NoMachine s'est bâti une solide réputation chez les profils techniques grâce à son protocole NX, taillé pour la prise de contrôle à distance sur des connexions à faible débit. Pendant des années, son atout décisif tenait en un mot : gratuit. C'est précisément ce point qui a changé. Avec la version 10, NoMachine a supprimé son édition gratuite. L'entrée de gamme s'appelle désormais Personal Edition et coûte 20,99 € par an (prix relevés en août 2026 sur la boutique officielle). Pour beaucoup d'utilisateurs qui l'avaient adopté justement parce qu'il ne coûtait rien, c'est le déclencheur qui pousse à regarder ailleurs.
Sur La Fabrique du Net, nous référençons les logiciels de bureau à distance et recueillons les avis de leurs utilisateurs. Cet article ne prétend pas avoir testé chaque outil en laboratoire : il compare les alternatives à NoMachine à partir de leurs caractéristiques publiques et des retours de la communauté, pour vous aider à décider selon votre système, votre budget et votre besoin de contrôle des données.
Faut-il vraiment quitter NoMachine ?
Avant d'entrer dans le détail, voici un verdict par profil pour vous orienter tout de suite.
- Vous voulez du gratuit et open source, surtout sous Linux : regardez RustDesk en auto-hébergé, ou X2Go.
- Vous faites du dépannage à distance chez des tiers sans toucher à la configuration réseau : AnyDesk ou TeamViewer.
- La souveraineté et l'hébergement des données priment : RustDesk auto-hébergé, sur un serveur que vous maîtrisez.
- Vous cherchez le plus simple et le vraiment gratuit pour un accès occasionnel à votre poste : Chrome Remote Desktop.
- Vous exploitez des sessions graphiques Linux exigeantes sur des liens lents et NoMachine vous convient techniquement : le garder à 20,99 € par an peut rester le choix le plus rationnel.
Le reste de l'article détaille ce que chaque alternative vous fait gagner, et surtout ce que vous perdez en quittant NoMachine.
Pourquoi NoMachine n'est plus gratuit, et ce que ça change
C'est la vraie raison qui relance aujourd'hui la recherche d'une alternative. La version gratuite historique de NoMachine, longtemps proposée sans limite de durée pour un usage personnel, a été retirée avec la version 10. La gamme actuelle est entièrement payante, sous forme d'abonnements annuels qui incluent le support standard et les mises à jour.
Voici les tarifs officiels relevés en août 2026 sur la boutique NoMachine, pour situer le nouveau point d'entrée.
- Personal Edition : 20,99 € par an, l'entrée de gamme qui remplace l'ancienne version gratuite.
- Enterprise Desktop : 38,12 € par an pour un poste avec accès distant et administration renforcée.
- Workstation : 106,65 € par an pour un poste multi-sessions.
- Terminal Server : 1 280,20 € par an, et Enterprise Terminal Server à 2 993,40 € par an pour les déploiements serveur à plus grande échelle.
Pour un particulier ou un indépendant, 20,99 € par an reste modeste. Mais le geste change la comparaison : NoMachine n'est plus l'option gratuite par défaut, et plusieurs alternatives proposent aujourd'hui un usage gratuit, open source ou en auto-hébergement qui n'existait pas dans les mêmes termes il y a quelques années. C'est ce contexte qui rend la migration pertinente à réévaluer.
Les meilleures alternatives à NoMachine
Notre sélection privilégie les solutions qui répondent aux trois motivations les plus fréquentes derrière la recherche d'une alternative : retrouver du gratuit, gagner en simplicité de connexion, ou reprendre la main sur l'hébergement des données. Les cartes détaillées de chaque logiciel apparaissent à côté de leur nom.
RustDesk
RustDesk est une solution open source de bureau à distance, auto-hébergeable, qui reprend le principe de connexion sans configuration réseau popularisé par TeamViewer, mais en vous laissant héberger votre propre serveur de relais. Pour une organisation qui veut garder ses flux en Europe ou en France, c'est un argument central. Le code est public et l'auto-hébergement est gratuit ; l'éditeur propose aussi une offre cloud payante pour ceux qui ne veulent pas gérer leur infrastructure.
Ce que vous perdez face à NoMachine : la finesse de l'image sur les usages graphiques très lourds, et la maturité de l'écosystème. L'auto-hébergement demande par ailleurs des compétences serveur que NoMachine n'exige pas en réseau local.
Pour qui : les organisations attachées à la souveraineté de leurs données, celles qui veulent une base open source, et les équipes techniques capables de déployer et maintenir leur propre relais.
AnyDesk
AnyDesk mise sur un client très léger et une connexion immédiate via ses serveurs de relais, sans ouverture de port. Son protocole DeskRT est optimisé pour les interfaces graphiques et offre une fluidité que les utilisateurs jugent généralement excellente. Le modèle est un freemium : gratuit pour un usage personnel non commercial, abonnement pour les usages professionnels.
Ce que vous perdez face à NoMachine : la profondeur d'intégration sous Linux, notamment avec X11 et Wayland, où NoMachine reste plus abouti pour les environnements de bureau exigeants ou non standard. Et l'usage professionnel n'est pas gratuit.
Pour qui : les indépendants et les petites équipes qui veulent un outil simple, fluide et rapide à déployer, sans configuration réseau.
TeamViewer
TeamViewer est la solution de bureau à distance la plus connue, et elle écrase NoMachine sur tout ce qui touche au support à distance : sessions à plusieurs intervenants, transfert de fichiers, chat, enregistrement de session, intégrations avec les outils de gestion de tickets. La connexion s'établit sans configuration réseau, ce qui la rend accessible même sans compétences techniques. Elle propose une version gratuite pour l'usage personnel et des abonnements pour les usages professionnels.
Ce que vous perdez face à NoMachine : la performance sur les connexions très dégradées, où le protocole NX garde l'avantage, et un budget plus élevé une fois en usage professionnel. La version gratuite est régulièrement bloquée lorsque l'éditeur détecte un usage jugé commercial.
Pour qui : les équipes de support et de helpdesk qui gèrent des demandes d'assistance et ont besoin d'un outil clé en main.
Splashtop
Splashtop se positionne sur un créneau précis : des performances graphiques solides, une connexion simple, et un tarif jugé lisible. Elle est appréciée pour le travail à distance sur des postes graphiques et pour le support. Le modèle repose sur des abonnements, avec un essai gratuit pour évaluer l'outil.
Ce que vous perdez face à NoMachine : l'option d'hébergement on-premise et la maturité de l'intégration Linux, moins poussée que celle de NoMachine.
Pour qui : les PME qui veulent une solution performante et facile à déployer sans gérer d'infrastructure lourde.
Chrome Remote Desktop
Proposé gratuitement par Google, Chrome Remote Desktop fonctionne via le navigateur et une application mobile. Sa force est une simplicité totale : en quelques minutes, on accède à son poste depuis n'importe où, sans configuration réseau et sans frais.
Ce que vous perdez face à NoMachine : les performances sur usages exigeants, l'audio bidirectionnel, le transfert de fichiers natif et les fonctions professionnelles avancées. C'est un outil pensé pour la simplicité, pas pour la performance.
Pour qui : les particuliers et les très petites structures qui veulent un accès basique et gratuit à leur poste de travail.
Les alternatives à NoMachine sous Linux
NoMachine est largement adopté par les administrateurs système et les utilisateurs Linux, et c'est souvent sur ce terrain que se joue le choix d'une alternative. Trois noms reviennent régulièrement dans les discussions techniques, en plus de RustDesk déjà cité plus haut.
X2Go est une solution open source qui, comme NoMachine, s'appuie sur une évolution du protocole NX pour offrir des sessions graphiques distantes fluides sous Linux. Entièrement gratuit, il constitue l'alternative la plus proche dans l'esprit pour qui veut rester sur une base ouverte.
ThinLinc, édité par Cendio, est une solution commerciale spécialisée dans les sessions Linux distantes à l'échelle, avec une version d'évaluation gratuite pour un usage limité et des licences payantes au-delà. Elle vise surtout les environnements serveur et les déploiements multi-utilisateurs.
Remmina, enfin, est un client de bureau à distance open source pour Linux qui gère de nombreux protocoles, dont NX, RDP, VNC et SSH. Attention à sa nature : c'est un client, pas un serveur. Il vous permet de vous connecter à des machines distantes depuis un poste Linux, mais il faut une machine hôte qui expose déjà un serveur compatible en face.
Comparatif des alternatives à NoMachine
| Solution | Modèle tarifaire | Atout face à NoMachine | Ce que vous perdez | Idéal pour |
|---|---|---|---|---|
| RustDesk | Open source, auto-hébergement gratuit ; offre cloud payante | Souveraineté des données, connexion sans configuration réseau | Image en retrait sur usages graphiques lourds, serveur à gérer | Organisations soucieuses de leurs données, équipes techniques |
| AnyDesk | Freemium, gratuit en usage personnel, abonnement pro | Client léger, connexion immédiate, fluidité | Intégration Linux moins profonde, usage pro payant | Indépendants et petites équipes |
| TeamViewer | Freemium, gratuit en usage personnel, abonnement pro | Fonctions de support complètes, connexion immédiate | Moins performant sur liens dégradés, budget pro élevé | Équipes de support et helpdesk |
| Splashtop | Abonnement, essai gratuit | Bonnes performances graphiques, déploiement simple | Pas d'option on-premise, Linux moins mature | PME cherchant simplicité et performance |
| Chrome Remote Desktop | Gratuit (Google) | Simplicité maximale, aucune configuration | Performances et fonctions avancées limitées | Particuliers, TPE, accès occasionnel |
| X2Go | Open source, gratuit | Sessions Linux distantes proches de l'esprit NoMachine | Centré Linux, écosystème plus confidentiel | Utilisateurs et administrateurs Linux |
| NoMachine (référence) | À partir de 20,99 € par an (Personal Edition) | Protocole NX sur faible débit, intégration Linux poussée | Plus de version gratuite, configuration réseau à prévoir hors LAN | Profils techniques, sessions graphiques Linux exigeantes |
Comment choisir votre alternative à NoMachine
Choisir ne consiste pas à trouver un clone de NoMachine, mais à cibler ce qu'il ne fait pas assez bien pour vous et à combler ce manque sans en créer un nouveau. Commencez par lister vos usages réels : accédez-vous à des machines Linux avec interface graphique, faites-vous du support à plusieurs, avez-vous besoin de vous connecter sans configuration réseau depuis des sites tiers, ou d'héberger vous-même vos flux ? Chaque réponse oriente vers une famille de solutions différente.
Sur le plan de la migration, la bonne nouvelle est qu'il n'y a pas de base de données propriétaire ni de configuration complexe à exporter : il s'agit surtout d'installer la nouvelle solution et de reconfigurer les accès. La difficulté est organisationnelle plus que technique, à savoir reparamétrer les postes, adapter d'éventuels scripts d'automatisation et accompagner les utilisateurs sur le nouvel outil. Plus votre parc est étendu, plus cette phase de bascule pèse dans la décision.
Un dernier réflexe utile avant de trancher : méfiez-vous des éditeurs qui ne proposent aucun essai sans carte bancaire, dont la grille tarifaire est opaque, ou dont la documentation et le support avant-vente sont indigents. Ces signaux annoncent souvent la qualité du service une fois le contrat signé. Pour croiser les options selon vos critères et lire les avis d'autres utilisateurs, vous pouvez partir de notre comparateur des logiciels de bureau à distance.
Quand rester sur NoMachine reste le bon choix
Changer d'outil n'est pas toujours la bonne décision, et il serait malhonnête de vous pousser vers la sortie par principe. Si vous exploitez des sessions graphiques Linux exigeantes, du rendu 3D, du calcul ou de la bioinformatique sur des liaisons lentes, l'intégration du protocole NX reste difficile à égaler, et beaucoup d'alternatives grand public accusent le coup dans ce contexte précis. Le nouveau tarif d'entrée de 20,99 € par an demeure par ailleurs modeste face à des abonnements professionnels facturés au mois. Et si votre installation fonctionne, qu'elle est stable et que vos utilisateurs la maîtrisent, l'énergie d'une migration n'est pas toujours justifiée. Comparez, testez sur votre propre configuration, et décidez à partir de votre contexte plutôt que d'une réputation.
10 autres alternatives à NoMachine
Ce classement est calculé sans critère commercial. Méthodologie de classement
| Logiciel | Note | Essai gratuit | Site officiel | |
|---|---|---|---|---|
| 7,0/10 | Oui | Visiter | Lire le test → | |
| 8,1/10 | Oui | Visiter | Lire le test → | |
| 7,9/10 | Oui | Visiter | Lire le test → | |
| 7,6/10 | Oui | Visiter | Lire le test → | |
| 7,8/10 | Non | Visiter | Lire le test → | |
| 9,0/10 | Oui | Visiter | Lire le test → | |
| 8,5/10 | Non | Visiter | Lire le test → | |
| 8,5/10 | Non | Visiter | Lire le test → | |
| 7,4/10 | Non | Visiter | Lire le test → | |
| — | Oui | Visiter | Voir la fiche → |
Questions Fréquentes
NoMachine est-il encore gratuit ?
Non. La version gratuite historique de NoMachine a été supprimée avec la version 10. L'entrée de gamme est désormais l'édition Personal, facturée 20,99 € par an (prix relevé en août 2026 sur la boutique officielle), et la gamme professionnelle est entièrement payante. Si le gratuit est votre critère, RustDesk en auto-hébergement, Chrome Remote Desktop ou, sous Linux, X2Go et Remmina restent des options sans frais.
Quelle est la meilleure alternative gratuite à NoMachine ?
Pour une organisation dotée de compétences techniques, RustDesk en mode auto-hébergé est notre recommandation : open source, gratuit, et il garde vos données sur votre propre serveur. Pour un accès simple sans infrastructure, Chrome Remote Desktop est la voie la plus rapide. Et si vous êtes sur Linux, X2Go et Remmina sont deux alternatives open source entièrement gratuites.
Quelle alternative à NoMachine choisir sous Linux ?
Sous Linux, plusieurs options se distinguent selon le besoin. X2Go, open source et gratuit, s'appuie comme NoMachine sur une évolution du protocole NX pour des sessions graphiques distantes. ThinLinc, édité par Cendio, vise les déploiements serveur multi-utilisateurs avec une version d'évaluation gratuite limitée. Remmina est un client polyvalent qui gère NX, RDP, VNC et SSH, mais il lui faut un serveur compatible en face. RustDesk convient enfin si vous voulez de l'auto-hébergement et de la souveraineté.
NoMachine ou AnyDesk : lequel choisir ?
NoMachine garde l'avantage sur les environnements Linux avancés, les connexions à très faible débit et le contrôle fin de la configuration serveur. AnyDesk l'emporte sur la facilité de déploiement, la connexion sans configuration réseau et une interface accessible aux utilisateurs non techniques. Depuis la disparition de la version gratuite de NoMachine, l'écart de coût pour un usage personnel s'est resserré, puisque AnyDesk reste gratuit en usage non commercial tandis que NoMachine facture son édition Personal.
Est-il difficile de migrer depuis NoMachine ?
Techniquement, la migration est simple : il n'y a pas de base de données propriétaire ni de configuration complexe à exporter, il suffit d'installer la nouvelle solution sur les machines concernées. La vraie difficulté est organisationnelle : reconfigurer les accès de chaque utilisateur, adapter d'éventuels scripts d'automatisation et accompagner les équipes sur le nouvel outil. Plus le parc est étendu, plus cette phase de bascule demande de préparation.
Comment télécharger et installer NoMachine ?
Le téléchargement se fait sur le site officiel nomachine.com, avec un paquet par système : .exe pour Windows, .dmg pour macOS, .deb ou .rpm pour Linux, ainsi que des paquets pour Raspberry Pi. L'installation est guidée et rapide, et la machine devient accessible sur le réseau local sans réglage particulier. Pour un accès depuis internet, il faut en revanche ouvrir le port 4000 sur le pare-feu et la box, et configurer le transfert de port vers l'adresse IP locale de la machine hôte.
