Revue de presse : 7 exemples réels décortiqués, un cas de PME rempli et un modèle à télécharger
La plupart des modèles de revue de presse sont des exercices de lycée. Sept revues réelles d'organisations montrent le gabarit d'une entrée, le rythme qui se fait lire et ce que le CFC autorise, avant un cas de PME rempli en une page et un modèle à télécharger.
Une revue de presse est une sélection d'articles, résumés et sourcés, envoyée à des lecteurs précis à un rythme fixe. C'est l'un des livrables les plus demandés aux agences de relations presse, et l'un des plus mal faits en interne : une pile de liens sans résumé, envoyée quand quelqu'un y pense, à des gens qui ne l'ouvrent plus. La plupart des modèles en ligne sont des exercices de lycée. Ceux qui suivent sont des revues de presse d'organisations, capturées le jour de la rédaction de cet article.
Sept exemples réels, chacun avec sa capture et ce qu'il faut lui prendre : la quotidienne par rubriques d'un régulateur, la veille économique d'une CCI, l'hebdomadaire PDF d'une association d'universités, la revue stratégique commentée d'un office de tourisme, la revue de retombées d'une coopérative, l'archive de coupures d'une commune, et le cadre légal que fixe le CFC. Ensuite, le cas d'une PME rempli sur une page, la méthode en six étapes, et un modèle Word avec son tableau de suivi à télécharger.
Ce qu'est une revue de presse, et ce que le mot cache
Wikipédia la définit comme un genre « journalistique et entrepreneurial » : une compilation d'articles de presse généraliste ou spécialisée, sur une période et un périmètre choisis. Le même mot désigne deux objets. Le premier est un genre de journalisme : « Les revues de presse radiophoniques et télévisées sont courantes et occupent souvent une plage des émissions matinales ». Le second, celui de cet article, est un outil d'entreprise : une sélection d'articles que l'on rediffuse à ses collaborateurs, à ses adhérents ou à sa direction.
Ce second objet a un nom juridique. Le CFC, l'organisme qui gère les droits des auteurs et des éditeurs de presse, parle de panorama de presse, un ensemble de copies d'articles « mis périodiquement à la disposition de destinataires prédéterminés », et précise qu'« Il est souvent plus connu sous l'appellation impropre de » revue de presse. La nuance compte, parce que rediffuser des articles n'est pas libre : « sans autorisation, ces rediffusions sont illégales ». Le CFC propose une licence « Pour toutes vos rediffusions d'articles de presse et de programmes audiovisuels sous forme de panorama de presse », une autre pour les envois « à des contacts professionnels extérieurs à votre organisation : clients, prospects, adhérents », et une troisième pour les articles « mises en ligne sur les sites web et les réseaux sociaux de votre organisation ». La revue de presse qui résume et renvoie vers les articles, sans les recopier, échappe à l'essentiel de ces obligations. Celle qui copie les articles entiers y entre de plain-pied.
Sept revues de presse réelles, décortiquées
Arcep : la quotidienne par rubriques, une phrase par article
Le régulateur des télécoms publie chaque jour ouvré « Un tour d'horizon de l'actualité du jour vue par l'Arcep », sous le titre « Les titres de la presse du jeudi 17 septembre 2026 » et ainsi de suite. La page est découpée en rubriques, « EUROPE », France, international, numérique. Chaque entrée suit le même gabarit : le titre de l'article en gras, « Fin du cuivre, cloud, fréquences : les télécoms européens durcissent le ton face à Bruxelles », une phrase de résumé, puis la source entre parenthèses, « LA TRIBUNE EDITION QUOTIDIENNE », avec le lien vers l'article. Aucun article n'est recopié, ce qui règle la question du droit d'auteur. À copier : le gabarit d'entrée, titre, une phrase, source. C'est la brique de base de toutes les revues qui suivent.
CCI Hauts-de-France : la veille économique qui a changé de rythme
La CCI diffuse par email « Une sélection diversifiée sur l'actualité de proximité » : investissements, créations d'emplois, aides, export, tourisme. Le détail intéressant est le changement de rythme, annoncé sur la page : « en passant d'un envoi quotidien à deux envois par semaine », « Un rythme qui a l'avantage d'alléger votre messagerie ». C'est l'aveu que la plupart des revues de presse font trop souvent, et la bonne réaction : ralentir pour être lu. À copier : le rythme calé sur la capacité de lecture des destinataires, pas sur le volume de l'actualité.
France Universités : l'hebdomadaire PDF avec sa donnée de la semaine
L'association des présidents d'université publie une « Veille d'information de France Universités 31/03/2026 #211 », en PDF, numérotée comme un journal. Elle mêle l'actualité de l'association, une « Revue de presse du 27 mars 2026 » qui renvoie vers un document à part, une rubrique « VIE DES UNIVERSITÉS » et une « DONNÉE DE LA SEMAINE » : « 1,5 milliard d'euros (MESRE/SIES, 24/03/2026) », le montant consacré par les collectivités à l'enseignement supérieur, source et date comprises. À copier : la donnée de la semaine, un seul chiffre sourcé qui donne au lecteur pressé une raison d'ouvrir le PDF. Et la numérotation, qui transforme un envoi en collection.
Office de tourisme du Périgord Noir : la revue stratégique commentée
La « Revue de presse stratégique » de l'office de tourisme, « Publié le 3 août 2026 », est la plus travaillée des sept. Elle s'ouvre sur un chapô qui dit ce que le mois raconte : « Ce mois-ci, la veille est dominée par l'adaptation au climat », canicules, eau sous tension, tourisme de fraîcheur, puis « Tour d'horizon des signaux à suivre pour le Périgord Noir ». Les entrées sont classées par thème, « Prévisions de flux » par exemple, et chacune porte une étiquette, « Pertinence haute », suivie d'un résumé et d'un paragraphe « Pourquoi c'est stratégique » qui traduit l'article en conséquence pour le territoire. C'est une revue de presse pour décideurs : elle ne dit pas seulement ce qui s'est écrit, elle dit ce qu'il faut en faire. À copier : le chapô, l'étiquette de pertinence et le « pourquoi ». C'est ce qui justifie qu'une agence la facture.
Fréquence Commune : la revue de retombées
La coopérative, qui accompagne des listes municipales participatives, publie « Les articles de presse sur les municipalités et les collectifs qui réinventent la démocratie dans leur commune ». Chaque carte tient en deux lignes : « France 3 Limousin | 26.04.2026 », « Le Courrier des Maires | 30.03.2026 », puis le titre de l'article. C'est l'autre usage du mot : la revue de retombées, celle qu'on montre aux financeurs, aux adhérents et aux candidats. Elle prouve une présence médiatique sans commenter. À copier : le format média, date, titre, qui se lit en dix secondes et se met à jour sans effort. À ajouter, si elle est destinée à un financeur : le nombre de retombées et de médias distincts sur la période.
Saint-Pardoux-Soutiers : l'archive, un PDF par article
Cette commune des Deux-Sèvres tient sa revue de presse comme une archive : un fichier par article, nommé par la date et le sujet, « 2026_08_03_Halte_Vélo_Petit_Bijou.pdf », « 2026-03-25_Election_Municipal_2026_Maire.pdf », classé par année. Pas de résumé, pas de commentaire, mais une mémoire complète de ce que la presse locale a écrit sur le village. C'est aussi l'exemple qui pose la question du droit : un article scanné en entier et mis en ligne est une copie, et le CFC prévoit une licence pour les articles mis en ligne sur les sites de l'organisation. À copier : la règle de nommage, qui rend l'archive cherchable. À vérifier avant de faire pareil : la licence.
Le CFC : ce que dit la licence panorama de presse
La notice fixe les conditions : les destinataires doivent être informés « que le panorama de presse est réalisé avec l'autorisation du CFC » et « qu'il leur est interdit d'en rediffuser tout ou partie sous quelque forme que ce soit » ; les panoramas « peuvent être imprimés en 1 SEUL exemplaire par leurs destinataires » ; pour les panoramas papier, il faut « Respecter la limite de 20 % d'une publication » et « Citer les sources des publications utilisées » ; et l'organisation déclare « Deux fois par an, au plus tard le 15 janvier et le 15 juillet », la liste des titres utilisés, les volumes et le nombre de destinataires. La redevance dépend des titres et du nombre de postes destinataires. À retenir : une revue de presse qui résume et lie n'a pas besoin de cette licence ; une revue qui copie, si.
Un exemple rempli : la revue de presse mensuelle d'une PME
Le cas ci-dessous est une illustration : une PME industrielle de 40 personnes, sans service de presse, dont l'assistante de direction tient la revue avec deux alertes et un tableau. Elle lit une soixantaine d'articles par mois, en retient 12, dont 3 retombées sur l'entreprise, et envoie une page le premier lundi du mois à 25 destinataires. Deux heures de travail, et une revue que la direction lit parce qu'elle commence par ce qui la concerne.
Deux choix distinguent ce cas des sept exemples publics. Les retombées sont en tête, parce que c'est ce que la direction cherche d'abord, alors que les revues institutionnelles les mettent à part ou les oublient. Et chaque entrée de pertinence haute porte un « pourquoi », emprunté à l'office de tourisme du Périgord Noir, qui est ce qui distingue une veille d'une liste de liens.
Comment faire une revue de presse, en six étapes
- Nommer le lecteur et le rythme. Une revue pour l'équipe est quotidienne ou hebdomadaire et courte. Une revue pour la direction est mensuelle et commentée. Une revue de retombées se met à jour au fil de l'eau et se présente après une campagne. Le rythme se cale sur ce que le lecteur ouvrira, la CCI l'a appris en divisant ses envois.
- Fixer le périmètre et les alertes. Les mots clés : votre nom, vos dirigeants, vos concurrents, vos clients, votre réglementation. Des alertes gratuites suffisent pour une PME ; les plateformes de veille payantes apportent la presse payante, l'audiovisuel et les chiffres d'audience.
- Trier avec une règle. Retenir un article s'il change quelque chose pour l'organisation, ou s'il parle d'elle. Tout le reste va dans l'archive, pas dans la revue. Une revue de presse est une sélection, pas une collection.
- Écrire chaque entrée au même gabarit. Titre, une phrase de résumé dans vos mots, média, date, lien. Pour la direction, ajouter l'étiquette de pertinence et le « pourquoi ». Ne jamais recopier l'article : la copie relève d'une licence du CFC.
- Ouvrir par l'essentiel, fermer par les actions. Cinq lignes en tête pour celui qui ne lira que ça. En pied, les chiffres du mois et les décisions à prendre. C'est ce que font, chacune à sa manière, la revue du Périgord Noir avec son chapô et France Universités avec sa donnée de la semaine.
- Tenir le tableau de suivi. Chaque article retenu va dans un tableau : date, média, titre, thème, tonalité, pertinence, sommes-nous cités. La revue mensuelle se génère à partir de ce tableau, et le bilan annuel de retombées aussi.
Les erreurs qui font qu'une revue de presse n'est plus lue
- Envoyer des liens sans résumé. Le lecteur doit ouvrir chaque article pour savoir s'il le concerne. Il arrête au troisième envoi.
- Tout garder. Vingt entrées par jour ne sont pas une veille, c'est un flux RSS. Le tri est le travail.
- Copier les articles. Pratique pour le lecteur, illégal sans licence, et le CFC le vérifie auprès des prestataires comme des organisations.
- Mélanger retombées et veille. Ce que l'on dit de nous et ce qui se passe sur le marché ne servent pas au même lecteur ni à la même décision. Deux rubriques, ou deux revues.
- Ne pas dater ni numéroter. Une revue sans numéro ne s'archive pas et ne se cherche pas.
- Oublier le « pourquoi ». Un article sans conséquence pour l'organisation n'a pas sa place. S'il en a une, elle doit être écrite.
- Ne rien mesurer. Sans tableau de suivi, impossible de dire en décembre combien de retombées l'année a produites, dans quels médias, et sur quel ton.
Ce qu'une agence apporte à ce stade
Une agence RP ne se contente pas de compiler : elle dispose d'outils de veille qui couvrent la presse payante et l'audiovisuel, elle qualifie chaque retombée avec l'audience du média et la tonalité, elle porte la licence CFC quand la revue copie des articles, et surtout elle relie la revue aux actions : quel journaliste relancer, quel sujet proposer, quel communiqué de presse ou quel dossier de presse préparer. La page consacrée au coût des prestations de relations presse donne les ordres de grandeur d'une veille externalisée et d'un accompagnement au mois.
Modèle de revue de presse et tableau de suivi à télécharger
Le modèle Word reprend la structure du cas ci-dessus : en-tête avec la mention CFC, l'essentiel en cinq lignes, quatre rubriques avec le gabarit d'entrée (titre, média, date, auteur, lien, résumé, pourquoi, pertinence, tonalité), les chiffres de la période et les actions. Télécharger le modèle de revue de presse (docx). Le tableau de suivi des retombées, au format Excel, reçoit chaque article retenu avec des listes déroulantes pour la tonalité, la pertinence et le type de média, et une feuille de synthèse qui compte les retombées, les tonalités et les médias distincts. Télécharger le tableau de suivi des retombées (xlsx).
Questions fréquentes
Comment rédiger une revue de presse ?
Choisir le lecteur et le rythme, fixer les mots clés de veille, trier les articles selon qu'ils concernent l'organisation ou changent quelque chose pour elle, écrire chaque entrée au même gabarit (titre, résumé d'une phrase, média, date, lien), ouvrir par l'essentiel et fermer par les actions. Résumer plutôt que copier.
Qu'est-ce qu'une revue de presse, avec un exemple ?
Une sélection d'articles de presse résumés et sourcés, envoyée à des destinataires précis à intervalle régulier. La revue quotidienne de l'Arcep en est l'exemple le plus dépouillé : par rubrique, un titre, une phrase, la source. La revue mensuelle de l'office de tourisme du Périgord Noir en est l'exemple le plus commenté, avec une étiquette de pertinence et un « pourquoi » par article.
Une revue de presse est-elle légale ?
Résumer un article et renvoyer vers lui, oui. Le copier, en entier ou en large partie, pour le rediffuser à des collaborateurs, des clients ou sur un site, demande une licence du CFC, qui fixe les conditions et perçoit une redevance pour les auteurs et les éditeurs.
Quels sont les types de presse à couvrir ?
La presse écrite nationale, régionale et professionnelle, la presse en ligne, et l'audiovisuel, radio et télévision, dont les transcriptions entrent aussi dans le champ du CFC. Pour une PME, la presse régionale et professionnelle produit l'essentiel des retombées, et c'est là que la veille doit être la plus fine.
Et la revue de presse scolaire ?
L'exercice du lycée demande la même chose qu'une revue d'entreprise, sélectionner, résumer, sourcer et confronter les angles de plusieurs titres sur un même sujet, mais il porte sur un thème d'actualité et non sur une organisation. Les exemples de cet article s'y appliquent par la forme, pas par le contenu.
Une revue de presse tenue chaque mois prend deux heures quand le tableau est tenu et que la règle de tri est écrite. Quand il faut la presse payante, l'audiovisuel et les chiffres d'audience, ou que personne n'a les deux heures, le comparateur d'agences de relations presse permet de comparer les prestataires qui la produisent, et ce qu'ils y ajoutent.
Sources
- Wikipédia, Revue de presse
- CFC, Entreprises privées et publiques : rediffuser des contenus d'information de façon légale
- CFC, Licence unique, panoramas de presse
- CFC, Notice de la licence panoramas de presse diffusés en interne (PDF)
- Arcep, La revue de presse
- Arcep, Les titres de la presse du jeudi 17 septembre 2026
- CCI Hauts-de-France, Revue de presse
- France Universités, Veille d'information hebdomadaire n° 211 du 31 mars 2026 (PDF)
- Office de tourisme Sarlat Périgord Noir, Revue de presse stratégique du 3 août 2026
- Fréquence Commune, Revue de presse
- Commune de Saint-Pardoux-Soutiers, Revue de presse
Notez cet article


