Infographie : 7 exemples réels décortiqués, un brief de PME rempli et une trame
Les exemples d'infographie qui remontent sont des gabarits vides avec des chiffres inventés. Sept infographies réelles montrent ce qu'un titre, un chiffre d'appel, un ordre de lecture, des sources et une version texte changent, avant un brief de PME rempli et une trame à télécharger.
Une infographie n'est pas une illustration : c'est une démonstration en une page, faite de chiffres, de leur source et d'un ordre de lecture. Les « exemples » qui remontent en tête des recherches sont des gabarits vides d'éditeurs de logiciels, avec des chiffres inventés et des titres en latin. Ceux qui suivent sont des infographies publiées par des organismes qui rendent compte de données réelles, capturées dans leurs documents, et lues pour ce qu'elles font bien ou mal. C'est le genre de brief que reçoivent les agences de graphisme quand une étude, un rapport ou une campagne doit tenir en une image.
Sept exemples réels : une infographie de sensibilisation à la chaleur en ville, deux infographies de résultats d'enquête, une infographie de processus, une infographie de chiffres clés publiée avec son alternative textuelle, une page de chiffres clés dans un rapport d'activité, et une frise chronologique livrée avec sa transcription. Puis les cinq composants qu'elles partagent, un brief de PME rempli, la méthode, les erreurs, et une trame de brief à télécharger.
Ce qui fait une infographie, et ce qui n'en fait pas une
Les sept documents de cet article ont été lus avec la même grille : un titre qui dit quelque chose, un chiffre d'appel, un ordre de lecture explicite, des sources affichées, et une version textuelle pour ceux qui ne voient pas l'image. Aucune infographie ne coche tout. Celles qui cochent quatre cases sur cinq sont celles que l'on peut reprendre telles quelles dans un dossier, une présentation ou un article. Celles qui en cochent deux sont belles et invérifiables.
Sept infographies réelles, décortiquées
Santé publique France : la sensibilisation en une page, avec la source en bas
Le titre annonce le message, « LA CHALEUR EN VILLE » à mieux vivre, et la première section pose le problème avec une pyramide et des chiffres datés : « Entre 2014 et 2019 pendant les canicules », « 5 700 décès en France » métropolitaine, « 5 200 passages aux urgences » pour coups de chaleur. La deuxième section explique le mécanisme avec un seul chiffre, « Le risque de mortalité lié à la chaleur est 18 % plus grand dans les communes les moins arborées », et renvoie en note au rapport « Influence de caractéristiques urbaines sur la relation entre température et mortalité en Île-de-France ». La troisième, « VIVRE AVEC CE NOUVEAU CLIMAT », donne les gestes. À copier : la structure problème, mécanisme, action, et la note de bas de page qui rend chaque chiffre vérifiable.
Crédoc et Arcep : les résultats d'enquête, méthodologie en tête
Le « Baromètre du numérique » est « une étude réalisée par le Crédoc pour » l'Arcep, l'Arcom, le CGE et l'ANCT, et son infographie commence par le dire : « 3 544 personnes » interrogées en ligne, « Au total, 4 145 personnes ont été interrogées du 5 au 21 juin 2025 ». Puis les sections portent des titres en forme de résultat, « Une explosion massive des usages dans la population », un gros chiffre, « 34 % » des utilisateurs d'IA générative l'utilisent au quotidien, un classement où « Chat GPT » domine à « 63 % », et des barres par tranche d'âge. À copier : la méthodologie avant les chiffres, les titres de section qui énoncent le résultat, et les logos des commanditaires, qui disent qui répond des données.
CNIL et VYV : l'enquête co-signée, quatre pages, un titre-question
« Les jeunes européens » et l'IA conversationnelle, « Quel impact sur leur santé mentale et leur vie privée ? » : l'infographie est signée « Étude Ipsos BVA pour le Groupe VYV et la CNIL », en janvier 2026, et ses quatre pages sont numérotées. Le meilleur titre de section des sept exemples est ici : « Les jeunes répondants disent aller bien », « sauf quand on mesure réellement leur anxiété ». Il annonce l'écart entre le déclaré, « des jeunes Français » qui se sentent bien à 84 %, et le mesuré, « Mais 2 tiers » présentant des signes de troubles anxieux. À copier : le titre de section qui contient l'argument, et la pagination d'une infographie longue.
CNIL, la chaîne répressive : l'infographie de processus
« CHAÎNE RÉPRESSIVE » : l'infographie déroule quatre étapes numérotées, « LE SIGNALEMENT », « LE CONTRÔLE », les suites du contrôle, les mesures, avec pour chaque étape ses branches et un pictogramme par branche. Les seuls chiffres arrivent à la fin, dans la case des sanctions : « Maximum 4 % » du chiffre d'affaires mondial « ou 20 millions d'€ » en procédure ordinaire, « Maximum 20 000€ » en procédure simplifiée. C'est le format vertical long, pensé pour être lu en faisant défiler. À copier : la numérotation, les flèches qui n'admettent qu'un sens de lecture, et l'absence de tout chiffre décoratif.
France Travail : les chiffres clés, publiés avec leur alternative textuelle
« Recrutements en 2026 : des opportunités dans tous les secteurs », « Publié le 21/04/2026 », d'après l'enquête « Besoins en Main-d'œuvre des entreprises ». Le premier bloc tient en une phrase et deux chiffres : « Plus de 2 millions de recrutements prévus », « 2 recrutements sur 3 proviennent des petites entreprises », soit « 2,2 millions de recrutements prévus en France en 2026 ». Le troisième bloc nuance, « près d'1 recrutement sur 2 s'annonce difficile », avec le détail par filière, « Bâtiment et Travaux Publics : 65% des recrutements seront difficiles ». Ce que les six autres n'ont pas : sous l'image, une « Alternative textuelle » reprend chaque chiffre en texte. Un lecteur d'écran la lit, un moteur de recherche l'indexe, un journaliste la copie. À copier : l'alternative textuelle, sans discussion.
DGE : la page de chiffres clés dans un rapport d'activité
La page « Chiffres clés 2025 » du rapport d'activité de la Direction générale des Entreprises est l'infographie de rapport annuel dans sa forme la plus répandue : un pictogramme, un chiffre, une légende, par axe stratégique, « Renforcer notre souveraineté et notre autonomie », « Près de 1,5 Md€ » pour le spatial, « 750 alertes » traitées, « 298 PME » accompagnées, « 500 000 formalités par mois », « 109 Mds€ » annoncés au sommet sur l'IA. Elle est propre et lisible. Elle n'a ni titre-message, ni ordre de lecture, ni source visible, ni comparaison avec l'année précédente : le lecteur ne sait pas si 750 alertes, c'est beaucoup. C'est l'exemple à montrer quand on brief un rapport annuel, pour demander ce qui manque ici.
ADEME : la frise chronologique et sa transcription
« 30 juillet 2026 : jour du dépassement » : l'infographie ne contient qu'une idée, « L'humanité a consommé la totalité des ressources que la terre peut générer en une année », et une frise, « 1972 : 31 décembre », « 2020 : 18 août (covid-19) », « 2026 : 30 juillet ». La source, Global Footprint Network, est dans l'image avec une note sur le recalcul annuel des séries. Et la page de la librairie de l'ADEME propose une « Transcription textuelle de l'infographie », fichier à part qui reprend chaque date. À copier : une donnée, une forme, et le fichier texte qui l'accompagne.
Un exemple rempli : le brief d'infographie d'une PME
Le cas ci-dessous est une illustration : une PME de services informatiques de 40 personnes veut publier les chiffres de son enquête annuelle auprès de ses 12 clients principaux, pour ses commerciaux et sa page d'accueil. Le brief tient sur une page et l'infographie sur une autre.
Deux choix distinguent ce cas des sept exemples publics. La ligne « pas de moyenne sans effectif », parce qu'une note moyenne sur douze répondants n'a pas le même poids que sur mille, et l'infographie doit le dire. Et la date de péremption, parce qu'une infographie de chiffres clés circule encore longtemps après que les chiffres ont changé.
Comment produire une infographie, en six étapes
- Écrire le message avant de chercher les données. Une phrase avec un verbe, comme les titres de sections du Crédoc ou de la CNIL. Si le message n'existe pas, l'infographie sera une liste de chiffres, comme la page de la DGE.
- Réunir les données avec leurs sources et leurs effectifs. Chaque chiffre avec son origine, sa date et sa population. Santé publique France cite le rapport ; le Crédoc affiche son échantillon. Un chiffre sans source ne va pas dans l'image.
- Choisir une forme par donnée. Une évolution appelle une frise ou une courbe, comme l'ADEME. Un processus appelle des étapes numérotées, comme la CNIL. Une comparaison appelle des barres. Un camembert ne sert qu'aux répartitions à trois parts au plus.
- Fixer l'ordre de lecture. Numéros de sections, frise ou flèches : le lecteur ne doit jamais choisir par où commencer. France Travail numérote, la chaîne répressive fléche, l'ADEME déroule.
- Briefer avec le format et le canal. Une page A4 pour un rapport, un vertical long pour un réseau, un carré pour un post. Le même contenu ne se met pas en page pareil, et le graphiste doit le savoir avant de commencer.
- Livrer l'image avec son texte. Une alternative textuelle comme France Travail, ou un fichier de transcription comme l'ADEME. C'est ce qui rend l'infographie accessible, indexable et citable.
Les erreurs qui font qu'une infographie n'est pas reprise
- Des chiffres sans source. Un journaliste ne les reprend pas, un client ne les croit pas, et l'entreprise ne peut pas les défendre.
- Un titre qui nomme le sujet au lieu de dire le résultat. « Chiffres clés 2025 » ne se partage pas. « Ils restent parce qu'on répond vite » oui.
- Trop d'idées. L'ADEME en met une, Santé publique France trois. Au-delà, c'est un rapport mis en couleurs.
- La forme qui ment. Une échelle qui ne part pas de zéro, des pictogrammes dont la taille ne suit pas la valeur, une moyenne sans effectif.
- Le gabarit d'outil en ligne. Reconnaissable au premier regard, avec ses pictogrammes génériques. Il dit au lecteur que personne n'a pensé la donnée.
- L'image seule. Sans alternative textuelle ni transcription, l'infographie est invisible pour les lecteurs d'écran et les moteurs, et les chiffres ne peuvent pas être copiés.
- Pas de date. Une infographie non datée circule des années avec des chiffres périmés, sous le logo de l'entreprise.
Ce qu'une agence apporte à ce stade
Une agence apporte le choix des formes, la hiérarchie visuelle et la charte, mais surtout l'étape que les entreprises sautent : la mise en ordre des données, ce qui se dit en un chiffre et ce qui demande un graphique, et la déclinaison par canal avec ses fichiers texte. Pour situer les budgets, la page consacrée au coût des prestations de graphisme donne les ordres de grandeur d'une infographie seule et d'une série. Et si les données viennent d'un outil de pilotage, l'article sur les exemples de tableaux de bord montre comment elles sont structurées en amont.
Trame de brief d'infographie à télécharger
La trame reprend les huit blocs du cas ci-dessus : message unique, lecteur et canal, données et sources, structure, représentations, identité et contraintes, accessibilité et diffusion, validation. Elle est au format Word pour être remplie avant de consulter un graphiste ou une agence, et jointe telle quelle au devis. Télécharger la trame de brief d'infographie (docx).
Questions fréquentes
C'est quoi une infographie, avec un exemple ?
Une page qui démontre une idée avec des chiffres mis en forme : un titre qui dit le résultat, un chiffre d'appel, des sections ordonnées et les sources. L'infographie de Santé publique France sur la chaleur en ville en est un exemple complet : problème, mécanisme, action, avec la note qui cite le rapport d'origine.
Quels sont les types d'infographie ?
On en rencontre quatre dans cet article : l'infographie de chiffres clés (France Travail, DGE), l'infographie de résultats d'enquête (Crédoc, CNIL et VYV), l'infographie de processus (la chaîne répressive de la CNIL) et l'infographie chronologique (l'ADEME). La sensibilisation de Santé publique France combine les deux premières. Les typologies en trois ou quatre familles que l'on lit ailleurs découpent le même matériau autrement.
Que fait un infographiste, et que doit-on lui fournir ?
Il choisit les formes, construit la hiérarchie visuelle et met en page dans la charte. Il a besoin du message, des données sourcées avec leurs effectifs, du canal et du format, et d'un relecteur des chiffres. Tout ce qu'il ne reçoit pas, il l'invente ou le laisse vide.
Quelles règles pour qu'une infographie soit lisible ?
Un message, un chiffre d'appel, un ordre de lecture, une forme par type de donnée, des sources affichées, une version texte. Les sept exemples de cet article se jugent avec cette grille, et les meilleurs en respectent cinq sur six.
Faut-il un logiciel particulier ?
Non. Les sept infographies lues ici ont été produites avec des outils différents, et rien dans le résultat ne permet de le savoir. Ce qui se voit, c'est la donnée et la pensée qui l'ordonne.
Une infographie se brief en une page et se produit en deux semaines quand les données sont prêtes. Quand elles ne le sont pas, ou quand il en faut une série, le comparateur d'agences de graphisme permet de comparer les studios qui traitent la donnée avant de la dessiner, et de voir leurs infographies publiées.
Sources
- Santé publique France, Infographie Mieux vivre avec la chaleur en ville (PDF)
- Crédoc, Baromètre du numérique édition 2026, infographie (PDF)
- CNIL et Groupe VYV, Les jeunes européens et l'IA conversationnelle, infographie de l'enquête Ipsos BVA (PDF)
- CNIL, Infographie Comprendre la chaîne répressive (PDF)
- France Travail, Infographie Recrutements en 2026, avec alternative textuelle
- Direction générale des Entreprises, Rapport d'activité 2025, chiffres clés (PDF)
- ADEME et L'info durable, Infographie 30 juillet 2026 : jour du dépassement, avec transcription textuelle
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