Une facture impayée ne se règle presque jamais toute seule. Plus vous attendez, plus la probabilité de recouvrement baisse, et plus votre trésorerie encaisse le choc à la place de votre client. La bonne nouvelle, c'est qu'une relance structurée en trois temps suffit à récupérer la grande majorité des créances, sans avocat ni tribunal. Voici la méthode, vos droits et trois modèles prêts à l'emploi. Mis à jour en juillet 2026.
À retenir : les pénalités de retard sont exigibles de plein droit dès le lendemain de la date d'échéance, sans relance préalable obligatoire. Chaque facture impayée entre professionnels ouvre droit en plus à une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 €. Relancez en trois temps : mail amiable dès le premier jour de retard, mail ferme vers J+15, mise en demeure en recommandé avec accusé de réception vers J+30. Vous avez 5 ans pour agir entre professionnels.
Pourquoi relancer vite (et ce que la loi vous accorde déjà)
Premier réflexe à adopter : ne pas attendre. Un retard de paiement traité dans la semaine reste un incident administratif. Le même retard ignoré pendant deux mois devient un rapport de force. Votre client a d'autres fournisseurs qui le relancent, et il règle en priorité ceux qui se manifestent. Relancer tôt, poliment mais systématiquement, vous place en haut de la pile.
Ensuite, la loi est de votre côté, et beaucoup d'entreprises l'ignorent. Entre professionnels, les pénalités de retard sont exigibles de plein droit dès le lendemain de la date d'échéance : aucune relance préalable n'est nécessaire pour qu'elles commencent à courir. Leur taux est celui prévu dans vos conditions générales de vente, avec un minimum légal fixé à 3 fois le taux d'intérêt légal, comme le prévoit l'article L441-10 du code de commerce.
S'y ajoute une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € par facture impayée, due elle aussi de plein droit entre professionnels. Trois factures en retard chez un même client, ce sont donc déjà 120 € d'indemnités exigibles, avant même de compter les pénalités. Ces deux mentions doivent d'ailleurs figurer sur vos factures : si vous avez un doute sur la conformité des vôtres, relisez notre guide comment faire une facture.
Côté délais, le cadre rappelé par le ministère de l'Économie est clair : entre entreprises, le paiement est dû 30 jours après réception par défaut, et le contrat peut prévoir au maximum 60 jours date de facture, ou 45 jours fin de mois. Enfin, la prescription commerciale vous laisse 5 ans pour recouvrer une créance entre professionnels. C'est long, mais n'en faites pas un prétexte pour temporiser : un client relancé dans les jours qui suivent l'échéance paie beaucoup plus volontiers qu'un client relancé six mois plus tard, quand le dossier a changé de mains ou que sa trésorerie s'est dégradée.
La stratégie de relance en trois temps

La séquence qui suit fonctionne pour la grande majorité des impayés B2B. Adaptez les délais à votre secteur et à votre relation commerciale : un grand compte au circuit de validation lent ne se traite pas comme un client qui multiplie les excuses depuis des semaines.
- Dès J+1 et jusqu'à J+7, la relance amiable : un mail courtois, facture jointe, qui part du principe d'un oubli. Sans réponse au bout de quelques jours, doublez d'un appel téléphonique. C'est souvent au téléphone que vous apprendrez la vraie raison du retard : facture perdue, litige non exprimé, difficulté passagère de trésorerie.
- Vers J+15, la relance ferme : un second mail, plus direct, qui rappelle vos droits (pénalités exigibles de plein droit, indemnité de 40 €) et fixe une date limite de règlement précise.
- Vers J+30, la mise en demeure : une lettre recommandée avec accusé de réception. Elle fait courir les intérêts s'ils n'étaient pas déjà exigibles et constitue le préalable indispensable aux poursuites judiciaires.
Précision utile : cet article couvre la relance des factures impayées. Pour les relances commerciales du quotidien, devis resté sans réponse ou prospect silencieux, consultez plutôt nos 7 mails de relance professionnelle, qui traitent ces situations avec le ton adapté.
Exemple concret pour caler votre calendrier : vous émettez une facture de 2 400 € TTC le 2 juin, payable à 30 jours, échéance au 2 juillet. Dès le 3 juillet, les pénalités courent de plein droit et l'indemnité de 40 € est due. Vous envoyez le mail amiable le 3 juillet, vous appelez le 8 juillet, le mail ferme part le 17 juillet avec une date limite au 25, et la mise en demeure part en recommandé le 3 août si rien n'a bougé. À chaque étape, conservez une trace écrite datée : elle constituera votre dossier si l'affaire passe au contentieux.
Modèle de mail de première relance
À ce stade, vous ne savez pas pourquoi la facture n'est pas payée. Le ton reste donc cordial et factuel : vous signalez, vous joignez la facture, vous facilitez le paiement. Pas de menace, pas de mention des pénalités. L'objectif est d'obtenir soit un virement, soit une date d'engagement.
Objet : Facture [numéro de facture] arrivée à échéance le [date d'échéance]
Bonjour [Prénom],
Sauf erreur de notre part, la facture [numéro de facture] d'un montant de [montant TTC] € TTC, émise le [date d'émission] et arrivée à échéance le [date d'échéance], ne nous est pas encore parvenue en règlement.
Il s'agit probablement d'un simple oubli. Vous trouverez la facture en pièce jointe, ainsi que nos coordonnées bancaires pour le virement : [IBAN].
Si le règlement a été effectué entre-temps, merci de ne pas tenir compte de ce message. Dans le cas contraire, pourriez-vous me confirmer la date de paiement prévue ?
Je reste à votre disposition pour toute question sur cette facture.
Bien cordialement,
[Prénom Nom], [Fonction], [Société], [Téléphone]
Modèle de mail de relance ferme
Quinze jours après l'échéance, le registre change. Vous restez professionnel, mais vous rappelez le cadre légal et vous fixez une échéance ferme. Mentionner l'indemnité de 40 € et les pénalités de plein droit suffit souvent à déclencher le paiement : le client comprend que vous connaissez vos droits.
Objet : Relance : facture [numéro de facture] impayée, échéance dépassée
Bonjour [Prénom],
Malgré notre relance du [date de la première relance], la facture [numéro de facture] d'un montant de [montant TTC] € TTC, échue le [date d'échéance], reste impayée à ce jour.
Nous vous rappelons que, conformément à nos conditions générales de vente et au code de commerce, des pénalités de retard sont exigibles de plein droit depuis le lendemain de l'échéance, ainsi qu'une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 €.
Nous vous remercions de procéder au règlement au plus tard le [date limite]. À défaut, nous nous verrions contraints de vous adresser une mise en demeure par lettre recommandée, préalable à une procédure judiciaire de recouvrement.
Si une difficulté particulière explique ce retard, appelez-moi au [Téléphone] : il est encore temps de convenir d'une solution, par exemple un échéancier.
Cordialement,
[Prénom Nom], [Fonction], [Société]
Modèle de lettre de mise en demeure
La mise en demeure marque le passage du registre commercial au registre juridique. Elle s'envoie impérativement par lettre recommandée avec accusé de réception : c'est la date de réception qui fait foi. Juridiquement, elle fait courir les intérêts s'ils n'étaient pas déjà exigibles et constitue un préalable aux poursuites. Les mots « mise en demeure » doivent apparaître explicitement dans le courrier.
[Société créancière, adresse, SIREN]
[Société débitrice, à l'attention de son représentant légal, adresse]
À [Ville], le [date]
Lettre recommandée avec accusé de réception
Objet : mise en demeure de payer la facture [numéro de facture]
Madame, Monsieur,
Malgré nos relances du [date de la première relance] et du [date de la seconde relance], la facture [numéro de facture] du [date d'émission], d'un montant de [montant TTC] € TTC et échue le [date d'échéance], demeure impayée à ce jour.
En conséquence, nous vous mettons en demeure de nous régler la somme de [montant TTC] €, majorée des pénalités de retard prévues à nos conditions générales de vente, exigibles de plein droit depuis le lendemain de l'échéance, ainsi que de l'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € prévue par le code de commerce.
À défaut de règlement sous [délai, par exemple 8 jours] à compter de la réception de la présente, nous engagerons sans autre avis une procédure judiciaire de recouvrement, notamment par voie d'injonction de payer, dont les frais pourraient être mis à votre charge.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de nos salutations distinguées.
[Prénom Nom], [Fonction], [Société], [Signature]
Que faire si le client ne paie toujours pas
Si la mise en demeure reste sans effet, posez-vous trois questions avant d'engager des frais. Que représente la créance par rapport au temps et au coût d'une procédure ? Le client est-il solvable, ou déjà en difficulté avérée ? Souhaitez-vous préserver la relation commerciale, ou est-elle de toute façon terminée ? Il n'existe pas de seuil magique : une petite facture due par un client solvable et de mauvaise volonté mérite parfois une procédure, quand une grosse créance sur une société insolvable peut n'aboutir à rien.
L'outil de référence est l'injonction de payer : une procédure judiciaire simple et peu coûteuse, qui se traite sur dossier. Vous déposez une requête accompagnée de vos justificatifs : facture, conditions générales de vente, bon de commande ou devis signé, copies des relances et de la mise en demeure avec son accusé de réception. Si le juge estime la créance fondée, il rend une ordonnance que vous faites signifier au débiteur. C'est précisément pour cette étape que la traçabilité de vos relances compte : un dossier complet et daté se défend seul.
Si l'injonction n'aboutit pas, ou si le débiteur conteste, l'affaire bascule dans un recouvrement judiciaire classique, où l'accompagnement d'un professionnel du droit devient recommandé. Vous pouvez aussi mandater un commissaire de justice ou une société de recouvrement pour la phase amiable renforcée. Dans tous les cas, gardez en tête la prescription de 5 ans entre professionnels : au-delà, la créance n'est plus recouvrable, quelle que soit la qualité de votre dossier.
Automatiser ses relances pour ne plus y penser
Le vrai problème des relances n'est pas de rédiger un mail, c'est la régularité. Entre deux missions, on oublie de vérifier les échéances, et un retard de dix jours devient un retard de deux mois. Les logiciels de facturation règlent ce problème : ils suivent les échéances, déclenchent automatiquement les scénarios de relance que vous avez paramétrés et gardent l'historique complet de chaque créance. Notre comparateur des logiciels de facturation référence 141 solutions, dont 27 avec une offre gratuite et 58 testées par la rédaction, avec des prix d'entrée payants de 2,49 € à 150 € HT par mois (médiane à 20 € HT par mois). Si votre priorité est de démarrer sans budget, notre sélection des logiciels de facturation gratuits est le bon point de départ.
Questions fréquentes
Quand envoyer la première relance pour une facture impayée ?
Dès le lendemain de la date d'échéance, ou dans les tout premiers jours de retard. C'est légitime, puisque les pénalités courent déjà de plein droit, et c'est efficace : plus la relance est précoce, plus le paiement arrive vite. Un mail cordial suffit à ce stade.
La mise en demeure est-elle obligatoire avant l'injonction de payer ?
Elle constitue le préalable aux poursuites judiciaires, et l'accusé de réception du recommandé viendra compléter votre dossier devant le juge. Elle fait aussi courir les intérêts s'ils n'étaient pas déjà exigibles. Ne sautez donc pas cette étape avant de déposer une requête en injonction de payer.
Puis-je réclamer des pénalités de retard sans les avoir annoncées dans ma relance ?
Oui. Les pénalités de retard sont exigibles de plein droit dès le lendemain de l'échéance, sans relance préalable obligatoire, tout comme l'indemnité forfaitaire de 40 €. En pratique, beaucoup d'entreprises les utilisent surtout comme levier de négociation : elles y renoncent si le client règle rapidement le principal.
Combien de temps ai-je pour recouvrer une facture impayée ?
La prescription commerciale est de 5 ans entre professionnels. Passé ce délai, la créance ne peut plus être recouvrée en justice. N'attendez pas pour autant : la valeur réelle d'une créance diminue avec le temps, au rythme des changements d'interlocuteurs et des difficultés éventuelles du débiteur.
L'indemnité forfaitaire de 40 € s'applique-t-elle aux clients particuliers ?
Non. L'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € par facture impayée concerne les relations entre professionnels. Face à un client particulier, la démarche de relance amiable puis de mise en demeure reste la même, mais ce mécanisme spécifique au B2B ne s'applique pas.
Relancer, c'est bien ; ne plus avoir à le faire manuellement, c'est mieux. Pour choisir un outil qui suit vos échéances et envoie vos relances à votre place, comparez les solutions du marché dans notre comparatif des logiciels de facturation.


