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Audit comptable en PME : audit légal ou contractuel, seuils du commissaire aux comptes et checklist

Sophie MartinSophie MartinÉditorial La Fabrique

Un audit comptable est un examen approfondi des comptes par un professionnel indépendant, qui aboutit à un livrable formel : une opinion, un rapport, des recommandations. Il ne faut pas le confondre avec la révision annuelle des comptes, qui sert à les produire. En France, il prend deux formes. L’audit légal est imposé par la loi au-delà de certains seuils et confié à un commissaire aux comptes (CAC). L’audit contractuel est commandé librement par l’entreprise, ses associés, un investisseur ou une banque.

Les règles ont beaucoup bougé : depuis la loi PACTE, l’obligation de désigner un CAC dépend de seuils fixés par décret, que le décret n° 2024-152 du 28 février 2024 a relevés, et l’ordonnance n° 2023-1142 du 6 décembre 2023 a renuméroté les articles du Code de commerce consacrés aux commissaires aux comptes. Ce guide fait le point, textes à l’appui, puis vous donne une checklist de 60 points pour préparer un audit en PME.

Audit comptable : définition et rôle de l’auditeur

Dans un audit légal, le rôle du commissaire aux comptes est fixé par l’article L. 821-53 du Code de commerce : il certifie, « en justifiant de leurs appréciations, que les comptes annuels sont réguliers et sincères et donnent une image fidèle du résultat des opérations de l’exercice écoulé ainsi que de la situation financière et du patrimoine » de l’entité. Seules les personnes et sociétés inscrites sur la liste établie par la Haute autorité de l’audit (H2A, qui a succédé au H3C) peuvent exercer la profession de commissaire aux comptes (article L. 821-13).

Dans un audit contractuel, c’est la lettre de mission qui fixe le périmètre : comptes annuels complets, comptes intermédiaires, un poste précis (stocks, créances), ou une situation préparée pour une cession. L’auditeur reste un tiers indépendant qui vérifie et rend compte ; il ne tient pas les comptes.

Trois notions voisines sont souvent mélangées :

  • La révision des comptes : travaux de l’expert-comptable ou de la direction financière pour arrêter les comptes et préparer la liasse fiscale. Elle produit les comptes, elle ne les audite pas.
  • L’examen limité : mission d’assurance « de niveau modéré », dont l’opinion est exprimée sous une forme négative (le professionnel conclut qu’il n’a pas relevé d’anomalie significative), avec moins de travaux qu’un audit.
  • Le contrôle fiscal : vérification menée par l’administration, sans lien avec l’audit.
CritèreAudit légalAudit contractuel
OrigineObligation légale (seuils, comptes consolidés, entités d’intérêt public, associations subventionnées…)Décision de l’entreprise, demande d’un investisseur, d’un acquéreur ou d’une banque
Qui le réaliseUn commissaire aux comptes inscrit auprès de la H2AUn commissaire aux comptes ou un expert-comptable, selon les normes de sa profession
DésignationAssemblée générale ordinaire ou organe équivalent (article L. 821-40)Lettre de mission signée avec le dirigeant
DuréeMandat de six exercices, ou trois exercices dans certains casLibre, souvent une mission ponctuelle sur un exercice
LivrableRapport de certification destiné à l’assemblée qui statue sur les comptesRapport d’audit adressé au demandeur, avec opinion et recommandations
RéférentielNormes d’exercice professionnel (NEP) homologuées par arrêtéNormes ISA et normes professionnelles de l’Ordre des experts-comptables, ou doctrine de la CNCC

La Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) a d’ailleurs publié un avis technique intitulé « Audit contractuel dans une entité n’ayant pas désigné de commissaire aux comptes » : un CAC peut donc auditer une PME qui n’est pas soumise à l’audit légal, à titre contractuel.

Les SARL, SAS et SA doivent désigner au moins un commissaire aux comptes lorsqu’elles dépassent, à la clôture d’un exercice, deux des trois critères fixés par décret : total du bilan, chiffre d’affaires hors taxes, nombre moyen de salariés (articles L. 223-35, L. 227-9-1 et L. 225-218 du Code de commerce).

Les seuils en vigueur depuis le 1er mars 2024

CritèreSociété non contrôlée (article D. 221-5, repris par service-public.fr pour SARL, SAS, SA)Société contrôlée par une tête de groupe (article D. 821-172)
Total du bilan5 000 000 €2 500 000 €
Chiffre d’affaires hors taxes10 000 000 €5 000 000 €
Nombre moyen de salariés50 salariés25 salariés

La règle : l’obligation s’applique dès que deux des trois seuils sont dépassés. Ces montants ont été fixés par le décret n° 2024-152 du 28 février 2024, entré en vigueur le 1er mars 2024. Auparavant, la version de l’article D. 221-5 en vigueur du 9 février 2020 au 1er mars 2024 retenait 4 000 000 € de bilan, 8 000 000 € de chiffre d’affaires hors taxes et cinquante salariés. Si un article vous parle encore de « 4 M€ / 8 M€ / 50 salariés », il est périmé.

Service-public.fr résume la même règle pour la SARL, l’EURL, la SA, la SAS et la SCA : « La nomination d’un commissaire aux comptes devient obligatoire dès lors que 2 des 3 seuils suivants sont franchis : 5 000 000 € de total bilan […] 10 000 000 € de chiffre d’affaires HT, 50 salariés ».

Loi PACTE et recodification : où trouver les textes

Depuis la loi PACTE (loi n° 2019-486 du 22 mai 2019), l’obligation de désigner un commissaire aux comptes dans les SARL, SAS et SA repose sur ces seuils fixés par décret, appliqués à compter du premier exercice clos après le 27 mai 2019. Les références ont ensuite changé : l’ancien article L. 823-1, qui organisait la désignation des commissaires aux comptes, a été transféré par l’ordonnance n° 2023-1142 du 6 décembre 2023 et son contenu figure désormais à l’article L. 821-40, en vigueur depuis le 1er janvier 2024. Les règles propres aux groupes sont à l’article L. 821-43, la durée du mandat à l’article L. 821-44. Une documentation qui cite encore « L. 823-1 » ou « L. 823-2-2 » renvoie donc à des numéros antérieurs à 2024.

Groupes, holdings et sociétés contrôlées

Une société qui en contrôle d’autres (au sens de l’article L. 233-3) doit désigner au moins un CAC lorsque l’ensemble qu’elle forme avec ses filiales dépasse deux des trois seuils, calculés en cumulant bilans, chiffres d’affaires et effectifs (articles L. 821-43 et D. 821-171). Les seuils cumulés sont ceux de l’article D. 221-5. Cette obligation ne joue pas si la holding est elle-même contrôlée par une entité qui a déjà désigné un commissaire aux comptes.

Les filiales contrôlées doivent, elles, désigner un CAC si elles dépassent deux des seuils réduits du tableau ci-dessus (2 500 000 € de bilan, 5 000 000 € de chiffre d’affaires hors taxes, vingt-cinq salariés). Les entités qui doivent publier des comptes consolidés désignent au moins deux commissaires aux comptes (article L. 821-41), et les entités d’intérêt public au moins un (article L. 821-42).

Nomination à la demande des associés

Même sous les seuils, deux mécanismes existent dans les SARL, SAS et SA :

  • un ou plusieurs associés représentant au moins le dixième du capital peuvent demander en justice la nomination d’un CAC ; d’après service-public.fr, « le juge est libre d’accepter ou de refuser cette demande » ;
  • la société doit désigner un CAC, pour un mandat de trois exercices, si un ou plusieurs associés représentant au moins le tiers du capital en font la demande motivée.

Associations et autres entités

Une association qui reçoit annuellement des subventions publiques en numéraire au-delà de 153 000 € doit établir des comptes annuels et nommer au moins un commissaire aux comptes (articles L. 612-4 et D. 612-5). Service-public.fr cite aussi les dons ouvrant droit à réduction d’impôt au-delà de 153 000 €, et les associations ayant une activité économique qui remplissent deux des trois critères suivants : au moins 50 salariés, au moins 3 100 000 € hors taxe de chiffre d’affaires ou de ressources, au moins 1 550 000 € de total du bilan. Les deux plafonds de 153 000 € s’apprécient séparément.

Entrée en vigueur, début et fin de l’obligation

  • Exercices concernés : les seuils du décret n° 2024-152 s’appliquent aux comptes des exercices ouverts à compter du 1er janvier 2024, et les mandats en cours au 1er mars 2024 se poursuivent jusqu’à leur expiration.
  • Début : selon service-public.fr, il n’est pas obligatoire de nommer un CAC pour l’exercice au cours duquel les seuils sont dépassés ; « l’obligation entre en vigueur dès l’exercice suivant ».
  • Fin : la société n’est plus tenue de désigner un CAC si elle n’a pas dépassé deux des trois seuils pendant les deux exercices précédant l’expiration du mandat (article D. 221-5). Le commissaire aux comptes reste en fonction jusqu’au terme de son mandat.

Sanctions du défaut de nomination

Ne pas désigner un CAC alors que la loi l’impose est pénalement sanctionné : service-public.fr indique que « l’absence de désignation obligatoire d’un CAC est passible d’un emprisonnement de 2 ans et d’une amende de 30 000 € ». Au-delà de la sanction, tout associé peut demander en justice la désignation d’un commissaire aux comptes si l’assemblée a omis de le faire (article L. 821-47).

Durée du mandat du commissaire aux comptes : six ou trois exercices

Le commissaire aux comptes est nommé pour six exercices ; ses fonctions expirent après l’assemblée qui statue sur les comptes du sixième exercice (article L. 821-44). Une société peut limiter le mandat à trois exercices lorsqu’elle désigne son CAC de manière volontaire ou au titre des règles de groupe de l’article L. 821-43 (article L. 821-46). La CNCC a publié une norme dédiée à chacun de ces formats : la NEP 911 pour le commissaire aux comptes nommé pour trois exercices, et la NEP 912 pour celui nommé pour six exercices dans des petites entreprises, dont la dernière version a été homologuée par arrêté du 24 juillet 2026.

Le commissaire aux comptes ne choisit pas sa méthode : il applique les normes d’exercice professionnel (NEP), chacune homologuée par arrêté et codifiée dans la partie « arrêtés » du Code de commerce. Le recueil publié par la CNCC rassemble 52 documents. Les principales, pour une PME :

  • NEP 200 : principes applicables à l’audit des comptes mis en œuvre dans le cadre de la certification ;
  • NEP 210 : lettre de mission ;
  • NEP 240 : prise en considération de la possibilité de fraudes ;
  • NEP 300 : planification de l’audit ;
  • NEP 315 et NEP 330 : prise de connaissance de l’entité, évaluation du risque d’anomalies significatives, procédures d’audit qui en découlent ;
  • NEP 320 : caractère significatif (le « seuil de signification ») ;
  • NEP 500 et NEP 505 : caractère probant des éléments collectés, demandes de confirmation des tiers (banques, clients, fournisseurs) ;
  • NEP 570 et NEP 580 : continuité d’exploitation, déclarations de la direction ;
  • NEP 700 : rapports du commissaire aux comptes sur les comptes annuels et consolidés.

Les normes de l’expert-comptable pour l’audit contractuel

Le référentiel normatif de l’Ordre des experts-comptables distingue plusieurs missions, du niveau d’assurance le plus faible au plus élevé :

  • Présentation des comptes (NP 2300) : assurance de niveau modéré sur « la cohérence et la vraisemblance » des comptes ;
  • Examen limité (NP 2400) : assurance de niveau modéré sur la conformité des comptes au référentiel comptable, opinion sous forme négative ;
  • Audit d’états financiers : il permet d’« exprimer une assurance raisonnable sur la conformité des états financiers au référentiel comptable applicable », en respectant les normes d’audit internationales (ISA) ;
  • Audit d’états financiers dans une petite entité (NP 2910) : une norme spécifique, dont « l’approche, la démarche et le choix des techniques ont été adaptés » aux petites entités.

Un expert-comptable peut donc réaliser un véritable audit contractuel, avec une opinion d’assurance raisonnable. Ce qui le distingue de l’audit légal, c’est le cadre (contrat et normes ISA, et non mandat légal et NEP), pas la profondeur des travaux.

Audit contractuel : pourquoi et pour qui le réaliser

Sous les seuils, l’audit contractuel garde son intérêt dans plusieurs situations :

  • préparer une cession ou une levée de fonds, pour arriver devant l’acquéreur ou l’investisseur avec des comptes déjà vérifiés ;
  • accueillir un investisseur minoritaire ou répondre à la clause d’un pacte d’associés ;
  • satisfaire l’exigence d’une banque pour un financement important ;
  • apaiser un désaccord entre associés ou au sein d’une famille actionnaire ;
  • fiabiliser un poste à risque (stocks, créances, provisions) avant une décision.

L’audit comptable ne remplace pas une due diligence d’acquisition, qui couvre aussi le juridique, le fiscal, le social, le commercial et souvent la technologie. Si vous préparez une vente, prévoyez une revue spécifique en plus de l’audit des comptes.

Qui choisir : commissaire aux comptes, expert-comptable ou cabinet de conseil ?

Le commissaire aux comptes apporte une opinion formelle, rédigée selon des normes strictes. C’est le choix logique si vous anticipez un passage à l’audit légal ou si l’investisseur exige un rapport de CAC.

L’expert-comptable peut conduire un audit contractuel (normes ISA ou NP 2910), un examen limité ou une mission de présentation. Pour garder un regard indépendant, confiez la mission à un professionnel qui n’a pas tenu ou révisé les comptes audités.

Le cabinet de conseil ou le directeur financier externe intervient sur un audit à visée opérationnelle (procédures, contrôle interne, trésorerie), sans opinion sur les comptes. Son livrable est un diagnostic et un plan d’action, pas une certification.

Les étapes d’un audit comptable

  1. Lettre de mission : objectif, périmètre, calendrier, honoraires, documents à fournir (pour le CAC, la NEP 210 en fixe le contenu).
  2. Prise de connaissance et planification : activité, organisation, systèmes d’information, contrôle interne, détermination du seuil de signification et des zones de risque.
  3. Contrôles : tests sur les procédures, contrôles de détail sur les comptes, inventaire physique, confirmations des banques, clients et fournisseurs, procédures analytiques.
  4. Synthèse : évaluation des anomalies relevées, déclarations écrites de la direction, examen des événements postérieurs à la clôture.
  5. Rapport : opinion sur les comptes (rapport de certification en audit légal), constats et recommandations en audit contractuel.

La checklist 60 points pour préparer un audit comptable en PME

La checklist ci-dessous découpe la préparation en 6 catégories de 10 points. Chaque point se coche oui, non ou sans objet, avec un commentaire. Elle sert à arriver prêt devant l’auditeur, et non à remplacer son programme de travail.

Catégorie 1. Bilan (10 points)

  1. Rapprochements bancaires à jour, écarts expliqués.
  2. Créances clients anciennes justifiées, provisions pour créances douteuses calculées.
  3. Inventaire physique du stock à la clôture documenté et signé.
  4. Valorisation du stock selon une méthode constante (coût moyen pondéré, premier entré premier sorti).
  5. Immobilisations corporelles : tableau d’amortissement cohérent avec la balance.
  6. Immobilisations financières : valorisation et provisions sur titres documentées.
  7. Comptes courants d’associés : conventions et taux de rémunération documentés.
  8. Charges et produits constatés d’avance recensés.
  9. Dettes fournisseurs : balance âgée analysée, retards expliqués.
  10. Capitaux propres cohérents avec les procès-verbaux d’assemblée et les décisions de dividendes.

Catégorie 2. Compte de résultat (10 points)

  1. Chiffre d’affaires rattaché au bon exercice (cut-off, factures à établir et avoirs à recevoir).
  2. Variation de stock cohérente avec les stocks d’ouverture et de clôture.
  3. Marge brute documentée par activité si l’entreprise a plusieurs métiers.
  4. Charges externes : principaux postes analysés (loyers, sous-traitance, marketing).
  5. Charges de personnel rapprochées des déclarations sociales nominatives (DSN).
  6. Dotations aux amortissements cohérentes avec le tableau des immobilisations.
  7. Dotations aux provisions justifiées (créances, litiges, risques).
  8. Charges financières analysées (intérêts d’emprunt, frais bancaires).
  9. Impôt sur les sociétés : calcul revu, retraitements fiscaux documentés.
  10. Résultat exceptionnel : nature des opérations documentée.

Catégorie 3. Trésorerie (10 points)

  1. Plan de trésorerie à douze mois disponible et actualisé.
  2. Délai de paiement clients (DSO) suivi avec un objectif.
  3. Délai de paiement fournisseurs (DPO) suivi, conforme aux délais légaux.
  4. Convention de trésorerie avec les sociétés du groupe, le cas échéant.
  5. Pas de découvert bancaire structurel.
  6. Lignes de crédit court terme : utilisation et autorisations à jour.
  7. Placements : valorisation et risques documentés.
  8. Engagements hors bilan (cautions, garanties, nantissements) recensés.
  9. Échéancier des emprunts à long terme à jour.
  10. Règles d’approbation des paiements formalisées.

Catégorie 4. Social (10 points)

  1. Contrats de travail et avenants à jour.
  2. Convention collective identifiée et correctement appliquée.
  3. Élections du CSE organisées si l’effectif l’impose.
  4. Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) à jour.
  5. Cotisations URSSAF payées sans retard.
  6. Litiges prud’homaux et ruptures en cours recensés.
  7. Plan de développement des compétences et obligations de formation suivis.
  8. Index de l’égalité professionnelle publié si l’effectif l’impose.
  9. Télétravail encadré par un accord ou une charte, le cas échéant.
  10. Prévoyance et complémentaire santé collectives conformes.

Catégorie 5. Fiscal (10 points)

  1. Liasse fiscale cohérente avec la balance.
  2. CFE et, le cas échéant, CVAE déclarées et payées.
  3. Déclarations de TVA cohérentes avec le chiffre d’affaires hors taxes.
  4. Crédit d’impôt recherche ou innovation : dossier technique constitué.
  5. Taxes annuelles sur l’affectation des véhicules de tourisme (ex-TVS) déclarées.
  6. Conventions réglementées et opérations intragroupe documentées.
  7. Prix de transfert documentés en cas d’opérations internationales.
  8. Déficits reportables suivis et utilisés dans les limites légales.
  9. Déclarations de dividendes (IFU) déposées.
  10. Risques fiscaux recensés et provisionnés si nécessaire.

Catégorie 6. Gouvernance (10 points)

  1. Statuts à jour, derniers actes déposés au greffe.
  2. Procès-verbaux des dernières assemblées archivés et signés.
  3. Décisions du président, du directeur général ou du conseil tracées.
  4. Pacte d’associés accessible, le cas échéant.
  5. Table de capitalisation à jour, BSA et BSPCE recensés.
  6. Délégations de pouvoir et de signature à jour.
  7. Procédure des conventions réglementées respectée.
  8. Conventions courantes recensées (locations, prestations entre associés et société).
  9. RGPD : registre des traitements tenu, délégué à la protection des données désigné si nécessaire.
  10. Cybersécurité : plan de continuité d’activité existant.

Le template Excel avec les 60 points, score automatique, et zone commentaires libres est disponible : Télécharger le template Excel (xlsx, 13 Ko : 4 onglets : Synthèse, Checklist 60 points, Trame rapport, Suivi actions) | Télécharger le template Notion (.txt à coller dans Notion, 5 Ko)

Le modèle comprend une synthèse (score par catégorie et principaux risques), la checklist détaillée (statut, commentaire, responsable), une trame de rapport (périmètre, méthodologie, constats, recommandations, plan d’action, conclusion) et un tableau de suivi des actions correctrices, utile pour l’audit suivant ou pour un futur commissaire aux comptes.

Les erreurs à éviter pendant un audit comptable

Sous-estimer la préparation. Un auditeur qui attend des pièces facture du temps. Une balance propre, des rapprochements à jour et un dossier de clôture complet raccourcissent la mission.

Confondre audit comptable et due diligence. L’audit vérifie les comptes ; un acquéreur voudra aussi une revue juridique, sociale, fiscale et commerciale.

Choisir sur le seul prix. Vérifiez les références du cabinet sur des entreprises de votre taille et de votre secteur, et le niveau d’assurance promis (audit, examen limité ou simple diagnostic).

Faire auditer les comptes par ceux qui les ont tenus. Un audit destiné à un investisseur ou à un acquéreur doit venir d’un tiers indépendant.

Laisser le plan d’action dans un tiroir. Chaque recommandation doit avoir un responsable, une échéance et un suivi régulier jusqu’à sa mise en œuvre.

Pour la tenue des comptes en amont, voyez notre comparatif des logiciels de comptabilité pour TPE et PME ; un audit se prépare plus vite quand le fichier des écritures comptables (FEC) s’exporte proprement.

FAQ sur l’audit comptable

Quel est le seuil d’audit légal actuel ?

Une SARL, une SAS ou une SA doit nommer un commissaire aux comptes si elle dépasse deux des trois seuils suivants à la clôture d’un exercice : 5 000 000 € de total du bilan, 10 000 000 € de chiffre d’affaires hors taxes, 50 salariés en moyenne. Ces seuils, issus du décret n° 2024-152, s’appliquent aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2024. Les filiales d’un groupe ont des seuils réduits de moitié.

Quelle est la différence entre un audit contractuel et un audit légal ?

L’audit légal est imposé par la loi, confié à un commissaire aux comptes nommé par l’assemblée pour six exercices (ou trois), et suit les NEP. L’audit contractuel est demandé librement, encadré par une lettre de mission, et peut être confié à un commissaire aux comptes ou à un expert-comptable.

Une entreprise non soumise au CAC a-t-elle intérêt à un audit contractuel ?

Oui si vous préparez une cession ou une levée de fonds, si un investisseur ou une banque le demande, ou si les associés ont besoin d’un regard extérieur sur les comptes. En dehors de ces cas, un examen limité de l’expert-comptable, moins lourd, peut suffire.

Quelle différence entre audit comptable et révision des comptes ?

La révision sert à arrêter les comptes et à préparer la liasse fiscale ; elle est faite par ceux qui produisent les comptes. L’audit est réalisé ensuite par un tiers indépendant, qui exprime une opinion sur ces comptes.

Combien coûte un audit comptable ?

Le prix dépend du temps passé, donc de la taille de l’entreprise, de la qualité de sa comptabilité et du périmètre retenu. Il est fixé dans la lettre de mission : demandez plusieurs propositions sur un périmètre identique. Pour situer les honoraires de la profession, consultez notre article sur le prix d’un expert-comptable.

Quelles sont les phases d’un audit ?

On retient en général la prise de connaissance et la planification, l’évaluation des risques et du contrôle interne, les contrôles sur les comptes, puis la synthèse et le rapport. Pour le commissaire aux comptes, chaque phase est encadrée par une NEP (300, 315, 330, 700…).

Un audit comptable inclut-il l’analyse fiscale ?

L’auditeur vérifie que l’impôt et les dettes fiscales sont correctement comptabilisés, et la checklist ci-dessus comporte une catégorie fiscale de 10 points. Un audit fiscal approfondi (crédit d’impôt recherche, prix de transfert, risques de redressement) relève d’une mission distincte, souvent avec un avocat fiscaliste.

Le mandat d’un commissaire aux comptes peut-il durer moins de six exercices ?

Oui. Lorsque la société désigne un CAC de manière volontaire ou au titre des règles de groupe, elle peut limiter son mandat à trois exercices (article L. 821-46). La désignation demandée par des associés représentant au moins le tiers du capital vaut aussi pour trois exercices.

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Sophie Martin
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