Le DDP passe pour le « tout compris » de la logistique internationale. C'est presque vrai, et ce presque coûte cher, parce qu'il porte sur deux postes précis que l'acheteur découvre souvent à l'arrivée.
La règle confère bien « le niveau maximal d'obligations au vendeur », qui « assume tous les risques et frais, y compris de dédouanement, jusqu'au lieu convenu ». Les marchandises « sont livrées dédouanées, prêtes à être déchargées au lieu de destination ».
Les deux postes qui restent à l'acheteur
La phrase qui suit, dans le même texte, est celle que les argumentaires commerciaux omettent : « seuls les frais d'assurance et de déchargement à destination sont à la charge de l'acheteur ».
Le déchargement, d'abord. Comme en DAP, la marchandise arrive prête à être déchargée, pas déchargée. Un acheteur sans quai ni engin de levage est aussi démuni en DDP qu'en DAP, alors même qu'il a payé le prix le plus élevé de la gamme.
L'assurance ensuite, et c'est plus contre-intuitif. Le vendeur porte le risque sur tout le trajet, mais rien ne l'oblige à assurer la marchandise pour le compte de l'acheteur. Chacun assure son propre risque : le vendeur pour ce qu'il supporte, l'acheteur pour ce qui lui appartient à partir de la livraison.
Ce que « y compris de dédouanement » engage vraiment
C'est la particularité qui distingue le DDP de toutes les autres règles. Ailleurs, le dédouanement à l'import est l'affaire de l'acheteur, dans son propre pays. En DDP, le vendeur s'engage à l'accomplir chez son client.
Cela suppose que le vendeur puisse effectivement le faire depuis l'étranger, avec les formalités et les obligations déclaratives du pays de destination. Vendre en DDP sans avoir vérifié ce point revient à promettre une prestation qu'on n'est pas en mesure d'exécuter, et le blocage se produit au pire moment, marchandise arrivée et immobilisée.
Le DDP est donc moins un choix commercial qu'une capacité administrative à démontrer avant de le proposer.
Le DDP et son exact opposé
La gamme des onze règles s'ouvre et se ferme sur deux extrêmes. À l'autre bout se trouve l'EXW, la « règle qui impose le moins d'obligations au vendeur », dont la responsabilité se limite à emballer et mettre à disposition dans ses propres locaux.
Entre les deux, tout est affaire de curseur, et le DDP est la seule position où le vendeur ne peut plus rien déléguer au client, sauf précisément ces deux postes résiduels.
Multimodal, donc adapté aux conteneurs
Le DDP fait partie des règles applicables « à tous les modes de transport, les 7 Incoterms dits multimodaux », qui conviennent notamment « lorsque les marchandises sont acheminées par conteneurs ».
C'est une différence de fond avec la famille maritime : là où une règle comme le CIF suppose une remise à bord, le DDP se raccroche à un lieu de destination, quel que soit le mode d'acheminement utilisé pour y parvenir. Et comme pour toutes les autres, la mention seule ne suffit pas, puisque « les Incoterms sont indissociables d'un lieu ».
L'effet sur ce qui est déclaré
Le choix ne reste pas confiné au contrat commercial : l'Incoterm est « un élément déterminant de la valeur en douane ». Un prix DDP intègre l'acheminement complet et les droits, ce qui n'a rien à voir avec un prix départ usine pour la même marchandise.
La valeur à déclarer ne se lit donc pas sur la facture, elle se reconstruit à partir de la règle retenue. C'est un motif de rectification classique, et il ne se voit qu'au contrôle.
Ce que cela demande de piloter
Vendre en DDP suppose de savoir, pour chaque destination, si l'entreprise peut y dédouaner, quels droits s'appliquent, et qui déchargera à l'arrivée. Ces trois réponses changent d'un pays à l'autre et se périment au gré des accords commerciaux.
Les tenir dans un tableur est possible tant que les destinations se comptent sur une main. Au-delà, l'erreur ne se paie pas en marge mais en marchandise immobilisée. Dans notre catalogue de 11 logiciels de logistique publiés, les 10 offres facturées au mois vont de 5 € à 1 000 € HT.
Poser la question à trois éditeurs suffit à voir l'écart, et notre comparateur les rassemble : la règle de vente est-elle portée par le couple client et destination, ou ressaisie à chaque commande.


