Vingt et un prestataires déclarent la blockchain en France dans notre annuaire. C'est peu, et le détail de ce qu'ils publient compte davantage que le nombre : sur les 30 réalisations mises en ligne par ces vingt et une structures, les huit étiquettes les plus fréquentes sont le développement web, le design d'interface, le design de site, Symfony, Figma, HTML, PHP et l'e-commerce. Autrement dit, la déclaration d'expertise et les preuves publiées ne racontent pas la même histoire. Cette page sert donc surtout à vous donner de quoi trancher par vous-même, au relevé de octobre 2026.
Ce que les réalisations publiées montrent vraiment
Trente réalisations sont publiées, par quatre des vingt et un prestataires comparés. Vingt et une sont étiquetées développement web, dix-huit design d'interface, quatorze design de site, onze Symfony, onze Figma, neuf HTML, neuf PHP et neuf e-commerce. Aucune de ces huit étiquettes les plus fréquentes n'est la blockchain, qui ne figure que sur deux réalisations.
Trois autres colonnes sont peu renseignées. Douze de ces trente réalisations portent un montant, de 8 000 à 60 000 €, mais aucune des deux réalisations blockchain n'est chiffrée, ce qui explique l'absence de repère de prix plus bas. Douze seulement précisent la taille du client. Les durées annoncées restent courtes, onze missions à moins de trois mois, onze de trois à six mois, quatre de six à neuf mois, trois de neuf à douze mois et une au-delà d'un an, ce qui correspond à des chantiers web classiques plus qu'à un déploiement de registre distribué. Les secteurs des clients, enfin, sont ceux du web de commerce : six missions dans le commerce et l'e-commerce, cinq dans l'immobilier, trois dans le tourisme, trois dans le bien-être et trois dans la santé.
Il ne faut pas en conclure que ces structures sont incompétentes. Il faut en conclure que la mention « blockchain » sur une fiche ne constitue pas une preuve, et que la charge de la vérification vous revient entièrement. La suite de cette page dit comment l'exercer.
Vingt et une structures, de deux personnes à plus de cent
Trois fiches tiennent en cinq salariés au plus, sept en comptent de six à vingt, quatre montent jusqu'à cent et trois dépassent la centaine ; quatre n'indiquent pas d'effectif. Sept structures ont revendiqué leur fiche et quatorze ne l'ont pas encore fait ; aucune n'occupe d'emplacement sponsorisé. Dix-sept portent une année de création, la plus ancienne remontant à 2000 et la plus récente à 2023. Les sièges se répartissent sur onze adresses parisiennes, trois lyonnaises et sept autres, dont une monégasque.
Cet écart de taille recouvre deux offres sans rapport. Les trois structures de plus de cent personnes sont des sociétés de services généralistes pour lesquelles la blockchain est une ligne de catalogue parmi des dizaines : vous y achèterez une équipe projet et une solidité contractuelle, rarement une spécialisation. Les dix structures de vingt personnes ou moins vendent une proximité et une capacité d'expérimentation, sans le matelas qui permet d'absorber un départ. Sur un sujet où la compétence tient souvent à deux ou trois personnes, cette question du départ n'est pas théorique : demandez qui, nommément, écrira le contrat intelligent.
Comment vérifier une compétence blockchain en quatre questions
Sur quelle chaîne, et pourquoi celle-là. Ethereum, une chaîne compatible à frais réduits, une chaîne privée entre partenaires connus : ces trois réponses correspondent à trois projets différents, trois coûts d'exécution différents et trois publics différents. Un prestataire qui ne discute pas ce choix vous vendra celui qu'il connaît.
Qui audite le code. Un contrat intelligent déployé n'est plus modifiable et manipule de la valeur. L'audit de sécurité est un métier distinct de celui du développement. Demandez si un tiers auditera, lequel, à quel moment et qui paie, et méfiez-vous d'une réponse qui mélange les deux rôles.
Qui détient les clés. Portefeuilles de déploiement, clés d'administration, comptes de service : la question de la détention se pose ici avec une gravité qu'elle n'a nulle part ailleurs, puisqu'une clé perdue ne se réinitialise pas. Exigez une procédure écrite de garde et de récupération.
Ce que la loi impose à votre cas. Selon que vous émettez un jeton, que vous conservez des actifs pour autrui ou que vous inscrivez simplement des preuves d'existence, le régime applicable n'a rien à voir. Un prestataire sérieux vous dira où s'arrête son rôle et où commence celui d'un avocat.
La moitié du marché n'est pas du Web3, et réciproquement
Les compétences déclarées par les vingt et un prestataires sont d'abord celles d'agences web : douze déclarent le développement web, douze l'application mobile, onze le design d'interface, neuf la création de site, sept le développement logiciel, sept le DevOps et six l'e-commerce. Six seulement déclarent le Web3.
Cette répartition est un outil de tri. Si votre besoin est un produit grand public adossé à une chaîne publique, jetons, objets numériques, portefeuille intégré, les six structures qui déclarent le Web3 sont votre point de départ, et la page des agences Web3 les réunit exactement. Si votre besoin est au contraire d'inscrire des preuves d'intégrité dans un flux existant, traçabilité de lots, horodatage de documents, certificats vérifiables, alors le profil d'agence web solide est le bon, et l'enjeu se déplace vers l'intégration à vos systèmes plutôt que vers la cryptographie. Pour cette seconde famille de besoins, les agences de développement logiciel offrent un choix bien plus large.
Aucun repère de prix, et pourquoi c'est une information
Nos pages publient une médiane à partir de trente missions chiffrées portant l'étiquette concernée. Ici, les deux seules réalisations étiquetées blockchain ne portent pas de montant : il n'y a donc rien à afficher, et inventer une fourchette serait pire que de s'en passer. Seules trois structures annoncent un ticket d'entrée, toutes à 5 000 €.
Cette absence de données n'est pas seulement une limite de notre annuaire, elle décrit l'état du marché français sur ce mot. En pratique, cela signifie que vous ne pourrez pas vous appuyer sur un prix de marché pour juger un devis. La parade est de faire chiffrer séparément quatre postes : la conception fonctionnelle, l'écriture des contrats intelligents, l'audit de sécurité par un tiers et l'intégration à vos systèmes existants. Un devis global sur ce sujet est ininterprétable.
Neuf avis seulement, et ce que cela interdit
Les 11 avis vérifiés se répartissent sur trois fiches, une en portant sept et deux en portant un. Dix-huit prestataires n'ont aucune note. Huit de ces neuf avis ont été collectés ailleurs avant revérification, tous sont au maximum, et quatre ne déclarent pas de budget.
Il faut le dire nettement : neuf avis, dont sept sur une seule fiche, ne permettent aucune comparaison. Sur d'autres pages de notre annuaire, cette colonne sert à repérer un écart ou à vérifier un ordre de grandeur de budget ; ici, elle ne sert qu'à constater que le marché est jeune et peu documenté. Ne remplacez pas cette absence par la réputation en ligne, souvent construite sur du contenu promotionnel. Remplacez-la par une vérification directe : demandez deux références clients joignables sur un projet blockchain livré, et l'adresse publique d'un contrat déployé que vous pourrez consulter vous-même sur un explorateur de chaîne.
Sept questions à poser avant de retenir une agence blockchain
Quelle adresse de contrat déployé pouvons-nous consulter, et qui l'a écrit chez vous ?
Un audit de sécurité par un tiers est-il prévu, par qui, et à quel moment du projet ?
Sur quelle chaîne proposez-vous de déployer, et qu'est-ce qui a motivé ce choix ?
Qui détiendra les clés de déploiement et d'administration, et selon quelle procédure de garde ?
Que se passe-t-il si une faille est découverte après le déploiement ?
Quel est le coût d'exécution estimé par transaction, et qui le supporte en production ?
Quelle partie de notre projet ne relève pas de la blockchain, selon vous ?
Le brief qui évite d'acheter une chaîne dont vous n'avez pas besoin
Commencez par le problème et non par la technologie : qui doit pouvoir vérifier quoi, sans faire confiance à qui. C'est cette phrase qui justifie ou non l'emploi d'un registre distribué, et beaucoup de projets s'arrêtent là, pour le mieux. Indiquez ensuite si de la valeur circule, jetons, paiements, actifs représentés, car cela change le régime juridique autant que le niveau d'audit requis. Précisez le volume de transactions attendu par jour, qui décide du coût d'exécution et souvent du choix de la chaîne. Dites qui, chez vous ou chez vos partenaires, devra détenir des clés, et si ces personnes sont formées. Donnez vos contraintes de conformité et de conservation des données, en particulier le droit à l'effacement, difficile à concilier avec un registre immuable. Annoncez enfin une fourchette, en sachant qu'elle devra couvrir un audit externe.
Comparer une preuve de concept, une intégration et une alternative sans chaîne
Demandez trois propositions de nature différente. Une preuve de concept limitée, sur une chaîne de test, qui vaut surtout pour ce qu'elle vous apprendra sur l'équipe. Une intégration complète avec contrats audités et exploitation, chiffrée poste par poste comme indiqué plus haut. Et, troisième proposition qu'on ose rarement demander, une version du même service sans chaîne du tout, avec une base de données classique, un horodatage certifié et une signature électronique. Cette troisième route est souvent moins chère, plus simple à exploiter et suffisante ; quand elle ne l'est pas, la comparaison rend enfin visible ce que la blockchain apporte réellement à votre cas. Départagez ensuite sur l'audit et sur la garde des clés, seules lignes qui engagent au-delà de la livraison.