Dans un écosystème B2B saturé où les produits et les services tendent à se standardiser, la différence se fait rarement sur la seule fiche technique ou sur le prix. Chez La Fabrique du Net, nous observons quotidiennement une mutation profonde des critères de choix des prestataires et partenaires. Ce qui distingue désormais une entreprise d’une autre, c’est la confiance qu’elle inspire avant même le premier contact commercial. Cette confiance, historiquement portée par la marque institutionnelle (le logo, le site web, la plaquette), se déplace massivement vers l’humain qui l’incarne : le fondateur.
Depuis plusieurs années, nous analysons les milliers de projets déposés sur notre plateforme. Une tendance lourde se dégage : les entreprises dont les dirigeants prennent la parole publiquement, notamment sur LinkedIn, convertissent mieux et plus vite. Ce n’est plus une simple question d’ego ou de vanité, mais une véritable stratégie d’acquisition client. L’incarnation de la marque par le fondateur devient le levier le plus puissant pour humaniser une offre, créer de la préférence et rassurer des prospects de plus en plus méfiants envers les discours corporatistes désincarnés.
Pourtant, se lancer dans le personal branding ne s’improvise pas. Entre la peur de s’exposer, la difficulté à trouver le ton juste et la crainte de nuire à l’image de l’entreprise, nombreux sont les dirigeants qui hésitent ou échouent. À travers cet article, nous allons déconstruire les mécanismes qui permettent aux fondateurs d’attirer des clients grâce à leur image de marque personnelle, en nous appuyant sur notre expertise terrain et les retours des agences de branding partenaires de La Fabrique du Net.
Définition du branding et du personal branding
Pour comprendre comment l’image du dirigeant influence le chiffre d’affaires, il est impératif de distinguer et de lier deux concepts souvent confondus ou traités séparément : le branding d’entreprise (Corporate Branding) et la marque personnelle (Personal Branding). Dans les projets que nous auditons, la confusion entre ces deux notions mène souvent à des stratégies hybrides peu efficaces, où le dirigeant utilise son profil personnel comme un panneau publicitaire pour l’entreprise, sans apporter de valeur ajoutée.
La marque entreprise : le socle de crédibilité
Le branding d’entreprise représente l’identité morale, visuelle et discursive de la société. C’est ce qui reste quand le fondateur n’est pas dans la pièce. Il englobe le logo, la charte graphique, mais surtout la mission, les valeurs et la promesse faite au marché. Une marque forte rassure sur la pérennité de la structure et la qualité des processus. Cependant, dans un contexte B2B, la marque entreprise souffre souvent d’un déficit d’émotion. Elle est perçue comme une entité froide, juridique, contractuelle. C’est ici que le branding personnel intervient pour combler ce vide.
Le personal branding : le vecteur de confiance et d’émotion
Le personal branding, ou marque personnelle, est l’art de gérer l’image publique d’un individu pour servir ses objectifs professionnels. Pour un fondateur, il ne s’agit pas de devenir un influenceur lifestyle, mais de devenir un leader d’opinion dans son secteur. C’est la capacité à faire rayonner son expertise, sa vision et sa personnalité. Contrairement à la marque entreprise qui dit « Nous sommes les meilleurs », la marque personnelle démontre « Je comprends vos problèmes et je sais de quoi je parle ».
La nuance est fondamentale. Le personal branding permet de créer une connexion émotionnelle. Les êtres humains sont biologiquement programmés pour faire confiance à d’autres visages, pas à des logos abstraits. Lorsqu’un dirigeant prend la parole pour expliquer ses échecs, ses apprentissages ou sa vision du marché, il crée un lien de proximité impossible à reproduire via une page « Qui sommes-nous » sur un site web. Chez La Fabrique du Net, nous constatons que les profils LinkedIn des dirigeants sont souvent plus visités que les sites web de leurs propres entreprises lors des phases de prospection active.
La synergie nécessaire entre les deux entités
L’erreur classique consiste à opposer ces deux stratégies. Une marque personnelle forte sans une entreprise solide derrière ne vend que du vent (le syndrome du consultant qui parle beaucoup mais ne livre pas). À l’inverse, une entreprise solide avec un dirigeant invisible se prive d’un accélérateur de croissance majeur. La stratégie gagnante, celle que nous recommandons aux porteurs de projet, réside dans l’alignement. Les valeurs prônées par le fondateur doivent transpirer dans l’expérience client délivrée par l’entreprise. Si le fondateur prône la transparence sur LinkedIn mais que le service client de l’entreprise est opaque, la dissonance cognitive chez le client sera fatale pour la réputation.
Importance du personal branding pour les entreprises et les CEO
L’impact du personal branding dépasse largement la simple notoriété sur les réseaux sociaux. Il s’agit d’un actif immatériel qui a des répercussions directes sur la valorisation de l’entreprise, le cycle de vente et la capacité à attirer des talents. Les données que nous observons sur le marché français confirment que les entreprises incarnées par un leader visible surperforment sur plusieurs indicateurs clés.
Réduire le cycle de vente et le coût d’acquisition
Dans la vente complexe ou le service B2B, le principal frein à l’achat est le risque perçu. L’acheteur a peur de se tromper. Lorsqu’un prospect suit le contenu d’un dirigeant depuis plusieurs mois, une relation para-sociale s’installe. Le prospect a l’impression de connaître le fondateur, de comprendre sa logique et ses valeurs. Au moment de la prise de contact, la barrière de la méfiance est déjà levée.
Nous observons chez nos clients que les leads entrants générés via le profil personnel du dirigeant sont souvent plus qualifiés et signent plus rapidement. Le besoin de « prouver » sa compétence lors du premier rendez-vous commercial est drastiquement réduit car le contenu publié en amont a déjà fait office de preuve sociale et technique. Cela se traduit par une réduction du cycle de vente pouvant aller de 20 à 30 %, et une baisse significative du coût d’acquisition client (CAC), car le reach organique (gratuit) sur des plateformes comme LinkedIn est encore très élevé comparé à la publicité payante.
Attirer les meilleurs talents et fidéliser les équipes
Le recrutement est l’autre face de la médaille. Dans une guerre des talents qui touche particulièrement les secteurs de la tech et du digital, les candidats choisissent leur futur manager autant que l’entreprise. Un fondateur qui exprime sa vision, sa culture d’entreprise et son style de management publiquement attire des profils qui résonnent avec ces valeurs. Cela agit comme un filtre naturel : ceux qui n’adhèrent pas à la vision ne postulent pas, tandis que ceux qui sont alignés sont déjà motivés avant même l’entretien.
De plus, la fierté d’appartenance joue un rôle crucial dans la rétention. Les employés sont fiers de travailler pour un dirigeant reconnu et respecté dans son industrie. Cela valide leur propre choix de carrière et renforce leur sentiment de sécurité. Voir son CEO prendre la parole et défendre des positions fortes donne du sens au travail quotidien des équipes.
Faciliter les levées de fonds et les partenariats
Pour les startups et les entreprises en croissance, la marque personnelle du fondateur est souvent le premier critère d’évaluation pour les investisseurs. Les fonds de Venture Capital (VC) investissent avant tout sur une équipe et un capitaine. Un fondateur capable de fédérer une communauté, d’articuler une vision claire et de démontrer une traction via son audience personnelle envoie un signal fort de leadership et de capacité d’exécution. C’est un actif de réassurance majeur qui peut influencer la valorisation de l’entreprise lors d’un tour de table.
Étapes pour créer une stratégie de personal branding
Beaucoup de dirigeants pensent que le personal branding se résume à poster des nouvelles de l’entreprise trois fois par semaine. C’est une erreur. Pour être efficace, la démarche doit être stratégique, structurée et surtout authentique. Voici la méthodologie que les agences spécialisées recommandées par La Fabrique du Net appliquent généralement pour construire une marque personnelle performante.
1. L’audit d’identité et le positionnement (Le « Why »)
Avant de rédiger la moindre ligne, il faut définir qui l’on est et quel rôle on souhaite jouer. Cette phase d’introspection est cruciale. Elle vise à identifier la « Zone de Génie » du dirigeant : l’intersection entre ce qu’il sait faire, ce qu’il aime faire, et ce que le marché attend. Les agences travaillent souvent sur des archétypes pour aider le dirigeant à se positionner :
Est-il le « Visionnaire » (qui prédit le futur du marché) ?
L' »Architecte » (qui explique comment construire des solutions) ?
Le « Provocateur » (qui remet en cause le statu quo) ?
Ou le « Mentor » (qui partage ses apprentissages avec bienveillance) ?
Définir cet archétype permet de garantir une cohérence dans la prise de parole sur le long terme.
2. La définition de la ligne éditoriale et des piliers de contenu
Une fois le positionnement clair, il faut le traduire en thématiques concrètes. C’est ce qu’on appelle les piliers de contenu (Content Pillars). Généralement, nous recommandons de se limiter à 3 ou 4 thématiques majeures pour éviter de diluer le message. Par exemple, pour un fondateur d’une agence SEO, les piliers pourraient être : 1. Les évolutions techniques de Google (Expertise), 2. La gestion d’une équipe à distance (Management/Culture), 3. Les coulisses de l’entrepreneuriat (Transparence/Building in public). Cette structure permet de ne jamais être à court d’idées et de s’assurer que chaque post sert l’un des objectifs stratégiques de la marque.
3. Le choix des canaux et l’optimisation du profil
En B2B, LinkedIn est incontournable, concentrant plus de 80% des leads générés via les réseaux sociaux. Cependant, selon la cible, Twitter (X) ou même des newsletters spécialisées (Substack) peuvent être pertinents. L’étape indispensable est l’optimisation du profil. Le profil personnel doit être traité comme une landing page de conversion. La bannière doit expliciter la proposition de valeur, le titre doit être clair (évitez les titres cryptiques comme « Ninja de l’innovation »), et la section « Infos » doit raconter une histoire (storytelling) plutôt que de lister un CV chronologique. L’objectif est qu’un visiteur comprenne en 3 secondes qui vous êtes et comment vous pouvez l’aider.
4. La routine de production et d’engagement
La régularité bat l’intensité. Il vaut mieux poster deux fois par semaine pendant trois ans que tous les jours pendant un mois avant d’abandonner. La mise en place d’une routine de production est essentielle. Cela peut passer par le « batching » (créer plusieurs contenus en une seule session) ou par l’accompagnement d’une agence pour la rédaction (ghostwriting). Mais la publication n’est que la moitié du travail. L’engagement (répondre aux commentaires, commenter les posts des autres acteurs du secteur) est vital pour activer l’algorithme et créer de véritables relations. C’est dans les commentaires que se nouent souvent les opportunités d’affaires.
Exemples de marques ayant réussi grâce au personal branding
Pour illustrer la puissance de cette approche, il est inutile de citer Elon Musk ou Richard Branson, dont les moyens sont hors de portée de la plupart des PME. Intéressons-nous plutôt à des typologies de succès accessibles que nous observons sur le marché français et européen, et qui démontrent comment une stratégie bien exécutée transforme le business.
Le modèle « Building in Public » (La transparence radicale)
Certaines marques ont explosé grâce à des fondateurs qui ont documenté leur aventure entrepreneuriale jour après jour. En partageant leurs chiffres, leurs difficultés de trésorerie, leurs recrutements et même leurs échecs, ils créent une communauté de supporters fervents. Cette transparence crée une confiance absolue : « S’il me dit quand ça va mal, je le croirai quand il me dira que son produit est bon ». C’est une stratégie très efficace pour les solutions SaaS ou les services aux entreprises, car elle humanise la technologie et crée de l’empathie.
Le modèle « L’Expert Pédagogue » (L’éducation du marché)
C’est le modèle le plus courant et le plus sûr pour le B2B. Le fondateur se positionne comme celui qui simplifie la complexité. Par exemple, un avocat fiscaliste qui vulgarise les nouvelles lois de finances sur LinkedIn, ou le dirigeant d’une entreprise de logistique qui explique les enjeux de la supply chain mondiale. En donnant gratuitement de la valeur et de l’information, ils activent le biais de réciprocité. Les clients viennent à eux car ils ont déjà reçu de l’aide avant même de signer un contrat. Cette approche positionne l’entreprise comme la référence technique incontournable de son secteur.
Le modèle « Le Visionnaire Engagé » (Les valeurs avant tout)
Ici, le fondateur prend la parole sur des sujets sociétaux liés à son industrie (écologie, inclusion, futur du travail). Il ne parle presque jamais de son produit, mais défend une vision du monde. Par exemple, le fondateur d’une marque de vêtements éthiques qui milite contre la fast-fashion. Cette approche polarisante peut repousser certains prospects, mais elle crée une adhésion fanatique chez ceux qui partagent ces valeurs. La marque devient un étendard identitaire pour les clients. C’est un levier puissant pour les marques B2C ou B2B2C qui cherchent à créer une communauté forte.
Retour d’expérience avec une agence partenaire
Chez La Fabrique du Net, nous ne nous contentons pas de théorie. Voici un cas concret issu d’une collaboration récente entre une PME industrielle et une de nos agences partenaires spécialisées en Branding et Stratégie Éditoriale.
Le contexte : Le client est une PME industrielle basée en région Auvergne-Rhône-Alpes, spécialisée dans la fabrication de pièces techniques pour le secteur médical. L’entreprise, bien que solide (5M€ de CA), souffrait d’une image vieillissante. Le dirigeant, un ingénieur d’une cinquantaine d’années, était totalement absent des réseaux sociaux, convaincu que « ses clients n’étaient pas sur LinkedIn ». Le problème majeur était une stagnation du pipe commercial et une difficulté croissante à recruter des ingénieurs qualifiés.
L’intervention de l’agence : L’agence partenaire a proposé un accompagnement sur 6 mois pour un budget global d’environ 15 000 €.
La mission a débuté par un travail de fond sur la « raison d’être » du dirigeant : sa passion pour l’innovation plastique au service de la santé.
L’agence a défini une ligne éditoriale axée sur l’expertise technique (expliquer les contraintes des nouveaux matériaux) et la souveraineté industrielle (défendre le Made in France).
Un système de co-écriture a été mis en place : le dirigeant envoyait des notes vocales de 5 minutes sur des sujets d’actualité, et l’agence les transformait en posts LinkedIn structurés et impactants, validés ensuite par le dirigeant.
Les résultats mesurés : Après 6 mois de publication régulière (2 posts par semaine) :
Le profil du dirigeant est passé de 200 à 4 500 abonnés qualifiés (décideurs achats, ingénieurs R&D).
Le trafic vers le site web de l’entreprise a augmenté de 45 %, mais surtout, le taux de conversion des formulaires de contact a doublé. Les prospects arrivaient en disant : « J’ai lu votre post sur la norme ISO 13485, nous avons exactement ce problème ».
L’entreprise a reçu 3 candidatures spontanées d’ingénieurs seniors citant explicitement les prises de parole du dirigeant comme motivation.
Ce cas illustre parfaitement qu’il n’est pas nécessaire d’être une start-up parisienne pour tirer profit du personal branding. L’authenticité technique d’un dirigeant industriel, bien emballée, est un aimant à business redoutable.
Les erreurs les plus fréquentes
L’enthousiasme pour le personal branding peut parfois mener à des maladresses contre-productives. D’après notre observation des campagnes qui échouent, voici les écueils majeurs à éviter pour préserver sa réputation et son budget.
L’incohérence entre le personnage et la réalité
C’est l’erreur la plus dommageable. Si un fondateur se présente comme un manager bienveillant et empathique sur LinkedIn, mais qu’il est tyrannique en interne, la vérité finira par éclater. Les plateformes comme Glassdoor ou même les commentaires sous les posts peuvent devenir des défouloirs pour d’anciens employés. Le branding ne doit pas être un masque, mais un miroir grossissant des qualités réelles. L’authenticité n’est pas une option, c’est la condition de survie de la stratégie.
Le contenu trop commercial (Le « Pitch » permanent)
Transformer son profil personnel en catalogue de produits est le meilleur moyen de faire fuir son audience. Personne ne se connecte sur les réseaux sociaux pour lire des publicités. La règle d’or est souvent le ratio 80/20 : 80 % de contenu à forte valeur ajoutée (éducation, inspiration, analyse) et 20 % de contenu promotionnel (offres, succès clients). Si chaque post se termine par « Contactez-nous pour un devis », l’audience se lassera très vite et l’algorithme réduira la portée des publications.
Le ghostwriting de mauvaise qualité
Déléguer sa production de contenu est une pratique courante et souvent nécessaire pour des dirigeants très occupés. Cependant, faire appel à des rédacteurs qui ne prennent pas le temps de comprendre la psychologie et le vocabulaire du dirigeant est une erreur. On se retrouve avec des contenus standardisés, plats, qui ressemblent à ceux de tous les autres concurrents, ou pire, qui utilisent un ton « faussement cool » qui ne correspond pas à l’âge ou au style du fondateur. Le lecteur n’est pas dupe : s’il sent que ce n’est pas vous qui parlez, la confiance est rompue.
Comment bien choisir son agence pour le branding
Le marché du branding et du personal branding a explosé, et il est difficile de s’y retrouver entre les freelances ghostwriters, les agences de communication globale et les cabinets de conseil en stratégie de marque. Pour sélectionner le bon partenaire via La Fabrique du Net, voici les critères de vigilance et de qualité à surveiller.
Les questions à poser impérativement
Lors de la phase de sélection, ne vous contentez pas de regarder le portfolio visuel. Interrogez l’agence sur sa méthodologie d’extraction de contenu :
« Comment allez-vous capturer ma voix et mes idées ? » (La réponse doit inclure des interviews régulières).
« Quels KPIs mesurez-vous ? » (Méfiez-vous de ceux qui ne parlent que de « likes » et pas d’engagement qualifié ou de trafic).
« Avez-vous de l’expérience dans mon secteur d’activité ? » (Le B2B industriel ne se traite pas comme le B2C cosmétique).
« Quelle est votre stratégie pour convertir l’audience en clients ? » (Il doit y avoir une logique de tunnel de conversion derrière les posts).
Les signaux d’alerte (Red Flags)
Soyez méfiant si une agence vous promet des résultats chiffrés immédiats et garantis (ex: « 10 000 abonnés en 3 mois »). La croissance organique est un processus qui prend du temps. Fuyez également les prestataires qui utilisent des « pods » (groupes d’engagement artificiels) pour gonfler les statistiques, car cela détruit la portée réelle sur le long terme et attire une audience de robots. Enfin, une agence qui accepte de travailler sans faire un audit préalable de votre marque actuelle est souvent un signe de manque de sérieux stratégique.
Les indicateurs de qualité
Une bonne agence de branding s’intéressera d’abord à votre business model avant de parler de couleurs ou de hashtags. Elle doit être capable de challenger votre vision et de vous dire « non » si votre idée de positionnement n’est pas pertinente par rapport au marché. Regardez aussi leurs propres canaux : est-ce que les dirigeants de l’agence appliquent à eux-mêmes ce qu’ils vendent ? C’est souvent le meilleur test de crédibilité.
Tendances et évolutions du marché
Le personal branding est une discipline vivante qui évolue au rythme des algorithmes et des habitudes de consommation. Nous observons actuellement plusieurs mutations importantes dans les demandes qui nous parviennent.
La montée en puissance de la vidéo et de l’audio
Si l’écrit reste roi sur LinkedIn pour le moment, la vidéo (format court vertical type Shorts/TikTok ou format long type interview) et l’audio (podcasts) gagnent du terrain. Ces formats sont plus difficiles à déléguer et donc perçus comme plus authentiques. Voir le dirigeant parler, entendre son intonation, renforce considérablement le lien de confiance. Les agences commencent à proposer des « jours de tournage » pour créer des banques de contenus vidéo découpés ensuite pour les réseaux sociaux.
L’Employee Advocacy : du CEO aux équipes
La tendance n’est plus au « CEO superstar » isolé, mais à la « Team de leaders ». Les entreprises les plus avancées forment désormais leurs cadres clés et leurs commerciaux à développer leur propre marque personnelle. L’objectif est de multiplier les points de contact et de montrer la richesse des expertises internes. Le rôle du fondateur est alors d’orchestrer cette prise de parole collective pour qu’elle reste cohérente avec la marque entreprise.
Évolution des tarifs et des offres
Nous constatons une professionnalisation du marché avec une segmentation des prix.
L’entrée de gamme (Freelances) se situe souvent entre 500 € et 1 500 € par mois pour de la rédaction simple.
Les agences spécialisées proposent des accompagnements stratégiques complets (audit, stratégie, coaching, production multimédia) qui oscillent généralement entre 2 500 € et 6 000 € par mois.
On voit aussi émerger des offres de « Coaching pur » où l’agence ne produit pas, mais forme le dirigeant à devenir autonome, souvent sous forme de bootcamps intensifs facturés entre 3 000 € et 10 000 € le cursus.
Ressource prête à l’emploi : La Matrice de Ligne Éditoriale
Pour vous aider à passer de la théorie à l’action, voici une matrice simplifiée que vous pouvez copier et utiliser pour structurer vos premières semaines de prise de parole. Elle est conçue pour garantir la variété et la pertinence des contenus.
| Pilier de Contenu | Objectif Visé | Type de Format | Exemple de Sujet Concret | Fréquence Idéale |
|---|---|---|---|---|
| L’Expertise (Tech/Métier) | Crédibilité & Autorité | Analyse détaillée, Carrousel PDF, Étude de cas | « Comment la nouvelle réglementation X va impacter notre secteur en 2024 » | 40% des posts |
| La Vision (Opinion) | Leadership & Différenciation | Texte court et impactant, Vidéo face caméra | « Pourquoi je pense que l’IA ne remplacera jamais ce métier spécifique » | 30% des posts |
| Les Coulisses (Humain) | Confiance & Sympathie | Photo d’équipe, Storytelling d’échec/réussite | « La décision la plus difficile que j’ai dû prendre cette semaine » | 20% des posts |
| La Preuve (Promotion) | Conversion & Vente | Témoignage client, Résultat chiffré | « Comment nous avons aidé le client Y à économiser 20% sur son budget » | 10% des posts |
FAQ : Questions fréquentes sur le personal branding
Dans le cadre de nos accompagnements, certaines interrogations reviennent systématiquement chez les fondateurs. Voici des réponses concrètes basées sur la réalité du terrain.
Qu’est-ce qu’une stratégie de personal branding efficace ?
Une stratégie efficace est une stratégie qui sert les objectifs de l’entreprise (business) tout en respectant la personnalité du dirigeant (authenticité). Elle se caractérise par trois éléments : la clarté du positionnement (on sait immédiatement quelle est votre expertise), la régularité de la présence (votre audience a rendez-vous avec vous) et la qualité de l’interaction (vous ne faites pas que diffuser, vous échangez). Si vous postez tous les jours mais que cela ne génère aucune discussion ni aucun lead qualifié au bout de 6 mois, la stratégie n’est pas efficace, c’est juste de l’occupationnel.
Comment le personal branding peut-il booster mon entreprise ?
Il agit comme un catalyseur à trois niveaux. Premièrement, il augmente la notoriété spontanée (Top of Mind) : quand un prospect a un besoin, il pense à vous car il voit votre nom passer régulièrement. Deuxièmement, il pré-vend votre solution : en démontrant votre expertise publiquement, vous répondez aux objections avant même le premier appel commercial. Troisièmement, il crée un effet de réseau : vos contenus sont partagés, commentés, ce qui vous expose à des connexions de second et troisième niveau que vous n’auriez jamais atteintes avec de la prospection à froid traditionnelle.
Quels sont les éléments clés d’une bonne stratégie de marque ?
Au-delà du logo et des visuels, les éléments clés sont immatériels : une mission claire (pourquoi existez-vous ?), des valeurs incarnées (pas juste des mots sur un mur, mais des principes qui guident les décisions), une voix unique (le ton employé) et une promesse tenue. Dans le cadre du personal branding, l’élément clé absolu est l’alignement. Si l’image projetée en ligne est cohérente avec l’expérience réelle vécue par les clients et les employés, la marque devient indestructible.
Conclusion
L’époque où les dirigeants pouvaient rester cachés dans leur tour d’ivoire est révolue. Aujourd’hui, incarner sa marque n’est plus une option réservée aux start-ups de la Silicon Valley, mais une nécessité stratégique pour toute entreprise B2B soucieuse de sa croissance et de sa pérennité. Le personal branding est le levier le plus puissant pour recréer de la confiance dans un monde numérique saturé. Il permet de transformer une entreprise anonyme en une aventure humaine à laquelle clients et talents ont envie de participer.
Cependant, comme nous l’avons vu, la frontière est fine entre une communication inspirante et un exercice d’ego maladroit. La réussite réside dans la stratégie, la constance et souvent, dans la capacité à se faire accompagner par des professionnels qui sauront révéler votre voix sans la dénaturer. C’est précisément la mission de La Fabrique du Net : vous aider à identifier, parmi des centaines d’agences, celle qui comprendra votre secteur, vos valeurs et vos enjeux pour construire avec vous une image de marque qui convertit.