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Emails promotionnels : 15 exemples réels décortiqués et 3 modèles à adapter

Julien MorelJulien MorelÉditorial La Fabrique

Mise à jour : 7 octobre 2026. Les exemples ci-dessous sont de vrais emails envoyés par des marques et archivés publiquement par l’agence emailing Badsender, avec l’expéditeur, l’objet, le préheader et une date. Chaque exemple renvoie vers son analyse d’origine. Les marques ne publient généralement pas leurs taux d’ouverture ou de clic : cet article n’en donne donc aucun.

Un email promotionnel réussi tient en peu de choses : une offre compréhensible dès la boîte de réception, une échéance vraie, un message lisible même quand les images ne s’affichent pas, et un envoi au bon moment. Les exemples d’emails promotionnels qui suivent le montrent par l’exemple, en positif comme en négatif. Vous trouverez ensuite un modèle d’email pour les soldes à adapter, une checklist de conception et les règles à respecter (CNIL, annonces de prix, soldes, exigences de Gmail) avant d’envoyer votre prochain mail promo.

Qu’est-ce qu’un email promotionnel ?

Un email promotionnel (ou mail promo) est un message commercial envoyé à une liste de contacts pour pousser une offre précise : une réduction, un code promo, une vente privée, les soldes, un lancement de produit ou une opération saisonnière (Noël, fête des pères, rentrée). Il se distingue de deux autres familles d’emails :

  • La newsletter : un contenu éditorial récurrent (conseils, actualités, inspiration), qui peut contenir une offre mais n’est pas construit autour d’elle.
  • L’email transactionnel : un message déclenché par une action du client (confirmation de commande, expédition, réinitialisation de mot de passe). Il est attendu et très lu, mais il ne doit pas devenir un support publicitaire déguisé.

Juridiquement, la promotion par email est de la prospection commerciale par voie électronique : elle obéit aux règles de consentement rappelées par la CNIL (voir plus bas). Un mailing publicitaire envoyé à des particuliers sans leur accord préalable, hors des exceptions prévues, expose l’expéditeur à une plainte auprès de la CNIL et à une amende administrative pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale (article L34-5 du code des postes et des communications électroniques). Par une décision n° 2026-1210 QPC du 25 juin 2026, le Conseil constitutionnel a déclaré contraires à la Constitution les alinéas de l’article L34-5 qui fixent ces sanctions ; leur abrogation est reportée au 31 octobre 2027 et l’obligation de consentement n’est pas remise en cause.

15 exemples d’emails promotionnels réels, décortiqués

Pour chaque email : la marque, la date indiquée dans l’archive Badsender (Badsender ne précise pas s’il s’agit de la réception ou de l’archivage), l’objet tel qu’il est apparu en boîte de réception, puis ce qui fonctionne et ce qui coince. Les dix premiers sont plutôt à suivre, les cinq derniers montrent des erreurs fréquentes. Les appréciations reprennent celles de l’analyse Badsender citée, reformulées.

1. Beem : le prix et l’échéance dans l’objet

  • Date dans l’archive : 21/01/2025. Objet : « Votre Beem On à 434€, ça s’arrête ce soir ». Préheader : « Profitez-en vite ! »
  • Ce qui fonctionne : l’objet donne le produit, le prix et la fin de l’offre. Le lecteur sait tout sans ouvrir. Une partie des textes et des boutons est en HTML, lisible sans images ; Badsender relève en revanche que le titre principal, les prix et la durée de l’offre sont intégrés dans des images.
  • Ce qui coince : une faute d’orthographe dans un sous-titre, et une relance envoyée trois jours après un premier email quasi identique. L’analyse Badsender conseille d’apporter une information nouvelle dans la relance plutôt que de répéter la même offre.
  • À retenir : une relance doit ajouter un argument (économie réalisée, usage, avis), pas seulement de la pression.

2. VistaPrint : l’offre mystère qui expire ce soir

  • Date dans l’archive : 13/03/2024. Objet : « Votre offre mystère expire CE SOIR ! »
  • Ce qui fonctionne : la curiosité (une offre « mystère ») combinée à une échéance courte. Côté technique, l’expéditeur est authentifié (SPF, DKIM, DMARC) et dispose d’un enregistrement BIMI, ce qui affiche le logo de la marque dans Gmail.
  • Ce qui coince : plusieurs blocs réalisés en images qui auraient pu être en texte, un préheader trop court qui se mélange au contenu suivant, quelques textes illisibles en mode sombre et une adresse de réponse non gérée (analyse Badsender).
  • À retenir : un mail promotionnel se joue aussi sur la délivrabilité. Authentifiez votre domaine avant de soigner votre accroche.

3. Babbel : la bonne résolution plutôt que les vœux

  • Date dans l’archive : 24/01/2024. Objet : « Votre futur s’écrit avec une nouvelle langue… ». Préheader : « Réalisez notre prédiction avec 60% de réduction. »
  • Ce qui fonctionne : l’objet vend une promesse (parler une nouvelle langue), le préheader apporte l’offre chiffrée. Les deux se complètent au lieu de se répéter. Le design est épuré, lisible sur mobile et en mode sombre, avec un bouton bien visible.
  • Ce qui coince : un en-tête jugé pauvre par Badsender, qui aurait affiché le préheader dans l’email plutôt que de le cacher.
  • À retenir : en janvier, rattacher la promo à une bonne résolution est plus utile au lecteur qu’un énième « bonne année ».

4. Leroy Merlin : la promo envoyée par le magasin du client

  • Date dans l’archive : 26/01/2024. Expéditeur : Leroy Merlin Grande-Synthe – Dunkerque. Objet : « Derniers jours pour en profiter ». Préheader : « – 15 % sur le Sol Stratifié et Parquet ».
  • Ce qui fonctionne : le nom du magasin dans l’expéditeur, un code promo personnel valable en ligne ou en magasin, une structure classique et claire (visuel, offre, deux boutons, livraison, fidélité).
  • Ce qui coince : le clic renvoie vers un autre magasin que celui du destinataire (analyse Badsender).
  • À retenir : pour une enseigne à plusieurs points de vente, la personnalisation locale vaut plus qu’un prénom dans l’objet, à condition que les liens suivent.

5. Sticker Mule : une seule offre, en texte brut

  • Date dans l’archive : 17/08/2023. Objet : « New glitter stickers ». Préheader : « – 50 for $19 ».
  • Ce qui fonctionne : un email HTML qui imite le texte brut, sans image. Résultat selon Badsender : un code très léger, un affichage correct en mode sombre et sur mobile, une bonne accessibilité, et une proposition comprise dès la boîte de réception.
  • À retenir : un email promo n’a pas besoin d’un grand visuel pour vendre. Une offre simple, dite clairement, suffit souvent.

6. Adidas : un email court qui qualifie le lecteur

  • Date dans l’archive : 05/12/2023. Objet : « Mid-Season Promo: Up to 40% Off! »
  • Ce qui fonctionne : un message bref et adapté au mobile, l’offre, le choix homme, femme ou enfant, et un lien vers le magasin le plus proche. Chaque clic renseigne la marque sur le profil du lecteur.
  • Ce qui coince : l’email est en anglais alors qu’il a été reçu par un francophone (analyse Badsender).
  • À retenir : un email promo peut aussi servir à segmenter votre base pour les envois suivants.

7. Patagonia : un lancement de collection en une colonne

  • Date dans l’archive : 26/08/2024. Objet : « Un premier aperçu des nouveautés pour l’automne 2024 ». Préheader : « Tout est couvert par notre Garantie Ironclad. »
  • Ce qui fonctionne : une mise en page en une seule colonne qui garde le même ordre de lecture sur ordinateur et sur mobile, des boutons en HTML, une hiérarchisation nette de l’information et des textes alternatifs correctement renseignés selon Badsender. Le préheader rassure (la garantie) au lieu de répéter l’objet.
  • Ce qui coince : les titres sont en images plutôt qu’en HTML, ce qui gêne l’affichage sans images et en mode sombre, et les textes sont jugés trop petits sur mobile (analyse Badsender).
  • À retenir : pour un lancement de produit, la qualité des visuels et la lisibilité comptent plus qu’une réduction.

8. Le Jouet Simple : la boutique de Noël bien mise en scène

  • Date dans l’archive : 05/12/2024. Objet : « Découvrez la boutique de Noël ». Préheader : « Idées cadeaux pour éveiller au monde ».
  • Ce qui fonctionne : un logo décliné pour l’occasion et des photos de jouets en situation, avec papier cadeau et sapin dans le visuel principal, cohérent avec le sujet de l’email (analyse Badsender).
  • À retenir : un temps fort saisonnier se prépare : visuel dédié, sélection resserrée, envoi assez tôt pour livrer avant la date.

9. Alan : le parrainage présenté simplement

  • Date dans l’archive : 17/04/2024. Objet : « Sébastien, vous aimez Alan ? Vous êtes notre meilleur ambassadeur ». L’expéditeur affiché est une personne, pas la marque.
  • Ce qui fonctionne : un email facile à lire qui présente le programme de parrainage et renvoie vers une page d’atterrissage dédiée. Le domaine d’envoi est authentifié avec DMARC et BIMI (analyse Badsender).
  • À retenir : un email de parrainage s’adresse à des clients satisfaits. Le prénom et un expéditeur humain renforcent le ton personnel.

10. Lush : proposer de ne plus recevoir la promo de la fête des pères

  • Date dans l’archive : 17/08/2023. Objet : « Souhaitez-vous vous désinscrire de nos newsletters au sujet de la Fête des Pères ? »
  • Ce qui fonctionne : la marque laisse chacun refuser les emails liés à cette fête, qu’il en soit lassé ou qu’elle lui rappelle un deuil. Badsender salue aussi le centre de préférences et l’adresse de réponse active.
  • À retenir : avant les fêtes, un centre de préférences par thème vous évite des désinscriptions totales.

11. Boku : l’humour comme argument

  • Date dans l’archive : 14/12/2023. Objet : « Offre limitée : 41% de ré.duc.fion sur ce pack ». Pas de préheader.
  • Ce qui fonctionne : pour un produit délicat à présenter (un kit qui transforme des toilettes classiques en toilettes japonaises), le ton humoristique rend le message sympathique et mémorable (analyse Badsender).
  • Ce qui coince : l’absence de préheader laisse la boîte de réception afficher un texte non choisi.
  • À retenir : le ton fait partie de l’offre. S’il est cohérent avec la marque, il distingue votre email de tous les autres « -X % ».

12. Picard : la Saint-Valentin reçue trop tard

  • Reçu le 14 février à 20h02 selon l’analyse Badsender (date dans l’archive : 15/02/2024). Objet : « C’est aujourd’hui !!!! »
  • Ce qui coince : une promotion Saint-Valentin reçue le soir même, alors que le magasin le plus proche de chez l’auteur de l’analyse était déjà fermé et que la commande en ligne n’était plus possible à temps (analyse Badsender).
  • À retenir : un email promo lié à une date s’envoie plusieurs jours avant, en tenant compte des délais de livraison et des horaires d’ouverture.

13. Pierre Hermé : un email entièrement en images

  • Date dans l’archive : 14/01/2025. Objet : « Derniers jours pour nos macarons « Les Adorables » »
  • Ce qui coince : sans les images, seuls le menu et le pied de page s’affichent en texte. Les textes alternatifs se répètent ou ne correspondent pas aux images. Selon Badsender, la mise en page était pourtant réalisable entièrement en HTML.
  • À retenir : le titre, l’offre et le bouton doivent être en texte HTML. Certaines configurations de messagerie ne chargent pas les images par défaut.

14. SodaStream : l’objet annonce Noël, le visuel autre chose

  • Date dans l’archive : 20/11/2024. Objet : « Votre liste est-elle prête ? » (précédé d’un emoji Père Noël). Pas de préheader.
  • Ce qui coince : l’objet et le texte alternatif parlent de Noël, le texte alternatif annonce aussi jusqu’à -45 % sur les machines, mais le visuel affiché ne reprend ni Noël ni cette réduction. Il manque aussi un titre et un court texte d’introduction hors image (analyse Badsender).
  • À retenir : l’objet, le préheader, le visuel principal et le bouton doivent raconter la même offre.

15. Picture : l’urgence répétée et quatorze images sans texte alternatif

  • Date dans l’archive : 20/12/2023. Objet et préheader identiques : « Tic-tac… Plus que quelques jours pour être livré à temps pour les fêtes ».
  • Ce qui coince : un préheader qui recopie l’objet, un ton anxiogène en fin d’email, des GIF qui défilent vite et 14 images sans texte alternatif, logo compris. Pour Badsender, cet email crée un décalage avec l’image engagée de la marque.
  • À retenir : l’urgence est un argument quand elle est réelle (une date limite de livraison), pas un ton. Et le préheader doit compléter l’objet.

Ce que ces exemples ont en commun

En mettant ces emails côte à côte, cinq règles reviennent :

  • L’objet et le préheader travaillent ensemble. Chez Babbel ou Patagonia, l’un porte la promesse et l’autre l’offre ou la garantie. Chez Picture, ils se répètent. Chez Boku et SodaStream, le préheader manque.
  • Une seule offre, compréhensible sans ouvrir. Beem, VistaPrint et Sticker Mule donnent l’essentiel dès la boîte de réception.
  • Une échéance réelle et un envoi au bon moment. Picard montre ce que coûte un envoi trop tardif. La loi interdit d’ailleurs de prolonger indéfiniment une offre présentée comme temporaire (voir la partie sur les règles).
  • Le texte en HTML, les images en appui. Pierre Hermé et Picture deviennent illisibles sans images. Sticker Mule reste lisible partout.
  • Une personnalisation utile. Le magasin du client chez Leroy Merlin, le prénom chez Alan, le choix homme, femme ou enfant chez Adidas : chaque donnée sert l’offre, pas la décoration.

Fidélité et anniversaire : la promotion réservée aux clients

Une partie des emails promotionnels ne s’adresse pas à toute la base mais aux clients existants : remerciement pour la fidélité, avantage réservé aux membres d’un programme, cadeau d’anniversaire. Leur force tient à la relation déjà établie : le client connaît la marque, et l’offre peut s’appuyer sur ce qu’il a déjà acheté.

L’archive Badsender en montre un exemple sobre : l’email de La Baguetterie daté du 6 octobre 2023, dont l’objet tient en une phrase personnalisée, « Fabien, merci pour votre fidélité ! ». Badsender en retient le remerciement avec le prénom, la réduction offerte, un bouton unique et visible, quelques produits courants mis en avant et un lien de désabonnement bien visible.

Objet : [Prénom], merci pour votre fidélité : [avantage] rien que pour vous

Préheader : Réservé à nos clients, valable jusqu’au [date].

[Une phrase de remerciement qui rappelle la relation : client depuis [année], dernière commande [produit]]

[L’avantage, son périmètre et sa date de fin, en texte HTML]

[Bouton : Profiter de mon avantage]

Variante anniversaire. Objet : Joyeux anniversaire [Prénom] : un cadeau vous attend jusqu’au [date]

Deux précautions. Pour un email d’anniversaire, ne collectez que ce qui sert à l’envoi : le jour et le mois suffisent, l’année de naissance n’ajoute rien. C’est le principe de minimisation de l’article 5 du RGPD, selon lequel les données doivent être « adéquates, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire au regard des finalités pour lesquelles elles sont traitées ». Ensuite, un client ne peut recevoir ces offres sans consentement préalable que si elles portent sur des produits ou services similaires à ceux qu’il a achetés, et s’il a pu s’y opposer lors de la collecte de son adresse puis à chaque envoi (voir les règles de la CNIL plus bas).

Modèles d’emails pour les soldes et les promotions, prêts à adapter

Trois modèles d’email promotionnel à reprendre dans votre outil d’emailing. Remplacez les éléments entre crochets. Pour les soldes, n’employez le mot « soldes » que pendant les périodes officielles, et affichez le prix de référence de chaque article (voir les règles plus bas).

Modèle 1 : l’annonce des soldes

Objet : Les soldes commencent : jusqu’à -[X] % sur [catégorie phare]

Préheader : Une sélection resserrée, les tailles les plus demandées partent vite.

[Visuel : votre meilleure vente en situation, avec le pourcentage de remise]

Les soldes démarrent aujourd’hui. Plutôt que le catalogue complet, voici l’essentiel : [catégorie phare] à partir de [prix soldé] au lieu de [prix de référence].

[Bouton : Voir la sélection soldée]

Fin des soldes le [date]. Livraison, retours et rétractation : [lien vers vos conditions].

Modèle 2 : le code promo avec date limite (hors soldes)

Objet : [Prénom], votre code -[X] % est valable jusqu’à [jour]

Préheader : Sur [catégorie], dès [montant] d’achat, en ligne et en magasin.

[Titre en texte HTML : -[X] % sur [catégorie] jusqu’à [jour] inclus]

Votre code : [CODE]. Il s’applique sur [périmètre], au prix de référence de [prix].

[Bouton : Utiliser mon code]

Modèle 3 : la relance avant la fin de l’offre

Objet : Dernier jour pour [offre] : ce que vous pouvez encore faire

Préheader : [Un argument nouveau : livraison avant une date, produit de retour en stock, avis client].

[Rappel de l’offre en une phrase, puis l’argument nouveau en deux ou trois lignes]

[Bouton : Voir l’offre avant ce soir]

La relance ne s’envoie qu’aux contacts qui n’ont pas cliqué ou acheté, et elle doit apporter une information de plus que le premier email, comme le recommandait Badsender à propos de Beem.

Conception d’un email promotionnel : la checklist avant l’envoi

  • Expéditeur : un nom reconnaissable (la marque, le magasin ou une personne) et une adresse de réponse lue par quelqu’un.
  • Objet : l’offre ou le bénéfice, sans majuscules partout ni points d’exclamation en série.
  • Préheader : rédigé, jamais vide, et différent de l’objet.
  • Titre et offre en texte HTML, visibles en haut de l’email, avec un bouton principal unique.
  • Images : en appui, avec des textes alternatifs qui décrivent l’image ou reprennent l’information qu’elle contient.
  • Mobile et mode sombre : testez le rendu sur les principales messageries avant l’envoi.
  • Prix : prix réduit et prix de référence, conditions et date de fin écrites en clair.
  • Désinscription : un lien visible dans chaque email, et la désinscription en un clic si vous envoyez en volume vers Gmail.
  • Segmentation : envoyez à ceux que l’offre concerne (catégorie achetée, magasin, langue) plutôt qu’à toute la base.
  • Authentification : SPF, DKIM et DMARC configurés sur votre domaine d’envoi.

Pour l’exécution technique (largeur, poids, compatibilité), voyez notre guide du format email idéal.

Les règles à respecter : CNIL, prix et soldes

Prospection par email : ce que rappelle la CNIL

La fiche de la CNIL sur la prospection commerciale par courrier électronique (mise à jour le 10 juin 2026) distingue deux cas.

  • Envers des particuliers (B2C) : la personne doit avoir donné son consentement avant d’être démarchée. Ce consentement doit être libre, spécifique, éclairé et univoque, par exemple une case à cocher dédiée et non pré-cochée. Accepter des conditions générales ne suffit pas.
  • Deux exceptions : la personne est déjà cliente et l’email porte sur des produits ou services similaires de la même entreprise, ou la prospection n’est pas commerciale (caritative par exemple). Dans ces cas, elle doit être informée à la collecte de son adresse et pouvoir s’opposer simplement et gratuitement, à la collecte puis à chaque envoi. La CNIL précise que la simple création d’un compte en ligne, sans achat, ne fait pas de la personne une cliente.
  • Envers des professionnels (B2B) : la prospection peut reposer sur l’intérêt légitime si l’objet du message est en rapport avec la profession de la personne. Celle-ci doit être informée et pouvoir s’opposer simplement et gratuitement. Les adresses génériques de personnes morales (de type contact@ ou info@) ne sont pas soumises à ces principes.
  • Dans tous les cas : chaque email doit permettre d’identifier l’organisme qui l’envoie et de refuser, par un moyen simple, de recevoir de nouveaux messages. Les cases pré-cochées sont interdites pour recueillir un consentement.

Parmi les textes de référence cités par la CNIL figurent l’article L34-5 du code des postes et des communications électroniques et les articles 6, 7 et 21 du RGPD. Un mailing de prospection gratuit à envoyer (avec un outil gratuit, par exemple) reste soumis aux mêmes règles : le coût d’envoi ne change rien au consentement.

Annonces de réduction de prix

Selon la fiche Entreprendre Service Public sur l’affichage des prix, toute annonce de réduction de prix doit faire apparaître la réduction et le prix de référence, c’est-à-dire le prix pratiqué pendant au moins 30 jours avant la réduction. Le produit en promotion doit rester disponible pendant toute l’opération, sauf si vous annoncez clairement un nombre limité de produits. Enfin, une promotion est temporaire : une offre renouvelée jusqu’à devenir permanente peut constituer une pratique commerciale trompeuse.

Soldes

La fiche officielle sur les soldes indique deux périodes par an de 4 semaines chacune (dates et durée fixées par arrêté du ministre de l’économie, dans la limite de 3 à 6 semaines prévue par l’article L310-3 du code de commerce). Les soldes d’hiver débutent le deuxième mercredi de janvier à 8 heures (le premier mercredi si le deuxième tombe après le 12), les soldes d’été le dernier mercredi de juin à 8 heures (l’avant-dernier si le dernier tombe après le 28). Ces dates valent pour toute la France, sauf quelques départements aux dates dérogatoires, et les sites de commerce en ligne suivent les dates nationales. Hors de ces périodes, l’emploi du mot « soldes » est interdit, sous peine d’une amende de 15 000 € pour un entrepreneur individuel et de 75 000 € pour une société. Seuls les produits proposés à la vente et payés depuis au moins 1 mois avant le début des soldes peuvent être soldés.

Pour une vente en ligne, le client garde son droit de rétractation de 14 jours, même sur un produit soldé. La même fiche indique qu’à compter du 19 juin 2026, les sites marchands doivent proposer une fonctionnalité de rétractation directement en ligne : vérifiez que le lien vers vos conditions de retour, dans l’email, mène bien à ce parcours.

Exigences de Gmail pour les envois en volume

Depuis le 1er février 2024, Google impose des règles aux expéditeurs qui écrivent à des comptes Gmail. Au-delà de 5 000 messages par jour vers Gmail, il faut notamment un enregistrement DMARC, une désinscription en un clic pour les messages marketing, avec un lien de désinscription visible dans le corps du message, et un taux de spam mesuré dans Postmaster Tools inférieur à 0,3 %. Google recommande de rester sous 0,10 %.

Mesurer un email promo sans se fier au seul taux d’ouverture

Le taux d’ouverture est devenu un indicateur fragile. Sur Mac, lorsqu’elle est activée, la protection de la confidentialité de l’app Mail d’Apple télécharge le contenu distant « de façon privée en arrière-plan » à la réception du message, et non à sa consultation. Le pixel de suivi peut donc se déclencher sans que l’email ait été lu. Pour juger une promotion par email, suivez plutôt :

  • le taux de clic (clics uniques sur emails délivrés) ;
  • les ventes ou le chiffre d’affaires attribués à la campagne, sur une fenêtre fixée à l’avance ;
  • les désinscriptions et les plaintes pour spam, signes d’une pression trop forte ou d’un mauvais ciblage ;
  • le résultat d’un test A/B (deux objets, deux offres) sur une partie de la base avant l’envoi au reste.

Quel outil pour envoyer vos emails promotionnels ?

Les logiciels d’emailing courants permettent de créer ces campagnes. Ce qui les distingue pour un usage promotionnel : l’éditeur (blocs en HTML plutôt qu’en images), la segmentation, les automatisations (relance, panier abandonné, anniversaire, série de bienvenue) et la gestion des désinscriptions. Pour choisir :

FAQ sur les emails promotionnels

Pouvez-vous me donner un exemple d’email promotionnel efficace ?

L’email de Beem daté de janvier 2025 dans l’archive Badsender est un bon point de départ : l’objet « Votre Beem On à 434€, ça s’arrête ce soir » donne le produit, le prix et l’échéance. Les modèles proposés plus haut reprennent cette logique : l’offre dans l’objet, un argument complémentaire dans le préheader, un titre en texte et un bouton unique.

Quelle différence entre un email promotionnel, une newsletter et un email transactionnel ?

Newsletter Newsletter Site officiel Voir la fiche

L’email promotionnel pousse une offre limitée dans le temps. La newsletter apporte un contenu éditorial récurrent. L’email transactionnel répond à une action du client (commande, livraison, compte). Les deux premiers, dès lors qu’ils ont un but commercial, relèvent des règles de prospection rappelées par la CNIL.

Est-il possible de prospecter commercialement par email ?

Oui. Auprès de particuliers, il faut leur consentement préalable, sauf s’ils sont déjà clients et que l’offre porte sur des produits similaires. Auprès de professionnels, l’envoi est possible si le message concerne leur métier et qu’ils peuvent s’y opposer. Dans tous les cas, chaque message identifie l’expéditeur et contient un moyen simple de se désinscrire.

Peut-on faire de la prospection gratuite par email à partir d’une liste achetée ?

Seulement si les personnes ont été informées que leur adresse pourrait servir à de la prospection et, pour des particuliers, si elles y ont consenti. La CNIL demande de s’en assurer quand les données sont acquises auprès de tiers. Un exemple de mailing de prospection, même envoyé avec un outil gratuit, n’échappe pas à ces règles.

Peut-on parler de soldes dans un mail promo à tout moment ?

Non. Le mot « soldes » est réservé aux deux périodes officielles de l’année. En dehors, parlez de promotion, de vente privée ou d’offre spéciale, en affichant le prix de référence des 30 jours précédant la réduction.

Le taux d’ouverture est-il encore fiable ?

Partiellement. Lorsqu’elle est activée, la protection de la confidentialité d’Apple Mail charge les images à la réception du message, ce qui peut compter des ouvertures qui n’ont pas eu lieu. Le taux de clic et les ventes attribuées sont des indicateurs plus solides.

Faut-il une série de bienvenue avant les emails promotionnels ?

C’est recommandé : un nouvel inscrit qui reçoit d’abord un ou plusieurs emails de bienvenue (présentation de la marque, avantages, préférences d’envoi) comprend mieux les offres qui suivent. Badsender cite par exemple l’email de bienvenue du programme de fidélité de Boardriders, daté de juillet 2025 dans l’archive, dont le préheader résume l’offre : « 1 programme, 6 marques ».

Faut-il mettre le prénom dans l’objet ?

Seulement si la donnée est fiable : un prénom mal saisi ou absent se voit immédiatement. La personnalisation la plus utile est souvent ailleurs, comme le magasin du client chez Leroy Merlin ou la catégorie de produits qu’il a déjà achetée.

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Julien Morel
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