Guide pour bien choisir son logiciel de affichage dynamique
L'affichage dynamique, ou digital signage, consiste à diffuser sur des écrans des contenus que l'on pilote à distance : menus de restaurant, promotions en magasin, informations à l'accueil, communication interne dans les locaux, horaires dans une mairie. Le logiciel est le cœur du dispositif : c'est lui qui programme les contenus, écran par écran et heure par heure, et qui fait tourner les lecteurs branchés derrière chaque écran.
Voici mon comparatif des logiciels d'affichage dynamique, avec les prix publics relevés chez les éditeurs et les règles françaises que la plupart des comparatifs oublient : horaires d'extinction, écrans en vitrine et caméras de mesure d'audience.
Comment fonctionne un logiciel d'affichage dynamique
- Une plateforme de gestion, le plus souvent en ligne (SaaS), parfois installée sur vos serveurs, pour créer les contenus, les organiser en playlists et les programmer.
- Un lecteur par écran : un boîtier (Raspberry Pi, boîtier Android, BrightSign, clé Fire TV), un ordinateur Windows, ou directement le système intégré des écrans professionnels, comme Tizen chez Samsung ou webOS chez LG.
- Une facturation par écran, presque toujours mensuelle ou annuelle : c'est le chiffre à regarder pour comparer.
Avant de choisir, vérifiez donc que le logiciel est compatible avec les écrans ou les boîtiers que vous possédez déjà. C'est le premier critère d'élimination.
Les avantages de l'affichage dynamique
- Des contenus mis à jour en un clic : un prix, un menu ou une information se change à distance, sans imprimer ni se déplacer.
- Le bon message au bon moment : le menu du midi puis celui du soir, une promotion selon l'heure ou la météo, programmés à l'avance.
- Un réseau piloté depuis un seul endroit : utile pour une enseigne à plusieurs points de vente ou une entreprise multi-sites.
- Des contenus plus visibles : vidéos, animations, et données en temps réel comme les indicateurs de production ou les temps d'attente.
- Moins d'impression : les affiches papier qui changent souvent disparaissent.
En contrepartie, il faut produire des contenus régulièrement, sinon l'écran devient une affiche figée, et prévoir le coût du matériel, de l'installation et de l'électricité.
Les logiciels d'affichage dynamique comparés
Les éditeurs français
Signao, éditeur nantais, vend des licences mensuelles sans engagement, compatibles avec les écrans Samsung et LG, Android et Windows, et propose ses propres boîtiers. C'est l'un des rares à publier ses prix, à partir de 5 € HT par licence et par mois.
Emity, éditeur basé près de Montpellier, fonctionne en SaaS ou sur vos serveurs et revendique une compatibilité très large (Android, iOS, Linux, webOS, Tizen, Windows, ChromeOS). Il propose un essai gratuit de trois mois jusqu'à trois écrans, sans carte bancaire, et vend ensuite par l'intermédiaire de revendeurs.
Cenareo, éditeur toulousain, cible les réseaux importants : ses offres démarrent à partir de 50 écrans. Media4Display, de Telelogos, est proposé en SaaS ou en licence. Anikop propose un outil en ligne d'affichage dynamique. Stelogy, opérateur télécom et cloud, propose aussi une offre d'affichage dynamique en SaaS.
Les plateformes internationales
Yodeck est l'une des solutions les plus accessibles : une offre gratuite pour un écran, puis des prix par écran affichés en euros. Il fonctionne avec son propre lecteur sur Raspberry Pi, mais aussi Android, Fire TV, Tizen, webOS, BrightSign et Windows. OptiSigns propose une offre gratuite jusqu'à trois écrans (avec son logo) et une compatibilité très large. ScreenCloud, éditeur londonien, et Screenly sont deux autres solutions en cloud, facturées par écran.
Samsung VXT est la plateforme en cloud de Samsung pour ses écrans professionnels ; Samsung qualifie désormais son ancien logiciel MagicINFO de solution historique.
Les solutions open source
Xibo existe en cloud ou à héberger vous-même ; son lecteur Windows est open source, les lecteurs Android, webOS et Tizen sont payants. Anthias, le projet open source de Screenly, est entièrement gratuit et tourne sur Raspberry Pi ou sur un PC. Comme toujours avec l'open source, la licence est gratuite mais l'installation et la maintenance restent à votre charge.
Pour l'affichage publicitaire extérieur à grande échelle (réseaux d'écrans vendus aux annonceurs), des plateformes spécialisées comme Broadsign relèvent d'un autre métier que le logiciel d'affichage d'un commerce ou d'une entreprise.
Combien coûte l'affichage dynamique ?
Prix publics relevés sur les sites des éditeurs le 25 septembre 2026, par écran ou par licence et par mois :
- Signao : de 5 € HT (VIRTUO, sans boîtier) à 29 € HT (PRO+, avec boîtier), sans engagement.
- Yodeck : gratuit pour un écran, puis 8 €, 11 € ou 15 € par écran et par mois en facturation annuelle, selon l'offre.
- OptiSigns : gratuit jusqu'à trois écrans avec logo, puis de 7,50 € (Standard, en annuel) à 33,75 € (Enterprise, à partir de 25 écrans), taxes en sus.
- ScreenCloud : Core à 18 € par écran et par mois en annuel (21 € au mois), Pro à 27 € (32 € au mois).
- Screenly : de 15 $ à 38 $ par écran et par mois, en facturation annuelle.
- Anthias : gratuit.
Stelogy, Emity, Anikop, Cenareo, Media4Display, Samsung VXT et Xibo ne publient pas de grille exploitable. Au prix du logiciel s'ajoutent l'écran, le lecteur si l'écran n'en intègre pas, et l'installation.
Écrans et réglementation : ce qu'un logiciel doit savoir gérer
Un écran dynamique n'est pas un simple téléviseur : dès qu'il est visible de la rue, il relève du Code de l'environnement. Les éditeurs en parlent peu, alors que c'est souvent là que se joue le choix du logiciel, qui doit savoir programmer les horaires d'allumage.
Écrans à l'intérieur du magasin : hors champ
Les règles sur la publicité extérieure ne s'appliquent pas aux écrans placés à l'intérieur d'un local et tournés vers les clients. L'article L. 581-2 du Code de l'environnement le précise : ses dispositions « ne s'appliquent pas à la publicité, aux enseignes et aux préenseignes situées à l'intérieur d'un local, sauf si l'utilisation de celui-ci est principalement celle d'un support de publicité ». Un écran d'accueil, un menu de restaurant ou un écran d'information interne n'est donc pas concerné.
Écrans en vitrine : tout dépend de votre commune
Depuis la loi Climat et résilience de 2021, l'article L. 581-14-4 permet au règlement local de publicité (RLP) d'encadrer les écrans lumineux placés à l'intérieur des vitrines et visibles de la rue : il peut fixer des prescriptions « en matière d'horaires d'extinction, de surface, de consommation énergétique et de prévention des nuisances lumineuses ». Il n'existe pas de règle nationale : tout dépend du RLP de votre commune ou de votre intercommunalité. Consultez-le avant d'installer un écran en vitrine.
Écrans publicitaires et enseignes lumineuses : l'extinction nocturne
Pour les dispositifs extérieurs, les horaires sont nationaux. Selon l'article R. 581-35, « les publicités lumineuses sont éteintes entre 1 heure et 6 heures », sauf exceptions (aéroports, mobilier urbain des transports pendant leurs heures de service, à condition que les publicités numériques soient à images fixes). Pour les enseignes, l'article R. 581-59 prévoit que « les enseignes lumineuses sont éteintes entre 1 heure et 6 heures, lorsque l'activité signalée a cessé ». Un commerce qui ferme ou ouvre entre minuit et 7 heures peut garder son enseigne allumée jusqu'à une heure après la fermeture, et la rallumer une heure avant l'ouverture. Le non-respect de ces horaires est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe (article R. 581-87-1).
En pratique, vérifiez que votre logiciel sait programmer l'allumage et l'extinction de chaque écran, par jour et par plage horaire, y compris pour les jours fériés.
Caméras et mesure d'audience : la position de la CNIL
Certaines solutions proposent de compter les passants, voire d'adapter le contenu à la personne devant l'écran. La CNIL a pris position en juillet 2022 sur ces caméras dites augmentées. Le comptage à des fins statistiques est envisageable, mais « les statistiques produites doivent être anonymisées, et les images « source » effacées le plus rapidement possible ». En revanche, pour les dispositifs qui analysent les émotions ou ciblent la publicité selon l'âge ou le genre, elle estime qu'« à défaut de reposer sur une autre base légale, telle que le consentement des personnes, ces dispositifs n'apparaissent pas pouvoir être mis en œuvre ». Si un éditeur vous vend un écran qui « reconnaît » son public, demandez-lui par écrit sur quelle base légale il repose.
Le coût énergétique des écrans
Selon une étude de l'ADEME publiée en juin 2025, environ 300 000 écrans numériques sont en activité en France, dont seulement 15 000 relèvent strictement de la définition légale de la publicité. Ces 15 000 écrans publicitaires consomment à eux seuls chaque année autant d'électricité que près de 3 500 logements. Un bon logiciel d'affichage dynamique aide à réduire la facture : programmation des horaires, extinction automatique en dehors des heures d'ouverture, et contenus adaptés au moment de la journée plutôt qu'une diffusion en continu.
Comment choisir son logiciel d'affichage dynamique
- Vos écrans d'abord : listez vos écrans et lecteurs, et éliminez les logiciels qui ne les prennent pas en charge. Un écran professionnel Samsung ou LG peut souvent se passer de boîtier.
- Le nombre d'écrans : pour un ou deux écrans, une offre gratuite (Yodeck, OptiSigns) ou open source (Anthias) peut suffire ; pour un réseau de plusieurs sites, regardez la gestion multi-sites, les droits par utilisateur et la supervision des écrans.
- La programmation horaire : allumage et extinction par écran, contenus par plage horaire, jours fériés. C'est ce qui vous met en règle dans les communes qui encadrent les écrans en vitrine, et ce qui réduit la consommation.
- La langue : les éditeurs français (Signao, Emity, Cenareo, Media4Display, Anikop, Stelogy) ont un site en français ; la plupart des plateformes internationales n'en ont pas. Demandez si l'interface et le support sont disponibles en français.
- Les contenus : intégration de vos sources (flux RSS, réseaux sociaux, météo, tableaux de bord, menus), éditeur de visuels intégré, modèles adaptés à votre secteur.




