Le véhicule de fonction est l’un des avantages salariaux les plus recherchés, mais aussi l’un des plus encadrés. Sa caractéristique première : il peut être utilisé pour les trajets privés, ce qui en fait un avantage en nature imposable. Voici ce que couvre réellement ce statut, qui peut y prétendre, et comment l’avantage est évalué par l’URSSAF.
Véhicule de fonction : l’essentiel
Un véhicule de fonction est mis à disposition d’un salarié pour ses missions et pour ses déplacements privés. Cet usage privé constitue un avantage en nature imposable, soumis à cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu. L’employeur l’évalue au choix au forfait (barème URSSAF) ou au réel. Depuis le barème applicable au 1er février 2025, un véhicule acheté de moins de 5 ans est évalué à 15 % de son coût d’achat TTC par an (20 % si l’employeur paie aussi le carburant privé). C’est la grande différence avec le véhicule de service, réservé au strict usage professionnel et qui, lui, ne génère aucun avantage en nature.

Qu’est-ce qu’un véhicule de fonction ?
Un véhicule de fonction est un véhicule mis à disposition par l’entreprise à un salarié pour ses déplacements professionnels, avec une autorisation d’usage privé (soirs, week-ends, congés). C’est cette possibilité d’utilisation personnelle qui le distingue des autres véhicules d’entreprise et qui déclenche son traitement fiscal et social.
La confusion la plus fréquente est celle entre véhicule de fonction et véhicule de société ou de service. Le véhicule de service, lui, ne peut être utilisé qu’à des fins professionnelles, pendant les heures de travail. Il est souvent partagé entre plusieurs salariés et ne peut pas servir aux trajets personnels. Conséquence directe : le véhicule de service ne constitue pas un avantage en nature, tant que l’usage privé reste réellement interdit.
Le véhicule de fonction est généralement attribué à des salariés dont le poste suppose des déplacements fréquents ou de longue distance. Il apporte une mobilité et un confort réels, et l’entreprise prend souvent en charge tout ou partie des frais associés : achat ou location, entretien, assurance, et parfois le carburant.
Qui peut avoir un véhicule de fonction ?
L’attribution d’un véhicule de fonction n’est pas un droit automatique : elle relève de la politique interne de l’entreprise, précisée dans le contrat de travail ou un avenant. En pratique, elle vise le plus souvent les cadres et les fonctions itinérantes.
Quelques profils fréquemment concernés :
- Commerciaux et technico-commerciaux itinérants
- Responsables régionaux ou nationaux
- Techniciens de maintenance intervenant sur site
- Dirigeants et cadres à forte mobilité
Les critères varient d’une organisation à l’autre. Une fois le véhicule attribué avec autorisation d’usage privé, l’employeur a l’obligation de déclarer l’avantage en nature correspondant sur le bulletin de paie : ce n’est pas optionnel.
Le véhicule de fonction, un avantage en nature imposable
Dès lors qu’un salarié peut utiliser le véhicule pour sa vie privée, il bénéficie d’un avantage en nature. Cet avantage est intégré à sa rémunération brute, soumis aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu. L’employeur dispose de deux méthodes d’évaluation : le forfait, fondé sur un barème URSSAF, ou le réel, fondé sur les dépenses réellement engagées ramenées à l’usage privé (kilométrage privé sur kilométrage total).
Le barème forfaitaire pour un véhicule acheté
Pour un véhicule acheté, l’avantage annuel se calcule en pourcentage du coût d’achat toutes taxes comprises. Le barème a été relevé pour les véhicules mis à disposition à compter du 1er février 2025 :
- Véhicule de moins de 5 ans : 15 % du coût d’achat TTC par an (20 % si l’employeur prend aussi en charge le carburant à usage privé).
- Véhicule de plus de 5 ans : 10 % du coût d’achat TTC par an (15 % carburant compris).
Pour les véhicules mis à disposition jusqu’au 31 janvier 2025, l’ancien barème continue de s’appliquer : 9 % du coût d’achat (12 % avec carburant) pour un véhicule de moins de 5 ans, 6 % (9 % avec carburant) au-delà.
Le barème forfaitaire pour un véhicule loué
Pour un véhicule en location ou en location avec option d’achat, l’avantage se calcule sur le coût annuel global (loyer, entretien, assurance), toutes taxes comprises :
- Mise à disposition depuis le 1er février 2025 : 50 % du coût annuel global (67 % si le carburant privé est pris en charge).
- Mise à disposition jusqu’au 31 janvier 2025 : 30 % du coût annuel global (40 % avec carburant).
Dans les deux cas, l’avantage évalué pour un véhicule loué est plafonné au montant qu’on aurait obtenu si l’employeur avait acheté le véhicule.
L’abattement pour les véhicules électriques
Un régime plus favorable s’applique aux véhicules 100 % électriques mis à disposition entre le 1er février 2025 et le 31 décembre 2027, lorsqu’ils respectent la condition de score environnemental prévue par le code de l’énergie. L’avantage en nature est alors calculé après un abattement de 70 %, dans la limite de 4 582 € par an. Autre atout : l’électricité fournie par l’employeur pour recharger le véhicule n’entre pas dans le calcul de l’avantage.
Notre méthode
Les barèmes cités proviennent de l’URSSAF et de l’arrêté du 25 février 2025 relatif à l’évaluation des avantages en nature, vérifiés le 07/07/2026 sur les pages officielles urssaf.fr et Légifrance. Ces montants encadrent l’évaluation sociale de l’avantage ; le traitement fiscal (impôt sur le revenu du salarié) suit la même logique forfait ou réel. Pour un cas précis, faites confirmer le calcul par votre gestionnaire de paie ou votre expert-comptable.
Les responsabilités liées au véhicule de fonction
Les obligations du salarié
Le salarié qui dispose d’un véhicule de fonction est tenu de :
- Respecter les conditions d’usage fixées par l’employeur et le contrat de travail ;
- Se conformer au code de la route et régler les amendes qui relèvent de sa conduite ;
- Signaler sans délai tout incident ou accident à l’entreprise et à l’assureur ;
- Assurer l’entretien courant du véhicule selon les préconisations du constructeur ;
- Restituer le véhicule en cas de rupture du contrat de travail.
Le non-respect de ces obligations peut engager la responsabilité du salarié et donner lieu à des sanctions disciplinaires.
Les obligations de l’entreprise
De son côté, l’employeur doit notamment :
- Fournir un véhicule en bon état, conforme à l’usage prévu et correctement assuré ;
- Prendre en charge l’entretien et les réparations, sauf faute avérée du salarié ;
- Déclarer l’avantage en nature sur le bulletin de paie et acquitter les cotisations correspondantes ;
- Préciser par écrit les règles d’utilisation, y compris les conditions de l’usage privé ;
- Intégrer les enjeux environnementaux dans sa politique de flotte, en particulier via les motorisations à faibles émissions.
Bien géré, le véhicule de fonction reste un levier d’attractivité et de fidélisation. Encore faut-il en maîtriser le cadre fiscal et social, et suivre l’ensemble de sa flotte avec des outils adaptés : un logiciel de gestion de flotte centralise les coûts, les échéances et les usages, ce qui simplifie autant la paie que le pilotage du parc.
Pour aller plus loin :


