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Création EURL en ligne et création SARL en ligne : frais, services et statut du gérant

Cyrille ADAMCyrille ADAMÉditorial La Fabrique

Une EURL n'est rien d'autre qu'une SARL qui n'a qu'un associé : les deux se créent avec les mêmes statuts de base, le même gérant personne physique et le même passage par le guichet unique. Ce qui change, c'est le prix de l'annonce de constitution (124 € HT pour une EURL, 148 € HT pour une SARL en métropole), le régime social du gérant selon les parts qu'il détient et l'imposition par défaut. Cette page chiffre ce que coûte, en 2026, une EURL ou une SARL immatriculée par internet, frais réglementés et honoraires du service, puis passe en revue dix offres relevées en octobre 2026. Les plateformes valables pour toutes les formes juridiques sont classées dans le comparateur création d'entreprise en ligne.

À noter avant de choisir un service : Le Journal des entreprises a rapporté au printemps 2026 l'acquisition de Legalstart par LegalPlace ; Legalstart y garde, selon le journal, « son identité ». Les deux sites vendent toujours leurs propres formules pour les SARL et les EURL.

EURL ou SARL : une seule forme juridique, un ou plusieurs associés

Le Code de commerce ne connaît qu'une société à responsabilité limitée. L'article L223-1 la définit comme une société instituée par une ou plusieurs personnes, dont chacune ne supporte les pertes que dans la limite de ses apports ; quand elle ne compte qu'une personne, celle-ci est appelée « associé unique ». C'est cette configuration que la pratique nomme EURL.

  • Nombre d'associés : une seule personne pour l'EURL ; de 2 à 100 associés pour la SARL, personnes physiques ou morales. Au-delà de cent, l'article L223-3 prévoit la dissolution au terme d'un délai d'un an, sauf régularisation.

  • Capital : son montant « est fixé par les statuts » et divisé en parts sociales égales (article L223-2). Aucun minimum n'est exigé.

  • Gérance : la SARL « est gérée par une ou plusieurs personnes physiques » (article L223-18), associées ou non. Une société ne peut donc pas être gérante, à la différence d'une SAS où une personne morale peut présider.

  • Salariés : les articles L223-1 à L223-18 plafonnent le nombre d'associés, pas celui des salariés. Service-public.fr rappelle que le gérant peut, au nom de l'EURL, « embaucher des salariés » ; l'effectif ne joue que sur certaines obligations, comme la dispense de rapport de gestion réservée aux micro et petites entreprises (jusqu'à 50 salariés en moyenne, parmi d'autres seuils).

  • Statuts types : pour l'EURL dont l'associé unique, personne physique, est aussi gérant, un décret fixe un modèle de statuts. Ce modèle s'applique « à moins que l'intéressé ne produise des statuts différents » lors de l'immatriculation, et service-public.fr indique qu'il est disponible sur Légifrance.

En pratique, la question n'est donc pas « EURL ou SARL » mais « seul ou à plusieurs ». Une EURL qui accueille un deuxième associé devient une SARL pluripersonnelle sans changer de forme.

Les formalités d'une SARL ou d'une EURL montée sur internet

Qu'un service en ligne s'en charge ou que vous remplissiez le dossier vous-même, les formalités sont fixées par les textes. Voici l'ordre suivi par les questionnaires des plateformes.

Rédiger les statuts : seul, avec le modèle officiel ou avec un professionnel

D'après service-public.fr, la rédaction revient aux associés eux-mêmes, ou à l'associé unique pour une EURL, qui peuvent se faire assister d'un professionnel du droit ; la fiche officielle évalue ce recours de 1 000 € à 2 500 €. Le passage chez le notaire s'impose dès qu'un immeuble figure parmi les apports. Quel que soit le rédacteur, les statuts doivent comporter la dénomination, la forme juridique, l'adresse du siège, l'apport de chaque associé, le montant du capital, l'objet social et la durée, limitée à 99 ans, ainsi que la répartition des parts sociales (article L223-7).

Pour un associé unique gérant, le modèle officiel et la notice explicative publiée pour les SARL et les EURL couvrent les besoins courants. Avec deux associés ou davantage, les statuts doivent aussi régler ce que le modèle ignore : agrément des nouveaux associés, répartition des pouvoirs entre gérants, modalités des décisions collectives. C'est là qu'une rédaction assistée par un service en ligne, ou la relecture d'un avocat, se justifie.

Capital social et apports : libérer au moins un cinquième, puis bloquer les fonds

Les parts sociales doivent être souscrites en totalité. Celles qui rémunèrent un apport en numéraire sont libérées d'au moins un cinquième à la création, le reste sur décision du gérant dans un délai maximal de cinq ans à compter de l'immatriculation (article L223-7). Les apports en nature sont libérés intégralement et évalués dans les statuts, au besoin par un commissaire aux apports (article L223-9). Les fonds sont remis à une banque ou à un notaire ; un établissement de paiement ne peut pas les recevoir. Ils restent bloqués jusqu'à l'immatriculation, et si la société n'est pas immatriculée dans les six mois du premier dépôt, chaque apporteur peut demander en justice à récupérer sa mise (article L223-8).

Le gérant : une personne physique, associée ou non

Le gérant est nommé dans les statuts ou par un acte postérieur. À défaut de durée prévue par les statuts, il l'est pour la durée de la société. Sa qualité d'associé, et la part du capital qu'il détient, déterminent son régime social, détaillé plus bas.

Dans une SARL à plusieurs, les statuts peuvent désigner plusieurs gérants. L'article L223-18 précise qu'ils « détiennent séparément » les pouvoirs de gestion et que les clauses statutaires qui limitent ces pouvoirs sont inopposables aux tiers : une limite écrite dans les statuts n'empêche pas un cogérant d'engager la société envers un fournisseur. Les questionnaires en ligne posent rarement cette question ; elle mérite une clause rédigée avec soin.

Publier l'annonce légale de constitution

Statuts signés, le gérant commande l'avis de constitution à un support agréé pour les annonces légales du département où la société a son siège, sur papier ou en ligne. L'avis reprend notamment la dénomination, la forme, le capital, l'adresse du siège, l'objet, la durée, le nom du gérant et le registre d'immatriculation. Le prix ne dépend pas de la longueur du texte : c'est un forfait de 124 € HT pour une EURL et de 148 € HT pour une SARL en métropole. Le support remet ensuite l'attestation de parution exigée par le greffe.

Transmettre le dossier au guichet unique

Le dossier est ensuite déposé sur le site du guichet des formalités des entreprises, accompagné du formulaire relatif aux bénéficiaires effectifs. Les fonds bloqués sont rendus à la société sur présentation de l'extrait d'immatriculation.

Documents à réunir pour le dossier

  • Statuts datés et signés, et acte de nomination du gérant s'il n'est pas désigné dans les statuts.

  • Justificatif d'adresse du siège : bail, facture d'énergie récente ou contrat conclu avec un domiciliataire.

  • Certificat du dépositaire des fonds et attestation de parution de l'avis.

  • Pièce d'identité du gérant en copie, avec la déclaration de non-condamnation et de filiation qu'il date et signe.

Délai de création d'une EURL : la part du service et celle du greffe

Les délais annoncés par les services couvrent leur propre travail : LegalPlace traite le dossier en 24h dans sa formule Express, Captain Contrat fait valider le dossier par un juriste sous 24 h, Qonto annonce un traitement prioritaire en 24h et Dougs une création sous 48h une fois le dossier validé. S'y ajoutent le temps de dépôt des fonds, la parution de l'annonce et l'instruction du dossier par le greffe, que Legalstart signale comme des délais supplémentaires propres à l'administration.

Frais réglementés 2026 d'une EURL et d'une SARL

Trois montants s'imposent quel que soit le service. Les deux premiers sont publiés par service-public.fr pour toute société commerciale ; le troisième vient de l'arrêté sur la tarification des annonces judiciaires et légales publié au Journal officiel du 28 décembre, en vigueur depuis le 1er janvier 2026, qui fixe un forfait différent pour l'EURL et pour la SARL.

FraisEURLSARL
Immatriculation (fiche F37688)33,83 € pour l'une comme pour l'autre
Registre des bénéficiaires effectifs (même fiche)19,33 €, montant commun aux deux formes
Avis de constitution, métropole et autres départements d'outre-mer (arrêté, article 2)124 € HT148 € HT
Avis de constitution, La Réunion et Mayotte (arrêté, annexe VII)147 € HT173 € HT
Minimum hors dépôt des fonds, en métropole177,16 € dont 124 € HT201,16 € dont 148 € HT

L'écart entre les deux formes tient donc à 24 € HT d'annonce. Si une activité artisanale s'ajoute à l'activité commerciale, service-public.fr mentionne un tarif artisanal ramené à 15 € pour cette inscription supplémentaire.

Méfiez-vous des montants « frais de tiers » affichés par certains services : ils peuvent intégrer une marge ou des chiffres périmés. Indy annonce par exemple 259 € HT de frais d'annonce et de greffe pour une EURL, quand l'addition des textes de 2026 donne 177,16 € en métropole, dont 124 € HT d'annonce. D'autres pages reprennent encore les tarifs de l'an dernier pour le greffe.

Dix offres d'accompagnement en ligne pour une EURL ou une SARL

Les prix ci-dessous ont été relevés sur les pages EURL, SARL ou tarifs de chaque service en octobre 2026. Sauf mention contraire, ils s'entendent sans les frais réglementés présentés plus haut.

LegalPlace, même grille pour l'EURL et la SARL

LegalPlace LegalPlace Site officiel Lire notre test

La grille de LegalPlace ne change pas entre EURL et SARL. Basique ne coûte rien et laisse le créateur faire la majorité des démarches en autonomie. Express (199 € HT) remet la constitution du dossier entre les mains d'un formaliste, avec garantie anti-rejet et traitement prioritaire. Premium, facturé au mois à partir de 69 € HT, y joint domiciliation et suivi comptable. Pas de frais de dépôt du capital si la société ouvre son compte chez LegalPlace Pro ou chez Qonto.

Legalstart, palier intermédiaire à 99 € HT

Legalstart Legalstart Site officiel Lire notre test

Sur ses pages EURL et SARL, Legalstart affiche trois prix hors frais légaux : Starter gratuit, Standard facturé 99 € HT et Premium 199 € HT. La grille est donc différente de celle de LegalPlace malgré le rachat : Legalstart conserve un palier intermédiaire que LegalPlace n'a pas.

Captain Contrat, Sérénité avec un an de suivi

Captain Contrat Captain Contrat Site officiel Lire notre test

Captain Contrat applique à l'EURL et à la SARL les mêmes paliers : Solo gratuit, Standard facturé 99 € HT et, en haut de gamme, Sérénité à 269 € HT, qui inclut un an d'accompagnement administratif. Associées à un abonnement comptable, ces deux formules descendent à 0 € et 170 € HT. Le service annonce par ailleurs des frais administratifs au prix coûtant.

Shine, rédaction confiée à un partenaire

Shine Shine Site officiel Voir la fiche

Pour une SARL ou une EURL, Shine confie la rédaction et le dépôt du dossier à un partenaire, à partir de 99 € HT, et prend en charge le dépôt de capital, facturé 0 € HT et réalisé chez un notaire partenaire. Le pack va avec l'ouverture du compte pro, dont l'abonnement d'entrée, Start, revient à 108 € HT par an (9 € HT mensuels).

Qonto, statuts et annonce sans frais de prestation

Qonto Qonto Site officiel Lire notre test

Qonto rédige les statuts, publie l'annonce et immatricule la société sans frais de prestation, à condition de souscrire l'un de ses abonnements. Le dépôt de capital coûte 69 €, et l'abonnement Basic 108 € par an.

Dougs, cabinet comptable en ligne

Dougs Dougs Site officiel Voir la fiche

Chez Dougs, la création facturée seule revient à 150 € HT ; elle est offerte lorsque le cabinet tient ensuite la comptabilité. Son compte pro Basic : 11 € HT mensuels, et le dépôt du capital y est facturé 69 € HT une seule fois.

Indy, 259 € HT de « frais de tiers » pour une EURL

Indy Indy Site officiel Lire notre test
Claire Lambert Testé par Claire Lambert

Chez Indy, les démarches de création d'une EURL sont gratuites, hors frais légaux, pour les abonnés de l'offre comptable, à partir de 49 € HT par mois sur la page EURL. Hors abonnement, le dépôt du capital revient à 59 €.

Kandbaz, forfait de 499 € avec domiciliation

Kandbaz Kandbaz Site officiel Voir la fiche

Kandbaz vend la création 499 € tout frais inclus, du montage du dossier aux droits de greffe en passant par l'avis légal. L'offre suppose d'installer le siège social à une adresse Kandbaz.

SeDomicilier, formalités offertes aux domiciliés

SeDomicilier ne facture pas les formalités de constitution d'une SARL ou d'une EURL à ses abonnés à la domiciliation, frais légaux à part. Le service s'adresse à ceux qui ne veulent pas déclarer leur domicile comme siège.

Legalfree, notaire partenaire pour le dépôt

Legalfree propose la création d'une EURL ou d'une SARL à 0 €, gratuité obtenue en ouvrant un compte auprès de la néobanque associée au service. Les frais obligatoires restant dus sont estimés par Legalfree de 220 à 250 €, suivant le département.

Tarifs EURL et SARL constatés en octobre 2026, offres gratuites comprises

ServiceFormalitésÀ quoi la gratuité ou la remise est liéeDépôt des fonds
LegalPlace0 € / 199 € HT / dès 69 € HT par moisrien en formule Basiqueoffert si compte LegalPlace Pro ou Qonto
Legalstart0 € / 99 € HT / 199 € HTrien en formule Starternon chiffré
Captain Contrat0 € / 99 € HT / 269 € HTabonnement comptable pour 0 € et 170 € HTnon chiffré
Shinedès 99 € HT, via un partenairecompte pro, 108 € HT par an en Start0 € HT
Qontooffertesabonnement, dès 108 € par an69 €
Dougs150 € HT ou offertescomptabilité confiée au cabinet69 € HT la première année
Indyoffertesabonnement dès 49 € HT par mois59 € hors abonnement
Kandbaz499 €, frais légaux inclussiège à une adresse Kandbaznon indiqué
SeDomicilieroffertesabonnement de domiciliationnon chiffré
Legalfree0 €compte ouvert chez la néobanque associéenotaire partenaire, non chiffré

Pour lire ce tableau sur une année, additionnez la formalité et douze mois de l'abonnement exigé en contrepartie. Une création « offerte » contre un compte pro à 108 € HT par an coûte plus cher la première année qu'une formule Basique à 0 € si vous gardez votre banque actuelle ; le comparatif des comptes pro permet de vérifier si l'abonnement imposé vous convient de toute façon.

Exemple : le budget de la première année pour une EURL en métropole

Prenons le cas d'une EURL au capital de 1 000 €, créée par un consultant qui garde sa banque personnelle pour ses dépenses privées mais doit ouvrir un compte au nom de la société. Trois parcours, frais réglementés de 177,16 € compris dans chaque total :

  • Dossier déposé seul sur le guichet unique : 177,16 € dont 124 € HT d'avis, plus le dépôt des fonds chez le banquier ou le notaire choisi. C'est le coût plancher, avec des statuts à rédiger soi-même ou à reprendre du modèle officiel.

  • LegalPlace en formule Express : 199 € HT de prestation, plus 177,16 €, soit 376,16 € dont 323 € HT. Le dépôt des fonds est offert pour une société cliente de LegalPlace Pro ou de Qonto.

  • Qonto, création offerte : 0 € de prestation, 69 € de dépôt de capital et 108 € d'abonnement Basic sur l'année, plus 177,16 €, soit 354,16 €. Ce parcours n'a de sens que si le compte Qonto devient le compte de la société.

L'écart entre les parcours tient moins aux formalités qu'aux services attachés. Le bon calcul additionne ce que vous auriez payé de toute façon, un compte pro ou une comptabilité, et ce que le service ajoute.

Trois façons d'ouvrir une SARL en ligne : en autonomie, par un service, par un cabinet

Créer « en ligne » ne veut pas forcément dire passer par une legaltech. Trois chemins mènent au même Kbis, avec un partage différent du travail et du risque.

En autonomie sur le guichet des formalités

Le créateur remplit lui-même le formulaire en ligne, joint les pièces et paie les frais réglementés. Pour une EURL gérée par son associé unique, le modèle de statuts officiel rend ce chemin réaliste. Pour une SARL à plusieurs associés, le risque porte sur les clauses : agrément, répartition des parts, pouvoirs des gérants.

Par un service juridique en ligne

LegalPlace, Legalstart ou Captain Contrat génèrent les statuts à partir d'un questionnaire, publient l'avis et transmettent le dossier. Leurs formules d'entrée laissent l'essentiel de la saisie au créateur ; les formules payantes ajoutent un formaliste qui contrôle le dossier et une garantie contre le rejet par le greffe. Leurs juristes fournissent une information documentaire, pas un conseil personnalisé, comme Legalstart le précise sur ses pages.

Par un cabinet comptable en ligne

Dougs, Indy ou Keobiz intègrent la création à un abonnement comptable. Le créateur y gagne un interlocuteur qui connaît déjà ses chiffres au moment de choisir entre impôt sur le revenu et impôt sur les sociétés, ou de fixer la rémunération du gérant. C'est le chemin le plus cohérent si la tenue des comptes doit de toute façon être déléguée.

Statut social du gérant : associé unique, majoritaire ou minoritaire

C'est le point qui distingue le plus l'EURL et la SARL de la SASU, et il dépend de la part du capital tenue par le gérant.

  • Gérant associé unique d'une EURL : il est travailleur non salarié, affilié à la sécurité sociale des indépendants. Il doit des cotisations minimales même sans rémunération et n'a pas droit à l'assurance chômage.

  • Gérant majoritaire de SARL, qui détient plus de la moitié des parts : même statut de travailleur non salarié, avec les mêmes cotisations minimales. Il ne peut pas cumuler son mandat avec un contrat de travail.

  • Gérant minoritaire ou égalitaire, qui détient au plus la moitié des parts : il relève du régime général comme assimilé salarié (article L311-3, 11° du Code de la sécurité sociale) et ne paie pas de cotisations en l'absence de revenus. Les parts du conjoint, du partenaire de Pacs et des enfants mineurs non émancipés sont comptées comme les siennes.

  • Gérant extérieur, non associé : situation rare selon service-public.fr. Rémunéré pour son mandat, il est assimilé salarié au régime général, sans assurance chômage au titre du mandat, mais il peut cumuler celui-ci avec un contrat de travail correspondant à des fonctions techniques distinctes.

Les dividendes d'un gérant non salarié ne sont pas libres de cotisations. L'article L136-3 du Code de la sécurité sociale intègre à l'assiette sociale la fraction des dividendes « supérieure à 10 % » d'un montant de référence formé du capital social, des primes d'émission et des sommes laissées en compte courant d'associé. Pour une EURL soumise à l'IS et dotée de 1 000 € de capital, toute distribution au-delà de 100 € par an est donc soumise à cotisations, sauf apports en compte courant. En SASU, à l'inverse, les dividendes du président échappent aux cotisations : la page dédiée à la création d'une SASU en ligne détaille ce régime.

Allocations chômage et aides au démarrage

Pour un créateur indemnisé par France Travail, la forme compte : d'après service-public.fr, en EURL les dividendes perçus par le dirigeant sont soumis à cotisations et entrent dans le calcul de ses allocations ARE, alors qu'en SASU ils n'en modifient pas le montant. Pour les prêts d'honneur et les aides locales, la fiche officielle sur le coût des formalités renvoie vers l'Adie, France Active, Initiative France, la BGE ou le Réseau Entreprendre.

Impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés

Les deux configurations ne partent pas du même régime fiscal :

  • EURL dont l'associé unique est une personne physique : imposition à l'impôt sur le revenu par défaut, avec la possibilité d'opter pour l'impôt sur les sociétés. Si le gérant est l'associé unique, la société peut relever du régime fiscal de la micro-entreprise.

  • SARL pluripersonnelle : impôt sur les sociétés en principe. Les associés peuvent opter pour l'impôt sur le revenu lorsque la SARL a moins de 5 ans, pour 5 exercices, ou sans limitation de durée s'il s'agit d'une SARL de famille, réservée aux membres d'une même famille et fermée aux activités civiles ou libérales.

Le choix fiscal pèse directement sur le social : à l'impôt sur le revenu, le gérant associé unique cotise sur la totalité du bénéfice ; à l'impôt sur les sociétés, sur sa rémunération et sur les dividendes au-delà du seuil de 10 %.

Avantages et inconvénients de l'EURL et de la SARL

Ce que la forme apporte au créateur

  • Patrimoine protégé : chaque associé ne supporte les pertes que dans la limite de ses apports, sous réserve des fautes de gestion du gérant.

  • Démarrage léger : aucun capital minimum, et seul un cinquième des apports en numéraire doit être libéré à la création.

  • Statuts encadrés : le modèle officiel pour l'EURL dirigée par son associé unique limite le risque d'erreur et le coût de rédaction.

  • Souplesse fiscale : l'EURL d'une personne physique reste à l'impôt sur le revenu, régime micro possible, avec option pour l'impôt sur les sociétés ; la SARL de famille peut rester à l'impôt sur le revenu sans limite de durée.

  • Régime social au choix des parts : un gérant qui détient au plus la moitié du capital relève du régime général, sans cotisations s'il n'est pas rémunéré.

Les limites à connaître

  • Cotisations sans revenu : un gérant non salarié paie des cotisations minimales même lorsqu'il ne se verse rien, là où un président de SASU non rémunéré ne cotise pas.

  • Dividendes en partie soumis à cotisations au-delà de 10 % du capital et des comptes courants.

  • Cession de parts plus taxée : service-public.fr indique des droits d'enregistrement de 3 % sur la vente de parts d'EURL, appliqués après un abattement proportionnel de 23 000 €, contre 0,1 % pour les actions d'une SASU.

  • Cadre plus rigide : gérance réservée aux personnes physiques et plafond de 100 associés.

  • Pas d'assurance chômage au titre du mandat, pour le gérant majoritaire comme pour le minoritaire.

Après le Kbis : les obligations annuelles de l'associé unique

La création n'est que le début des formalités. Service-public.fr résume celles d'une EURL :

  • Le gérant établit l'inventaire et les comptes annuels ; il est dispensé de rapport de gestion lorsque l'EURL entre dans la catégorie des micro ou petites entreprises.

  • L'associé unique approuve les comptes dans les 6 mois suivant la clôture, et ses décisions sont consignées dans un registre tenu au siège.

  • Les comptes annuels et l'inventaire sont déposés au greffe dans les 6 mois de la clôture.

  • Les dividendes décidés par l'associé unique sont versés dans les 9 mois qui suivent la clôture.

Service-public.fr confie ces tâches au gérant et à l'associé unique ; aucune des fiches officielles consultées n'impose de recourir à un expert-comptable. Ces obligations expliquent pourtant pourquoi tant de services de création se rémunèrent ensuite sur la comptabilité : c'est la dépense récurrente d'une EURL, bien plus que la formalité de départ.

EURL plutôt que SASU : dans quels cas

Pour un créateur seul, le choix entre EURL et SASU se fait rarement sur le prix de la création, qui ne diffère que de 18 € HT d'annonce (124 € contre 142 €). Il se fait sur trois questions :

  • Comment vous rémunérer ? Un gérant d'EURL qui se verse une rémunération cotise comme travailleur non salarié ; un président de SASU relève du régime général. Si vous comptez vivre de dividendes, la SASU évite les cotisations sur ces sommes, avec l'absence de protection sociale qui va avec.

  • Qui dirige ? Le gérant d'EURL est obligatoirement une personne physique, alors qu'une société peut présider une SASU (article L227-7), ce qui compte si vous créez depuis une holding.

  • Quel impôt au départ ? L'EURL reste à l'impôt sur le revenu sans option ; la SASU est à l'impôt sur les sociétés, avec une option limitée dans le temps.

  • Revente des titres envisagée ? Les actions de SASU se cèdent avec 0,1 % de droits d'enregistrement, les parts d'EURL avec 3 % au-delà de l'abattement.

Passer d'une entreprise individuelle à une EURL

Un entrepreneur individuel qui veut passer en société crée une EURL et y apporte son activité. L'article L223-9 du Code de commerce prévoit que le recours à un commissaire aux apports n'est pas obligatoire si l'associé unique, personne physique, exerçant jusque-là en nom propre, apporte des éléments qui figuraient dans le bilan de son dernier exercice. Les services en ligne traitent cette création comme une constitution classique, avec un apport en nature à décrire dans les statuts. Pour lancer d'abord une activité sans société, les démarches de la création d'une micro-entreprise en ligne sont présentées sur une page dédiée.

Questions Fréquentes

Quel est le coût d'ouverture d'une EURL ?
En métropole, comptez au minimum 33,83 € pour l'immatriculation, 19,33 € pour le registre des bénéficiaires effectifs et 124 € HT d'avis de constitution, soit 177,16 € dont 124 € HT. Une SARL paie 148 € HT d'avis, soit 201,16 € au total. Le service en ligne facture jusqu'à 269 € HT pour la formule la plus complète, et Kandbaz propose un forfait de 499 € frais légaux compris.
Qu'est-ce qu'une société à responsabilité limitée (SARL) ?
C'est une société commerciale dont les associés ne supportent les pertes qu'à hauteur de leurs apports. Elle compte de 2 à 100 associés, ou un seul dans le cas de l'EURL, et elle est gérée par une ou plusieurs personnes physiques, associées ou non.
Quelles sont les étapes pour constituer une SARL en ligne ?
Rédiger les statuts, remettre les fonds à une banque ou à un notaire en libérant au moins un cinquième des apports en numéraire, nommer le gérant, publier l'avis de constitution, puis transmettre au guichet le dossier complet, bénéficiaires effectifs compris. Les services en ligne enchaînent ces étapes à partir d'un questionnaire.
Une SARL peut-elle ne compter qu'un associé ?
Oui : une SARL constituée par une seule personne est une EURL. L'associé unique exerce les pouvoirs de l'assemblée des associés et peut utiliser le modèle de statuts officiel s'il est lui-même gérant.
Comment ouvrir une entreprise individuelle en ligne ?
Une entreprise individuelle n'a ni statuts ni annonce légale à publier ; la déclaration d'activité se fait elle aussi en ligne, auprès du guichet unique. Les services comme LegalPlace proposent aussi un accompagnement payant pour la micro-entreprise. Si l'activité grandit, l'apport de l'entreprise individuelle à une EURL permet ensuite de passer en société.
Quelle banque en ligne choisir pour une SARL ou une création d'entreprise ?
Le capital se dépose chez une banque ou un notaire, pas dans un établissement de paiement. Shine, Qonto, Dougs, Indy et LegalPlace Pro intègrent ce dépôt à leur offre de compte pro. Pour comparer frais, plafonds et services des banques en ligne pour indépendants et sociétés, consultez le comparatif des comptes pro.
Quel est le coût mensuel d'une SARL ?
Il dépend surtout de trois abonnements : la comptabilité, dès 39 € HT mensuels avec ComptaPlace de LegalPlace ou 79 € HT chez Keobiz ; le compte pro, à partir de 9 € HT par mois chez Shine ou Qonto ; la domiciliation si le siège n'est pas chez vous. Un gérant majoritaire doit en outre des cotisations sociales minimales même sans rémunération.
Pourquoi choisir la SARL plutôt que la SAS ?
La SARL apporte un cadre fixé par la loi, un capital libérable au cinquième au lieu de la moitié et, pour l'EURL, l'impôt sur le revenu par défaut avec un modèle de statuts officiel. La SAS laisse plus de liberté statutaire, ses dividendes ne supportent pas de cotisations et ses actions se cèdent avec 0,1 % de droits. Le bon choix dépend du mode de rémunération envisagé.
Quelle activité en ligne rapporte le plus ?
Aucune forme juridique ne rend une activité plus rentable : la rentabilité dépend du marché, des marges et des charges. Le choix entre EURL, SARL ou SASU influe en revanche sur ce qui reste au dirigeant après impôts et cotisations, ce qui mérite une simulation avant la création.

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