Serveur SMTP : définition, ports et configuration
Paramétrer une adresse dans Outlook, connecter un formulaire de site à une boîte mail, envoyer des e-mails de confirmation de commande : tôt ou tard, on vous demande un « serveur SMTP ». Ce guide explique ce que c’est, comment il fonctionne, quels ports et paramètres utiliser, comment le distinguer d’IMAP et de POP, et quand passer par un relais SMTP professionnel. Les paramètres cités ont été vérifiés le 19/10/2026 sur les pages d’aide officielles des services concernés.
Réponse courte : SMTP (Simple Mail Transfer Protocol) est le protocole standard d’envoi des e-mails sur Internet, défini par la norme RFC 5321. Un serveur SMTP est le serveur de courrier sortant : il reçoit le message de votre logiciel de messagerie ou de votre site, puis le transmet au serveur du destinataire. Pour envoyer depuis un logiciel, on utilise le port 587 (avec STARTTLS) ou 465 (chiffré dès la connexion), avec authentification. La réception, elle, passe par IMAP ou POP.

SMTP : définition
SMTP signifie « Simple Mail Transfer Protocol », littéralement protocole simple de transfert de courrier. C’est le protocole qu’utilisent les logiciels et les serveurs pour envoyer et acheminer les e-mails. Sa version actuelle est décrite par la norme RFC 5321 de l’IETF, publiée en 2008, qui succède à la RFC 821 de 1982.
Par extension, on appelle serveur SMTP le serveur de courrier sortant : le serveur auquel votre logiciel de messagerie (Outlook, Apple Mail, Thunderbird), votre site web ou votre application confie un message pour qu’il soit envoyé. Chaque fournisseur de messagerie en exploite un (Gmail, Outlook.com, Orange, etc.), et les plateformes d’e-mailing proposent des serveurs SMTP dédiés aux envois en volume, appelés relais SMTP.
SMTP ne sert qu’à envoyer et à transmettre. Pour consulter vos messages, votre logiciel utilise un autre protocole, IMAP ou POP, et donc un autre serveur.
Comment fonctionne un serveur SMTP
Quand vous cliquez sur « Envoyer », le message suit plusieurs étapes :
- La soumission : votre logiciel se connecte au serveur SMTP de votre fournisseur, s’authentifie (identifiant et mot de passe, ou jeton OAuth) et lui transmet le message, de préférence sur une connexion chiffrée.
- Le routage : le serveur lit le domaine du destinataire (la partie après @) et interroge le DNS pour trouver son enregistrement MX, qui indique quel serveur reçoit le courrier de ce domaine.
- Le relais : le serveur d’envoi se connecte au serveur du destinataire, en général sur le port 25, et lui transfère le message. Si le serveur cible est indisponible, le message reste en file d’attente et l’envoi est retenté.
- La réception et les contrôles : le serveur du destinataire vérifie l’authentification de l’expéditeur (SPF, DKIM, DMARC), applique ses filtres antispam, puis dépose le message dans la boîte, dans les indésirables, ou le rejette.
- La lecture : le destinataire récupère le message avec son logiciel, via IMAP ou POP, ou dans son webmail.
À chaque étape, le serveur répond par un code : les codes en 2xx signalent un succès, les 4xx un échec temporaire (nouvelle tentative plus tard), les 5xx un échec définitif, comme une adresse inexistante. C’est ce code qui apparaît dans les messages d’erreur de non-distribution.
Les ports SMTP : 25, 465 et 587
| Port | Usage | Chiffrement |
|---|---|---|
| 587 | Soumission d’un message par un logiciel ou une application, avec authentification (RFC 6409) | STARTTLS : la connexion démarre en clair puis bascule en chiffré |
| 465 | Soumission d’un message, avec authentification | TLS implicite : chiffré dès la connexion |
| 25 | Relais entre serveurs de messagerie | Chiffrement possible, négocié entre serveurs |
La norme RFC 8314 indique qu’il n’y a pas de différence de sécurité significative entre STARTTLS sur le port 587 et TLS implicite sur le port 465, si le chiffrement est bien exigé des deux côtés. Utilisez celui qu’indique votre fournisseur. Le port 25 n’est pas fait pour votre logiciel : en France, les principaux fournisseurs d’accès bloquent depuis 2006-2007 le trafic sortant vers ce port depuis les connexions résidentielles, pour limiter le spam envoyé par des ordinateurs infectés, comme le rappelle l’article Wikipédia sur SMTP.
SMTP, IMAP et POP : quelle différence
- SMTP envoie et achemine les messages (courrier sortant).
- IMAP permet de consulter les messages en les laissant sur le serveur : les dossiers et l’état lu ou non lu sont synchronisés entre l’ordinateur, le téléphone et le webmail. C’est le choix par défaut aujourd’hui. Port usuel : 993, chiffré.
- POP (POP3) télécharge les messages sur un appareil, souvent en les supprimant du serveur. Il convient à un usage sur un seul poste. Port usuel : 995, chiffré.
Une adresse configurée dans un logiciel de messagerie nécessite donc toujours deux réglages : un serveur entrant (IMAP ou POP) et un serveur sortant (SMTP).
Paramètres SMTP des principales messageries
Voici les réglages publiés par Microsoft et Google, vérifiés le 19/10/2026 sur leurs pages d’aide. Pour les autres fournisseurs (Orange, Free, SFR, votre hébergeur), consultez leur page d’assistance ou l’espace client de votre hébergement : les noms de serveurs y sont indiqués.
| Messagerie | Serveur SMTP | Port et chiffrement | Serveur IMAP |
|---|---|---|---|
| Outlook.com, Hotmail, Live | smtp-mail.outlook.com | 587, STARTTLS | outlook.office365.com, port 993, SSL/TLS |
| Gmail et Google Workspace | smtp.gmail.com | 465 (SSL) ou 587 (TLS) | Indiqué dans l’aide Gmail (paramètres IMAP), l’accès se fait de préférence en connectant directement le compte Google |
Microsoft précise sur sa page « Paramètres POP, IMAP et SMTP pour Outlook.com » que la méthode d’authentification est OAuth2 (authentification moderne) et que l’accès POP ou IMAP doit d’abord être activé dans les paramètres du compte. Google indique sur sa page d’aide dédiée à l’envoi depuis une application que le serveur SMTP Gmail impose une authentification avec le compte, et que les comptes Google Workspace ne sont plus compatibles avec les applications dites « moins sécurisées » depuis le 1er mai 2025.


Configurer un serveur SMTP
Dans un logiciel de messagerie
- Ajoutez le compte dans le logiciel. La plupart (Outlook, Apple Mail, Thunderbird) détectent automatiquement les serveurs des grands fournisseurs.
- Si la détection échoue, choisissez la configuration manuelle et saisissez le serveur entrant (IMAP), puis le serveur sortant (SMTP), avec le port et le chiffrement indiqués par votre fournisseur.
- Cochez « Le serveur sortant requiert une authentification » et utilisez les mêmes identifiants que pour la réception, ou un mot de passe d’application si votre compte a la double authentification.
- Envoyez un e-mail test vers une autre adresse.
Sur un site web ou une application
Les formulaires de contact, les boutiques en ligne et les applications envoient des e-mails automatiques (confirmation de commande, réinitialisation de mot de passe). La fonction d’envoi par défaut de nombreux hébergements partagés donne une délivrabilité médiocre : il est préférable de configurer un serveur SMTP authentifié, via les réglages du CMS ou une extension dédiée, avec :
- l’adresse du serveur SMTP et le port (587 ou 465) ;
- l’identifiant et le mot de passe ou la clé SMTP ;
- une adresse d’expéditeur appartenant à un domaine que vous avez authentifié (SPF, DKIM, DMARC).
Relais SMTP : pourquoi passer par une plateforme
Un relais SMTP est un serveur d’envoi opéré par un prestataire spécialisé, que vous utilisez à la place de celui de votre messagerie ou de votre hébergeur. On y recourt dès que les volumes ou les enjeux augmentent : e-mails transactionnels d’un site marchand, notifications d’une application, campagnes d’e-mailing.
Ses atouts par rapport à un serveur de messagerie classique :
- la délivrabilité : adresses IP à bonne réputation, gestion des retours d’erreur (bounces) et des désinscriptions, accompagnement pour l’authentification du domaine ;
- les volumes : les messageries grand public limitent les envois quotidiens. Google indique par exemple une limite de 2 000 messages par jour pour l’envoi via le serveur SMTP Gmail d’un compte Google Workspace ;
- le suivi : journaux d’envoi, statistiques de délivrance, d’ouverture et de clics, webhooks.
Un serveur SMTP auto-hébergé reste possible, mais il demande des compétences pour maintenir la réputation de ses adresses IP, surveiller les listes de blocage et traiter les rejets. Pour la plupart des entreprises, un relais géré est plus simple et plus fiable.
Exemple : Brevo
Brevo (anciennement Sendinblue), plateforme française d’e-mailing, propose un relais SMTP pour les e-mails transactionnels. Selon son centre d’aide, la configuration repose sur trois éléments : le serveur smtp-relay.brevo.com, votre identifiant SMTP et une clé SMTP (et non une clé API) générée depuis la page SMTP du compte. Brevo recommande d’authentifier au préalable son domaine d’envoi.

Exemple : Mailjet
Mailjet inclut son relais SMTP dès son offre gratuite, limitée à 6 000 e-mails par mois et 200 par jour selon sa page tarifs consultée le 19/10/2026. Les offres payantes commencent à 8 € par mois pour 8 000 e-mails, sans limite quotidienne.

Pour comparer les plateformes du marché, consultez notre sélection de logiciels d’e-mailing.
Authentification et délivrabilité : SPF, DKIM, DMARC
Un serveur SMTP bien configuré ne suffit pas : les messageries vérifient que l’expéditeur est autorisé à envoyer au nom de son domaine. Trois enregistrements DNS s’en chargent :
- SPF liste les serveurs autorisés à envoyer pour le domaine ;
- DKIM signe chaque message pour prouver qu’il n’a pas été modifié et qu’il vient bien du domaine ;
- DMARC indique quoi faire des messages qui échouent à ces contrôles et permet de recevoir des rapports.
Ces réglages sont devenus obligatoires chez Gmail. Selon les consignes de Google aux expéditeurs, depuis le 1er février 2024, tout expéditeur vers des comptes Gmail doit configurer SPF ou DKIM, et ceux qui envoient plus de 5 000 messages par jour doivent configurer SPF, DKIM et DMARC, et utiliser une connexion TLS. Si vous envoyez des campagnes, voir aussi notre guide pour envoyer des e-mails en masse.
Questions fréquentes sur le serveur SMTP
Quel est mon serveur SMTP ?
C’est celui du fournisseur de votre adresse e-mail : votre fournisseur d’accès (Orange, Free, SFR, Bouygues), votre messagerie en ligne (Gmail, Outlook.com) ou l’hébergeur de votre nom de domaine. Le nom du serveur figure dans leur page d’aide ou dans votre espace client, et dans les réglages du compte de votre logiciel de messagerie s’il est déjà configuré.
Où trouver les paramètres SMTP de ma boîte mail ?
Dans votre logiciel de messagerie, ouvrez les paramètres du compte : les serveurs entrant et sortant y sont affichés. Sinon, cherchez « paramètres SMTP » suivi du nom de votre fournisseur sur son site d’assistance, ou consultez l’espace client de votre hébergeur pour une adresse à votre nom de domaine.
Où trouver les paramètres IMAP ?
Au même endroit que les paramètres SMTP : la page d’aide de votre fournisseur ou les réglages du compte dans votre logiciel. Le serveur IMAP est le serveur « entrant ».
Quel est le serveur SMTP d’Outlook ?
Pour un compte Outlook.com, Hotmail ou Live : smtp-mail.outlook.com, port 587, chiffrement STARTTLS, authentification OAuth2, selon la page d’aide de Microsoft vérifiée le 19/10/2026. Pour une adresse professionnelle Microsoft 365, les paramètres sont fournis par l’administrateur de votre organisation.
Quel est le serveur IMAP pour Hotmail ?
outlook.office365.com, port 993, chiffrement SSL/TLS, selon la même page de Microsoft. L’accès IMAP doit être activé dans les paramètres d’Outlook.com.
Quelle est la différence entre SMTP et IMAP ?
SMTP sert à envoyer les e-mails, IMAP à les consulter en les gardant synchronisés sur le serveur. Une messagerie configurée dans un logiciel utilise les deux.
Quel serveur SMTP utiliser ?
Pour des e-mails personnels ou professionnels courants, celui de votre fournisseur de messagerie. Pour les e-mails automatiques d’un site ou d’une application, et pour les campagnes, un relais SMTP de plateforme spécialisée (Brevo, Mailjet ou équivalent), plus fiable en délivrabilité et sans les limites quotidiennes des messageries grand public.
Comment régler le SMTP ?
Dans les paramètres du compte de votre logiciel, renseignez le nom du serveur sortant, le port (587 avec STARTTLS ou 465 en SSL/TLS), activez l’authentification et saisissez vos identifiants. Envoyez ensuite un e-mail test.
Pourquoi mon serveur SMTP ne fonctionne pas ?
Les causes les plus fréquentes : mauvais port ou chiffrement, authentification non activée, mot de passe refusé (un mot de passe d’application ou une connexion OAuth est souvent requis quand la double authentification est active), port bloqué par le réseau ou un pare-feu, ou limite d’envoi atteinte. Le message d’erreur et son code (4xx temporaire, 5xx définitif) indiquent généralement la piste.
Comment résoudre les problèmes de connexion SMTP ?
Vérifiez dans l’ordre : le nom du serveur, le port et le type de chiffrement indiqués par votre fournisseur ; l’option d’authentification du serveur sortant ; vos identifiants, en générant un mot de passe d’application si besoin ; puis testez depuis un autre réseau (partage de connexion du téléphone) pour écarter un blocage local. Si l’erreur persiste, contactez le support avec le message d’erreur complet.
C’est quoi le blocage SMTP sortant ?
C’est le blocage, par un fournisseur d’accès ou un réseau d’entreprise, des connexions sortantes vers le port 25. Il empêche un ordinateur infecté d’envoyer du spam directement aux serveurs de messagerie. Il ne gêne pas un usage normal, qui passe par les ports 587 ou 465 avec authentification.
Comment débloquer SMTP ?
Le plus souvent, il n’y a rien à débloquer : utilisez le port 587 ou 465 plutôt que le 25. Si vous devez vraiment envoyer sur le port 25 depuis une connexion résidentielle, certains fournisseurs permettent de lever le blocage dans l’espace client ; pour un serveur d’envoi, un relais SMTP professionnel est la solution recommandée.
En résumé
Le serveur SMTP est le serveur de courrier sortant : il reçoit vos messages et les achemine vers les serveurs des destinataires. Pour l’utiliser, il faut le bon nom de serveur, le port 587 ou 465 avec chiffrement, et une authentification. Dès que vous envoyez des e-mails depuis un site ou en volume, passez par un relais SMTP et authentifiez votre domaine avec SPF, DKIM et DMARC : c’est aujourd’hui la condition pour arriver en boîte de réception. Pour aller plus loin, voir les étapes de création d’une campagne e-mailing et le coût d’une campagne e-mailing.
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