès 15 $ mensuels facturés à l'année, plafonne chaque automatisation à 5 actions ; Plus, dès 49 $ mensuels, supprime ce plafond. Essai gratuit de 14 jours.

MailerLite

MailerLite MailerLite Site officiel Lire le test

MailerLite déclenche ses automatisations sur un panier abandonné, l'achat d'un produit précis ou d'une catégorie, une date ou l'entrée dans un segment, et se connecte à Shopify et WooCommerce. La version gratuite (2 500 envois mensuels, liste de 250 abonnés) n'accepte que 3 automatisations actives de 5 étapes. Comfort, facturé 12 $ mensuels ou 10,80 $ en engagement annuel jusqu'à 500 abonnés, autorise 50 automatisations de 100 étapes. Pour les messages transactionnels, l'éditeur renvoie vers MailerSend, un service séparé.

Spread

Spread Spread Site officiel Voir la fiche

Spread réunit CRM, campagnes e-mail et SMS et scénarios pour les marques e-commerce. Son module de marketing automation comprend un arbre de décision, le welcome pack, la relance de panier abandonné, les scénarios post-achat et de réachat et la réactivation des clients inactifs, avec une gestion de la pression marketing. Hébergement des données en France et chargé de compte dédié. Le prix se compose selon les modules et le nombre de profils ; aucun tarif chiffré n'est affiché sans configuration.

Shopify Messaging et Shopify Flow

Pour une boutique Shopify, Shopify Messaging (anciennement Shopify Email) crée des scénarios e-mail et SMS depuis l'administration de la boutique, à partir de modèles qui reprennent le logo, les produits et les couleurs du site. L'application est accessible avec les forfaits Basic, Grow, Advanced et Shopify Plus, et sa tarification dépend du nombre de messages envoyés. Shopify Flow, application gratuite sur les mêmes forfaits, surveille les événements de la boutique et enchaîne en réponse une séquence d'actions dans la boutique et ses applications. Solution simple tant que la boutique reste sur Shopify, moins souple pour des parcours fins.

Tableau : modèles de scénarios, plafonds d'automatisation et prix d'entrée

OutilModèles de scénarios annoncésOffre gratuitePremier forfait avec scénariosLimite d'automatisation à l'entrée
KlaviyoPlus de 60 flux préconçus500 envois mensuels, 250 profils actifsPrix selon le nombre de profils (simulateur)Non précisée sur la page tarifs
OmnisendBienvenue, abandon de produit et de panier, commande, expédition, vente croisée500 envois mensuels, 250 contacts, scénarios compris16 $/mois (48 $ pour trois mois hors remise)Toutes les fonctions dès l'offre gratuite
BrevoWorkflows multi-étapes300 e-mails/jourStandard, 15 €/moisWorkflows absents du forfait Starter (7 €/mois)
ActiveTrailAutorépondeurs, scénarios visuels e-mail et SMSEssai gratuitBasic, 8 € HT/mois en annuel (500 contacts)Smart Pixel et ActiveCommerce avec Plus (11 € HT/mois)
MailchimpPlus de 60 modèles de fluxMoins de 250 contactsEssentials, 11,68 €/mois4 étapes de flux (200 avec Standard, 17,97 €/mois)
ActiveCampaignPlus de 900 recettesEssai de 14 joursStarter, 15 $/mois en annuel5 actions par automatisation (illimité dès Plus, 49 $/mois)
MailerLiteBienvenue, panier abandonné, après-achat, dates2 500 envois mensuels, 250 abonnésComfort, 12 $/mois (10,80 $ en annuel)3 automatisations de 5 étapes en gratuit, 50 de 100 étapes en Comfort
SpreadWelcome pack, panier, post-achat, réachat, réactivationNonNon affiché (offre composée)Selon les modules choisis
Shopify MessagingModèles d'automatisation e-mail et SMSNon chiffrée sur la fiche d'aideFacturation au nombre de messagesBoutiques Shopify uniquement

Prix hors taxes chez ActiveTrail ; les autres éditeurs n'indiquent pas toujours si leurs prix sont hors taxes. Les montants en dollars sont affichés tels quels par l'éditeur.

Mettre en place un scénario, étape par étape

  • Fixer l'objectif mesurable : premier achat, commande récupérée, avis obtenu, client réactivé. Il détermine l'indicateur à suivre.

  • Vérifier les données : l'événement déclencheur remonte-t-il bien de la boutique ? Une commande de test permet de le voir apparaître dans l'outil avant tout envoi réel.

  • Définir l'entrée et la sortie : qui entre, qui est exclu (clients récents, contacts sans consentement), et ce qui fait sortir du parcours (achat, désinscription).

  • Écrire peu de messages : deux ou trois par scénario au départ, avec un objet et un appel à l'action uniques.

  • Tester sur une adresse interne : liens, blocs produits dynamiques, affichage mobile, cas d'un panier vide ou d'un produit retiré du catalogue.

  • Relire les résultats à intervalle fixe : une fois le scénario lancé, comparer ses chiffres d'un mois sur l'autre et ne modifier qu'un réglage à la fois.

Mesurer un scénario : les indicateurs à suivre

  • Chiffre d'affaires attribué et commandes : la plupart des outils rattachent les ventes aux messages ; la règle d'attribution (fenêtre de temps, clic ou simple réception) change beaucoup le résultat et doit rester la même d'une période à l'autre.

  • Taux de conversion du scénario : part des contacts entrés qui atteignent l'objectif.

  • Clics : à préférer aux ouvertures, dont la mesure repose sur un pixel de suivi qui suppose le plus souvent le consentement du destinataire.

  • Désinscriptions et plaintes pour spam : un scénario qui en génère trop est mal ciblé ou trop insistant. Google demande aux expéditeurs de garder un taux de spam sous 0,10 % dans Postmaster Tools et d'éviter d'atteindre 0,30 %.

  • Sorties de parcours : combien de contacts quittent le scénario avant la fin, et pourquoi (achat, désinscription, condition non remplie).

Un groupe témoin, c'est-à-dire une petite part des contacts qui ne reçoit pas le scénario, reste la façon la plus sûre de savoir si les ventes attribuées auraient eu lieu de toute façon.

Bonnes pratiques : pression marketing et conflits entre scénarios

Avec plusieurs scénarios actifs et des campagnes en parallèle, un même client peut recevoir le jour même une relance de panier, une offre de bienvenue et la newsletter. Quatre réglages limitent ce risque :

  • Un plafond d'envoi par contact sur une période donnée, proposé par certains outils (plafonnement de la fréquence chez Omnisend, gestion de la pression marketing chez Spread).

  • Des priorités : un scénario lié à une commande en cours passe avant une campagne promotionnelle.

  • Des conditions de sortie : l'achat arrête la relance, la désinscription arrête tout.

  • Une exclusion des campagnes pour les contacts engagés dans un scénario sensible (panier en attente, réclamation).

Relance de panier, pixels d'ouverture : ce que dit la CNIL

Deux textes s'appliquent aux scénarios d'une boutique : l'article L. 34-5 du Code des postes et des communications électroniques pour l'envoi de messages commerciaux, et l'article 82 de la loi Informatique et Libertés pour les pixels de suivi insérés dans les e-mails. La CNIL a publié le 14 avril 2026 une recommandation sur ces pixels, accompagnée d'une foire aux questions.

  • Le message commercial suppose le consentement préalable du particulier, sauf s'il est déjà client et que le message porte sur des produits similaires vendus par la même entreprise. La simple création d'un compte sur un site marchand ne fait pas de la personne un client.

  • La relance de panier n'est pas un e-mail transactionnel : la CNIL la range parmi les courriels promotionnels relevant de l'article L. 34-5, parce qu'elle vise à faire finaliser un achat. Un pixel de suivi placé dans ce message ne peut pas être exempté de consentement.

  • La confirmation de commande reste transactionnelle si elle ne contient pas d'éléments promotionnels ; un pixel servant uniquement à mesurer la délivrabilité peut alors être exempté, sous les conditions fixées par la recommandation.

  • Le pixel d'ouverture utilisé pour mesurer ou personnaliser les campagnes demande le consentement du destinataire. Pour les adresses collectées avant la publication de la recommandation, les expéditeurs avaient jusqu'au 14 juillet 2026 pour informer les personnes ; à défaut, ils doivent cesser l'usage des pixels soumis au consentement.

Conséquence pratique : un scénario de réactivation fondé sur « n'a pas ouvert depuis… » devient fragile. Les conditions fondées sur les achats et les clics sont plus robustes.

E-mail, SMS, push : quand ajouter un autre canal au scénario

Plusieurs outils (Klaviyo, Omnisend, ActiveTrail, Shopify Messaging) placent SMS ou notifications dans le même parcours que l'e-mail. Le SMS se justifie pour un message court et urgent (colis en livraison, retour en stock d'un article très demandé) ou en second rappel de panier, pas pour reprendre chaque e-mail. Il obéit aux mêmes règles de consentement que l'e-mail commercial et se paie au message, ce qui pèse vite sur la facture.

Emailing, automatisation, relance Shopify : quelle page selon le besoin

Questions Fréquentes

Qu'est-ce que l'automatisation des e-mails dans une boutique en ligne ?
C'est l'envoi de messages déclenchés par un événement de la boutique plutôt que par une date : inscription à la liste, panier abandonné, commande passée, colis livré, inactivité prolongée. Chaque scénario combine un déclencheur, des conditions qui filtrent les contacts et des délais entre les messages. Il s'écrit une fois puis fonctionne en continu, à condition que l'outil d'envoi reçoive les données de la boutique.
Comment mettre en place un mail automatique pour une boutique en ligne ?
Commencez par relier la boutique à l'outil d'envoi (application officielle ou script de suivi) et vérifiez avec une commande de test que les événements remontent. Choisissez ensuite un modèle de scénario (bienvenue ou panier abandonné en priorité), définissez qui entre et ce qui fait sortir du parcours, rédigez deux ou trois messages, testez-les sur une adresse interne puis activez le scénario. Les outils comme Klaviyo, Omnisend, Mailchimp ou MailerLite fournissent des modèles prêts à adapter.
Quels e-mails automatiser en premier dans une boutique en ligne ?
Commencez par la confirmation de commande et le suivi d'expédition, puis la série de bienvenue et la relance de panier abandonné : ils touchent des personnes proches de l'achat et demandent peu de données. Viennent ensuite les messages après l'achat (avis, vente croisée), la navigation abandonnée et la réactivation des inactifs, puis les scénarios qui demandent un catalogue ou un historique bien synchronisé : réachat, retour en stock, anniversaire, clients VIP.
Quel est le meilleur logiciel d'emailing pour automatiser les e-mails d'une boutique ?
Aucun ne s'impose pour toutes les boutiques. Klaviyo et Omnisend sont conçus pour le commerce en ligne et fournissent de nombreux modèles de scénarios ; Brevo convient aux budgets serrés mais réserve les workflows à son forfait Standard ; Mailchimp et MailerLite plafonnent fortement les automatisations de leurs offres d'entrée ; Shopify Messaging suffit pour des scénarios simples sur Shopify. Trois critères tranchent : la plateforme de vente, la taille de la liste et les scénarios visés.
Quelle est la règle des 3 emails ?
Il ne s'agit pas d'une règle officielle mais d'une habitude de métier : construire une séquence de trois messages, par exemple pour relancer un panier abandonné (un rappel simple, un message qui lève les objections sur la livraison ou les retours, un dernier rappel) ou pour accueillir un nouvel inscrit. Le nombre de messages se règle en réalité selon les résultats de chaque scénario, et un achat doit arrêter la séquence à tout moment.
Comment envoyer 1000 mails ou un grand nombre de mails en même temps ?
Passez par un outil d'emailing plutôt que par une messagerie personnelle, et authentifiez votre domaine d'envoi. Google exige SPF ou DKIM de tous les expéditeurs, et SPF, DKIM et DMARC ainsi qu'un désabonnement en un clic dès 5 000 messages par jour vers des comptes Gmail. N'écrivez qu'à des contacts qui ont accepté vos messages et augmentez les volumes progressivement en surveillant le taux de plaintes.
Quelle est la limite d'envoi d'e-mails dans Gmail ?
Pour un compte Google Workspace, Google indique une limite de 2 000 messages par jour et par utilisateur, ramenée à 1 500 pour le publipostage et à 500 pour les comptes d'essai, avec 2 000 destinataires au plus par message dont 500 externes. Une fois la limite atteinte, l'envoi est bloqué pendant 24 heures. La page d'aide destinée aux comptes Gmail personnels ne publie pas de chiffre. Ces plafonds rendent Gmail inadapté aux envois d'une boutique.
Quelle différence entre un e-mail automatisé et un e-mail transactionnel ?
L'e-mail transactionnel exécute une vente ou un service demandé par le client : confirmation de commande, facture, suivi d'expédition, réinitialisation de mot de passe. L'e-mail automatisé désigne tout message déclenché par un événement, qu'il soit transactionnel ou promotionnel. Une relance de panier est automatisée mais promotionnelle ; la CNIL précise qu'une confirmation de commande perd son caractère transactionnel si elle contient une part d'éléments promotionnels.
Faut-il le consentement du client pour une relance de panier abandonné ?
La CNIL classe la relance de panier parmi les courriels promotionnels relevant de l'article L. 34-5 du Code des postes et des communications électroniques, et non parmi les courriels transactionnels. Elle suppose donc le consentement préalable, sauf exception pour un client existant et des produits similaires ; la simple création d'un compte ne suffit pas à faire d'une personne un client. Un pixel de suivi placé dans ce message ne peut pas être exempté de consentement.

Notez cet article

Cyrille ADAM
Cyrille ADAMÉditorial La Fabrique

Besoin d'aide pour Automatisation email e-commerce ?

Trouvez une agence spécialisée pour vous accompagner

Recherche globale

Recherchez parmi les agences, logiciels et articles de La Fabrique du Net.