Suivi carburant : logiciel et méthode pour réduire les coûts
Le carburant est l’un des postes de dépense les plus variables d’une flotte de véhicules d’entreprise : il dépend des prix à la pompe, mais aussi des trajets, de l’état des véhicules et de la façon de conduire. Bonne nouvelle, ces trois derniers leviers se mesurent. Ce guide explique comment suivre et analyser la consommation de carburant, quelles données un logiciel de gestion de flotte peut exploiter, et quelles économies sont documentées par des sources publiques.
Réponse courte
Suivre la consommation de carburant consiste à rapprocher, véhicule par véhicule, les litres achetés (cartes carburant) des kilomètres parcourus (relevés ou boîtier télématique) pour obtenir un L/100 km et un coût au kilomètre, puis à repérer les écarts. Un logiciel de gestion de carburant automatise ce rapprochement et signale les anomalies. Côté économies, Bison Futé indique que l’éco-conduite réduit la consommation de près de 15 % et que rouler 10 km/h moins vite économise 3 à 5 litres sur 500 km.

Calculer et suivre la consommation : la base
La formule du L/100 km et du coût au kilomètre
Deux indicateurs suffisent pour démarrer :
- Consommation moyenne (L/100 km) = litres consommés ÷ kilomètres parcourus × 100. Exemple : 52 litres pour 800 km donnent 6,5 L/100 km.
- Coût carburant au kilomètre = montant dépensé en carburant ÷ kilomètres parcourus. Exemple : 98 € pour 800 km donnent environ 0,12 € par kilomètre.
Le calcul est fiable si l’on compare plein à plein : on note le kilométrage à chaque plein complet, et on divise les litres du plein suivant par la distance parcourue entre les deux. Une moyenne sur plusieurs pleins lisse les erreurs de remplissage.
Un modèle de tableur pour démarrer sans logiciel
Pour une petite flotte, un tableur suffit au début. Les colonnes utiles :
- date du plein, immatriculation, conducteur ;
- kilométrage au compteur, litres, montant TTC, station ;
- distance depuis le plein précédent et L/100 km calculés automatiquement ;
- écart avec la consommation de référence du véhicule (sa moyenne sur les mois précédents).
La limite apparaît vite : la saisie est manuelle, les oublis faussent les moyennes et rien n’alerte en cas d’anomalie. C’est le point de bascule vers un logiciel.
Trois sources de données pour mesurer la consommation
- Les cartes carburant : chaque transaction remonte avec le volume, le prix, la station et l’heure. C’est la source la plus simple, mais elle mesure ce qui est acheté, pas ce qui est consommé. Notre comparatif des cartes carburant présente les offres du marché.
- Le boîtier télématique : branché sur la prise de diagnostic OBD ou raccordé au bus CAN du véhicule, il remonte kilométrage, trajets, temps moteur au ralenti et, selon les véhicules, la consommation calculée par le moteur.
- Les données constructeur : certains véhicules récents transmettent directement leurs données au constructeur, que des plateformes récupèrent sans installer de boîtier.
Pour les poids lourds et engins, on ajoute parfois des capteurs dédiés : débitmètre sur le circuit d’alimentation ou sonde de niveau dans le réservoir, qui détectent aussi les baisses anormales. Le croisement de deux sources (achats et consommation mesurée) est ce qui rend le suivi vraiment fiable.
Quel logiciel pour la gestion du carburant en entreprise
Un logiciel de gestion de carburant peut être un module d’un logiciel de gestion de flotte ou un outil dédié. Les fonctions à vérifier :
- import automatique des transactions de cartes carburant ;
- calcul du L/100 km et du coût au kilomètre par véhicule, conducteur et période ;
- rapprochement entre achats et consommation mesurée, avec alertes en cas d’incohérence (plein supérieur à la capacité du réservoir, plein loin du trajet du véhicule) ;
- suivi du ralenti moteur et des comportements de conduite ;
- rapports exportables pour la direction financière.
Quelques solutions dont nous avons consulté les pages le 19/10/2026 (liste indicative, pas un classement) :
- Geotab, plateforme de télématique. Depuis le 1er octobre 2025, Geotab a repris les activités commerciales de Verizon Connect en France et dans plusieurs pays d’Europe et en Australie, selon son communiqué : le site français de Verizon Connect redirige désormais vers Geotab.
- Samsara, plateforme de télématique et de gestion des opérations de flotte.
- Webfleet, qui propose une page dédiée à son logiciel de gestion de carburant.
- Optimum Automotive, éditeur français de gestion de parc automobile.




Le bon choix dépend surtout de la flotte : véhicules légers, utilitaires ou camions n’ont pas les mêmes besoins. Nos comparatifs dédiés aux flottes automobiles et aux flottes de camions permettent de filtrer les solutions.
La télématique pour réduire les coûts de carburant
La télématique associe un boîtier embarqué (GPS et connexion au véhicule) à une plateforme qui analyse les données. Elle agit sur la consommation par quatre leviers :
- Le ralenti moteur : un véhicule à l’arrêt moteur allumé consomme sans avancer. Les rapports de ralenti identifient les véhicules et les sites concernés.
- Le comportement de conduite : accélérations brusques, freinages tardifs, vitesse excessive. Des scores par conducteur servent de base à une formation ciblée.
- Les itinéraires : l’historique des trajets fait apparaître détours et kilomètres inutiles, et nourrit l’optimisation des tournées.
- L’entretien : des alertes basées sur le kilométrage réel évitent de rouler avec des pneus sous-gonflés ou un entretien en retard. Une GMAO peut prendre le relais pour planifier les interventions.
Pour comprendre les données remontées par un boîtier et leurs usages, voir notre article sur la télémétrie des véhicules.
Les leviers de conduite chiffrés par les pouvoirs publics
Les éditeurs annoncent souvent des économies chiffrées, mesurées sur leurs propres clients et difficiles à vérifier. Nous retenons ici les repères publics de Bison Futé, consultés le 19/10/2026 :
- l’éco-conduite permet de réduire « de près de 15 % » la consommation de carburant ;
- rouler 10 km/h moins vite économise 3 à 5 litres de carburant sur 500 km, et réduit de 12,5 % les émissions de CO2 sur cette distance ;
- les sur-régimes, quand on tarde à passer le rapport supérieur, occasionnent « une surconsommation de carburant de 20 % ».
Bison Futé recommande aussi de vérifier l’état du véhicule et son chargement, d’anticiper les ralentissements au frein moteur, de modérer la climatisation et de couper le moteur lors d’un arrêt prolongé.
Ces repères donnent un ordre de grandeur. Le seul chiffre qui compte pour votre flotte est celui que vous mesurerez avant et après un programme d’éco-conduite, sur les mêmes véhicules et des trajets comparables.
Détecter et prévenir le vol de carburant
- Croiser les transactions des cartes carburant avec la position du véhicule au moment du plein.
- Comparer le volume d’un plein à la capacité du réservoir.
- Paramétrer des plafonds et des restrictions sur les cartes (jours, horaires, types de produits).
- Équiper les véhicules les plus exposés de sondes de niveau, qui signalent une baisse brutale à l’arrêt.
- Sécuriser les cuves de stockage sur site et en suivre le niveau à distance.
Ce que la CNIL autorise pour le suivi des véhicules
Suivre la consommation implique souvent de géolocaliser des véhicules conduits par des salariés. La CNIL encadre cet usage : les salariés doivent être informés, les représentants du personnel informés ou consultés, la localisation ne doit pas être collectée en dehors du temps de travail et les données ne sont en principe pas conservées plus de deux mois. Le dispositif ne peut pas non plus servir à contrôler le respect des limitations de vitesse. Le détail est dans notre article sur la télémétrie et la gestion de flotte.
Mettre en place le suivi en quatre étapes
- Établir la référence : trois mois de L/100 km et de coût au kilomètre par véhicule, avant tout changement.
- Brancher les sources : import des cartes carburant, puis télématique sur les véhicules qui roulent le plus.
- Agir sur deux ou trois leviers : ralenti, formation à l’éco-conduite, plafonds de cartes.
- Mesurer chaque mois : comparer à la référence, véhicule par véhicule, et ajuster.
Pour estimer l’enjeu, un calcul simple suffit. À titre d’illustration : pour un budget carburant annuel de 50 000 €, chaque point de consommation gagné représente 500 €, et une baisse de 10 % représente 5 000 €. Pour chiffrer un projet logiciel, voir aussi notre article sur le devis d’un logiciel de gestion de flotte.
Questions fréquentes
Quel logiciel est le plus adapté à la gestion du carburant dans une entreprise ?
Il n’y a pas de logiciel universel. Une petite flotte de véhicules légers peut se contenter des rapports de sa carte carburant ou d’un module de gestion de flotte. Une flotte d’utilitaires ou de camions a intérêt à une solution télématique qui rapproche achats et consommation mesurée. Les critères décisifs : import des cartes carburant de votre fournisseur, compatibilité avec vos véhicules et qualité des alertes.
Comment calculer la consommation moyenne de carburant ?
Divisez les litres consommés par les kilomètres parcourus, puis multipliez par 100. Faites le calcul de plein à plein et sur plusieurs pleins pour une moyenne fiable.
Que faire si mon véhicule consomme trop de carburant ?
Comparez d’abord à sa propre moyenne passée : un écart soudain oriente vers l’entretien (pression des pneus, filtre à air, injecteurs) ou vers un changement d’usage (charge, trajets urbains). Un écart constant avec des véhicules identiques oriente vers la conduite, ou vers un problème de carte carburant.
Quelle est la vitesse idéale pour consommer moins ?
Il n’y a pas de vitesse unique : elle dépend du véhicule. Le repère public est celui de Bison Futé : 10 km/h de moins économisent 3 à 5 litres sur 500 km. L’effet est surtout sensible à vitesse élevée, sur route et autoroute.
Rouler en roue libre permet-il d’économiser du carburant ?
Non, c’est en général l’inverse sur un véhicule récent : au point mort, le moteur tourne au ralenti et consomme, alors qu’en décélération avec une vitesse engagée, l’injection est généralement coupée. Bison Futé recommande d’anticiper les ralentissements « en utilisant le frein moteur plutôt que la pédale de frein ».
Quel produit utiliser pour réduire sa consommation ?
Méfiez-vous des additifs et boîtiers présentés comme miracles. Les leviers documentés par les pouvoirs publics sont la vitesse, une conduite souple, l’entretien du véhicule, la charge transportée, la climatisation modérée et l’arrêt du moteur lors des arrêts prolongés.
Comment diminuer la consommation de gasoil ?
Les mêmes leviers s’appliquent au diesel : conduite souple, passage rapide au rapport supérieur pour éviter les sur-régimes, vitesse modérée, pneus bien gonflés et entretien à jour.
Est-ce qu’un diesel doit rouler tous les jours ?
Non, il n’y a pas d’obligation. En revanche, un diesel équipé d’un filtre à particules qui ne fait que de courts trajets urbains peut avoir du mal à régénérer ce filtre. Le carnet d’entretien du constructeur précise les conditions à respecter. Pour une flotte, c’est un critère d’affectation : réserver les diesels aux véhicules qui font des trajets longs.
Comment faire baisser le prix de l’essence pour une entreprise ?
On ne fixe pas le prix à la pompe, mais on peut payer moins : comparer les stations sur le site officiel prix-carburants.gouv.fr, orienter les conducteurs vers les stations les moins chères de leurs trajets et négocier des remises avec un fournisseur de cartes carburant.

Quelle est la consommation au 100 km d’un A320 ou d’un A380 ?
Ces questions reviennent sur les mêmes recherches, mais l’aérien ne raisonne pas en litres aux 100 km : la consommation d’un avion dépend de sa masse au décollage, de la longueur de l’étape et de l’altitude, et s’exprime en général en masse de carburant par heure ou par passager. Nous ne donnons pas de chiffre faute de donnée constructeur publique en L/100 km.
Quel est le prix d’un litre de kérosène pour un avion ?
Le prix de référence est publié chaque semaine par l’IATA. Au 19/10/2026, le Jet Fuel Price Monitor indiquait une moyenne mondiale de 192,44 dollars le baril pour la semaine précédente, soit environ 1,21 dollar le litre (un baril fait environ 159 litres), hors taxes et frais d’avitaillement.
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