22 min de lecture

Améliorer le taux d'ouverture de vos emails : 13 techniques et les bons réflexes depuis Apple MPP

Camille DurandCamille DurandÉditorial La Fabrique

Le taux d'ouverture est l'indicateur le plus regardé en email marketing, avec le taux de clic et le taux de réactivité. Il mesure la part des emails délivrés qui ont été ouverts. Pour l'améliorer, trois éléments comptent avant tout, car ce sont les seuls que vos destinataires voient dans leur boîte de réception : le nom de l'expéditeur, l'objet et le texte d'aperçu (préheader). Le reste se joue en amont : une liste propre et segmentée, un envoi au bon moment et une délivrabilité irréprochable, sans laquelle votre message n'atteint même pas la boîte de réception.

Ce guide présente 13 techniques pour améliorer le taux d'ouverture de vos campagnes emailing. Il explique aussi pourquoi cet indicateur est devenu moins fiable depuis l'arrivée de la Protection de la confidentialité dans Mail d'Apple, et ce que les exigences de Gmail, Yahoo et Outlook imposent désormais aux expéditeurs.

Nom de l'expéditeur, objet et préheader affichés dans une boîte de réception mobile

Qu'est-ce que le taux d'ouverture et comment le calculer ?

Le taux d'ouverture est le pourcentage d'emails délivrés qui ont été ouverts par leurs destinataires. Les logiciels d'emailing le mesurent avec une petite image transparente insérée dans chaque email : quand l'image est téléchargée, l'email est compté comme ouvert. Mailchimp le décrit ainsi dans son aide et précise que la mesure n'est pas exacte à 100 % : si les images sont désactivées chez le destinataire, l'ouverture n'est pas enregistrée. Mailchimp compte alors comme ouvert tout email dont un lien a été cliqué, puisqu'il faut l'ouvrir pour cliquer.

La formule est la suivante : taux d'ouverture = ouvertures uniques ÷ emails délivrés × 100. Les « ouvertures uniques » comptent chaque destinataire une seule fois, même s'il a ouvert l'email plusieurs fois ; les « ouvertures totales » comptent toutes les ouvertures. Brevo distingue ainsi les deux chiffres dans ses rapports.

Exemple hypothétique : une campagne délivrée à 2 000 contacts, ouverte par 500 d'entre eux, a un taux d'ouverture de 25 %.

Taux d'ouverture, taux de clic et taux de réactivité en emailing

Le taux d'ouverture se lit avec deux autres indicateurs :

  • Le taux de clic : le nombre de clics rapporté au nombre d'emails délivrés (définition de Brevo).
  • Le taux de réactivité (CTOR, pour click-to-open rate) : le nombre de clics divisé par le nombre d'ouvertures. Il mesure l'efficacité du contenu une fois l'email ouvert, là où le taux d'ouverture mesure l'efficacité de ce qui s'affiche dans la boîte de réception.

Un taux d'ouverture en hausse avec un taux de réactivité en baisse peut signifier que l'objet attire, mais que le contenu ne tient pas la promesse de l'objet.

Pourquoi le taux d'ouverture n'est plus un indicateur fiable

La Protection de la confidentialité dans Mail d'Apple (MPP)

Apple a présenté le 7 juin 2021, avec iOS 15 et macOS Monterey, une fonction de l'app Mail qui, selon son communiqué, « empêche la personne qui envoie l'e-mail d'utiliser des pixels invisibles afin de collecter des informations sur le ou la destinataire » et « empêche de savoir quand une personne ouvre un e-mail ». La page d'assistance d'Apple pour le Mac précise le mécanisme : quand l'option est activée, « le contenu distant est téléchargé de façon privée en arrière-plan lorsque vous recevez un message (et non lorsque vous le consultez) ».

Conséquence pour l'expéditeur : le pixel de suivi est chargé à la réception, que le message soit lu ou non. Brevo l'écrit sans détour : la protection d'Apple « marque automatiquement les emails comme ouverts lorsqu'ils sont délivrés, quelles que soient les ouvertures réelles. Cela gonfle les indicateurs d'ouverture et réduit leur précision. » Elle ne touche pas les clics : Apple indique qu'elle ne s'applique pas aux liens.

Les robots de sécurité gonflent aussi les ouvertures et les clics

Les antivirus et filtres de sécurité des messageries ouvrent les emails et testent les liens avant vos contacts. Mailchimp et Brevo classent cette activité parmi les interactions non humaines qui faussent les ouvertures et les clics.

Deux outils, deux réglages par défaut

Les outils ne traitent pas ces ouvertures de la même façon, ce qui rend les comparaisons trompeuses :

  • Brevo inclut par défaut les ouvertures Apple MPP dans son taux d'ouverture depuis le 6 février 2025, et l'activité des robots depuis le 8 juillet 2025. Vous pouvez les exclure dans les paramètres de rapport.
  • Mailchimp active par défaut le filtrage des robots, qui comprend les ouvertures Apple MPP, et prévient que les taux d'ouverture et de clic baissent nettement quand ce filtrage est activé, ce qui est attendu puisque les données affichées sont alors plus exactes.

Exemple hypothétique, calculé avec les deux formules publiées par Brevo : 2 000 emails délivrés, 600 ouvertures dont 200 ouvertures Apple MPP. Ouvertures MPP incluses : 600 ÷ 2 000 = 30 %. Ouvertures MPP exclues : 400 ÷ (2 000 − 200) = 400 ÷ 1 800, soit environ 22,2 %. Même campagne, deux taux d'ouverture.

Ce qu'il faut en retenir : comparez vos campagnes entre elles à réglage constant, appuyez vos décisions (segments d'« ouvreurs », gagnant d'un test A/B, scénarios d'automatisation) plutôt sur les clics, les réponses et les achats, comme le recommande Brevo, et méfiez-vous d'une hausse soudaine du taux d'ouverture : elle peut venir d'un changement de méthode de calcul.

Qu'est-ce qu'un bon taux d'ouverture ?

Il n'existe pas de bon taux d'ouverture universel. Le chiffre dépend du réglage de votre outil (ouvertures Apple MPP et robots inclus ou non), de la composition de votre liste, du type d'email (newsletter, email promotionnel, email B2B, email transactionnel) et de votre secteur. Les moyennes publiées par les éditeurs de logiciels sont calculées sur leurs propres clients et avec leur propre méthode : elles ne sont pas comparables entre elles, ni avec votre chiffre si votre réglage diffère.

Le repère le plus utile est votre propre historique : la moyenne de vos dernières campagnes, au même réglage, sur le même segment. Un objet, un expéditeur ou un horaire qui fait mieux que cet historique est un progrès réel ; un écart avec une moyenne de marché ne dit presque rien. Pour situer les grands indicateurs de l'emailing, consultez nos statistiques email marketing.

Optimiser l'objet de vos emails

L'objet est le premier texte que vos destinataires lisent. C'est le levier le plus direct sur le taux d'ouverture, et le plus simple à tester.

#1 Personnalisez l'objet avec discernement

Un objet qui parle au destinataire (son prénom, sa ville, le produit qu'il a consulté, l'événement auquel il s'est inscrit) se distingue d'un objet générique. Mais la personnalisation la plus efficace n'est pas toujours le prénom : c'est souvent une référence à ce que la personne a fait ou demandé. Vérifiez la qualité de vos données avant d'utiliser un champ personnalisé : un prénom manquant ou mal orthographié dans l'objet fait plus de dégâts qu'un objet neutre. Prévoyez toujours une valeur par défaut.

#2 Faites court et placez l'essentiel au début

Sur mobile, les objets longs sont coupés. Mettez l'information qui donne envie d'ouvrir (le bénéfice, la nouveauté, l'échéance) dans les premiers mots, et testez l'affichage sur votre propre téléphone avant l'envoi. Il n'y a pas de longueur idéale universelle : la bonne longueur est celle que vos tests désignent pour votre audience.

Vous cherchez de l'inspiration pour vos objets d'emails ?

Découvrez notre guide pour améliorer les objets de vos emailings et nos conseils sur les émoticônes dans l'objet d'un email.

#3 Jouez sur l'émotion et la curiosité, sans fausse promesse

Un objet réussi donne assez d'information pour être compris et assez de mystère pour donner envie d'ouvrir. Il n'est pas un résumé de l'email, mais une invitation à le découvrir : une question (« Comment réussir votre déménagement ? »), un bénéfice (« Votre offre de bienvenue vous attend »), une émotion. Quelques exemples d'objets qui jouent sur l'émotion ou la curiosité :

  • Pierre, vous allez adorer ça
  • Vous nous avez manqué
  • Voici à quoi cela ressemble
  • Pourquoi nous avons fait ça
  • Un outil pour vous simplifier la vie

La limite est nette : l'objet doit correspondre au contenu. L'article L34-5 du code des postes et des communications électroniques interdit, pour la prospection par email, de « mentionner un objet sans rapport avec la prestation ou le service proposé ». Yahoo demande de ne pas utiliser d'objets trompeurs et Microsoft recommande des objets exacts aux gros expéditeurs vers Outlook.com. Un objet « piège » obtient une ouverture, puis un désabonnement ou un signalement comme spam.

Vous souhaitez améliorer la rédaction de vos objets ?

Découvrez 7 conseils pour optimiser le titre de vos campagnes emailing.

#4 Testez vos objets en A/B avant l'envoi complet

Le test A/B consiste à envoyer deux ou trois versions d'un même email à des groupes de contacts différents, puis à envoyer la version gagnante au reste de la liste. Dans Mailchimp, un test A/B d'email porte sur une seule variable à la fois, parmi quatre : la ligne objet, le nom de l'expéditeur, le contenu ou l'heure d'envoi, avec jusqu'à 3 variations. Pour une grande liste, Mailchimp conseille d'envoyer les versions de test à un pourcentage des contacts, puis la combinaison gagnante aux contacts restants ; pour une petite audience, d'envoyer toutes les versions à tous les contacts.

La méthode, quel que soit l'outil :

  • Ne testez qu'un élément à la fois (l'objet, ou l'expéditeur, ou l'horaire).
  • Prélevez une partie de votre liste, divisée au hasard en groupes de même taille.
  • Choisissez le critère du gagnant avant l'envoi. Depuis Apple MPP, le taux de clic est souvent un critère plus sûr que le taux d'ouverture.
  • Envoyez la version gagnante au reste de la liste et notez le résultat pour vos prochaines campagnes.

Optimiser le texte du préheader

La plupart des messageries affichent, à côté ou sous l'objet, les premiers mots de l'email : c'est le préheader, ou texte d'aperçu. Il complète l'objet et mérite d'être écrit, plutôt que laissé au hasard du code de l'email.

#5 Rédigez un préheader qui prolonge l'objet

Si vous ne le rédigez pas, la messagerie affiche le premier texte qu'elle trouve, souvent une mention technique du type « Si ce message ne s'affiche pas correctement, cliquez ici ». Ce n'est pas idéal :

Exemple de préheader non rédigé affichant une mention technique

L'idéal est de créer une continuité entre l'objet et le préheader : l'objet pose l'idée, le préheader la précise ou ajoute une raison d'ouvrir. Comme dans ces deux exemples de Warby Parker :

Exemples de Warby Parker où le préheader prolonge l'objet de l'email

#6 Ne comptez pas uniquement sur le préheader

Le texte d'aperçu n'est pas toujours affiché : cela dépend de la messagerie, de l'appareil et des réglages de la personne. L'objet doit donc rester compréhensible seul. Si le sens de votre email repose sur le préheader, les destinataires qui ne le voient pas passeront à côté.

Optimiser le nom et l'adresse de l'expéditeur

Avant même l'objet, vos destinataires regardent qui leur écrit. Un expéditeur inconnu ou flou fait hésiter ; un expéditeur reconnu est ouvert presque par réflexe.

#7 Choisissez un nom d'expéditeur reconnaissable

Le nom d'expéditeur doit être celui que vos contacts associent à votre marque. Ajouter un prénom (« Nathalie de [Marque] ») peut rendre l'email plus chaleureux, à condition que la personne soit réelle et que la marque reste visible, pour que les destinataires qui ne connaissent pas la personne comprennent qui écrit :

Nom d'expéditeur associant un prénom et le nom de l'entreprise

Une fois le bon nom trouvé, gardez-le : changer souvent de nom d'expéditeur brouille la reconnaissance. Le nom d'expéditeur fait partie des variables que vous pouvez tester en A/B.

Envie de tester un outil d'emailing ?

Découvrez notre test et avis complet sur l'outil MailChimp.

#8 Utilisez une adresse d'expéditeur identifiable, qui accepte les réponses

Les destinataires regardent aussi l'adresse d'envoi. Préférez une adresse sur votre propre domaine, cohérente avec le nom affiché, plutôt qu'une adresse « noreply » ou une adresse générique sans lien avec la marque. Microsoft recommande aux gros expéditeurs vers Outlook.com une adresse « De » ou « Répondre à » valide, qui reflète le vrai domaine d'envoi et peut recevoir des réponses. Pour la prospection, la CNIL rappelle que chaque sollicitation doit permettre de connaître l'identité de l'organisation qui l'émet.

Segmenter, personnaliser et entretenir votre liste

Le taux d'ouverture se calcule sur les contacts que vous ciblez. Envoyer moins, mais à des personnes intéressées, l'améliore plus sûrement que n'importe quelle formule d'objet.

#9 Segmentez votre liste

Découpez votre base selon ce que vous savez de vos contacts : centres d'intérêt déclarés, achats, pages visitées, ancienneté, clients ou prospects, professionnels ou particuliers. Chaque segment reçoit un objet et un contenu qui lui correspondent. Depuis Apple MPP, Brevo conseille de segmenter selon le comportement de clic plutôt que selon les ouvertures, que la protection d'Apple fausse.

#10 Nettoyez les inactifs et relancez les non-ouvreurs

Une liste remplie d'adresses inactives fait baisser le taux d'ouverture et abîme votre réputation d'expéditeur. Les messageries le disent explicitement :

  • Gmail recommande : « Envisagez de désabonner les destinataires qui n'ouvrent pas vos messages ou ne les lisent pas. » Il demande aussi de proposer un moyen simple de se désabonner, ce qui, selon lui, « peut améliorer le taux d'ouverture des messages ».
  • Yahoo rappelle qu'envoyer des emails à des personnes qui ne les lisent pas nuit à la délivrabilité, conseille de surveiller les rebonds et les inactifs, de retirer rapidement les adresses invalides, d'utiliser le double opt-in et d'envoyer périodiquement un email de reconfirmation aux inactifs.

Avant de supprimer, tentez une relance : Brevo propose de renvoyer une campagne aux contacts qui ne l'ont pas ouverte, avec un objet différent, environ 48 heures après le premier envoi, et un seul renvoi par campagne, car les messageries peuvent rétrograder les messages identiques. Gardez à l'esprit qu'un contact Apple Mail peut apparaître comme « ouvreur » sans avoir lu : croisez avec les clics avant de juger qu'un contact est actif. Pour vérifier les adresses de votre liste, voyez notre comparatif des logiciels de vérification d'emails ; pour la constituer sur de bonnes bases, notre guide de la collecte d'emails.

Optimiser le timing et la fréquence d'envoi

Un email envoyé quand vos contacts sont débordés risque d'être enseveli sous les messages suivants. Le moment d'envoi joue sur le taux d'ouverture, mais aucune heure ne vaut pour toutes les audiences.

#11 Choisissez le jour et l'heure à partir de vos propres données

Les études publiées sur « le meilleur jour » et « la meilleure heure » se contredisent, et celles qui datent d'avant 2021 ne tiennent pas compte d'Apple MPP, qui charge le pixel de suivi à la réception et fausse donc l'heure d'ouverture des utilisateurs d'Apple Mail. Quelques règles de bon sens restent valables : une audience B2B est souvent plus disponible en semaine, une audience grand public peut l'être davantage le soir ou le week-end. Le reste se mesure :

  • Testez l'heure d'envoi en A/B (c'est l'une des variables proposées par Mailchimp) et comparez les clics, pas seulement les ouvertures.
  • Utilisez l'envoi optimisé de votre logiciel s'il en propose un. L'optimisation de l'heure d'envoi de Mailchimp, incluse à partir du plan Standard, cherche l'heure où vos contacts sont le plus susceptibles d'ouvrir dans les 24 heures suivant la date choisie, si l'outil dispose d'assez de données.
  • Tenez compte des fuseaux horaires si votre liste est internationale.

Tenez la fréquence annoncée

Envoyer trop souvent fatigue, envoyer trop rarement fait oublier. Yahoo demande de respecter la fréquence prévue lors de l'inscription : ne passez pas à un envoi quotidien pour des abonnés inscrits à une lettre hebdomadaire ou mensuelle. Brevo conseille un rythme d'envoi régulier, sans pics de volume. Annoncez la fréquence au moment de l'inscription et tenez-la.

Optimiser la délivrabilité de votre email marketing

Un email qui n'arrive pas en boîte de réception ne sera pas ouvert. La délivrabilité dépend de l'authentification de vos envois, de votre réputation d'expéditeur (plaintes pour spam, rebonds, engagement) et du respect des règles des messageries. Depuis février 2024, ces règles sont écrites noir sur blanc.

#12 Authentifiez vos envois et respectez les exigences de Gmail, Yahoo et Outlook

MessagerieQui est concernéExigences principales
GmailTous les expéditeurs vers des comptes Gmail depuis le 1er février 2024 ; exigences renforcées à partir de 5 000 messages par jourTous : SPF ou DKIM, enregistrements DNS inversés (PTR) valides, connexion TLS, taux de spam sous 0,3 % dans Postmaster Tools. À partir de 5 000 messages par jour : SPF et DKIM, DMARC (la règle peut être « none »), alignement du domaine « De » avec SPF ou DKIM, désabonnement en un clic pour les messages marketing et ceux envoyés aux abonnés, lien de désabonnement visible dans le corps du message. Gmail recommande de rester sous 0,10 % de spam et de traiter les désabonnements sous 48 heures. À partir de novembre 2025, Gmail renforce l'application des règles, avec des rejets temporaires et permanents.
YahooTous les expéditeurs ; exigences renforcées pour les expéditeurs « en masse », sans seuil de volume publiéTous : SPF ou DKIM, taux de spam sous 0,3 %, DNS inversé valide. Expéditeurs en masse : SPF et DKIM, DMARC avec au moins « p=none », alignement du domaine « From: », désabonnement en un clic (méthode POST de la RFC 8058 fortement recommandée), lien de désabonnement visible, désabonnements honorés sous 2 jours.
Outlook.com (hotmail.com, live.com, outlook.com)Domaines envoyant plus de 5 000 emails par jour, à partir du 5 mai 2025SPF et DKIM valides, DMARC avec au moins « p=none » aligné sur SPF ou DKIM. Les messages non conformes sont d'abord dirigés vers le courrier indésirable ; Microsoft a aussi annoncé leur rejet. Recommandations : adresse d'expéditeur valide, lien de désabonnement visible, nettoyage de la liste, objets exacts et consentement des destinataires.

En pratique, l'authentification passe par des enregistrements SPF, DKIM et DMARC à ajouter dans le DNS de votre domaine d'envoi. Si vous passez par un logiciel d'emailing, Google demande de vérifier qu'il authentifie les emails de votre domaine avec SPF et DKIM, et non seulement ceux de son propre domaine. Vérifiez aussi que l'en-tête de désabonnement en un clic est bien ajouté à vos campagnes. Le désabonnement en un clic ne concerne pas les emails transactionnels : Gmail l'exige pour les messages marketing et promotionnels, pas pour une réinitialisation de mot de passe ou une confirmation de commande.

#13 Évitez ce qui ressemble à du spam et choisissez la bonne adresse IP

Les filtres des messageries s'appuient de plus en plus sur le comportement des destinataires : les signalements comme spam pèsent lourd, d'où les seuils de 0,3 % fixés par Gmail et Yahoo. Un objet racoleur, trompeur ou en majuscules, des points d'exclamation à répétition et un email composé d'une seule image augmentent le risque que vos destinataires vous signalent. Envoyez uniquement à des personnes qui ont demandé à vous lire : Yahoo déconseille d'acheter des listes et d'inscrire des personnes avec une case pré-cochée.

Côté infrastructure, une adresse IP partagée entre plusieurs expéditeurs a une réputation commune : selon Gmail, l'activité de chaque expéditeur qui l'utilise a une incidence sur la réputation de tous. Une IP dédiée n'est pas pour autant la solution par défaut : Brevo précise qu'elle n'est bénéfique que dans des conditions spécifiques, comme l'envoi d'un volume important d'emails, et qu'elle doit être « chauffée » en augmentant progressivement les volumes. Pour un petit volume, une IP partagée bien gérée par votre logiciel est souvent le meilleur choix. Yahoo conseille en revanche de séparer les types d'emails : ne pas envoyer vos emails marketing depuis les mêmes IP ou le même domaine DKIM que vos emails transactionnels.

Soigner le contenu, le format et l'affichage mobile

Le contenu ne joue pas sur l'ouverture d'un email donné, mais sur l'ouverture des suivants : un contact qui a trouvé votre dernier email utile ouvrira le prochain. Tenez la promesse de l'objet dès les premières lignes, un seul message principal par email, un appel à l'action visible. Vérifiez l'affichage sur mobile et en mode sombre, et ajoutez du texte réel autour des images. Pour les détails techniques, voyez notre guide sur le format d'un email et sur le design et le code des boutons dans les emails.

Newsletter, email promotionnel, email B2B : ce qui change

Newsletter Newsletter Site officiel Voir la fiche
  • Newsletter : le taux d'ouverture dépend surtout de l'habitude. Un rendez-vous régulier, un expéditeur constant et un objet qui annonce le sujet principal du numéro font plus qu'un objet « choc ». Voyez aussi nos conseils pour améliorer la performance de vos newsletters.
  • Email promotionnel : l'offre doit être lisible dès l'objet ou le préheader, sans exagération. Pour des exemples réels analysés, consultez nos exemples d'emails promotionnels.
  • Email B2B : l'objet gagne à parler du métier du destinataire. Pour la prospection, la règle diffère du B2C : selon la CNIL, la prospection par email de particuliers suppose leur consentement préalable, celle de professionnels suppose qu'ils en soient informés et puissent s'y opposer.
  • Email transactionnel (confirmation de commande, réinitialisation de mot de passe) : il est attendu, donc très ouvert. Ne le surchargez pas de promotions et envoyez-le depuis une infrastructure distincte de vos campagnes marketing, comme le conseille Yahoo.

Outils pour suivre et améliorer votre taux d'ouverture

Mailchimp et Brevo, cités dans ce guide, proposent les fonctions utiles à l'amélioration du taux d'ouverture : tests A/B sur l'objet et l'expéditeur, segmentation, renvoi aux non-ouvreurs, envoi au moment le plus favorable et filtrage des ouvertures Apple MPP et des robots. Avant de choisir un autre outil, vérifiez qu'il offre ces fonctions. Vérifiez ce dernier point avant de comparer vos chiffres d'un outil à l'autre. Pour choisir, consultez notre comparatif des logiciels d'emailing et notre comparatif Brevo, Mailchimp et Mailjet. Si vous préférez déléguer, voyez notre sélection d'agences d'email marketing.

Checklist avant d'envoyer une campagne

  • Le nom et l'adresse d'expéditeur sont ceux que vos contacts connaissent.
  • L'objet est court, exact, avec l'essentiel au début ; il a été comparé à une autre version si la liste le permet.
  • Le préheader est rédigé et prolonge l'objet.
  • Le segment visé exclut les adresses invalides et les contacts inactifs depuis longtemps.
  • Le domaine d'envoi est authentifié (SPF, DKIM, DMARC) et le désabonnement en un clic fonctionne.
  • L'heure d'envoi est choisie d'après vos résultats passés.
  • L'affichage a été vérifié sur mobile.
  • Le rapport sera lu à réglage constant (ouvertures Apple MPP et robots inclus ou exclus), en regardant aussi les clics.

FAQ sur le taux d'ouverture des emails

Qu'est-ce que le taux d'ouverture d'un email ?

C'est le pourcentage d'emails délivrés qui ont été ouverts. Les logiciels d'emailing le mesurent grâce à une image invisible insérée dans l'email : quand elle est téléchargée, l'email est compté comme ouvert.

Comment calculer le taux d'ouverture d'un email ?

Divisez le nombre d'ouvertures uniques par le nombre d'emails délivrés, puis multipliez par 100. Exemple hypothétique : 500 ouvertures uniques pour 2 000 emails délivrés donnent 25 %. Vérifiez si votre outil inclut ou exclut les ouvertures Apple MPP : le résultat change.

Quel est un bon taux d'ouverture pour un email ou une newsletter ?

Il n'y a pas de seuil universel : le chiffre dépend de la méthode de calcul de votre outil, de votre liste et du type d'email. Le bon repère est votre propre historique, au même réglage et sur le même segment.

Qu'est-ce que le taux de réactivité en emailing ?

C'est le nombre de clics divisé par le nombre d'ouvertures (CTOR). Il mesure l'efficacité du contenu une fois l'email ouvert, alors que le taux d'ouverture mesure l'attrait de l'expéditeur, de l'objet et du préheader.

Pourquoi mon taux d'ouverture a-t-il augmenté d'un coup ?

Souvent à cause de la mesure, pas des lecteurs : la Protection de la confidentialité dans Mail d'Apple charge le pixel de suivi à la réception, et les robots de sécurité ouvrent les emails. Brevo, par exemple, inclut par défaut les ouvertures Apple MPP depuis le 6 février 2025 et prévient que cela peut faire monter les taux d'ouverture. Vérifiez vos réglages et regardez les clics.

Comment augmenter le taux d'ouverture de ses emails rapidement ?

Les leviers les plus rapides sont l'objet (testé en A/B), le préheader, un nom d'expéditeur reconnaissable et l'exclusion des contacts inactifs. À plus long terme, la segmentation, la régularité des envois et la délivrabilité font la différence.

Comment optimiser la délivrabilité d'un email marketing ?

Authentifiez votre domaine (SPF, DKIM, DMARC), proposez le désabonnement en un clic, n'écrivez qu'à des personnes qui l'ont accepté, retirez les adresses invalides et inactives, et surveillez votre taux de plaintes pour spam : Gmail et Yahoo demandent de rester sous 0,3 %.

Notez cet article

Camille Durand
Camille DurandÉditorial La Fabrique

Recherche globale

Recherchez parmi les agences, logiciels et articles de La Fabrique du Net.