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Logiciel pour notaires : quel logiciel de gestion d'étude choisir ?

Cyrille ADAMCyrille ADAMÉditorial La Fabrique

« Logiciel notaire », ce n'est ni un ERP générique ni un CRM qu'on adapterait au notariat. C'est un logiciel métier réglementé, agréé pour dialoguer avec les téléprocédures de la profession, et le marché français est un quasi-oligopole : trois éditeurs se partagent l'essentiel des études. Si vous cherchez « le » logiciel de votre office, la vraie question n'est pas « lequel existe », mais lequel de ces trois, selon la taille et le fonctionnement de mon étude. Je vais vous l'expliquer, et lever au passage une confusion qui piège tout le monde sur ce qui relève du logiciel et ce qui relève de l'infrastructure obligatoire du notariat.

Mon conseil en une phrase : pour la grande majorité des études, le choix se fait entre Genapi (groupe Septeo, le leader), Fiducial Notaires et Fichorga ; un notaire créateur ou une petite étude regardera en priorité les offres cloud facturées à l'usage, un office multi-sites exigera un vrai multi-offices, et dans tous les cas, le réseau Real et la signature électronique passent obligatoirement par l'ADSN, quel que soit votre éditeur.

Un logiciel métier, pas un ERP comme les autres

Avant de comparer, il faut comprendre ce que doit faire un logiciel d'étude notariale, parce que c'est très loin d'un logiciel de gestion classique. Il couvre trois grands domaines, en général réunis dans une seule suite :

  • La rédaction des actes authentiques : bibliothèque de trames, personnalisation, gestion des dossiers et des clients, de plus en plus assistée par de l'extraction de données et de l'intelligence artificielle.
  • La comptabilité notariale, qui n'a rien d'une comptabilité d'entreprise : plan comptable propre à la profession, gestion stricte des fonds détenus pour le compte des clients (la comptabilité spéciale), contrôles et rapprochements obligatoires.
  • Les formalités et la facturation réglementée : calcul automatique des émoluments, droits et taxes selon le tarif réglementé des notaires, et télétransmission des formalités via Télé@ctes vers le service de publicité foncière.

C'est cette intégration métier, et l'agrément pour publier auprès de la publicité foncière, qui réduit le marché à une poignée d'acteurs sérieux. Un logiciel généraliste ne peut tout simplement pas faire ce travail.

Les trois éditeurs qui comptent

Le marché en bref

Genapi

Genapi Genapi Site officiel Voir la fiche

Édité par le groupe Septeo, c'est le leader historique. C'est la suite la plus large : rédaction d'actes (portée par ses produits iNot et la nouvelle génération Kivia), comptabilité notariale, mais aussi paie, immobilier, urbanisme et sécurité informatique. C'est le choix par défaut d'une étude qui veut un éditeur unique pour couvrir tous ses besoins, du créateur au gros office multi-sites, en cloud hébergé en France.

Fiducial Notaires

Fiducial Notaires Fiducial Notaires Site officiel Voir la fiche

L'éditeur articule son logiciel de rédaction d'actes (Signature) avec une comptabilité notariale réputée solide (plan comptable notarial, doubles contrôles, gestion multi-offices avec base comptable unifiée et clés de répartition). Fiducial a la particularité de pouvoir aussi prendre en charge la comptabilité, le social et l'informatique de l'étude en externalisation, ce qui parle beaucoup aux notaires créateurs et aux petites structures qui veulent déléguer la gestion.

Fichorga

Fichorga Fichorga Site officiel Voir la fiche

Fichorga édite la suite AUTHEN.TIC pour la rédaction d'actes, avec son IA maison « 6ème Sens » qui apprend les habitudes de rédaction de l'étude, et JURIS Web pour la comptabilité et la gestion administrative en vision temps réel. Son offre de services RH et paie est commercialisée à la consommation, sans engagement ni frais d'installation, un modèle qui séduit les petites études et les créations d'office.

Ce qui ne dépend pas de votre éditeur : l'ADSN

C'est le point que presque tous les comparatifs ratent, et il est essentiel. Une partie de votre environnement de travail ne s'achète pas auprès de Genapi, Fiducial ou Fichorga, mais relève de l'ADSN, l'organe technique du notariat (et de sa filiale ADNOV). C'est lui qui opère l'infrastructure réglementée, commune et obligatoire à toute la profession :

  • le réseau Real, réseau privé sécurisé du notariat, et la clé Real qui porte votre signature électronique qualifiée (le niveau le plus élevé au sens eIDAS) ;
  • l'acte authentique électronique (AAE), y compris à distance, et son archivage légal au MICEN, le minutier central électronique des notaires.

Autrement dit : votre logiciel métier prépare l'acte et déclenche les opérations, mais la signature, le réseau et l'archivage passent par l'ADSN, quel que soit l'éditeur que vous choisissez. Ne cherchez donc pas un logiciel qui « remplacerait » Real ou le MICEN : ça n'existe pas, et c'est volontaire.

Le comparatif des logiciels de notaire

Les trois éditeurs côte à côte. Aucun ne publie de tarif, tout se fait sur devis : le tableau compare donc ce qui est comparable, le périmètre et le modèle.

ÉditeurRédaction d'actesComptabilité notarialeMulti-officesModèleIdéal pour
Genapi (groupe Septeo)iNot, KiviaOuiOuiCloud, sur devisUn éditeur unique pour tout
Fiducial NotairesSignatureRéputée solideBase unifiéeDevis, externalisation possibleDéléguer la gestion
FichorgaAUTHEN.TICJURIS WebOuiÀ la consommationLa création d'office

Décoder les noms de produits

Le vocabulaire du secteur est déroutant parce que chaque éditeur nomme ses modules, et que ces noms circulent plus que celui de l'éditeur lui-même. Voici la correspondance.

  • iNot est le logiciel de rédaction d'actes de Genapi. Quand un confrère dit « je suis sur iNot », il est client Genapi. C'est de loin le nom le plus répandu dans la profession.
  • Kivia est la génération suivante chez le même éditeur. Une étude sur iNot qui envisage de migrer reste donc chez Genapi, ce qui change complètement la nature du projet : c'est une montée de version, pas un changement d'éditeur.
  • Signature est le module de rédaction de Fiducial Notaires. À ne pas confondre avec la signature électronique elle-même, qui relève de l'ADSN et non de l'éditeur.
  • AUTHEN.TIC est la suite de rédaction de Fichorga, et JURIS Web son volet comptable et administratif.

Cette confusion a une conséquence pratique : quand vous demandez un devis, précisez toujours le module, pas seulement l'éditeur. Un tarif « Genapi » ne veut rien dire tant qu'on ne sait pas s'il couvre la rédaction seule ou l'ensemble comptabilité, paie et immobilier.

L'intelligence artificielle dans une étude

Les trois éditeurs mettent aujourd'hui l'IA en avant. Le tri utile consiste à séparer ce qui fait gagner du temps de ce qui reste un argument.

Ce qui fonctionne. L'extraction automatique des données depuis les pièces du dossier, qui supprime une part importante de la saisie et de ses erreurs. L'apprentissage des habitudes de rédaction de l'étude, que Fichorga met en avant avec son moteur maison, et qui réduit les allers-retours sur les trames. Et la recherche dans les actes passés, qui remplace avantageusement la mémoire d'un collaborateur.

Ce qui demande de la prudence. La rédaction entièrement automatisée d'un acte n'existe pas, et ne doit pas exister : la responsabilité du notaire est engagée sur chaque clause. Toute fonction qui produit du texte doit être relue, ce qui limite mécaniquement le gain.

La question à poser en démonstration : où sont traitées les données envoyées à l'IA, et sont-elles utilisées pour entraîner un modèle partagé. Sur des actes couverts par le secret professionnel, c'est le premier critère, très loin devant la performance annoncée.

Sécurité et hébergement des données d'étude

Une étude manipule des données particulièrement sensibles, et une partie de la sécurité ne dépend pas de votre éditeur.

Ce qui relève de l'ADSN a été détaillé plus haut : le réseau, la signature qualifiée et l'archivage des actes. Vous n'avez ni à le choisir ni à le sécuriser vous-même, c'est le cadre commun de la profession.

Ce qui relève de votre éditeur est le reste, et il est considérable : l'hébergement de vos dossiers en cours, votre comptabilité, vos données clients. Exigez l'hébergement en France, la journalisation des accès et l'authentification renforcée, qui devient indispensable dès que l'étude compte plusieurs collaborateurs.

Ce qui relève de vous est ce qu'on oublie : la sauvegarde de ce qui n'est pas dans le logiciel, les postes de travail et les messageries. La grande majorité des incidents dans les études professionnelles n'exploitent pas une faille du logiciel métier mais un poste ou une boîte mail.

Où finissent vos actes : le MICEN, et ce qui n'appartient pas à votre éditeur

C'est la confusion la plus fréquente, et elle a des conséquences pratiques sur ce que vous devez exiger de votre logiciel.

Un acte authentique sur support électronique n'est pas conservé par votre éditeur. Une fois signé électroniquement, il est déposé au Minutier central électronique des notaires de France, le MICEN, infrastructure nationale de la profession créée en 2008. Le dépôt suit un processus qui rend l'acte impossible à modifier ou à supprimer, et seul le notaire instrumentaire y a accès. Les actes y sont conservés soixante-quinze ans avant versement aux archives départementales.

Ce que cela implique concrètement. Votre logiciel est un outil de production et de dépôt, pas un coffre-fort : la conservation à long terme ne dépend pas de lui, et changer d'éditeur ne met donc jamais vos minutes électroniques en péril. En revanche, tout ce qui n'est pas l'acte lui-même vit bien chez votre éditeur : les pièces du dossier, les échanges avec les clients, la comptabilité, et les modèles que vous avez patiemment adaptés, et c'est là que se pose la question de la réversibilité.

Les trois questions à poser avant de signer sont donc les suivantes. Que récupérez-vous en cas de changement d'éditeur, dans quel format, et à quel prix ? Quelle est la durée de conservation des pièces non déposées au minutier ? Et en cas d'incident, sous quel délai l'étude peut-elle reprendre son activité ? Cette dernière question n'est pas théorique : les études notariales sont devenues des cibles régulières d'attaques informatiques, précisément parce qu'elles concentrent des données patrimoniales et des mouvements de fonds.

Ces règles ne sont pas des usages de profession, elles sont documentées. La Chambre des notaires de Paris pose la durée : « 75 ans : c'est la durée de conservation d'un acte authentique par le notaire en son étude », avec un cas particulier que peu connaissent, « Cette durée de conservation s'élève à 100 ans lorsque l'acte concerne une personne mineure », et une sortie qui n'est pas le placard : « Après ce délai, les actes notariés sont communiqués aux archives départementales, et aux Archives Nationales pour Paris. »

Sur l'accès, la règle est encore plus fermée qu'on ne l'imagine : l'acte électronique, comme le rappelle le réseau notaires.fr, « est conservé de façon centralisée au MICEN (Minutier central électronique des notaires de France), sous le contrôle de la profession : seul le notaire instrumentaire y accède pour récupérer l'acte et ses annexes et en délivrer des copies ». Aucun éditeur ne s'interpose là-dedans, et aucun ne peut vous en priver.

Quant à l'échelle de ce dispositif, elle explique pourquoi il ne se négocie pas avec un fournisseur. Le Conseil supérieur du notariat indique que la signature « est aujourd'hui qualifiée au sens eIDAS (avec la même valeur juridique que la signature manuscrite) », que « 77 500 clés Real sont déployées pour les notaires et leurs collaborateurs », et qu'« En novembre 2021, le 20 millionième Acte authentique électronique (AAE) a été déposé dans le Minutier Central Électronique des Notaires de France (Micen) », pour « plus de 90 % des actes authentiques qui sont aujourd'hui signés électroniquement ».

Même remarque pour la signature à distance, souvent présentée comme une fonctionnalité d'éditeur : elle relève de deux textes, « n° 2020-395 du 3 avril 2020 autorisant l'acte notarié avec comparution à distance pendant la période d'urgence sanitaire » et « n° 2020-1422 du 20 novembre 2020 instaurant la procuration notariée avec comparution à distance ». Ce que votre logiciel apporte, c'est l'intégration du geste dans votre chaîne de production, pas le droit de le faire.

Travailler à distance et à plusieurs

Le sujet a été bouleversé en quelques années, et il subsiste une idée fausse tenace.

La comparution à distance existe, mais sa portée est plus étroite qu'on ne le croit. L'acte authentique électronique à distance, signé par visioconférence avec chaque partie présente dans une étude, a été introduit en 2018. Le décret du 20 novembre 2020 a pérennisé la comparution à distance, mais uniquement pour les procurations authentiques. Autrement dit, la visioconférence ne dispense pas de la présence pour l'acte principal : elle sert surtout à éviter un déplacement pour donner pouvoir. Un éditeur qui laisse entendre le contraire vous vend une fonctionnalité que le droit ne permet pas.

Les droits par collaborateur méritent d'être regardés de près. Un clerc, un comptable taxateur, un notaire assistant et un notaire associé n'ont pas à voir les mêmes dossiers ni les mêmes comptes. Sur une étude de plus de dix personnes, la finesse du paramétrage des droits fait la différence entre un outil qu'on utilise et un outil qu'on contourne.

Le multi-offices n'est pas le multi-utilisateurs. Si votre structure regroupe plusieurs offices, vérifiez que la comptabilité et les dossiers restent étanches entre entités tout en permettant une vision consolidée. C'est l'un des rares points où les trois éditeurs se départagent nettement.

L'accès pour les clients enfin. Un espace où le client dépose ses pièces et suit l'avancement de son dossier réduit considérablement les appels et les relances. C'est devenu un standard, mais la qualité de l'expérience varie fortement d'un éditeur à l'autre : faites-la tester par quelqu'un qui n'est pas du métier.

Les limites de ces logiciels

Aucun comparatif ne les mentionne, elles expliquent pourtant la plupart des frustrations.

Le changement d'éditeur est lourd. C'est le point le plus important de cette page. Migrer signifie reprendre les dossiers, la comptabilité et les trames, et former l'équipe sur un outil qu'elle utilise toute la journée. Beaucoup d'études restent chez leur éditeur non par satisfaction mais par coût de sortie. Négociez donc en amont, à la signature, plutôt qu'en espérant partir plus tard.

Les trames restent votre travail. Les bibliothèques fournies sont un point de départ, pas un aboutissement. La qualité de vos actes dépendra du soin apporté à vos propres trames, et ce travail ne se délègue pas à l'éditeur.

Le marché est concentré. Trois acteurs, un cadre réglementé, peu de pression concurrentielle sur les prix. C'est la contrepartie d'un secteur où l'agrément protège autant qu'il limite le choix.

Si vous cherchez à calculer des frais de notaire

Autant lever la confusion, car elle est fréquente. Si vous êtes un particulier qui veut estimer les frais d'une acquisition, vous ne cherchez pas un logiciel d'étude. Les simulateurs publics et ceux mis à disposition par la profession répondent à ce besoin gratuitement. Cette page s'adresse aux offices notariaux qui choisissent leur outil de travail.

Comment choisir selon votre étude

Le périmètre fonctionnel des trois éditeurs se ressemble. Le bon critère, c'est votre profil.

Notaire individuel, petite étude ou création d'office : privilégiez le cloud, modulaire, sans lourds frais d'installation, et idéalement facturé à l'usage. Les offres pensées pour les créateurs (côté Fiducial, avec l'externalisation possible de la gestion, ou Fichorga à la consommation) permettent de démarrer léger et de ne payer que ce qu'on utilise. Office moyen : une suite intégrée modulaire chez l'un des trois éditeurs couvre rédaction, comptabilité et formalités sans couture, en cloud de préférence. Gros office ou groupement multi-sites : exigez un vrai multi-offices natif (base comptable unifiée et répartition analytique par office), point sur lequel Fiducial et Genapi sont particulièrement attendus, et ajoutez les briques de sécurité et de supervision du système d'information.

Sur le cloud contre l'installé, le marché bascule clairement vers le cloud hébergé en France. Pour une création d'office, partez directement sur une offre cloud : vous éviterez la dette technique d'une base installée à maintenir.

Et un logiciel notaire gratuit ?

Soyons clairs : il n'existe pas de logiciel de gestion notariale gratuit et pérenne. Le marché est réglementé, agréé, de niche, et les solutions sont des investissements métier. Ce que vous trouverez, ce sont des démonstrations gratuites, des essais sur certains modules satellites (immobilier, par exemple), et surtout des modèles facturés à l'usage sans frais d'installation, qui réduisent le ticket d'entrée. C'est la vraie bonne nouvelle pour une petite étude, pas la gratuité.

Un mot sur les prix

Aucun des trois éditeurs ne publie de grille tarifaire, et c'est normal : le prix dépend de la taille de l'étude, du nombre d'utilisateurs, des modules retenus et du caractère mono ou multi-offices. Tout se fait sur devis. Méfiez-vous des comparatifs qui annoncent des montants précis pour ces logiciels : ils les inventent. La bonne démarche, c'est de cadrer vos besoins (taille, modules, cloud ou installé, multi-sites) puis de demander deux ou trois devis aux éditeurs, démonstration à l'appui.

Questions Fréquentes

Qu'est-ce qu'un logiciel pour notaires ?
C'est un logiciel métier réglementé de gestion d'étude notariale, agréé pour dialoguer avec les téléprocédures de la profession. Il couvre la rédaction des actes authentiques, la comptabilité notariale réglementée (avec la gestion des fonds clients) et les formalités, dont la télétransmission via Télé@ctes vers le service de publicité foncière. Ce n'est ni un ERP générique ni un CRM.
Quels sont les principaux logiciels pour notaires ?
Le marché français du logiciel métier notarial se partage entre trois éditeurs agréés : Genapi (groupe Septeo, le leader, avec ses produits iNot et Kivia), Fiducial Notaires (logiciel Signature et comptabilité notariale) et Fichorga (suite AUTHEN.TIC et JURIS Web). Leur périmètre fonctionnel est proche : le choix se fait surtout selon la taille et le fonctionnement de l'étude.
Existe-t-il un logiciel notaire gratuit ?
Non. Le marché est réglementé, agréé et de niche : il n'existe pas de logiciel de gestion notariale gratuit et pérenne. Vous trouverez des démonstrations gratuites, des essais sur certains modules satellites, et surtout des modèles facturés à l'usage sans frais d'installation, qui réduisent le ticket d'entrée pour une petite étude.
Le réseau Real et la signature électronique font-ils partie du logiciel ?
Non. Le réseau Real, la clé Real qui porte votre signature électronique qualifiée, l'acte authentique électronique et son archivage au MICEN relèvent de l'ADSN, l'organe technique du notariat, et non de votre éditeur de logiciel. Cette infrastructure est commune et obligatoire à toute la profession : votre logiciel métier s'y connecte, quel que soit l'éditeur choisi.
Qui conserve les actes authentiques électroniques ?
Le MICEN, pas votre éditeur. L'acte authentique électronique « est conservé de façon centralisée au MICEN (Minutier central électronique des notaires de France), sous le contrôle de la profession : seul le notaire instrumentaire y accède pour récupérer l'acte et ses annexes et en délivrer des copies ». La Chambre des notaires de Paris rappelle la durée : « 75 ans : c'est la durée de conservation d'un acte authentique par le notaire en son étude », portée à 100 ans si l'acte concerne un mineur, avant versement aux archives départementales ou nationales. Changer de logiciel ne met donc jamais vos minutes électroniques en péril.
Peut-on signer un acte notarié entièrement à distance ?
Pas pour tout. L'acte authentique électronique à distance, signé par visioconférence avec chaque partie présente dans une étude, existe depuis 2018. Le décret du 20 novembre 2020 a pérennisé la comparution à distance, mais uniquement pour les procurations authentiques. La visioconférence sert donc surtout à éviter un déplacement pour donner pouvoir, elle ne dispense pas de la présence pour l'acte principal.
Que récupère-t-on en changeant de logiciel notarial ?
Vos minutes électroniques ne sont pas en jeu puisqu'elles sont conservées au MICEN et non chez l'éditeur. Ce qui se négocie, c'est tout le reste : les pièces des dossiers, l'historique des clients, la comptabilité et surtout les trames d'actes que l'étude a adaptées au fil des années. Posez la question du format d'export et de son coût avant de signer, pas au moment de partir.
Quel est le meilleur logiciel pour la rédaction d'actes notariés ?
Trois suites agréées se partagent le marché français : iNot et sa génération suivante Kivia chez Genapi, Signature chez Fiducial Notaires, AUTHEN.TIC chez Fichorga. Leur périmètre fonctionnel est proche, le tri ne se fait donc pas sur la fonction mais sur le profil de l'étude : un éditeur unique pour couvrir aussi la paie, l'immobilier et l'urbanisme oriente vers Genapi, la possibilité de déléguer en plus la gestion vers Fiducial, un modèle facturé à l'usage sans frais d'installation vers Fichorga. Dans les trois cas, la signature électronique et l'archivage de l'acte ne relèvent pas de l'éditeur mais de l'ADSN.
Qu'est-ce qu'un iNot ?
iNot est le logiciel de rédaction d'actes de Genapi, du groupe Septeo. C'est le nom le plus répandu dans la profession, au point qu'il circule davantage que celui de l'éditeur : un confrère qui dit travailler sur iNot est client Genapi. Kivia est la génération suivante chez le même éditeur, ce qui a une conséquence pratique souvent mal comprise : une étude sur iNot qui envisage Kivia ne change pas d'éditeur, elle monte de version.
Quel logiciel puis-je utiliser pour calculer les frais de notaire ?
Aucun de ceux comparés ici, et la confusion est fréquente. Un logiciel d'étude calcule bien les émoluments, droits et taxes selon le tarif réglementé, mais il se vend sur devis et s'adresse aux offices, pas aux particuliers. Si vous voulez estimer les frais d'une acquisition, ce sont les simulateurs publics et ceux mis à disposition par la profession qui répondent à ce besoin, gratuitement.

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