LogicielsFacturationTendancesPlateforme agréée (ex-PDP) : rôle, liste officielle et critères pour bien choisir

Plateforme agréée (ex-PDP) : rôle, liste officielle et critères pour bien choisir

Les PDP sont devenues des plateformes agréées, et leur choix conditionne votre passage à la facturation électronique. Rôle exact, liste officielle des 137 plateformes immatriculées, différences avec les opérateurs de dématérialisation, critères et coûts : voici comment décider.
Cyrille ADAM
Cyrille ADAM
10 min

Avec la généralisation de la facturation électronique au 1er septembre 2026, un acteur devient incontournable : la plateforme agréée, ou PA, que beaucoup connaissent encore sous son ancien nom de PDP (plateforme de dématérialisation partenaire), abandonné en juillet 2025. C'est par elle que transiteront toutes vos factures entre professionnels, et c'est elle qui transmettra vos données à l'administration fiscale. Ce guide, mis à jour en juillet 2026, explique ce qu'est exactement une plateforme agréée, en quoi elle diffère d'un opérateur de dématérialisation ou d'un simple logiciel de facturation, où trouver la liste officielle et comment choisir sans se tromper.

À retenir

  • Depuis juillet 2025, les « plateformes de dématérialisation partenaires » (PDP) s'appellent officiellement « plateformes agréées » (PA). L'agrément est délivré par la DGFiP.
  • En juillet 2026, 137 plateformes agréées sont immatriculées. La liste officielle est publiée et mise à jour sur impots.gouv.fr, avec un jeu de données sur data.gouv.fr.
  • Le portail public de facturation (PPF) n'offrira pas de service d'échange gratuit : le passage par une plateforme agréée est obligatoire, directement ou via un logiciel compatible connecté à une PA.
  • Dès le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir leurs factures électroniques, ce qui suppose d'être rattaché à une plateforme agréée.

Une plateforme agréée, qu'est-ce que c'est (et pourquoi le sigle PDP a disparu)

Rôle des plateformes agréées dans le circuit de la facture électronique entre fournisseur, client et administration fiscale

Une plateforme agréée est un opérateur privé qui a obtenu un agrément de la direction générale des finances publiques (DGFiP) pour faire circuler les factures électroniques entre entreprises. Son rôle couvre toute la chaîne : émettre vos factures dans un format structuré admis (Factur-X, UBL ou CII), les transmettre à la plateforme de votre client, recevoir celles de vos fournisseurs, contrôler la présence des mentions obligatoires et extraire les données que l'administration doit recevoir. Elle assure aussi l'e-reporting, c'est-à-dire la transmission des données de vos ventes aux particuliers et de vos transactions internationales, qui ne passent pas par le circuit des factures électroniques mais doivent être déclarées.

Le changement de nom n'est pas anecdotique. Jusqu'en juillet 2025, on parlait de « plateforme de dématérialisation partenaire », un sigle qui entretenait la confusion avec les simples prestataires de dématérialisation. Le terme officiel de « plateforme agréée » recentre le débat sur ce qui compte : l'agrément délivré par la DGFiP, qui garantit que l'opérateur a été audité et répond aux exigences du dispositif. Si vous croisez encore le sigle PDP dans la documentation d'un éditeur, il désigne la même chose. Le cadre général de la réforme est présenté sur impots.gouv.fr et sur economie.gouv.fr.

Un point mérite d'être répété tant il surprend : le portail public de facturation (PPF) n'offrira pas de service d'échange gratuit de factures. Contrairement à ce qui avait été envisagé au début du projet, il n'existe pas d'option publique gratuite pour émettre et recevoir. Chaque entreprise doit donc être rattachée à une plateforme agréée, soit en contractant directement avec elle, soit, cas le plus fréquent pour les TPE et PME, via un logiciel de facturation compatible connecté à une PA.

Plateforme agréée, opérateur de dématérialisation, logiciel de facturation : qui fait quoi

Trois catégories d'acteurs cohabitent sur le marché, et les confondre peut coûter cher. Voici comment les distinguer :

ActeurRôleAgrément DGFiPTransmission à l'administration (e-invoicing et e-reporting)
Plateforme agréée (PA, ex-PDP)Émet, transmet et reçoit les factures électroniques, contrôle leur conformité, transmet les données fiscalesOui, obligatoireOui, en direct
Opérateur de dématérialisation (OD)Prépare, convertit et gère les flux de factures pour ses clientsNonNon, il doit s'appuyer sur une plateforme agréée
Logiciel de facturation classiqueCrée les factures, gère devis, clients et relancesNonNon, il se connecte à une plateforme agréée

La conclusion pratique : seule une plateforme agréée peut légalement faire transiter vos factures dans le dispositif. Un opérateur de dématérialisation ou un logiciel de facturation peut parfaitement rester votre outil du quotidien, à condition d'être raccordé à une PA. C'est d'ailleurs le scénario le plus courant : l'éditeur de votre logiciel s'occupe du raccordement, et vous continuez de facturer dans l'interface que vous connaissez. Notre comparatif des logiciels de facturation électronique recense les solutions qui ont anticipé ce raccordement.

Où trouver la liste officielle des plateformes agréées

En juillet 2026, 137 plateformes agréées sont immatriculées par la DGFiP. La seule source fiable pour vérifier qu'un prestataire est bien agréé est la liste officielle publiée et mise à jour sur impots.gouv.fr. Elle est également disponible sous forme de jeu de données ouvert sur data.gouv.fr, ce qui permet aux éditeurs et aux entreprises de l'exploiter automatiquement.

Le réflexe à adopter : avant de signer avec un prestataire qui se présente comme « agréé » ou « en cours d'agrément », vérifiez sa présence sur la liste officielle. Un opérateur absent de la liste peut être un excellent opérateur de dématérialisation, mais il devra lui-même passer par une plateforme agréée pour vos flux, ce qui doit apparaître clairement dans son offre et dans son contrat.

Ne confondez pas cette liste avec l'annuaire de la facturation électronique. La liste officielle recense les plateformes agréées par la DGFiP. L'annuaire, lui, associe chaque entreprise à la plateforme sur laquelle elle reçoit ses factures : c'est grâce à lui que la plateforme de votre fournisseur sait où router une facture qui vous est destinée. Votre rattachement à une plateforme agréée alimente cet annuaire, ce qui rend le choix de la plateforme de réception d'autant plus important à traiter avant le 1er septembre 2026.

Les critères pour choisir votre plateforme agréée

Avec 137 plateformes immatriculées, l'embarras du choix est réel. Les offres se ressemblent sur le socle réglementaire (c'est justement l'objet de l'agrément), la différence se joue sur votre contexte. Cinq critères structurent la décision :

  • La compatibilité avec votre équipement existant : si votre logiciel de facturation ou votre ERP est déjà connecté à une plateforme agréée, la question est presque réglée. Interrogez votre éditeur avant de comparer les PA une à une.
  • La volumétrie : une TPE qui émet quelques factures par mois et un grossiste qui en traite des milliers n'ont pas les mêmes besoins de tarification, d'API et de reprise d'historique.
  • Le secteur d'activité : certaines plateformes se spécialisent (bâtiment, santé, négoce, secteur public) et gèrent mieux les cas particuliers de facturation propres à votre métier.
  • Le prix et le modèle de facturation : au volume de factures, au forfait mensuel, ou inclus dans un abonnement logiciel. Exigez une projection sur votre volumétrie réelle, réception comprise.
  • L'international et le B2C : si vous vendez à des particuliers ou à l'étranger, vérifiez que l'offre couvre bien l'e-reporting, et pas seulement l'échange de factures domestiques.

Pour comprendre le calendrier et les obligations qui motivent ce choix, reportez-vous à notre guide complet de la facturation électronique 2026.

Combien coûte une plateforme agréée

Il n'existe pas de tarif réglementé : chaque plateforme agréée fixe librement ses prix, et les modèles varient fortement d'un acteur à l'autre. Pour la majorité des TPE et PME, la question du coût se pose toutefois rarement en direct : c'est le logiciel de facturation qui porte le raccordement, et beaucoup d'éditeurs s'appuient sur une plateforme agréée sans surcoût visible pour l'utilisateur, le service étant intégré à l'abonnement.

Pour donner un ordre de grandeur du budget global : sur les 141 logiciels de facturation référencés dans notre comparateur, 27 proposent une offre gratuite, et les offres payantes démarrent entre 2,49 € et 150 € HT par mois, avec une médiane à 20 € HT par mois. 58 de ces logiciels ont été testés par la rédaction. Autrement dit, une petite entreprise peut être prête pour la réforme pour le prix d'un abonnement logiciel standard, voire sans rien débourser : notre sélection de logiciels de facturation gratuits recense les offres sans engagement financier. Le point de vigilance : vérifiez dans les conditions de l'éditeur si l'échange de factures électroniques est inclus dans votre formule ou réservé aux paliers supérieurs.

Faut-il choisir sa plateforme agréée dès maintenant

Oui, au moins pour la réception. Au 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir leurs factures électroniques, ce qui suppose d'être rattaché à une plateforme agréée. L'absence de plateforme de réception est sanctionnée de 500 € après mise en demeure. Pour l'émission, les grandes entreprises et les ETI sont concernées dès le 1er septembre 2026, les PME, TPE et micro-entreprises au 1er septembre 2027 : ces dernières ont un peu de marge, mais attendre la dernière ligne droite expose aux embouteillages de migration chez les éditeurs.

Un exemple concret pour fixer les idées : Studio Belvédère, agence de communication fictive de 8 personnes, émet une quarantaine de factures par mois avec un logiciel de facturation à 20 € HT par mois, soit la médiane du marché constatée dans notre comparateur. Son éditeur est raccordé à une plateforme agréée sans surcoût : la mise en conformité s'est résumée à activer la réception, vérifier les SIREN de ses clients et tester l'émission avec deux clients pilotes. Coût additionnel : zéro. À l'inverse, rester sans plateforme de réception après mise en demeure lui aurait coûté 500 €, avant même de parler des factures fournisseurs bloquées. Les micro-entrepreneurs, eux aussi tenus de recevoir dès septembre 2026, trouveront un parcours adapté dans notre article sur la facture électronique pour les auto-entrepreneurs et le rappel de leurs obligations sur urssaf.fr. Le cadre général de l'obligation est détaillé sur entreprendre.service-public.gouv.fr.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une PDP et une plateforme agréée ?

Aucune sur le fond : il s'agit du même acteur. « Plateforme de dématérialisation partenaire » (PDP) était le nom initial du dispositif, remplacé officiellement par « plateforme agréée » (PA) depuis juillet 2025. L'agrément reste délivré par la DGFiP.

Combien y a-t-il de plateformes agréées en 2026 ?

En juillet 2026, 137 plateformes agréées sont immatriculées par la DGFiP. La liste évolue régulièrement : la version à jour est publiée sur impots.gouv.fr et disponible en jeu de données sur data.gouv.fr.

Le portail public de facturation permet-il d'échanger ses factures gratuitement ?

Non. Le portail public de facturation (PPF) n'offrira pas de service d'échange gratuit de factures. Toute entreprise doit passer par une plateforme agréée, directement ou via un logiciel compatible connecté à l'une d'elles.

Mon logiciel de facturation suffit-il, ou faut-il un contrat direct avec une plateforme agréée ?

Un logiciel de facturation classique ne peut pas, seul, faire transiter vos factures dans le dispositif : il doit être connecté à une plateforme agréée. Beaucoup d'éditeurs gèrent ce raccordement pour leurs clients, souvent sans surcoût visible. Vérifiez ce point dans votre contrat, et à défaut, contractez directement avec une PA de la liste officielle.

Peut-on changer de plateforme agréée après l'avoir choisie ?

Oui, le choix n'est pas définitif : le dispositif repose sur l'interopérabilité entre plateformes, et vous pouvez changer de PA comme vous changeriez de prestataire. Restent les considérations pratiques classiques : durée d'engagement contractuel, reprise de l'historique et reparamétrage des flux avec votre logiciel.

Le choix de la plateforme agréée passe le plus souvent par le choix du bon logiciel de facturation, celui qui gère la conformité pour vous. Pour comparer les solutions selon votre budget, votre volume de factures et votre secteur, consultez notre comparatif des logiciels de facturation, avec tests de la rédaction et avis d'utilisateurs.

Notez cet article

Partager cet article

Recherche globale

Recherchez parmi les agences, logiciels et articles de La Fabrique du Net.