Collecte d’emails : méthodes efficaces, règles CNIL et outils
La collecte d’emails consiste à obtenir, avec l’accord des personnes, les adresses de visiteurs, clients ou prospects pour leur envoyer ensuite des newsletters, des offres ou des contenus. C’est l’un des rares canaux marketing dont l’entreprise reste propriétaire : la liste ne dépend ni d’un algorithme de réseau social ni d’un budget publicitaire. En contrepartie, elle se construit lentement et elle est encadrée par des règles précises (RGPD, article L34-5 du code des postes et des communications électroniques, doctrine de la CNIL).
Ce guide réunit les méthodes de collecte d’email sur un site web et hors ligne, la façon de rendre chaque point d’inscription attractif, les règles CNIL à respecter en prospection B2C et B2B, les outils disponibles et une checklist d’email marketing pour vérifier votre dispositif avant de le lancer.
Collecte d’emails : définition et intérêt d’une liste construite soi-même
Une liste d’emails (ou liste de diffusion) est l’ensemble des adresses que vous avez recueillies directement auprès des personnes, avec leur accord ou, dans les cas prévus par la loi, après les avoir informées. On parle souvent de données « first party » : elles viennent de votre relation avec la personne, et non d’un tiers.
Trois raisons expliquent pourquoi la collecte d’emails reste un chantier prioritaire pour une PME, un e-commerçant ou un éditeur de logiciel :
- La maîtrise du canal : vous décidez du moment, du contenu et de la fréquence des envois, sans dépendre de la portée organique d’une plateforme.
- La qualité de l’audience : une personne qui s’inscrit d’elle-même a déjà manifesté un intérêt pour votre sujet, ce qui n’est pas le cas d’une adresse achetée.
- La conformité : une adresse recueillie par vous, avec une preuve de consentement, est la seule dont vous pouvez démontrer la licéité sans dépendre d’un fournisseur. L’achat ou la location de fichiers pose des questions juridiques détaillées dans notre article sur l’achat de fichier email et dans celui sur la location de fichiers d’adresses.
La collecte n’est pas une action isolée : c’est un système qui associe des points d’inscription, une raison de s’inscrire, un recueil du consentement conforme, puis un premier email qui confirme la valeur promise.
Les règles CNIL et RGPD à respecter avant de collecter des emails
Avant de choisir un formulaire ou un outil, il faut savoir à qui vous allez écrire : des particuliers ou des professionnels. Les règles ne sont pas les mêmes. La CNIL les résume ainsi dans sa fiche sur la prospection par courrier électronique (datée du 10 juin 2026) : les personnes doivent d’abord être informées, puis « y consentir préalablement s’il s’agit de particuliers ou pouvoir s’y opposer s’il s’agit de professionnels ».
Prospection B2C : le consentement préalable est la règle
L’article L34-5 du code des postes et des communications électroniques interdit la prospection directe par courrier électronique utilisant les coordonnées d’une personne physique qui n’a pas exprimé préalablement son consentement. Selon la CNIL, ce consentement doit être « libre, spécifique, éclairé et univoque » et suppose une action positive, par exemple une case à cocher dédiée et non pré-cochée. La CNIL précise deux points :
- l’acceptation des conditions générales d’utilisation ne suffit pas à valoir consentement à la prospection ;
- une case pré-cochée est interdite pour recueillir le consentement.
Le RGPD ajoute deux obligations utiles à connaître dès la conception du formulaire. D’abord, le responsable du traitement doit être « en mesure de démontrer » que la personne a consenti (article 7) : conservez la date, la source de l’inscription et le texte affiché au moment du consentement. Ensuite, « il est aussi simple de retirer que de donner son consentement » : le lien de désinscription doit fonctionner sans démarche compliquée.
Les deux exceptions : clients existants et prospection non commerciale
La CNIL admet deux exceptions au consentement préalable des particuliers :
- la personne est déjà cliente et la prospection porte sur des produits ou services similaires fournis par la même entreprise. L’article L34-5 précise que les coordonnées doivent avoir été recueillies « à l’occasion d’une vente ou d’une prestation de services ». La CNIL rappelle que la simple création d’un compte en ligne, sans commande, ne permet pas d’utiliser cette exception ;
- la prospection n’est pas commerciale, par exemple un appel au don d’une association caritative.
Dans ces deux cas, la personne doit être informée lors de la collecte et pouvoir s’opposer à l’utilisation de son adresse, simplement et gratuitement, au moment de la collecte et lors de chaque envoi.
Prospection B2B : information et droit d’opposition
Vers des professionnels, la prospection peut reposer sur l’intérêt légitime de l’entreprise, à condition que l’objet du message soit en rapport avec la profession de la personne démarchée (la CNIL cite l’exemple d’un logiciel présenté au directeur informatique d’une entreprise). La personne doit être informée et pouvoir s’opposer simplement et gratuitement. Les adresses génériques de type contact@ ou info@, qui concernent des personnes morales, ne sont pas soumises à ces principes selon la CNIL.
Lorsque les adresses ont été acquises auprès de tiers, la CNIL demande de s’assurer que les personnes ont été informées de leur possible utilisation pour de la prospection et qu’elles peuvent s’y opposer. Vers des particuliers, la transmission d’adresses à des partenaires pour de la prospection par email exige que l’organisme qui collecte obtienne lui-même le consentement à cette transmission.
Ce que chaque email de prospection doit contenir
Dans tous les cas, B2C comme B2B, chaque sollicitation doit permettre d’identifier l’organisation qui l’émet et de refuser, par un moyen simple, les envois suivants. L’article L34-5 interdit aussi de dissimuler l’identité de l’expéditeur et de mentionner un objet sans rapport avec le service proposé. Le RGPD (article 21) donne en outre à toute personne le droit de s’opposer « à tout moment » au traitement de ses données à des fins de prospection.
Ce qu’il faut afficher au moment de la collecte
L’information doit être donnée là où l’adresse est recueillie. La CNIL liste notamment : l’identité et les coordonnées de l’organisme, les finalités, la base légale, le caractère obligatoire ou facultatif des champs, les destinataires, la durée de conservation, les droits des personnes, les coordonnées du délégué à la protection des données s’il existe et le droit d’introduire une réclamation auprès de la CNIL. Sur un formulaire court, une mention résumée (identité, finalité, droits) avec un lien vers la politique de confidentialité permet de prioriser l’essentiel sans masquer le reste.
Combien de temps conserver les adresses collectées
Le référentiel de la CNIL sur la gestion des activités commerciales fixe des durées de référence. Les données d’un prospect non client peuvent être conservées trois ans à compter de leur collecte ou du dernier contact émanant du prospect, par exemple une demande de documentation ou un clic sur un lien. La simple ouverture d’un email ne compte pas comme un contact. Pour un client, les données utilisées en prospection peuvent être gardées pendant la relation commerciale puis trois ans après sa fin. Au terme du délai, vous pouvez demander à la personne si elle souhaite continuer à recevoir vos messages ; sans réponse positive et explicite, les données doivent être supprimées ou archivées.
Sanctions : ce que prévoit la loi et ce qui change en 2027
Un manquement au RGPD peut entraîner une amende administrative jusqu’à 20 000 000 euros ou, pour une entreprise, 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial (article 83). L’article L34-5 prévoit aussi une amende administrative de l’autorité chargée de la consommation, plafonnée à 75 000 euros pour une personne physique et 375 000 euros pour une personne morale. Par sa décision n° 2026-1210 QPC du 25 juin 2026, le Conseil constitutionnel a déclaré contraires à la Constitution les sixième, huitième et avant-dernier alinéas de l’article L34-5, qui permettaient à trois autorités (la CNIL, l’autorité chargée de la consommation et l’Arcep) de sanctionner les mêmes faits ; leur abrogation est reportée au 31 octobre 2027, et d’ici là une même personne ne peut plus être poursuivie deux fois pour les mêmes faits devant deux autorités. La règle de fond, le consentement préalable, n’est pas visée par cette décision.
Exemple récent : le 15 mai 2025, la CNIL a sanctionné la société CALOGA d’une amende de 80 000 euros pour avoir démarché des prospects sans consentement valide, à partir de données recueillies via des formulaires de jeux-concours et de tests de produits jugés trompeurs.
Pour outiller cette conformité (registre, gestion des consentements, demandes d’accès), consultez notre comparatif des logiciels RGPD.
Placer des formulaires d’inscription aux bons endroits du site web
L’erreur la plus fréquente consiste à s’appuyer sur un seul formulaire, souvent en pied de page, que peu de visiteurs voient. Une collecte d’email efficace sur un site web multiplie les points d’entrée, chacun adapté à la page où il apparaît.
Les emplacements de formulaire à tester
- Dans le contenu : un encart au milieu ou à la fin d’un article, juste après un passage qui répond à la question du lecteur.
- En en-tête ou en barre fixe : visible sans gêner la lecture, utile pour une offre permanente.
- En pied de page et en colonne latérale : à garder, mais comme filet de sécurité, pas comme dispositif principal.
- Sur une page dédiée : une page d’inscription vers laquelle pointent vos réseaux sociaux, votre signature email et vos autres contenus.
- Dans les parcours existants : formulaire de contact, demande de devis, téléchargement, création de compte, à condition que l’inscription à la newsletter reste une case séparée et facultative.
Combien de champs demander ?
Le RGPD impose que les données soient « adéquates, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire » à la finalité (principe de minimisation, article 5). Pour une newsletter, l’adresse email suffit souvent. Un prénom permet de personnaliser, un champ « secteur » ou « intérêt » permet de segmenter : ajoutez-les seulement si vous vous en servez réellement. Pour aller plus loin sans faire fuir les visiteurs, le formulaire en plusieurs étapes est une piste détaillée dans notre article sur les formulaires multi-étapes.
Exemple de formulaire conforme
Un formulaire de collecte d’emails B2C peut tenir en quelques éléments :
- un titre qui annonce le bénéfice (« Recevez notre guide de choix d’un logiciel de caisse ») ;
- un champ email, éventuellement un prénom ;
- une case non cochée par défaut : « J’accepte de recevoir la newsletter et les offres de [entreprise] par email » ;
- une mention courte : qui collecte, pourquoi, comment se désinscrire, et un lien vers la politique de confidentialité ;
- un bouton dont le libellé décrit l’action (« Recevoir le guide ») plutôt qu’un simple « Envoyer ».
Pour créer ces formulaires sans développement, voyez notre comparatif des logiciels de création de formulaire.
Utiliser pop-ups, slide-ins et barres d’inscription sans gêner
Les fenêtres pop-up permettent de développer une liste email plus vite qu’un formulaire statique, à condition de les déclencher au bon moment. Les principaux formats :
- la pop-up d’intention de sortie (exit intent), qui s’affiche quand le curseur se dirige vers la fermeture de l’onglet ;
- la pop-up déclenchée au défilement ou après un temps de lecture, réservée aux visiteurs déjà engagés ;
- le slide-in, un encart qui glisse dans un coin de l’écran, moins intrusif ;
- la barre flottante en haut ou en bas de page.
Sur mobile, une fenêtre qui recouvre tout l’écran gêne davantage : préférez une barre ou un encart, avec une croix de fermeture bien visible. Testez une seule variable à la fois (moment d’affichage, message, visuel) pour savoir ce qui fait varier les inscriptions. Nos techniques pour améliorer la conversion des popups et notre comparatif des logiciels de pop-up détaillent les options.
Formuler une proposition de valeur adaptée à chaque page
Un visiteur ne donne son adresse que s’il comprend immédiatement ce qu’il va recevoir. « Inscrivez-vous à notre newsletter » est trop vague : aucun bénéfice, aucune fréquence, aucun sujet précis. La proposition de valeur doit être spécifique et liée à la page consultée. Quelques exemples hypothétiques :
- sur un article consacré aux outils e-commerce : « Une sélection d’outils e-commerce testables gratuitement, une fois par mois » ;
- sur un guide du référencement local : « Le plan d’action SEO local à appliquer semaine après semaine » ;
- sur un comparatif d’outils emailing : « Recevez la grille de comparaison au format tableur ».
Cette contextualisation crée un lien direct avec l’intention de recherche, lève le doute sur ce que la personne va recevoir et réduit l’impression de publicité. Précisez aussi la fréquence d’envoi : savoir qu’on recevra un email par mois rassure davantage qu’une promesse floue.
Une remise de bienvenue (code promo sur la première commande) est un levier courant en e-commerce. Elle attire des inscrits sensibles au prix ; un contenu utile, un accès anticipé ou un outil attirent plutôt des inscrits intéressés par votre sujet. Choisissez selon ce que vous voulez vendre ensuite.
Proposer un lead magnet : une ressource gratuite qui intéresse vraiment votre cible
Un lead magnet (ou contenu incitatif) est une ressource offerte en échange de l’adresse email. Les formats les plus utilisés :
- modèles prêts à l’emploi (tableur, cahier des charges, modèle de contrat) ;
- checklists téléchargeables ;
- guides et livres blancs ;
- webinaires, en direct ou à la demande ;
- cours par email en plusieurs envois ;
- outils gratuits : simulateur, calculateur, générateur ;
- mini-audit ou diagnostic offert.
Les règles d’un lead magnet qui fonctionne
- Il résout un problème réel et précis, plutôt que d’être simplement « intéressant ».
- Il se consomme rapidement : un modèle utilisable tout de suite vaut mieux qu’un long PDF que personne ne lit.
- Il est spécifique à une cible : « Idées d’emails pour une boutique Shopify » parle davantage que « Conseils marketing ».
- Il annonce la suite : la personne sait qu’elle recevra ensuite d’autres contenus du même type.
Exemples selon les secteurs
- E-commerce : modèle de calcul de marge par produit, checklist d’optimisation d’une fiche produit.
- B2B et SaaS : modèle de scoring de prospects, guide de construction d’une stack marketing pour PME.
- Prestataires et agences : modèle de cahier des charges, simulateur de budget SEO ou publicitaire.
Lead magnet et consentement : deux choses distinctes
Le RGPD demande, pour apprécier si un consentement est libre, de tenir « le plus grand compte » du fait que la fourniture d’un service soit subordonnée à un consentement qui n’est pas nécessaire à ce service (article 7). En pratique, l’envoi du guide demandé et l’inscription à vos emails commerciaux sont deux finalités : Chez La Fabrique du Net, nous recommandons de les séparer par une case dédiée, facultative et non cochée, et d’indiquer clairement ce que la personne recevra si elle la coche.
Créer une landing page d’inscription et miser sur le contenu
Une landing page (page d’atterrissage) dédiée à l’inscription concentre le message sur une seule action : un titre, le bénéfice, un aperçu de la ressource ou de la newsletter, le formulaire et la mention d’information. C’est la page à partager sur les réseaux sociaux, en signature d’email, dans un podcast ou lors d’une intervention. Notre comparatif des logiciels de landing page recense les outils pour la créer sans développeur.
Le contenu est une source d’inscrits durable : articles de blog, guides et comparatifs attirent un trafic organique qualifié via le SEO, et chaque article peut porter un formulaire contextualisé. Les articles qui répondent à une question précise sont souvent les meilleurs supports, car le lecteur vient d’y trouver une réponse utile et accepte plus volontiers d’en recevoir d’autres.
Collecter des emails via les réseaux sociaux et la publicité
Les réseaux sociaux servent surtout à faire venir les abonnés vers vos points de collecte :
- un lien vers la page d’inscription dans la biographie ou la page de profil ;
- des publications qui présentent un extrait du lead magnet et renvoient vers le formulaire ;
- des lives ou webinaires dont l’inscription se fait par email.
La publicité payante peut accélérer la collecte, soit en envoyant le trafic vers une landing page, soit avec les formats publicitaires à formulaire proposés par les régies. Dans les deux cas, les mêmes règles s’appliquent : une case de consentement distincte pour recevoir vos emails, une information claire sur l’annonceur et un suivi de la qualité des inscrits (taux de désinscription, réactivité), qui peut être plus faible qu’avec une inscription spontanée.
Organiser un jeu concours sans fabriquer un fichier inutilisable
Le jeu concours peut faire grimper rapidement le nombre d’inscrits, mais il attire aussi des participants qui ne s’intéressent qu’au lot.
Choisir un lot lié à votre activité
Un lot générique, comme un smartphone, attire tout le monde, donc personne en particulier. Un lot lié à votre offre filtre naturellement les participants : un audit offert pour une agence SEO, un coffret de dégustation pour une cave en ligne, des mois d’abonnement pour un éditeur de logiciel. Ajoutez si besoin une question qualifiante dans le formulaire et prévoyez un scénario d’emails après la participation pour transformer les participants en abonnés actifs.
Le consentement à la prospection doit rester un choix
La sanction CALOGA montre la limite : la CNIL a jugé que l’« apparence trompeuse » de formulaires de jeux-concours ne permettait pas de recueillir un consentement libre et univoque, notamment parce que le bouton qui entraînait l’utilisation des données à des fins de prospection était mis en avant par rapport au lien permettant de participer sans accepter. Elle a aussi rappelé que l’utilisateur des données doit s’assurer que le consentement a été valablement recueilli, même quand ce sont d’autres sociétés qui ont collecté les adresses. Pour un jeu concours, prévoyez donc une case de consentement séparée, non cochée, présentée aussi lisiblement que le bouton de participation. Notre comparatif des logiciels de jeux concours présente les outils qui gèrent formulaire, tirage au sort et export des participants.
Activer le parrainage et la recommandation entre abonnés
Vos abonnés actuels sont un canal de collecte à part entière : une newsletter utile se transfère, et un lien « inscrivez-vous » placé en bas de chaque email permet à la personne qui l’a reçue d’un collègue de s’abonner à son tour. Un programme de parrainage peut renforcer ce bouche-à-oreille, avec une récompense pour le parrain (contenu exclusif, remise, mois offert).
Attention au mécanisme : le référentiel de la CNIL sur la gestion commerciale classe le parrainage parmi les actions de prospection commerciale, qui reposent sur le consentement lorsqu’elles passent par voie électronique vers des personnes qui n’ont pas déjà acheté. Chez La Fabrique du Net, nous recommandons donc que le parrain partage lui-même un lien d’inscription, plutôt que de saisir l’adresse d’un proche dans votre formulaire pour que vous lui écriviez.
Collecter hors ligne : magasin, salon, événement
La collecte ne se limite pas au site web. En point de vente, sur un salon ou lors d’un événement, plusieurs dispositifs fonctionnent :
- une tablette avec un formulaire court sur le stand ou en caisse ;
- un QR code qui renvoie vers la page d’inscription, imprimé sur le ticket, l’emballage ou un présentoir ;
- l’envoi du ticket de caisse par email, en proposant séparément l’inscription à la newsletter ;
- un formulaire papier, à condition qu’il comporte la même information et la même case de consentement que le formulaire en ligne.
Saisissez la source (« salon », « magasin de Lyon ») dans votre outil : elle sert de preuve du contexte de collecte et permet de segmenter les messages.
Collecter au moment de la commande ou de la création de compte
En e-commerce, le tunnel de commande est un moment naturel de collecte : le client donne déjà son adresse pour recevoir la confirmation. Rappelez-vous la nuance de la CNIL : l’exception « client » ne joue qu’après une vente ou une prestation, et pour des produits ou services similaires. Un visiteur qui crée un compte sans commander n’est pas client ; il faut alors son consentement pour lui envoyer de la prospection. Dans tous les cas, proposez la possibilité de refuser dès la collecte, puis dans chaque email. Pour la suite du parcours (relance de panier, recommandations), voyez notre comparatif des solutions d’automatisation marketing.
Segmenter dès l’inscription et personnaliser le premier email
La segmentation commence au moment de la collecte : la page d’origine, le lead magnet téléchargé ou une case « vos centres d’intérêt » suffisent à envoyer des messages différents à des publics différents. Une personne qui s’est inscrite depuis un guide sur la paie n’attend pas les mêmes contenus qu’un lecteur d’un comparatif d’outils emailing.
Le scénario de bienvenue
Une inscription non suivie d’un message est vite oubliée. Un scénario de bienvenue type comporte :
- un email immédiat : la ressource promise, une présentation courte de l’expéditeur et ce que la personne recevra ensuite ;
- un email quelques jours plus tard : comment tirer parti de la ressource, avec un conseil concret ;
- un email suivant : les erreurs fréquentes sur le sujet, pour asseoir votre expertise ;
- un email de proposition : un plan d’action, un modèle, puis une invitation à découvrir votre offre ;
- un email de qualification : une question ou un mini-quiz pour orienter la personne vers les bons contenus.
Pour vous inspirer, consultez nos exemples de messages de bienvenue, puis nos exemples d’emails promotionnels pour les envois commerciaux qui suivront.
Double opt-in, qualité de la liste et délivrabilité
Le double opt-in : une preuve, pas une obligation légale
Le double opt-in consiste à envoyer un email de confirmation après l’inscription : l’adresse n’est ajoutée qu’après un clic sur le lien. Ni l’article L34-5 ni la fiche de la CNIL sur la prospection par email ne l’imposent. Il présente toutefois deux avantages : il écarte les adresses mal saisies ou inscrites par un tiers, et il fournit une trace utile pour démontrer le consentement, comme l’exige l’article 7 du RGPD.
Les exigences des messageries
Une liste mal tenue finit en spam. Gmail impose depuis le 1er février 2024 des exigences à tous les expéditeurs (authentification SPF ou DKIM, taux de spam signalé dans Postmaster Tools inférieur à 0,3 %). Au-delà de 5 000 messages par jour vers des comptes Gmail, il faut en plus configurer DMARC et permettre de se désabonner en un clic, avec un lien de désabonnement visible dans le corps du message.
Entretenir la liste
- vérifiez les adresses à l’inscription pour éviter les fautes de frappe ;
- supprimez les adresses en erreur et traitez les désinscriptions immédiatement ;
- appliquez la durée de conservation de la CNIL aux prospects inactifs, sans compter les simples ouvertures comme un contact ;
- conservez une liste des personnes qui se sont opposées, pour ne pas les réinscrire par erreur lors d’un import.
Méthodes et outils sont détaillés dans notre article sur le nettoyage et la vérification d’emails et dans notre comparatif des outils de vérification d’emails.
Outils de collecte d’emails : lesquels choisir ?
Plateformes d’emailing avec formulaires intégrés
La plupart des plateformes d’emailing proposent des formulaires d’inscription, des pages de destination et des scénarios de bienvenue. Quelques repères :
- Brevo : c’est le nouveau nom de Sendinblue depuis mai 2023, plateforme d’email marketing qui évolue vers un CRM tout-en-un.
- Kit : le nouveau nom de ConvertKit, plateforme d’email marketing et de newsletter orientée créateurs, avec automatisations et landing pages.
- MailPoet : extension WordPress de newsletter qui permet d’ajouter un formulaire d’inscription au site, avec un plan gratuit pour démarrer.
Pour comparer les fonctionnalités et les tarifs à jour, consultez notre comparatif des logiciels d’emailing et, sur WordPress, notre sélection d’outils d’emailing pour WordPress.
Outils spécialisés dans la capture d’emails
- OptinMonster : pop-ups en surimpression, barres flottantes et déclenchement à l’intention de sortie.
- Thrive Leads : extension WordPress de génération de leads, avec tests A/B.
- Hustle : extension WordPress de formulaires d’inscription et de pop-ups, avec une version gratuite sur WordPress.org.
Notre comparaison de plugins de collecte d’emails détaille les extensions WordPress.
Les fonctionnalités indispensables
- plusieurs formats de formulaire : intégré, pop-up, slide-in, barre, page dédiée ;
- déclencheurs comportementaux : intention de sortie, défilement, temps passé, pages vues ;
- case de consentement paramétrable et enregistrement de la preuve (date, source, texte affiché) ;
- double opt-in optionnel ;
- segmentation automatique selon la source ou les réponses ;
- tests A/B intégrés ;
- affichage adapté au mobile ;
- intégration à votre CRM ou à votre outil d’emailing (connecteur natif, API ou webhooks).
Mesurer la collecte : les indicateurs à suivre
- Taux de conversion de chaque formulaire : inscriptions divisées par le nombre de visiteurs qui l’ont vu. C’est l’indicateur qui permet de comparer les emplacements et les messages.
- Inscriptions par source : article, pop-up, salon, publicité, jeu concours.
- Taux de confirmation si vous utilisez le double opt-in.
- Désinscriptions et plaintes pour spam dans les premières semaines : un taux élevé sur une source signale une promesse mal formulée ou un consentement mal compris.
- Clics et conversions des nouveaux inscrits : une source qui apporte beaucoup d’adresses mais aucun clic coûte plus qu’elle ne rapporte.
Checklist d’email marketing : vérifier sa collecte avant de lancer
- Cible identifiée : particuliers (consentement) ou professionnels (information et opposition).
- Case de consentement dédiée, non pré-cochée, distincte des conditions générales.
- Mention d’information au point de collecte et lien vers la politique de confidentialité.
- Preuve du consentement enregistrée : date, source, texte affiché.
- Champs limités à ce qui sert réellement.
- Proposition de valeur précise, avec la fréquence d’envoi.
- Plusieurs points de collecte : contenu, pop-up ou slide-in, page dédiée, hors ligne.
- Formulaires testés sur mobile.
- Email de bienvenue automatique prêt avant le lancement.
- Lien de désinscription visible dans chaque email, identité de l’expéditeur claire.
- Authentification du domaine d’envoi (SPF, DKIM, DMARC).
- Durée de conservation des prospects définie et appliquée.
- Indicateurs suivis par source.
FAQ sur la collecte d’emails
Est-il légal de faire du démarchage par email ?
Oui, sous conditions. Vers des particuliers, il faut leur consentement préalable, sauf s’ils sont déjà clients et que le message porte sur des produits ou services similaires, ou si la prospection n’est pas commerciale. Vers des professionnels, la prospection est possible si elle est en rapport avec leur profession et s’ils ont été informés et peuvent s’y opposer. Chaque email doit identifier l’expéditeur et permettre de se désinscrire simplement.
Peut-on utiliser une adresse mail sans autorisation ?
Pas pour prospecter un particulier : l’article L34-5 du code des postes et des communications électroniques exige son consentement préalable, en dehors des deux exceptions prévues. Une adresse trouvée sur Internet ou extraite automatiquement d’un site ne vaut pas consentement. Pour un professionnel, l’information préalable et la possibilité de s’opposer restent obligatoires.
Comment collecter des emails sur un site web ?
En combinant plusieurs points d’inscription : un formulaire dans le contenu, une pop-up ou un slide-in déclenché au bon moment, une page d’inscription dédiée et une case facultative dans les formulaires existants (contact, devis, commande). Chaque point doit annoncer un bénéfice précis et comporter une case de consentement non cochée.
Comment créer une liste d’emails quand on part de zéro ?
Commencez par vos contacts existants qui ont accepté de recevoir vos messages, puis ajoutez un formulaire sur les pages les plus visitées de votre site, un lead magnet lié à votre activité et un lien d’inscription sur vos réseaux sociaux et en signature d’email. Un outil d’emailing avec un plan gratuit suffit pour démarrer.
Le double opt-in est-il obligatoire ?
Non, ni l’article L34-5 ni la fiche de la CNIL sur la prospection par email ne l’imposent. Il reste recommandé, car il élimine les adresses erronées et aide à démontrer le consentement, ce que l’article 7 du RGPD exige du responsable du traitement.
Combien de temps peut-on garder les emails de prospects ?
Selon le référentiel de la CNIL, trois ans à compter de la collecte ou du dernier contact émanant du prospect, comme un clic ou une demande de documentation. La simple ouverture d’un email ne relance pas ce délai. Au terme, vous pouvez demander à la personne si elle souhaite continuer à recevoir vos messages.
Peut-on conditionner un jeu concours à l’inscription à la newsletter ?
C’est risqué. Le RGPD demande de tenir « le plus grand compte » d’un consentement imposé en contrepartie d’un service qui n’en a pas besoin, et la CNIL a sanctionné le 15 mai 2025 une société qui exploitait des formulaires de jeux-concours qui poussaient à accepter la prospection. La solution la plus sûre est une case de consentement séparée, facultative et non cochée.
Les adresses génériques de type contact@ sont-elles concernées par ces règles ?
Selon la CNIL, les adresses génériques de type contact@, info@ ou commande@, qui concernent des personnes morales, ne sont pas soumises aux principes de consentement et d’opposition rappelés pour la prospection. Une adresse nominative de salarié relève, elle, des règles de prospection B2B décrites plus haut (information et droit d’opposition).
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