Télémétrie véhicule : définition, données et usage en flotte
La télémétrie désigne la mesure et la transmission à distance de données. Appliquée à un véhicule, elle permet à un gestionnaire de flotte de connaître en temps réel la position, le kilométrage, la consommation ou l’état mécanique de chaque véhicule, sans attendre le retour du conducteur. Ce guide explique ce que recouvre la télémétrie du véhicule, les données qu’elle remonte, ce qu’elle change pour une flotte d’entreprise et le cadre fixé par la CNIL.
Réponse courte
La télémétrie d’un véhicule consiste à collecter ses données (position GPS, vitesse, kilométrage, consommation, codes défaut) et à les transmettre à distance, généralement par réseau mobile, vers une plateforme d’analyse. Les données proviennent d’un boîtier branché sur le véhicule ou directement des systèmes du constructeur. En gestion de flotte, elle sert à piloter la consommation, l’entretien, les tournées et la sécurité, dans un cadre fixé par la CNIL : salariés informés, pas de localisation hors temps de travail, conservation de deux mois en principe.

Télémétrie du véhicule : définition
Le mot vient du grec têle (loin) et metron (mesure). Longtemps réservée à l’aérospatiale et au sport automobile, la télémétrie s’est généralisée aux véhicules d’entreprise avec la baisse du coût des boîtiers GPS et des connexions mobiles. Dans une flotte, elle répond à une question simple : que fait chaque véhicule, où, et dans quel état, sans avoir à le demander au conducteur.
Télémétrie ou télématique : quelle différence
Les deux termes sont souvent employés l’un pour l’autre. La nuance :
- la télémétrie est la mesure et la transmission à distance des données ;
- la télématique désigne l’ensemble du système qui associe télécommunications et informatique : le boîtier, la connexion, la plateforme et les services rendus (géolocalisation, rapports, alertes).
Autrement dit, la télémétrie est la brique « données » d’une solution télématique. Les éditeurs de logiciels de gestion de flotte parlent plus volontiers de télématique.
Comment fonctionne la télémétrie d’un véhicule
Une chaîne de télémétrie comporte trois maillons :
- La collecte, par l’une de ces sources :
- un boîtier branché sur la prise de diagnostic OBD, installé en quelques minutes ;
- un boîtier raccordé au bus CAN, le réseau électronique du véhicule, plus complet et courant sur les utilitaires et poids lourds ;
- les données transmises directement par le constructeur pour les véhicules connectés récents, sans boîtier à installer.
- La transmission, le plus souvent par réseau mobile, à intervalles réguliers ou en temps réel.
- L’analyse, sur une plateforme qui transforme les données en cartes, rapports, alertes et indicateurs.
L’option sans boîtier se développe. Echoes, par exemple, indique collecter les données de consommation « directement depuis les systèmes des constructeurs automobiles, en temps réel et sans boîtier à installer ». Elle dépend de la marque et de l’âge des véhicules : à vérifier modèle par modèle.

Les données remontées
- Localisation et trajets : position GPS, itinéraires, heures de départ et d’arrivée, zones géographiques.
- Utilisation : kilométrage, heures moteur, temps de ralenti.
- Consommation : carburant en L/100 km, énergie en kWh/100 km pour les véhicules électriques et hybrides, niveau de charge.
- Conduite : vitesse, accélérations et freinages brusques, virages serrés.
- État mécanique : codes défaut du moteur, alertes d’entretien, selon ce que le véhicule expose.
Ce que la télémétrie change pour une flotte d’entreprise
- Consommation de carburant : repérer les véhicules gourmands, le ralenti inutile et les écarts entre carburant acheté et consommé. Notre guide sur le suivi du carburant détaille la méthode.
- Entretien : planifier les révisions sur le kilométrage réel et réagir aux codes défaut avant la panne. Voir aussi notre article sur la maintenance d’une flotte automobile.
- Tournées et interventions : identifier le véhicule le plus proche d’une intervention urgente, justifier une prestation auprès d’un client.
- Sécurité : objectiver les comportements de conduite à risque pour cibler la formation, et retrouver un véhicule volé.
- Dimensionnement et électrification : mesurer le taux d’utilisation réel de chaque véhicule et les distances quotidiennes, deux données utiles avant de réduire le parc ou de passer à l’électrique.

Ce que la CNIL autorise et interdit
Dès que les véhicules sont conduits par des salariés, la télémétrie de position est une géolocalisation de personnes. La fiche de la CNIL sur la géolocalisation des véhicules des salariés (mise à jour du 30 mai 2023, indiquée en cours de mise à jour lors de notre consultation du 19/10/2026) fixe le cadre.
Usages admis
- Suivre, justifier et facturer une prestation de transport ou de services liée à l’utilisation du véhicule.
- Assurer la sécurité de l’employé, des marchandises ou du véhicule, notamment le retrouver en cas de vol.
- Mieux répartir des interventions sur des lieux dispersés.
- Accessoirement, suivre le temps de travail quand aucun autre moyen ne le permet.
- Respecter une obligation légale liée au type de transport, et contrôler le respect des règles d’utilisation du véhicule.
Usages exclus
- Contrôler le respect des limitations de vitesse.
- Contrôler un employé en permanence, en particulier un salarié libre d’organiser ses déplacements, comme un VRP.
- Collecter la localisation en dehors du temps de travail, y compris les trajets domicile-travail et les pauses.
- Suivre les représentants du personnel dans le cadre de leur mandat.
Obligations de l’employeur
Les représentants du personnel doivent être informés ou consultés avant l’installation, chaque salarié doit être informé (finalités, destinataires, durée de conservation, droits), et le salarié doit pouvoir désactiver la localisation en dehors du temps de travail. Les données ne sont en principe pas conservées plus de deux mois, un an pour l’optimisation des tournées ou la preuve d’une intervention, cinq ans pour le suivi du temps de travail. La CNIL cite le cas d’un employeur sanctionné de 10 000 euros pour ne pas avoir communiqué à un salarié les données de géolocalisation qui le concernaient.

Télémétrie des cuves et citernes de carburant
Une partie des recherches sur la « télémétrie essence » ou la « télémétrie citernes » ne concerne pas les véhicules, mais les cuves de carburant. Le principe est le même : un capteur mesure le niveau de la cuve et transmet la donnée, ce qui permet d’anticiper le réapprovisionnement et de repérer une baisse anormale. Le distributeur Picoty propose par exemple une offre de télémétrie dans laquelle le niveau est, selon sa page, « mesuré automatiquement plusieurs fois par jour par un capteur ». Pour une entreprise qui ravitaille ses véhicules sur site, c’est le complément naturel de la télémétrie embarquée.

Intégrer la télémétrie dans votre flotte
- Fixer deux ou trois objectifs mesurables : baisse du ralenti, respect des échéances d’entretien, justification des interventions. Sans objectif, les tableaux de bord restent inexploités.
- Vérifier la compatibilité du parc : prise OBD, bus CAN, données constructeur disponibles ou non selon les marques et les années.
- Traiter le volet CNIL avant le déploiement : information des représentants du personnel et des salariés, durées de conservation, accès limités.
- Commencer par un pilote sur quelques véhicules, puis étendre.
- Intégrer les données au logiciel de gestion de flotte et, si besoin, à la paie ou à la facturation.
Parmi les acteurs du marché, Geotab a repris le 1er octobre 2025 les activités commerciales de Verizon Connect en France, au Royaume-Uni, en Irlande, en Italie, au Portugal, en Pologne, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Australie, selon son communiqué. Samsara propose de son côté une plateforme de télématique qui couvre la géolocalisation, la sécurité et les coûts de carburant. Les autres solutions sont comparées dans nos sélections de logiciels pour les flottes automobiles et pour les poids lourds.

Les limites à anticiper
- L’adhésion des conducteurs : expliquer les finalités, montrer les données qui les concernent et respecter les exclusions de la CNIL limite le sentiment de surveillance.
- La sécurité des données : la CNIL demande une politique d’habilitation, des échanges sécurisés et une journalisation des accès, y compris quand l’outil est fourni par un prestataire.
- La compatibilité : les véhicules anciens ou de marques différentes ne remontent pas tous les mêmes données.
- Le coût récurrent : abonnement par véhicule et, selon les offres, matériel et installation. Les tarifs sont le plus souvent sur devis, voir notre article sur le devis d’un logiciel de gestion de flotte.
Les autres sens du mot télémétrie
Le mot recouvre des usages très différents selon les métiers : sport automobile (analyse des données d’une voiture sur circuit), informatique (mesure du fonctionnement des logiciels), médecine (surveillance à distance de patients) ou radiologie. Les questions fréquentes ci-dessous y répondent brièvement.
Pour aller plus loin
- Comparatif des logiciels de gestion de flotte
- Logiciels de gestion de flotte de poids lourds
- Le véhicule connecté et la gestion de flotte
- Former les conducteurs de sa flotte
- Une approche RSE de la gestion de flotte
- Choisir son logiciel de gestion de flotte
- Le métier de gestionnaire de parc automobile
- Revendre et renouveler les véhicules de flotte
- Les véhicules de société en 5 minutes
- Voiture de fonction ou voiture de société
- La taxe sur les véhicules de société
- La loi de roulage
Questions fréquentes
À quoi sert la télémétrie ?
À connaître à distance l’état et l’activité d’un équipement sans être sur place. Pour une flotte, elle sert à suivre les trajets, la consommation, l’entretien et la conduite, et à justifier les prestations réalisées.
Comment installer un système de télémétrie sur un véhicule ?
Le plus simple est un boîtier branché sur la prise OBD, sous le tableau de bord, qui s’installe sans outil. Un raccordement au bus CAN demande en général un installateur. Pour les véhicules connectés récents, certaines plateformes activent les données du constructeur sans aucun matériel. Dans tous les cas, l’information des salariés et des représentants du personnel doit précéder la mise en service.
La télémétrie est-elle coûteuse à mettre en place ?
Le coût combine un abonnement par véhicule et, selon les offres, le matériel et l’installation. Les éditeurs publient rarement leurs prix et répondent sur devis. Le calcul de rentabilité se fait sur vos propres données : carburant, entretien et temps administratif avant et après un pilote.
La télémétrie aide-t-elle à améliorer la sécurité des conducteurs ?
Elle objective les comportements à risque (freinages brusques, excès de vitesse mesurés par le boîtier) et permet de cibler la formation. Attention : selon la CNIL, un dispositif de géolocalisation ne peut pas être utilisé pour contrôler le respect des limitations de vitesse par les salariés.
Combien de temps peut-on conserver les données de géolocalisation ?
Deux mois en principe, selon la CNIL. Un an si elles servent à optimiser les tournées ou à prouver une intervention quand aucun autre moyen n’existe, cinq ans si elles servent au suivi du temps de travail.
Qu’est-ce que la télémétrie en médecine ?
C’est la surveillance à distance de paramètres d’un patient : rythme cardiaque, électrocardiogramme, tension, saturation en oxygène ou poids. Le site Heart Failure Matters décrit ces systèmes comme l’association d’un capteur (patch ECG, brassard, montre, capteur implanté), d’un stockage local des données et d’une transmission vers l’équipe soignante.
Comment installer un système de télémétrie cardiaque ?
Ce n’est pas un équipement à installer soi-même : la télésurveillance cardiaque est prescrite et mise en place par l’équipe médicale, à l’hôpital ou à domicile, qui choisit le capteur et organise la transmission des données. Pour toute question, il faut s’adresser au cardiologue ou au service qui suit le patient.
Qu’est-ce que la télémétrie en radiologie ?
En radiologie, le terme désigne la téléradiographie des membres inférieurs : un cliché des jambes en entier qui sert à mesurer leur longueur et leurs axes, notamment pour diagnostiquer et suivre une différence de longueur entre les deux jambes. Une communication présentée au congrès de la Société espagnole de radiologie médicale la décrit comme la technique de référence pour ce diagnostic.
Qu’est-ce qu’OpenTelemetry ?
Un projet open source d’observabilité informatique. Selon son site officiel, OpenTelemetry fournit « un ensemble d’APIs, de SDKs et d’outils » pour instrumenter, générer, collecter et exporter des métriques, des logs et des traces, appelés données de télémétrie, afin d’analyser la performance et le comportement des logiciels. Rien à voir avec la télémétrie des véhicules, si ce n’est le principe de mesure à distance.
Où trouver une formation OpenTelemetry ?
Le point de départ est la documentation du site officiel opentelemetry.io, disponible en français. Pour une certification, la Linux Foundation propose l’OpenTelemetry Certified Associate (OTCA).
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